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Dans les coulisses de la réunion de famille la plus chaotique au monde

Entertainment Weekly
Frankie Muniz, Jane Kaczmarek et Bryan Cranston pour Entertainment Weekly. © DR

Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek nous donnent un avant-goût de ce qui nous attend pour ce retour tant attendu.

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Amy Wilkinson et publié sur le site internet de Entertainment Weekly le 24 mars 2026.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

Frankie Muniz bout de colère — et ce, en deux langues. « Pour l’amour du ciel, je parle couramment l’espagnol ! » s’écrie l’acteur, le visage de plus en plus rouge, en repoussant sa chaise de la table à manger. « Je sais comment on dit quesadilla ! » Sa famille de fiction n’est pourtant pas convaincue. « Je ne sais pas… on aurait dit que tu as dit kou-sa-dil-la », rétorque Bryan Cranston, en articulant chaque syllabe avant d’engloutir une tortilla au fromage. « Non, c’est plutôt qui-sa-dil-la ! » renchérit Jane Kaczmarek.

Cette scène ridicule pourrait être l’une des quelque 43 687 scènes des sept saisons de Malcolm, durant lesquelles le petit génie incarné par Muniz était contraint de se défendre face aux moqueries de sa famille dysfonctionnelle. Pourtant, il ne s’agit pas d’une scène de la sitcom originale de la Fox.

En y regardant de plus près, on peut repérer quelques indices : la perruque brune dissimulant les cheveux désormais argentés de Kaczmarek, la peinture fraîche et rose sur les murs du salon, ou encore ce sixième enfant attablé devant un plat mexicain.

Il s’agit en réalité d’un flashback tiré du retour de la série sur Hulu, une série-événement en quatre épisodes intitulée Malcolm : Rien n‘a changé (prévue pour le 10 avril), qui est alors en tournage dans un studio à Vancouver, au Canada. Et cette scène, bien qu’absurde, est loin d’être anodine. Elle illustre l’une des millions de petites piques qui ont poussé Malcolm à couper les ponts. Car oui, ce dernier a fini par rayer sa famille envahissante de sa vie. Ils ne le savent simplement pas encore.

C’est une réunion de famille !

Malgré les tensions à table, l’ambiance sur le plateau en cet après-midi de mai est légère et joyeuse. « On n’arrête pas de rire », confie Cranston lors d’une pause. La plupart des acteurs terminent leur tournage aujourd’hui, mais Cranston restera pour quelques scènes en solo (sans trop spoiler, ce sera tout un trip !), ce qui donne à l’air un parfum de nostalgie, comme un dernier jour d’école.

Jane Kaczmarek a apporté son album souvenir de l’équipe datant de 2006. Elle, Muniz et Christopher Masterson (qui joue l’aîné, Francis) sont blottis dans la cuisine à feuilleter les pages. « J’avais écrit : « Vous viendrez dîner à la maison ! » », s’amuse Muniz. Ça n’est jamais arrivé. Je vais réécrire ça. ».

Vingt ans ont passé depuis la fin de la série en 2006. Si de nombreux acteurs sont restés en contact — Cranston voyant Muniz pour un dîner de temps à autre, ou tournant une fin alternative pour Breaking Bad avec Kaczmarek — ce retour est, pour certains membres de l’équipe, la première fois qu’ils se revoient en deux décennies. C’est d’ailleurs à Cranston qu’ils le doivent en grande partie.

« Cela fait des années que je veux faire ça, mais il fallait une bonne raison », explique Cranston. « Il fallait que l’histoire soit là — sans quoi, on se serait contentés de passer le temps dans le salon de quelqu’un. »

Cranston a commencé à parler d’un retour de la série à son créateur, Linwood Boomer, il y a une dizaine d’années. Mais à l’époque, celui-ci n’était pas emballé. « C’est passé de simples suggestions à des relances incessantes, puis carrément à du harcèlement », plaisante Boomer. Cranston ne nie rien : « J’étais comme le supplice de la goutte d’eau… Finalement, il a juste voulu que la torture s’arrête. »

Cela n’a rien arrangé que l’épouse de Boomer, Tracy Katsky Boomer — qu’il a rencontrée sur le plateau de la série originale et qui officie comme productrice exécutive sur ce retour — prenne le parti de Cranston. « Elle me disait :« Pourquoi ne ferais-tu pas au moins la politesse à ton ami d’y réfléchir sérieusement ? » Et moi, j’étais là à me dire : « Et merde… » », raconte Boomer.

Alors, il a réfléchi. Encore et encore. Mais Boomer ne parvenait pas à trouver une idée de scénario qui justifie de réunir toute la bande. C’est finalement Katsky Boomer qui l’a sauvé de sa spirale obsessionnelle. Son idée ? Malcolm élève une fille qui lui ressemble trait pour trait.

« Je me suis dit : « Oh la vache, c’est une super idée » », confie Boomer.

Le concept l’a intrigué sous deux angles. Primo : À quoi ressembleraient les névroses de Malcolm chez une adolescente en quête d’acceptation et de reconnaissance auprès de ses pairs ? Secundo : Quel effet cela ferait-il à Malcolm, en tant que père, de voir l’histoire se répéter sans savoir comment changer les choses ?

Boomer s’est mis en tête de répondre à ces questions avec, pour toile de fond, le 40e anniversaire de mariage de Hal et Lois — un événement qui forcerait toute la progéniture du couple, y compris un Malcolm qui a coupé les ponts, à revenir au nid. Mettre sur pied cette réunion de famille chaotique allait demander du cran, de la détermination et une précision quasi militaire qui aurait fait pleurer de joie le commandant Spangler.

Reconstruire les fondations

Au lieu de son domicile d’origine sur le plateau 20 du Radford Studio Center à Studio City, en Californie, le retour de Malcolm s’est tourné à Vancouver — une décision dictée presque entièrement par les chiffres. (Boomer estime que l’économie réalisée en tournant en Colombie-Britannique plutôt qu’en Californie était d’environ 35 %, bien qu’il se soit battu pour l’option californienne afin qu’un maximum de membres de l’équipe originale puisse revenir. Hélas, les décideurs de chez Disney ont eu le dernier mot.)

D’emblée, un problème de taille s’est posé : aucun plan du décor original n’avait survécu.

Par pur hasard, le mari de la costumière Heidi Kaczenski avait conservé un croquis du plan au sol — sans les mesures, certes, mais cela a donné à l’équipe une base de travail, complétée par des captures d’écran des épisodes de l’époque. Le producteur délégué Jimmy Simons a également aidé à combler les lacunes. « Il connaissait chaque recoin de ce décor », confie Boomer.

Comme la production, dirigée par le réalisateur de l’époque Ken Kwapis, disposait d’un studio bien plus vaste, l’équipe a recréé le décor à une échelle légèrement plus grande pour donner plus de champ aux caméras. (L’équipe pouvait aussi circuler plus librement sans avoir à enjamber le capharnaüm de cinq garçons en pleine croissance — fini les G.I. Joe décapités, les pistolets à eau à moitié vides ou les cartons de pizza tachés de sauce tomate qui jonchent le sol.)

Le rendu global de ce décor reconstitué était surréaliste selon Jane Kaczmarek, qui compare l’expérience à une traversée de son quartier d’enfance des années plus tard. « On l’a vu un million de fois, mais on sent que quelque chose a changé », dit-elle.

La production a été d’autant plus complexe qu’il a fallu trouver un créneau de six semaines où toutes les stars étaient disponibles. Étonnamment, c’est l’emploi du temps de Muniz — et non celui du prolifique Cranston — qui a été le plus difficile à coordonner, explique Boomer, car l’acteur de 40 ans est désormais pilote de course à plein temps sur le circuit NASCAR. (Pour les passionnés de mécanique, il conduit un Ford F-150 pour Reaume Brothers Racing dans la série Craftsman Truck.) Pour s’adapter à l’agenda de Muniz, le tournage avait lieu du dimanche au jeudi, plutôt que du lundi au vendredi.

« Je tournais du dimanche au mercredi, je prenais l’avion le jeudi, je pilotais le vendredi et je rentrais le samedi », raconte Muniz. « C’était épuisant, mais je sais aussi à quel point c’est une chance de pouvoir refaire ça, donc je n’allais pas me plaindre. Je suis très reconnaissant envers toute la production d’avoir composé avec mon calendrier NASCAR. »

Si presque tous les membres de la distribution étaient impatients de participer, il y a eu un grand absent : Erik Per Sullivan, qui jouait Dewey, le frère fantastique. Boomer a tenté à plusieurs reprises de le convaincre — allant jusqu’à imaginer une intrigue où Dewey n’apparaîtrait que via des appels Zoom, pour que Sullivan puisse filmer sa part depuis chez lui en moins d’une journée — mais l’homme de 34 ans n’a pas pu être persuadé de revenir sous les projecteurs. (Il se trouve que Sullivan était occupé par un master à l’Université de Harvard. Malcolm serait fier.) Le rôle de Dewey a été repris par Caleb Ellsworth-Clark (vu dans Wynonna Earp), qui ressemble trait pour trait à ce que l’on imagine de Dewey à l’âge adulte.

Parmi les autres nouveaux venus, citons Anthony Timpano dans le rôle de Jamie, le plus jeune frère (né à la fin de la saison 4), Vaughan Murrae dans le rôle de Kelly, l’ado non-binaire de la famille (un sixième enfant inattendu, suggéré par le test de grossesse positif de Lois lors du final de la série), Kiana Madeira dans le rôle de Tristan, la petite amie de Malcolm, et Keeley Karsten dans le rôle de Leah, la fille de Malcolm.

Un regard dans le rétroviseur

Retrouver le plateau de Malcolm — bien qu’il s’agisse d’une version neuve et améliorée — a fait rejaillir des années d’émotions et de souvenirs pour les acteurs, rendant d’autant plus profonde la réalisation que ces moments ont failli ne jamais exister.

Malcolm était un outsider dès le départ. La série originale, inspirée par l’enfance de Boomer au sein d’une fratrie de quatre garçons, a été rejetée par presque toutes les chaînes avant que la chaîne UPN ne finisse par s’y intéresser… pour finalement l’abandonner en plein développement. « Les gens disaient que la sitcom familiale était morte, alors ils ne voulaient pas y toucher », confiait Al Higgins, co-producteur exécutif de la série originale, à Entertainment Weekly en 2000.

Il n’avait pas tort : au tournant du millénaire, le genre était bel et bien sur le déclin. Les piliers des années 90 comme La Fête à la maison ou La Vie de famille avaient quitté l’antenne depuis des années, et Modern Family n’allait pas faire son arrivée avant neuf ans. Si Tout le monde aime Raymond résistait bien, les classements d’audience de l’an 2000 montraient une préférence pour les drames comme UrgencesNew York, police judiciaire et The Practice, sans oublier l’incontournable jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?.

Higgins attribue à Doug Herzog, alors président de Fox Broadcasting Entertainment, le mérite d’avoir reconnu le potentiel de Malcolm et de l’avoir sauvé de la case poubelle. Mais, dans ce qui pourrait être vu comme un ultime camouflet, la série s’est retrouvée programmée pour une arrivée en milieu de saison, plutôt que comme une grande nouveauté de la rentrée de septembre. Finalement, ce timing n’a pas semblé peser bien lourd : les fans sont rapidement tombés sur la série et ne se sont plus lassés des frasques des frères Malcolm, FrancisReese (Justin Berfield) et Dewey.

Une partie du succès de la série est sans doute due au fait qu’elle était une sitcom familiale à une époque où les options étaient rares (c’est ce que les décideurs appelleraient une « niche inexploitée »). Mais la série proposait aussi quelque chose de frais : un format à caméra unique, une narration brisant le « quatrième mur » et l’abandon des vieux rires enregistrés devenus lassants. L’écriture, frôlant parfois un ton presque trop adulte, était également excellente. C’est ce qui a frappé Bryan Cranston, un acteur qui travaillait régulièrement depuis deux décennies principalement dans des rôles secondaires pour des séries comme Seinfeld et Arabesque, mais qui n’avait pas encore percé dans un rôle principal.

« Quand j’ai lu le script de Malcolm, j’ai ri aux éclats », se souvient Cranston. « C’était si bien construit et si bien écrit que je savais que si je pouvais participer à cette série, j’en serais fier. Cela ne voulait pas dire qu’elle connaîtrait le succès, car le succès — qu’il s’agisse de la télévision ou du cinéma — demande beaucoup de chance. [Mais] ce que j’en ai appris, c’est que la meilleure chose à faire est d’avoir un scénario bien écrit. »

Tout comme Cranston, Jane Kaczmarek multipliait les apparitions depuis le début des années 80, avec des rôles dans Capitaine FurilloCybill ou Frasier, avant que ne se présente le rôle de sa vie : celui de la mère acariâtre de Malcolm. Son enthousiasme débordant pour le personnage n’était toutefois pas partagé par ses proches dans son Wisconsin natal. « Ma mère — paix à son âme — n’a jamais aimé Malcolm, parce qu’elle disait que des enfants ne devraient pas cracher de la pizza à la télévision », raconte Kaczmarek avec l’œil pétillant. « Quelqu’un de son club de bridge m’a écrit un petit mot disant : « Franchement, bonne chance. Continuez comme ça. » »

Force est de constater que les clubs de bridge du Wisconsin n’ont pas encore produit de critique de télévision célèbre : et pour cause, ils se trompaient sur toute la ligne. Malcolm n’était pas seulement adoré par les fans, les critiques l’aimaient aussi. De 2000 à 2006, la série a décroché sept Emmy Awards (dont deux pour Cloris Leachman), Kaczmarek ayant été nommée pour l’Emmy de la meilleure actrice lors de chacune des sept saisons. « C’est devenu un succès bien plus grand que tout ce que j’avais pu imaginer », confie Kaczmarek. « C’était incroyable. »

Grâce aux rediffusions et au streaming, Malcolm ne charme pas seulement une nouvelle génération de téléspectateurs, la série assure aussi, pour le compte des États-Unis, la mission délicate et ingrate d’ambassadeur culturel à l’étranger. Comme le raconte Kaczmarek : « Je changeais d’avion à Heathrow quand un couple s’est approché de moi pour me demander : « On peut prendre une photo avec vous ? » J’ai demandé : « D’où venez-vous ? » Ils m’ont répondu : « Du Pakistan. » »

Un regard vers l’avenir

« Tu as vu un médecin ? Comment tu te sens ? Ça fait mal ? » Nous sommes en septembre, et Cranston, Kaczmarek et Muniz arrivent sur le plateau pour leur séance photo avec Entertainment Weekly. Muniz, lui, soigne un poignet cassé. Kaczmarek, éternelle mère attentionnée, l’accueille avec une grande accolade et un baiser avant de le cribler de questions. (Il s’avère que Muniz s’est blessé en tombant d’une échelle alors qu’il changeait les piles de sa sonnette connectée.)

Plus tard, quand Muniz reçoit un retour du photographe écrit sur un bout de papier, sa réponse est du pur Malcolm, tout en autodérision : « Personne ne vous l’a dit ? Je ne suis pas vraiment un bon acteur. » Il plaisantait peut-être sur le moment, mais lorsqu’il repense à ces six semaines de tournage à Vancouver, il se montre moins méprisant envers son talent. Il confie même que cette expérience a provoqué un déclic chez lui.

« C’était la première fois de ma carrière que j’étais fier de porter l’étiquette « d’acteur » », confie Muniz. « Quand j’étais gamin, je me contentais de venir et de dire mon texte, et ça marchait. Maintenant, j’arrive avec un plan en tête pour chaque scène. Faire ce travail de préparation rend le processus vraiment très amusant. »

Cela signifie-t-il qu’il serait prêt à accepter davantage de rôles ? Muniz n’écarte pas l’idée, mais il précise également que la course automobile reste une priorité et qu’il doit, pour l’instant, concilier les deux.

Compte tenu de l’engouement suscité par ce retour en quatre épisodes — et du plaisir manifeste qu’a pris le casting à le tourner — une question évidente se pose : un véritable reboot est-il envisageable ? Après tout, avec Leah, la fille de Malcolm, qui est le portrait craché de son père, un spin-off au féminin avec la génération Alpha semble déjà tout trouvé. « C’est tout un nouvel ensemble de personnages et de situations qui ne demandent qu’à être exploités », affirme Kaczmarek.

De leur côté, les producteurs exécutifs de la série sont convaincus que la jeune Karsten, 16 ans, a les épaules pour le rôle. « Elle pourrait absolument porter une série à elle seule », déclare Katsky Boomer. « Keeley est une star en devenir », renchérit Linwood Boomer. « En tant qu’interprète, elle possède un potentiel fou qu’il serait stupide de ne pas exploiter dans le show-business. »

Bien que Leah in the Middle ne soit pour l’instant qu’un doux rêve, Muniz aurait tout intérêt à réviser son espagnol. Car, de toute évidence, cette famille adore toujours autant les quesadillas.

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EXCLUSIF. Un scénariste de Malcolm nous dévoile les coulisses du retour de la série

Michael Glouberman, l'un des scénaristes de "Malcolm", et le script de l'épisode 2 de la mini-saison évènement. © DR

Dans une interview exclusive pour Malcolm France, Michael Glouberman, co-scénariste des nouveaux épisodes à venir, nous révèle les secrets du grand retour de Malcolm.

Après des années de rumeurs et d’attente, Malcolm s’apprête à faire un retour aussi excitant qu’inattendu. La série culte a marqué les esprits de différentes générations avec son humour mordant, ses personnages inoubliables et son regard unique sur la famille. Aujourd’hui, son grand come-back se prépare sous la forme d’une mini-série, et Michael Glouberman, scénariste ayant œuvré sur les sept saisons originales de Malcolm et naturellement impliqué dans son retour, dévoile à Malcolm France les coulisses de cette aventure, nous donnant un avant-goût de ce qui attend les fans de la première heure.

Un projet semé d’embûches

Co-producteur exécutif durant les sept saisons de Malcolm, Michael Glouberman a été un maillon essentiel de l’équipe créative, jouant un rôle central dans la fameuse Writers’ Room, de la naissance de la série jusqu’à sa conclusion. En plus de superviser l’écriture, il a signé pas moins de 23 épisodes, imaginant un bon nombre de pétage de plombs de Hal, un personnage qu’il prenait un plaisir particulier à écrire. Le superbe dénouement de la série porte également sa signature, et, après toutes ces années, le scénariste n’est pas surpris de voir cette fin, qu’il avait lui-même imaginée, bientôt reléguée au statut d’entracte :

« L’idée d’un retour germait depuis un moment. Cela faisait des années que Bryan Cranston nous envoyait des idées, et cela plusieurs fois par an, mais cela restait très hypothétique. »

Tout s’est accéléré il y a environ un an, lorsque Linwood Boomer, créateur de la série, l’a contacté pour lui proposer de co-écrire un film Malcolm :
« C’était une aventure assez folle. Linwood avait une idée précise de ce qu’il voulait faire, et c’était très différent de tout ce qui avait été discuté au fil des années. »

Un projet qui fait écho à ce que Frankie Muniz avait révélé en exclusivité dès 2019 à notre micro. Le processus d’écriture a alors été marqué par de nombreux revirements, le projet oscillant à plusieurs reprises entre un film et une mini-série :

« À l’origine, Disney voulait six épisodes de trente minutes. Avec plusieurs scénaristes, nous avons finalement conçu un arc narratif en quatre épisodes, car c’était pile la durée qu’il nous fallait pour raconter notre histoire. Disney a adoré. Mais après nous avoir demandé un délai de réflexion de quelques jours, ils ont fini par nous demander, et cela trois mois plus tard, de tout transformer en film de Noël, faute de budget. Heureusement, ils ont finalement cédé et accepté de produire quatre épisodes. »

Alors que certains perçoivent ce come-back comme une manœuvre purement marketing de la part de Disney, fatalement destinée à être sans âme ni saveur, Michael Glouberman s’insurge, mais reconnaît les bons et les mauvais côtés de la récente vague de résurrections de programmes cultes :

« Je n’ai rien contre le retour de séries cultes, surtout quand il y a un public fidèle qui attend ça avec impatience. Mais il semble que beaucoup de studios et de chaînes préfèrent relancer des franchises déjà établies au détriment de projets originaux et novateurs. Pour nous, l’objectif n’a jamais été de faire du profit facile, et on espère que ce retour ne sera pas perçu de cette manière. »

DR

Le créateur Linwood Boomer, les scénaristes et producteurs Maggie Bandur, Gary Murphy et Matthew Carlson sur le tournage de l’épisode « Chance et malchance » (saison 5, épisode 17).

 

Un équilibre entre nostalgie et nouveauté

Il n’en reste pas moins que faire revivre une série après vingt ans représente un défi de taille. L’équipe a d’abord pris soin de « ne pas trop ancrer la comédie dans ce qui se passe dans le monde », préférant préserver l’univers intemporel de Malcolm, nous confie Glouberman. « Nous comprenons bien que les fans veulent savoir où en sont les personnages aujourd’hui et comment ils ont évolué », ajoute-t-il. Mais le ton de la série évoluera-t-il lui aussi, à l’image de ses personnages qui vieillissent ?
« Nous avons choisi de rester fidèles à l’esprit de Malcolm, tout en introduisant des éléments nouveaux pour éviter l’effet de déjà-vu. Il y aura bien sûr des références au passé, mais nous avons aussi voulu surprendre le public. »
Il faut dire que depuis la première diffusion de Malcolm en l’an 2000, le paysage télévisuel a bien changé. Au tournant du millénaire, son style était révolutionnaire : tournages en extérieurs, multiples décors, utilisation d’une seule caméra à la manière des films cinématographiques, rupture du quatrième mur, absence de rires enregistrés… Autant d’éléments qui sont désormais courants dans les productions actuelles. Alors comment rester audacieux (voire précurseur) tout en préservant l’essence de la série ?
« C’est un sujet que l’on a bien sûr abordé. Nous allons apporter un vent de fraîcheur à la mise en scène, sans pour autant tout réinventer. La série a son propre ADN, et nous ne voulons pas en faire une copie d’Abbott Elementary [NDLR : une sitcom qui s’inspire du format documentaire parodique popularisé par The Office].”
DR

Sur le tournage de l’épisode « Feux d’artifice » (saison 3, épisode 3).

 

Des visages familiers et de nouveaux talents

Le défi de ce retour après tant d’années réside également dans la présence ou non des acteurs de l’œuvre originale, avec le risque de ne retrouver qu’un nombre limité de visages familiers à l’écran, laissant les spectateurs sur leur faim. Heureusement, c’est désormais officiel : Frankie Muniz (Malcolm), Jane Kaczmarek (Lois), Bryan Cranston (Hal), Christopher Masterson (Francis) et Justin Berfield (Reese) feront bien leur retour. Petit bémol, cependant : Erik Per Sullivan (Dewey), qui a définitivement laissé la comédie derrière lui, sera remplacé par un nouvel acteur, Caleb Ellsworth-Clark, qui a le mérite de physiquement taper dans le mille. Notre attention se tourne donc naturellement vers les personnages secondaires, comme Craig ou Stevie, que beaucoup de fans s’attendent à voir apparaître. « Je ne peux pas tout dévoiler », glisse Glouberman. Il laisse cependant entendre que certains personnages de second plan seront de retour, tout en précisant que les plus secondaires risquent de briller par leur absence :

« Si vous vous attendez à voir Kyle ou Tête d’œuf, vous risquez d’être déçus ! »

De nouveaux visages feront également leur arrivée certainement fracassante dans cette mouture de Malcolm, dans des rôles importants au sein de la famille. Anthony Timpano (Riverdale, Nancy Drew) interprétera Jamie, que l’on avait vu bébé dans les trois dernières saisons, tandis que Vaughan Murrae (Before I Change My Mind, The Way Home) incarnera Kelly, le dernier enfant de Lois et Hal, dont l’existence avait été suggérée dans l’épisode final de la série. Un peu plus loin dans l’arbre généalogique, Kiana Madeira (Fear Street, After) et Keeley Karsten (The Fabelmans, Hunters) prêteront leurs traits respectivement à la petite amie et à la fille de Malcolm. Et comme il se doit, Glouberman nous laisse dans l’ombre concernant ces ajouts au casting, afin de préserver la surprise :

« Je ne peux rien dire à leur sujet, mais tous ces nouveaux personnages s’intègrent parfaitement à l’histoire que nous souhaitons raconter. »

DR

Les nouveaux visages du retour de Malcolm : Caleb Ellsworth-Clark (Dewey), Anthony Timpano (Jamie), Vaughan Murrae (Kelly), Kiana Madeira (Tristan) et Keeley Karsten (Kylie).

 

Retour au bercail

En guide de conclusion, Glouberman donne un petit conseil aux aspirants scénaristes : « Si votre scène ou votre script se termine exactement comme on s’y attend, alors il faut le retravailler. » Un conseil précieux de la part de quelqu’un qui a contribué à écrire l’une des séries les plus inventives de son époque. Pour les nostalgiques en quête d’une série dans le même esprit, Glouberman nous recommande d’ailleurs Better Off Ted, une comédie qu’il a écrite et qui, comme Malcolm, brise le quatrième mur. « C’est un petit bijou un peu oublié », confie-t-il.

Le tournage des quatre nouveaux épisodes de Malcolm débutera dans quelques jours à Vancouver. Michael Glouberman est d’ores et déjà enthousiaste à l’idée de “retrouver toute l’équipe technique, qui reprend également du service”. Une réunion de famille qui, pour des raisons budgétaires, se déroulera loin des plateaux de Los Angeles, qui avaient accueilli le tournage des sept saisons originales. Reste à savoir si, pour recréer l’atmosphère des anciens épisodes, une touche d’Hollywood sera tout de même présente pour reconstituer la maison de famille de nos héros. Avec son habituelle malice, Glouberman nous quitte en laissant peu de place au doute :

La maison ? Ne vous en faites pas, on sait se débrouiller !

Et si, au fond, cette suite s’avérait être entre de bonnes mains et que la vie n’était pas si injuste ?

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Le réalisateur promet de nouveaux épisodes de Malcolm « aussi drôles qu’émouvants »

Ken Kwapis. © Mark Shafer

Ken Kwapis, qui sera derrière la caméra pour les quatre nouveaux épisodes de Malcolm commandés pas Disney+, promet un retour fidèle à l’esprit de la série.

Les fans de Malcolm peuvent se réjouir : la famille la plus chaotique du petit écran revient très bientôt ! Comme vous le savez, Disney+ a récemment officialisé le retour de la série culte avec quatre nouveaux épisodes inédits. Alors que le tournage est prévu en avril mais que la date de sortie précise reste encore secrète, TV Insider a eu l’opportunité d’échanger avec Ken Kwapis, réalisateur emblématique de la série, qui a partagé quelques indices sur ce revival très attendu, dont il assurera la mise en scène.

Un réalisateur expérimenté aux commandes

Ken Kwapis n’est pas un inconnu pour les fans de Malcolm. Diplômé de la Northwestern University’s School of Speech et de l’USC School of Cinema-Television, il s’est fait remarquer dès ses débuts avec son court-métrage For Heaven’s Sake, qui lui a valu le Student Academy Award en 1982. Il a ensuite bâti une carrière prolifique à la télévision comme au cinéma.

Dans Malcolm, il a signé 19 épisodes parmi les plus mémorables, dont « Joyeux anniversaire Lois » (saison 2, épisode 3) et « Si les garçons étaient des filles » (saison 4, épisode 10), démontrant son talent pour marier comédie visuelle et narration subtile. Il est aussi à l’origine du tout premier épisode de The Office (version américaine), posant ainsi les bases d’un phénomène mondial. Au cinéma, il a réalisé des films à succès comme Ce que pensent les hommes et Quatre filles et un jean, prouvant sa capacité à jongler entre humour, émotion et profondeur narrative.

Le casting original de retour pour un événement familial

Lorsqu’on lui demande à quoi s’attendre pour ce grand retour, Kwapis reste discret mais enthousiaste :

« Je ne peux pas tout révéler pour l’instant », sourit-il. « Mais c’est un vrai plaisir de retrouver toute l’équipe. Ils seront tous là. »

Effectivement, les acteurs emblématiques de la série reprennent leurs rôles : Frankie Muniz en Malcolm, Bryan Cranston en Hal et Jane Kaczmarek en Lois. Justin Berfield (Reese) devrait également faire son comeback, mais la question reste à ce jour encore en suspens pour Christopher Masterson (Francis) et surtout Erik Per Sullivan (Dewey). Cette confidence du réalisateur pourrait-elle être la confirmation que tous les frères seront bien de retour, comme le suggéraient déjà les récents propos de Frankie Muniz ?

Selon le synopsis officiel, cette nouvelle intrigue mettra en scène Malcolm et sa fille, plongés malgré eux dans les turbulences familiales lorsque Hal et Lois insistent pour réunir toute la famille à l’occasion de leur 40ᵉ anniversaire de mariage.

Un retour fidèle à l’esprit de la série

Si Malcolm a marqué des générations, c’est en grande partie grâce à son humour singulier et sa représentation réaliste – bien que décalée – des dynamiques familiales. Cet équilibre entre comédie exubérante et sincérité émotionnelle qui a fait son succès, selon Kwapis, sera préservé dans ce grand come-back :

« L’écriture est magnifique », confie-t-il. « C’est aussi drôle qu’émouvant. »

Série pionnière du format à caméra unique, Malcolm a été récompensée par 33 nominations aux Emmy Awards et a contribué à redéfinir la comédie télévisuelle. Aujourd’hui encore, elle continue de séduire un large public, notamment grâce à sa disponibilité sur Disney+ à l’international et ses multiples rediffusions sur les chaînes du groupe M6 en France.

« Malcolm peut sembler exagéré au premier abord », analyse Kwapis. « Mais malgré les gags visuels et les situations rocambolesques, tout repose sur une écriture authentique et des personnages profondément humains. »

Un point essentiel qui, selon lui, garantit l’efficacité du retour de la série :

« L’humour ne fonctionnerait pas si ces personnages n’étaient pas aussi réels et attachants. Même quand les situations sont délirantes, l’émotion reste sincère. »

Avec ce revival, les fans pourront donc retrouver ce mélange unique de chaos, de rires et de moments touchants qui a fait la renommée de Malcolm. Reste à savoir si ces nouveaux épisodes réussiront à capturer la même magie que la série originale.

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Malcolm de retour : Frankie Muniz révèle les premiers détails !

Frankie Muniz parle du retour de Malcolm (photomontage). © DR

Interrogé au sujet du retour de Malcolm, Frankie Muniz livre les premiers détails sur la genèse du projet et évoque de possibles retours.

Vous n’avez pas pu passer à côté : près de vingt ans après sa fin, la série culte Malcolm s’apprête à faire son grand retour ! Annoncée en décembre dernier par Disney+, cette mini-série événement marquera les retrouvailles de la famille la plus déjantée du petit écran. Format, casting, intrigue… voici tout ce que l’on sait déjà sur ce revival très attendu, dont quelques nouveaux détails révélés par l’interprète de Malcolm lui-même lors d’une interview à Screenrant.

De film à mini-série : comment Disney+ a changé la donne

Selon Frankie Muniz, l’idée d’une suite sous forme de film, qui circulait depuis plusieurs années – comme l’avait révélé Malcolm France à l’époque –, est bien celle qui a servi de base à ce projet. Finalement, le format a été repensé pour s’adapter aux attentes de la Walt Disney Company, qui détient désormais les droits de la série depuis le rachat en 2019 du groupe FOX, propriétaire initial de la série.

« À l’origine, le projet était de faire un film de deux heures, mais Disney+ a finalement opté pour un format sériel : quatre épisodes de 30 minutes chacun qui formeront une seule et même histoire. »

Un changement qui permettra aux fans de retrouver l’ambiance si particulière de la série, avec des épisodes légèrement plus longs que ceux d’origine, qui duraient une vingtaine de minutes, et qui se suivront directement, à l’instar de la poignée d’épisodes doubles ou même triples auxquels Malcolm s’était déjà essayé dans les années 2000.

Un casting entre nostalgie et renouveau

Côté scénario, ce retour en famille promet d’être explosif : Malcolm revient dans le foyer familial pour célébrer les 40 ans de mariage de ses parents. Mais cette fois, il n’est plus seulement un ado brillant en pleine crise existentielle… Il est désormais marié et père d’une fille ! Alors que le tournage est prévu pour avril, le casting des nouvelles venues dans la famille – la femme et la fille de Malcolm – est en cours. Pour éviter tout retard, le planning a été ajusté en fonction de la carrière de pilote de NASCAR de Frankie Muniz, qui jongle entre ses deux passions.

En plus de ces nouveaux visages, si l’on sait que Frankie Muniz (Malcolm), Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) seront de la partie, qu’en est-il des autres ? Sur ce point, Frankie Muniz l’assure :
« On va voir tout le monde et découvrir là où ils en sont et ce qu’ils font. »
Alors, ce « tout le monde » inclurait-il ceux qui interprétaient les trois frères de Malcolm : Christopher Masterson (Francis), Justin Berfield (Reese) et Erik Per Sullivan (Dewey) ? Selon des sources proches de la production, ces derniers auraient effectivement été approchés pour reprendre leurs rôles, et Malcolm France est en mesure de confirmer qu’au moins l’un d’entre eux sera bien de retour dans cette nouvelle salve d’épisodes.

Un dernier retour… ou le début d’une nouvelle ère ?

Si cette mini-série promet d’être un événement unique pour revenir vivre quelques bons moments auprès de Malcolm et de sa famille avant de définitivement leur dire adieu, Frankie Muniz laisse entendre que tout reste ouvert :

“On va finir sur une belle note, et on verra ce qui se passe par la suite.”

Un retour qui s’annonce nostalgique et plein de surprises… et qui pourrait bien donner envie aux fans d’en voir encore plus !

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Actualité

Jane Kaczmarek : « La plus grande arme d’une mère de famille, c’est de dire non ! »

La maman iconique de Malcolm a accordé une interview exceptionnelle à Malcolm France lors du Paris Manga & Sci-Fi Show.

Un vent d’amour, de tendresse et de nostalgie a soufflé sur le Paris Manga, le 16 et le 17 mars derniers, au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte. Les visiteurs fans de Malcolm, de tous âges, qui se sont succédé à notre micro, parfois émus aux larmes, étaient unanimes pour qualifier celle qui, pendant plus de sept saisons, entre 2000 et 2007, aura incarné Lois, la mère tyrannique de Malcolm et l’une des mamans les plus iconiques du petit écran : « adorable », « sympathique », « hyper agréable », « très avenante », « super cool », « trop gentille ». Une véritable maman poule, qui assume d’avoir été la principale figure maternelle de fiction de beaucoup d’entre nous, et ravie de rencontrer plusieurs de ses « enfants » par procuration. Et la plupart d’entre eux encore tout surpris et bouleversés d’avoir reçu un câlin spontané de l’actrice, très accessible, généreuse, causante et à l’écoute, bienveillante et affectueuse avec ses fans, venus nombreux et parfois de loin pour la rencontrer, conscients du caractère assez unique et inédit de l’événement. En marge des conférences et autres séances de dédicace qui l’auront occupée deux jours durant, nous avons pu nous entretenir longuement avec Jane Kaczmarek. Et, à notre tour, nous avons pu faire exactement le même constat. On s’en voudrait presque d’avoir détesté (ou adoré détester) son personnage pendant tant d’années, à travers les épisodes multi-rediffusés de la série, mettant à l’honneur son sens de la discipline et du châtiment (mais aussi, à plusieurs reprise, son sens aigu de l’intégrité). On se retrouve finalement face à une femme pétillante, espiègle, ravissante, extrêmement généreuse en confidences et en anecdotes. Et on est mis face à une évidence : celle d’avoir juste été mystifiés tout ce temps par le talent d’une remarquable actrice de composition, qui a su parfaitement embrasser un rôle de toute évidence si loin de sa véritable personnalité. C’est à cela que l’on reconnaît les grands interprètes. C’est la première fois que l’actrice s’exprime autant sur la série, et cela a été un véritable festival d’anecdotes, de secrets de tournage, de révélations inédites, et même : des nouvelles d’Erik Per Sullivan, le jeune interprète de Dewey. On vous dit tout ici !

« Je n’ai jamais fait cela auparavant ! »

Échange de bon procédé, nous avons demandé à l’intéressée en personne ce que cela lui faisait de rencontrer des fans à une convention. Elle a d’abord fait une précision importante qui nous donnerait des envies de chanter « cocorico » : c’était sa première fois dans une convention et sa première rencontre « officielle » avec le public français de la série.
« Je n’ai jamais fait cela auparavant. Je n’ai jamais été invitée à ce type d’événements. Et je suis tellement flattée. Malcolm a été une partie très, très, très important de ma vie, pendant sept ans. J’étais enceinte de mon fils, George, lorsque j’ai tourné la saison 1. Et ensuite, j’étais enceinte de ma fille, Mary Louisa, en 2002, pendant le tournage de la saison 4. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Jérôme Bas / Malcolm France

Jane Kaczmarek au Paris Manga & Sci-Fi Show en 2024.

Super maman toujours, l’actrice nous a confié que si elle était de passage à Paris, c’était aussi pour des raisons tout à fait personnelles et on ne peut plus maternelles : elle rendait visite à sa fille, Mary Louisa, âgée de 22 ans, qui étudie à Sciences Po, dans le Ve arrondissement.
« Ma fille Mary Louisa est actuellement ici, à Sciences Po, alors je me suis dit, c’est l’occasion de vous rencontrer tous. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
La fille de Jane Kaczmarek, nous l’avons tous bien connue… en tout cas nous l’avons vue grandir dans le ventre de sa maman, puisque c’est bien d’elle dont l’actrice était enceinte lors de la saison 4 (tournée en 2002). Détail qui avait été intégré à l’intrigue et qui avait entraîné l’apparition du petit dernier de la famille, Jamie, à partir de la saison 5. Et voilà que quelques années plus tard, le véritable bébé de Lois est devenue étudiante à Paris. Extrêmement flattée et profondément touchée son émotion est palpable qu’on l’invite à un tel événement, presque étonnée de l’intérêt et de l’admiration qu’elle suscite, Jane Kaczmarek n’avait pas conscience du succès de la série en France. Lors de ses quelques visites à Paris, elle a été très surprise de constater que les français connaissaient si bien la série. Elle raconte qu’une fois, dans un magasin, prise d’un envie pressante, le personnel qui l’avait reconnue lui a donné libre accès aux toilettes privées de l’établissement. Une distinction qui ne trompe pas, comme elle se prend à en plaisanter !

Bryan Cranston : un acteur au poil pour Hal

Si on en croit Jane Kaczmarek, elle aurait pu ne jamais rencontrer Bryan Cranston, qui allait pourtant incarner à ses côtés, Hal, son époux fantasque à l’écran. L’actrice nous raconte ce fait peu connu, qu’à quelques jours à peine du début de tournage de la série, alors qu’elle était déjà engagée pour le rôle de Lois, l’équipe cherchait encore son Hal… désespérément. Un seul critère alors : casting réservé à des hommes très grands et costauds uniquement (Hal devait donc être un géant ?). Mais aucun candidat ne faisait l’affaire. Quand ils ont finalement vu Bryan Cranston, cela a été comme une évidence : c’était lui. Et peu importe s’il avait une taille normale. Ce détail devint accessoire et fut vite oublié. Le talent de l’acteur prodige s’est imposé de lui-même.
« Ils étaient partis sur l’idée d’un homme très grand pour jouer Hal. Et ils ont auditionné, encore et encore. Ils n’arrivaient pas à trouver, alors qu’on était prêts à tourner le jour suivant. Alors ils ont décidé d’ouvrir le casting à des hommes de taille normale. Bryan était l’un d’entre eux. Il n’y avait pas grand-chose à faire pour lui dans le pilote. Mais vous savez, Bryan est tellement doué, il a dû faire quelque chose de spécial dans son audition, et ils ont dit : c’est lui, c’est notre homme. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Twentieth Century Fox Film Corporation

Bryan Cranston (Hal) et Jane Kaczmarek (Lois) dans « Je ne suis pas un monstre » (saison 1, épisode 1).

On se souvient tous de la toute première apparition de Hal dans le pilote de la série, avec cette fameuse scène où Lois rase le corps anormalement velu de son mari, lisant son journal dans le plus simple appareil et sans le moindre complexe au milieu de la cuisine. Encore hilare et très amusée par la situation, Jane nous en dit plus sur les coulisses de cette improbable première journée de tournage :
« La première fois que j’ai rencontré Bryan, c’était pour la scène du pilote où je lui rasais le corps. On ne s’était pas croisés avant ce premier jour sur le plateau. Il est arrivé en peignoir, qu’il a aussitôt enlevé, et il était recouvert de poils de yack qu’ils avaient collé partout sur lui, et il avait juste un petit quelque chose pour couvrir ses parties intimes. Et il a juste dit « Salut tout le monde ! » Sacrée façon de se présenter à l’équipe de tournage ! »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Un yack ?! On sait maintenant de quel anim-Hal le père de Malcolm est le lointain cousin ! Plus savoureux encore, et là où l’actrice nous livre un véritable petit scoop de backstage digne des commentaires audios DVD les plus croustillants : le dos hirsute qu’on la voit raser à coup de tondeuse en gros plan n’est en fait pas celui de Bryan Cranston !
« On avait besoin d’un gros plan en insert du dos de Hal, et on ne pouvait pas utiliser celui de Bryan à cause de la colle. Alors les membres de l’équipe se sont adressés aux chauffeurs baraqués qui étaient dans les parages, et leur ont demandé : « Qui veut se faire cent dollars ? » Alors plusieurs d’entre eux se sont présentés et ont enlevé leur t-shirt. Et ils ont choisi le plus poilu. Je repense souvent à ce qui a dû se passer quand il est rentré chez lui le soir, et que sa femme lui a demandé : « Chéri… qu’est-ce qui est arrivé au milieu de ton dos ? » »
Jane Kaczmarek à Malcolm France

« La série était écrite à la perfection. Pas de place pour l’improvisation »

Tout cela pourrait porter à penser que la série laissait une grande marge d’improvisation, de liberté et de créativité pour les acteurs. Il n’en est rien, et Jane Kaczmarek a vite fait de nous détromper à ce sujet. Elle se souvient que dès la première saison, c’est neuf épisodes qui étaient déjà écrits et peaufinés à la virgule près. Des scripts écrits au cordeau sous la supervision du créateur et showrunner, Linwood Boomer, dont Jane célèbre le génie. Oui, le génie, car elle insiste sur le fait que Malcolm… c’est lui. Comme Malcolm, Linwood Boomer était une tête d’ampoule, un enfant surdoué, ayant grandi dans une famille excentrique. C’est en véritable chef d’orchestre qu’il a mené la série à la note près, avec le sens du rythme et du contre-point humoristique que l’on connaît.
« Linwood Boomer était un enfant vraiment, vraiment très brillant, élève surdoué dans une famille de dingues, exactement pareil que Malcolm. Linwood a été cet enfant, et il avait donc une idée très, très précise de qui était cette famille. Cela n’avait rien à voir avec toutes les autres sitcoms. C’était parfaitement écrit, et on n’avait pas notre mot à dire. Et c’était très bien comme ça. C’était une série si rigoureuse dans son écriture, les scénaristes avaient déjà neuf scénarios prêts à tourner, il me semble, ce qui était très inhabituel. Mais Linwood et ses scénaristes avaient vraiment bossé les scripts, ils avaient réfléchi chaque ligne. Je pense que c’est pour que la série a eu un tel succès. Il y avait un véritable ton, et ce ton s’est maintenu tout du long, les réalisateurs ne procédaient à aucun changement, c’était toujours très similaire. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
DR

Linwood Boomer, le créateur de « Malcolm ».

L’actrice avoue qu’il a pu lui arriver de vouloir faire une proposition de jeu ou de composition sur le tournage, et qu’elle a toujours reçu la même réponse : « non ». Comme souvent, les projets les plus fous et les plus fantasques en apparence, cachent en réalité une machine bien huilée et sont paradoxalement les plus rigoureux.

« Cloris Leachman avait ce grain de folie, du genre à débarquer avec une valise remplie de jambon »

Une autre interprète de la série qui a eu davantage de mal à se plier à cette discipline stricte d’un scénario et d’une mise en scène millimétrées, c’est Cloris Leachman, alias grand-mère Ida, la mère de Lois. Quand on l’interroge sur l’actrice disparue en 2021 à l’âge de 94 ans, Jane Kaczmarek exprime toute son admiration pour celle qui, comme elle le rappelle était déjà une véritable légende du petit et du grand écran à l’époque, pour le public américain. Elle se souvient toutefois que la doyenne du tournage était d’une grande humilité, mais aussi débordante de créativité et d’idées, presqu’aussi fofolle que son personnage, et faisait de nombreuses suggestions plus inspirées et loufoques les unes que les autres pour pimenter ses scènes, se heurtant toujours aux mêmes réponses : Non. Pas le temps. Il faut être précis. Aller « vite » (Jane Kaczmarek prononce ce seul mot dans un français cristallin).
« Je l’ai toujours admirée. Elle était l’héroïne d’une série incroyablement populaire quand j’étais adolescente, et elle a même eu son propre spin-off. Elle a aussi gagné un Oscar pour le film La Dernière séance. Donc elle était vraiment très, très connue aux États-Unis. Et elle avait ce grain de folie, cette énergie. Et à propos de cette rigueur très cadrée dans laquelle on tournait : elle avait toujours des idées improbables, comme par exemple d’arriver avec une valise remplie de jambon. Mais l’équipe lui disait toujours qu’il n’y avait pas le temps, qu’elle devait venir avec ses répliques bien mémorisées. Sur un film, vous avez davantage de temps. Elle était tellement créative, c’était difficile pour elle de venir et juste lâcher sa réplique. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Columbia Pictures

Cloris Leachman et Timothy Bottoms dans « La Dernière séance » (1971).

L’art du contrechamp

On en viendrait à penser qu’il y a peu de choses cocasses à raconter sur un tournage aussi maîtrisé. Pourtant, quand on demande à Jane Kaczmarek si elle a une anecdote amusante, elle pense aussitôt à ce détail récurrent tout au long du tournage, et qui tient du véritable secret de fabrication : la loi étant très stricte en matière de travail des jeunes acteurs mineurs, les enfants ne pouvaient pas rester trop longtemps sur le plateau. Il fallait donc en priorité tourner leurs scènes et leurs plans, et les libérer rapidement. Restait alors à tourner… tout le reste : les scènes et les plans des adultes. Et c’est ainsi que, pour des scènes de dialogues, elle raconte qu’ils avaient l’habitude de rendre la réplique à des membres de l’équipe qui interprétaient les enfants de la fratrie dans les contre-champs.
« Comme les enfants devaient quitter le plateau de tournage assez tôt, ils étaient remplacés par des adultes faisant la taille des enfants. Il fallait donner la réplique à un type barbu. C’était toujours étrange pour nous de devoir faire ça avec des doublures. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France

« J’ai toujours adoré Lois »

Les enfants, particulièrement turbulents et redoublant d’inventivité pour les bêtises, auront mis les nerfs de Lois a rude épreuve tout au long de la série, transformant plusieurs fois les épisodes en véritable duels psychologiques avec cette mère omnisciente, longtemps perçue comme hystérique et despotique, mais sur laquelle les regards se font de plus en plus empathiques, attendis et compatissants, à une époque de prise de conscience sur la charge mentale souvent mal répartie dans les couples, et pesant principalement sur des mères de famille au bout du rouleau. Lorsque l’on montre à Jane Kaczmarek une petite compilation des grands moments de Lois, l’actrice, aussi amusée qu’émue, s’exclame : « C’est génial de revoir tout ça. Quand je vais rentrer chez moi, il faut vraiment que je revoie ma série ! » Elle poursuit en exprimant toute son affection et sa sympathie pour le personnage qu’elle a incarné pendant sept saisons :
« J’ai toujours adoré Lois. Je dois dire que j’ai moi-même grandi dans une famille qui était plutôt stricte. Ça filait droit. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Lorsqu’on l’interroge plus spécifiquement sur les principes d’éducation radicaux et peu orthodoxes de Lois, Jane Kaczmarek, entre bienveillance et dérision vis-à-vis de son personnage, donne une réponse toute en nuance, nourrie de son vécu d’enfant et de son expérience de mère :
« Il y avait cet épisode où Lois ne sait pas faire du vélo et apprend à en faire avec Reese. Et il se moquait d’elle. On est dans une rue, et je lui plaque la tête contre le sol près de morceaux de verre en lui interdisant de répéter à qui que ce soit. J’ai pensé que c’était un peu… je ne pense pas que j’aurais collé la tête de mon enfant sur des débris de verre ! Je n’ai jamais fait des choses aussi extrêmes en tant que mère. Mais je pense que l’une des plus grandes armes d’une mère, c’est de savoir dire non. Je ne sais pas comment c’est pour vous ici, mais aux États-Unis, les parents sont devenus beaucoup trop laxistes avec leurs enfants. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « Une dent contre toi » (saison 7, épisode 17).

Elle poursuit avec un exemple évoquant une autre série de la Fox justement considérée bien souvent comme « cousine » de Malcolm :
« J’ai doublé un personnage dans Les Simpson pendant un moment, et la prod m’envoyait des produits dérivés de la série. Je n’ai jamais laissé mes enfants regarder Les Simpson, parce que je trouvais qu’ils étaient tellement irrespectueux. Il y avait la figurine d’un personnage nommé Krusty le Clown, et quand on tirait la ficelle dans son dos, il disait : « Toi, mon vieux, t’es qu’un idiot ». Et mes enfants étaient en train de se promener avec, et j’ai dit « Donnez-moi ça ! Pas de ça ici ! On ne dit pas aux adultes qu’ils sont idiots ! » J’avais une réplique : « La moitié du temps, si on ne crie pas, les gens n’écoutent rien. » J’avais aussi créé une sorte de système avec les chaussures où, pour prendre une nouvelle paire, il fallait d’abord ramener l’autre paire, et comme ça, ça évitait qu’ils laissent trainer leurs chaussures partout dans la maison. J’ai su être inventive, côté discipline ! »
Jane Kaczmarek à Malcolm France

« Erik Per Sullivan va très bien »

Parmi les cinq enfants de la famille menée d’une poigne de fer souvent sans gant de velours par Lois, un en particulier a souvent été le chouchou des téléspectateurs, aussi bien dans les premières saisons pour sa mignonnerie narquoise que dans les dernières pour sa spiritualité et sa sensibilité : Dewey, incarné par Erik Per Sullivan. L’acteur ayant complètement disparu des écrans, aussi bien télé que radars, après la fin de la série, ce qui aura alimenté toutes sortes de rumeurs parfois loufoques, qui de mieux que sa maman (de fiction) pour nous renseigner sur lui. Nous avons donc demandé à Jane Kaczmarek ce que devenait le jeune homme aujourd’hui âgé de 32 ans (de rien, pour le coup de vieux) :
« Erik va très, très bien. Il a joué dans Malcolm pendant des années, il avait 7 ans au début et 14 ans à la fin. Il n’était pas intéressé par une carrière d’acteur. Il est allé dans une très prestigieuse université américaine, sur laquelle il nous a demandé de rester discrets. C’est un passionné de Charles Dickens, et il travaille sur la littérature victorienne. Je l’admire car je pense que pour beaucoup de gens, être dans le show business est la plus grande chose au monde. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
DR

Erik Per Sullivan en 2010.

Confirmation qu’Erik Per Sullivan avait créé quelque chose de très spécial avec le personnage de Dewey, Jane Kaczmarek se souvient que lorsque Linwood Boomer ne savait pas quoi faire au montage, c’est toujours avec Dewey qu’il trouvait de la matière et la meilleure solution au problème. Dewey, une valeur sûre. Dewey, Président !
« Je pense que c’est un garçon vraiment plein de talent, et Dewey était si aimé du public, c’était un véritable enfant mascotte. Linwood Boomer, le créateur de la série, disait que quand ils étaient en montage d’un épisode et ne savaient pas quoi faire, il savait qu’il pouvait juste ajouter un plan sur Dewey et que cela allait fonctionner, car il y avait toujours quelque chose d’incroyable qui se passait avec cet enfant. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Comme quoi ! La tête d’ampoule de la famille n’était pas celui que le scénario désignait. Et ce n’est pas vers la musique, mais vers la littérature que s’illustre finalement le petit préféré du public, sur lequel tout le monde peut donc se rassurer : nous ne nous attendions à rien, mais nous n’avons pas été déçus !

« Meryl Streep a insisté pour que je donne une gifle à Robert de Niro »

C’est une émotion très touchante et contagieuse qui submerge Jane Kaczmarek lorsqu’on lui tend… son œuvre. Sa carrière, imprimée sur plusieurs pages, un recensement de tous les films et toutes les séries dans lesquels elle est apparue au cours de ses quarante ans de carrière. Émue, elle semble réaliser le chemin parcouru, et c’est une farandole de souvenirs et d’anecdotes que cela libère en elle. Le premier mot qui lui vient, spontanément, est « very lucky ». Elle revient sur ses débuts, en remontant jusqu’à sa formation d’actrice dans la Yale School of Drama, où elle a appris l’art du théâtre et de la comédie à la fin des années 70. Elle se souvient du tournant qu’a pris sa vie quand son agent l’a fait venir à Los Angeles, au début des années 80. Elle évoque ses tous premiers rôles à la télévision, dans la série The Paper Chase :
« Je suis allée à la Yale School of drama, and j’ai joué dans plus de 30 pièces en trois ans. J’ai été très chanceuse. J’avais un agent qui m’a amenée à Los Angeles, en 1982. Et alors je n’ai fait que de la télévision, et le théâtre me manquait alors je suis repartie à New York et j’ai joué au théâtre. J’ai eu beaucoup de chance. Il y avait une série appelée The Paper Chase, que j’avais toujours adorée. C’était à propos de gens brillants à la Fac de Droit de Harvard, et je jouais cette fille hyper intelligente. Et c’était difficile, car il fallait sortir des répliques avec du jargon juridique. Mais j’ai adoré faire ça, et je me sentais comme à la maison. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Ou encore Capitaine Furillo. Un feuilleton policier où son personnage a fini par être tué brutalement… d’un commun accord avec le showrunner, pour la rendre disponible pour une offre de rôle qu’elle ne pouvait pas refuser. Et pour cause, un film avec, en tête d’affiche, deux des plus grands acteurs du cinéma américain, Meryl Streep et Robert De Niro, où elle devait incarner l’épouse de ce dernier : Falling in Love (1984).
NBC

Jane Kaczmarek dans « Capitaine Furillo » (1984).

Et de préciser :
« Capitaine Furillo était une série qui cartonnait, et c’était probablement la première série policière réaliste où il y avait ce ballet incessant de gens qui allaient et venaient dans le décor, ouvraient et claquaient les portes. Mais j’ai décroché ce rôle dans un film avec Meryl Streep et Robert de Niro, où je devais jouer sa femme. Donc je suis allée voir celui qui dirigeait Capitaine Furillo, et je lui dis : « Tu sais, tu vas devoir me tuer dans la série, car il y a ce film que je voudrais faire. » Et il me répond : « Pourquoi on se contenterait pas de te tirer dessus, et on te met dans le coma pendant un mois à l’hôpital, le temps que tu tournes ton film, et tu reviens. » Et j’ai répondu : « Eh bien, non, dorénavant je vais tourner dans des films. Je vais travailler avec Meryl Streep et Robert De Niro. » Meryl Streep venait de faire Le Choix de Sophie, et Robert De Niro venait de faire Raging Bull, et j’étais cette gamine tellement exaltée. Le showrunner a dit « OK, on va te buter ». Ma mère avait l’habitude de regarder Capitaine Furillo, à son club de bridge de Milwaukee chaque jeudi soir en mangeant une tarte au citron meringuée. Et je ne lui avais pas dit que j’allais me faire tuer cette semaine là. Et je me suis fait engueuler par ma mère, qui me disait que j’aurais dû la prévenir, que tout son club de bridge était bouleversé de me voir me prendre une balle dans la tête pendant qu’ils mangeaient tous une tarte du citron. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Le film (qui a été diffusé il y a quelque temps sur la chaine Arte) n’a pas été le succès escompté, comme le reconnaît Jane Kaczmarek, sans amertume. Elle en garde un excellent souvenir, attendri et reconnaissant, entre autres pour l’attitude très protectrice et bienveillante de Meryl Streep envers elle sur le tournage.
« Falling in Love n’a pas eu de succès du tout, mais j’ai passé un moment merveilleux. J’étais mariée à Robert De Niro, et il me quittait pour Meryl Streep. C’était une expérience mémorable, et j’étais fier de mon travail dedans. Et à l’époque, on n’avait pas de téléphones portables (mon Dieu, je suis vieille !), donc pour visionner les rushes, il fallait se rendre dans une salle de projection à New York. Meryl Streep s’asseyait juste derrière moi. J’étais dans tous mes états et j’hyper-ventilais à chaque fois que j’étais à proximité de cette femme. J’étais en admiration devant elle. Et à chaque fois, elle me tapotait l’épaule, et me disait : « Tu vois là, ce que tu fais, c’est la bonne prise, c’est celle qu’ils vont garder, c’est vraiment bon. » Elle était tellement encourageante et une vraie mentor pour moi. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Une Meryl Streep toujours de bon conseil. Comme la fois où, grâce à l’intervention de l’actrice multi-oscarisée, Jane Kaczmarek a eu l’opportunité… de gifler Robert De Niro !
« Il y a cette scène où je découvre que Robert De Niro a été infidèle. Je le gifle autour de la table de la cuisine. On était en train de tourner la scène, et Robert De Niro a dit au réalisateur : « Je ne pense pas qu’elle devrait me gifler. » Et le réalisateur a dit : « OK, Bobby, OK. » Donc on a fait la scène sans gifle. On est en train de regarder ça, et Meryl me tape l’épaule et elle me dit « Il faut que tu le gifles. Si tu ne le fais pas, ton personnage n’a aucun sens. On doit voir à quel point tu es blessée par sa trahison. » Alors j’ai sorti « OK, Meryl, merci ». J’allais rentrer à Los Angeles, et là j’apprends que Meryl est allée voir le réalisateur en personne pour lui dire que je devais donner cette gifle, et qu’il fallait retourner ma scène. Ce genre de générosité pour une autre actrice, mais aussi son investissement dans la conception d’un film et les personnages, cela n’a fait que renforcer mon admiration pour elle. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Paramount Pictures

Jane Kaczmarek et Robert De Niro dans « Falling In Love » (1984).

Petite anecdote de la rédaction : saviez-vous que Jane Kaczmarek a été la maman de Spider-Man ? Non ? Bon, OK, on triche un peu. En fait, elle a joué la maman du tout jeune Tobey Maguire (interprète culte du Spider-Man de Sam Raimy, en 2002, 2004 et 2007), dans le film Plaisantville de Gary Ross en 1998, soit quatre ans avant qu’il endosse le costume de l’homme-araignée.

Le mot de la fin

Vous souhaitez retrouver Jane Kaczmarek dans un contenu plus récent ? C’est elle en personne qui vous recommande la série The Changeling, une saison de neuf épisodes, tout juste parue en 2023 sur la plateforme Apple TV.
« The Changeling a été une vraie déception. Pas la série en elle-même, mais il y a eu la grève des acteurs et donc on a pu faire aucune promo ou publicité. Ce personnage, Cal, dans la série, c’est un véritable nouveau départ et une rupture avec tout ce que les gens imaginent de moi. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Apple Studios

Lakeith Stanfield et Jane Kaczmarek dans « The Changeling » (2023).

Mais les derniers mots de Jane Kaczmarek à notre micro, ils ont été pour le public et les fans, qu’elle a tenu à saluer dans un mélange d’anglais et de français :
« Mon cœur est beaucoup… full of Parisians and Français. »
Jane Kaczmarek à Malcolm France
Le moindre que l’on puisse dire, au regard des réactions des visiteurs dans les allées du salon, c’est que cela aura été réciproque.

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Frankie Muniz révèle avoir quitté le plateau durant le tournage de Malcolm : « Tout le monde était terrorisé »

Frankie Muniz en 2024. © James Gilbert / Getty Images

À l’affiche de la version australienne de Je suis une célébrité… sortez-moi de là !, la star de Malcolm a livré quelques éléments sur les coulisses de la série.

Quelques jours seulement après avoir participé à sa course NASCAR à domicile à Phoenix, Frankie Muniz s’est envolé pour l’Afrique du Sud, plus précisément dans le parc national Kruger, pour participer à la dixième saison de la version australienne de l’émission I’m a Celebrity… Get Me Out of Here! Diffusée sur la chaîne Network 10, cette télé-réalité, connue en France sous le nom de Je suis une célébrité, sortez-moi de là ! (diffusée en 2006 et 2019 sur TF1), permet de suivre des célébrités vivant dans un environnement sauvage qui doivent relever des défis physiques et mentaux pour gagner des repas et des améliorations de confort. Les téléspectateurs votent chaque semaine pour éliminer un candidat, et le vainqueur remporte 100 000 $ à reverser à l’association caritative de son choix.
DR

Frankie Muniz est au casting de « I’m a Celebrity… Get Me Out of Here! » en Afrique du Sud.

Frankie Muniz a lui choisi de jouer pour l’association Dementia Australia, l’organisme national qui soutient les personnes atteintes de démence, leurs familles et leurs soignants. Ce n’est pas la première fois que Frankie participe à une émission de télé-réalité. Le comédien de 38 ans avait déjà participé à Dancing With The Stars en 2017 et à The Surreal Life en 2022, aux côtés d’autres célébrités, notamment le célèbre basketteur Dennis Rodman. Au milieu de la jungle sud-africaine, avec un confort très rudimentaire, Frankie Muniz partage l’affiche avec des personnalités principalement australiennes, telles que l’animateur de radio australien Brittany Hockley, la candidate de l’émission Love Island Callum Hole, l’ancienne sportive professionnelle Candice Warner, l’animatrice télé Denise Drysdale, la nageuse paralympique Ellie Cole, le chef cuisinier Khanh Ong, la coach sportive  Michelle Bridges, le joueur de football Peter Daicos, mais aussi l’influenceuse Skye Wheatley, l’humoriste britannique Stephen K. Amos et le danseur professionnel irlandais Tristan MacManus.

« Ils nous faisaient courir pour aller à l’école ! »

Des extraits de l’émission sont à retrouver sur les réseaux sociaux, qui permettent de voir Frankie Muniz livrer quelques coulisses de tournage lors de ses années Malcolm. Notamment cette anecdote qui raconte comment la production a concilié tournage avec des enfants et scolarité :
 
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« Aux États-Unis, il existe des lois sur le travail des enfants. Jusqu’à vos 15 ans, vous ne pouvez travailler que 9,5 heures, durant lesquelles vous devez caser 3 heures d’école. Concrètement, on répétait donc la scène, et puis d’un coup, on devait partir en courant pour retourner à l’école ! Là on travaillait par tranches de 20 minutes, et dès que ces 20 minutes étaient écoulées, ils nous faisaient retourner sur le plateau pour filmer à nouveau. Du coup il n’y avait pas de pause. De mes huit ans jusqu’à la fin de « Malcolm » quand j’avais 20 ans, j’ai dû cumuler 30 jours de congés grand maximum. »
Frankie Muniz dans I’m a Celebrity… Get Me Out of Here!

« Je reçois toujours des cachets grâce à Malcolm »

Dans un autre extrait, Frankie Muniz raconte qu’il reçoit encore régulièrement des chèques suite à la diffusion de la série partout dans le monde :
« Une fois que vous avez fait une série, à chaque fois qu’elle est diffusée, et pour le reste de votre vie, vous recevez un chèque pour ça. C’est toujours une bonne petite surprise. »
Frankie Muniz dans I’m a Celebrity… Get Me Out of Here!
Une sorte de rente qui peut être mis en partie au crédit du groupe M6, qui laisse une place de choix à la série depuis toutes ces années. La série Malcolm est définitivement une valeur sûre, qui a depuis trouvé sa place sur les plateformes de streaming, même si la rémunération des comédiens y est beaucoup plus aléatoire.

« J’ai quitté le plateau de Malcolm durant 2 épisodes »

Dans le même extrait diffusé sur Instagram, le comédien de 38 ans révèle en revanche pour la première fois avoir claqué à deux reprises la porte du plateau durant le tournage de Malcolm, à cause du comportement de deux assistants-réalisateurs de la série :
 
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« Je n’ai jamais eu peur d’ouvrir ma bouche pour me défendre. Il y a 2 épisodes de Malcolm où je n’apparais pas, parce que j’ai quitté le plateau. Tout le monde avait tellement peur de l’ouvrir face au comportement autoritaire, grossier ou irrespectueux de certaines personnes. Ils marchaient tous sur des œufs. Moi, j’étais mortifié, de voir ça, je me disais : ‘Mais enfin, dis quelque chose !’ Je me fichais de me faire renvoyer, parce que j’estimais que ma réaction était légitime.  »
Frankie Muniz dans I’m a Celebrity… Get Me Out of Here!
Une attitude remarquable, même si le comédien a concédé que son statut de personnage principal de la série lui conférait un pouvoir évident, et permettait plus facilement d’avoir un moyen de pression. Difficile en effet d’imaginer pour les producteurs de pouvoir tourner une série sans son personnage principal. Quoi qu’il en soit, à notre connaissance, Frankie Muniz a été présent dans 150 des 151 épisodes que compte la série. Le seul épisode dans lequel Frankie est « absent » est « Le testament impossible » (saison 4, épisode 17). Dans cet épisode, il n’est visible qu’à travers des flashbacks.

« Je ne laisserais jamais mon enfant se lancer dans cette activité »

Les commentaires de Frankie concernant le tournage de Malcolm font écho à ses propos donnés lors d’une récente interview.
« Je ne laisserais jamais mon enfant se lancer dans cette activité. Et ce n’est pas que j’ai eu une mauvaise expérience, car pour être honnête, mon expérience a été positive à 100 %. Mais je connais tellement de gens, d’amis proches, qui ont eu des expériences vraiment mauvaises. »
Frankie Muniz pour Pedestrian TV
Malgré son expérience positive sur les plateaux, le comédien semble souhaiter éviter à son fils le risque d’être confronté à des mésaventures similaires à l’avenir.

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Bryan Cranston : « Je vais faire une pause »

Bryan Cranston en 2023 pour QG. © Paola Kudacki

L’acteur annonce faire une pause dans sa carrière en 2026, à l’occasion de ses 70 ans.

Suite à une interview réalisée pour la version britannique du magazine pour homme GQ dans le cadre de la promotion de son prochain film Asteroid City, des dizaines articles ont été publiés annonçant que Bryan Cranston prévoit de mettre un terme à sa carrière d’acteur en 2026 et de s’installer en France. Dans cette interview, à retrouver ici (en anglais uniquement), le comédien qui sera âgé de 70 ans cette année-là fait plusieurs annonces : prendre temporairement sa retraite, fermer sa société de production, vendre sa moitié de Dos Hombres, l’entreprise qu’il a fondé avec son partenaire de Breaking Bad Aaron Paul, et s’évader avec sa femme dans un pays étranger, probablement la France, pour un minimum de six mois.
« Je veux changer de paradigme une fois de plus. Au cours des 24 dernières années, Robin a mené sa vie en s’accrochant à moi. Elle a été la femme d’une célébrité et a dû ajuster sa vie en fonction de la mienne. Elle en tire d’énormes avantages, mais nous sommes inégaux. Je veux rétablir l’équilibre. Elle le mérite. »
Bryan Cranston à Interview GQ UK
Bryan, qui a commencé sa carrière il y a plus de 40 ans, souhaite donc consacrer plus de temps à son épouse Robin et profiter davantage d’une vie plus simple à ses côtés, loin des paillettes d’Hollywood. Pour cela, il a comme projet de déménager à l’étranger dans un petit village, où il pourrait apprendre à cuisiner et faire du jardinage, nous apprend GQ.
« Je veux vivre cette expérience. Je veux partir en excursion toute une journée, faire du feu dans la cheminée, boire du vin avec de nouveaux amis et ne pas lire de scénarios. Et il n’est pas question que je me dise : « Oh, je vais en lire et voir ce que je vais faire. » Non, c’est une pause. C’est un arrêt. Je ne penserai pas au travail. Je ne prendrai pas d’appels téléphoniques. »
Bryan Cranston à Interview GQ UK
Le principal intéressé ne s’attendait sûrement pas à ce que cette interview provoque de vives réactions de la part du public, ce qui l’a amené à prendre le temps d’écrire un long message sur son compte Instagram afin de clarifier ses propos.
« Salut à tous, Des informations me concernant ont été publiées sans qu’elles soient tout à fait claires… même pour moi. Je voulais donc mettre les choses au clair : je ne prends pas ma retraite. Ce que je vais faire, c’est appuyer sur le bouton pause pendant un an après avoir atteint mon 70e anniversaire en 2026. Bon sang, 70 ans ! Je ne suis même pas sûr de ce que signifie « faire une pause », mais pour l’instant, je pense que ça implique pour moi de faire plusieurs choses lorsque je prendrai une année de congé. Premièrement, cela va me permettre de passer du temps avec Robin (ma magnifique épouse depuis 34 ans), bien plus qu’au cours des 25 dernières années… Elle ne sera plus réduite à être épouse de célébrité, et nous pourrons vivre comme un couple marié aimant qui entre dans ses dernières années de vie (eh oui, soyons honnêtes), avec de nouveaux espoirs, de nouveaux objectifs et de nouvelles expériences. Deuxièmement, cela va me permettre de remettre ma carrière à zéro. J’ai vécu une expérience incroyable pendant plus de vingt ans, en incarnant à la télévision, au cinéma et sur scène des personnages dont je n’aurais pu que rêver… jusqu’à ce que cela se produise. Je suis incroyablement reconnaissant d’avoir eu cette chance. Cela dit, j’ai l’impression que je commence à être à court d’idées nouvelles sur la manière d’interpréter les personnages que l’on me propose. C’est pourquoi l’exploration d’une expérience de vie plus dépaysante me donnera la possibilité de me ressourcer et de me préparer à jouer les rôles qui me seront proposés de manière plus authentique. Je vais me débrancher des médias sociaux, quitter l’effervescence de ce milieu et me plonger dans les romans classiques que je me suis toujours promis de lire sans jamais le faire… Mais avant cela, j’ai quelques dernières choses à régler. Plusieurs films dont je suis très fier sortiront bientôt, je suis en train de produire des histoires que j’adore pour la télévision, et je me concentre sur mon retour à Broadway. Ce retour se fera sous un nouvel angle, et j’aurai l’occasion de vous en reparler. Pour l’instant, permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à tous ceux d’entre vous qui ont pris le temps et la gentillesse de lire mes messages et de suivre ma carrière. Je ne considère jamais ma chance comme acquise. Je suis béni, et je le sais. Je vous souhaite à tous une bonne continuation… et je vous dis à bientôt. »
Bryan Cranston sur Instagram
Nous voilà donc rassurés ! L’interprète de Hal, qui sera à l’affiche du film Asteroid City de Wes Anderson le 21 juin au cinéma, ne devrait pas disparaître si vite de nos écrans. Il sera également bientôt à l’affiche d’Argylle, un film réalisé par Matthew Vaughn. Cranston donnera la réplique à Samuel L. Jackson, Henry Cavill ou encore Dua Lipa dans ce thriller d’espionnage, qui devrait arriver cette année sur la plateforme de streaming Apple TV+. QG évoque également le souhait de l’acteur de participer au projet de come-back de Malcolm. C’est en ce sens que le créateur de la série, Linwood Boomer, l’a approché. « Je suis curieux de connaître cette famille 20 ans plus tard« , déclare Cranston. « Que leur est-il arrivé ? Où sont-ils ? Que font les enfants ? Ils sont devenus des adultes. » Il y a donc toujours un espoir de voir ce projet de suite aboutir un jour !

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Frankie Muniz : « J’ai eu de la chance de faire Malcolm avant la folie des réseaux sociaux, ça aurait été dur de vivre ça enfant. »

Trois ans après notre dernier entretien, nous avons retrouvé la star de la série Malcolm pour un nouvel échange, lors du HeroFestival à Grenoble. Et il en a vécu des choses depuis 2019 !

Les 18 et 19 juin dernier, la ville de Grenoble accueillait l’acteur Frankie Muniz dans le cadre du HeroFestival. Trois ans après son dernier passage en France, le comédien a eu l’occasion, le temps d’un weekend, de rencontrer de nombreux fans Français qui ont fait le déplacement pour voir la star de Malcolm ! Au cours de ce week-end, nous avons eu l’occasion de nous entretenir à nouveau avec Frankie pour évoquer ses projets, son actualité, et bien évidemment de parler de la série Malcolm. Un entretien que vous pouvez retrouver en intégralité dans la vidéo ci-desssus. Alors que s’est-il passé depuis ces trois dernières années pour notre Frankie ? Eh bien l’acteur a été très occupé et ce malgré la pandémie de Covid-19 qui a ralenti le rythme de vie de nombreuses personnes. Il s’est tout d’abord séparé de son magasin d’huile d’olive et de vinaigre qu’il gérait avec Paige, sa femme, à Scottsdale d’où ils sont originaires. Ils ont également déménagé huit fois suite à l’inondation accidentelle de leur maison provoquée par l’un de leur chat pendant que le couple était en voyage en France. Le couple s’est également marié en 2020 et ils ont accueilli leur premier enfant en 2021, ce qui constitue en soi un gros bouleversement, comme il nous l’a confié.

Frankie Muniz et la parentalité

Frankie Muniz papa, parlons-en justement ! Beaucoup le disent, la parentalité change une vie. Et à l’époque du démarrage de la série Malcolm, les comédiens Jane Kaczmarek et Bryan Cranston avaient, à quelques années près, l’âge de Frankie aujourd’hui. De quoi voir les choses sous un autre angle.
Malcolm France

Désormais lui-même papa, Frankie Muniz regarde des extraits de Lois et Hal dans « Malcolm ».

Nous en avons donc profité pour lui demander si son regard sur la série, plus particulièrement sur le comportement de Hal et Lois vis-à-vis des enfants, avait changé maintenant qu’il était papa et si sa façon d’éduquer son enfant se rapprochait plus de celle de Hal ou celle de Lois.
« Je ne suis certainement pas aussi indulgent que Hal mais je ne suis pas aussi dur que Lois donc je pense que… je pourrais être au milieu ! »
Frankie Muniz à Malcolm France

Les retrouvailles

Nous sommes revenus sur la réunion virtuelle qui a eu lieu en août 2020 pour célébrer les 20 ans de la série. Pour rappel Linwood Boomer, le créateur de Malcolm a créé une œuvre de charité, Healing California, qui permet l’accès à des soins médicaux, dentaires et oculaires aux Californiens les plus nécessiteux. L’évènement qui s’est déroulé pendant la pandémie du Covid-19 n’a pour autant jamais été prévu pour être un événement en « réel » avec tous les comédiens. Frankie aimerait cependant prendre davantage de temps pour parler et passer du temps avec ses anciens camarades de tournage.
« Je devrais faire un effort pour garder le contact avec tout le monde. Ils sont tous très occupés mais il faudrait vraiment que ça se fasse un jour. »
Frankie Muniz à Malcolm France

Non, il n’a rien oublié de ses années Malcolm

« Une info est donnée en certains termes, et la personne qui la reprend tourne ça à sa façon. Ensuite ça a fait le tour du monde. »
Frankie Muniz à Malcolm France
Frankie est revenu, une nouvelle fois, sur toutes ces désinformations qui, depuis sa participation à la version américaine de l’émission Danse avec les Stars, apparaissent sur internet concernant ses problèmes de mémoire. Un sujet déjà été traité lors de récentes interviews, mais qui qui n’empêche pas certains esprits malveillants de continuer à faire propager la rumeur.
Malcolm France

Frankie Muniz interviewé par Malcolm France, le 18 juin 2022 au HeroFestival à Grenoble.

L’acteur a tenu une nouvelle fois a clarifier la situation et de rappeler, une nouvelle fois, son jeune âge à l’époque de la série et sa vie « hors normes » à l’époque :
« Bien sûr que je me souviens avoir joué Malcolm. Je me souviens de beaucoup de choses du tournage. Pas de tout, bien sûr ! Mais si je vous parlais de l’école, est-ce que vous, vous vous souvenez de chaque jour passé au lycée ? (…) Surtout que j’ai toujours été très occupé : depuis l’âge de huit ans (…) je n’arrête pas. Je reçois beaucoup d’informations. Et quand on s’habitue à ce rythme on n’absorbe pas si bien. (…) C’est dur de se souvenir de chaque endroit, chaque activité. »
Frankie Muniz à Malcolm France

Son rapport aux réseaux sociaux

TikTok, Twitter, Instagram, Facebook… Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante de nos vies ! Ce n’était pas le cas à la sortie de Malcolm, et c’est finalement une évolution importante au niveau de la perception des fans vis à vis des comédiennes et des comédiens. L’avènement des réseaux sociaux a en effet non seulement permis de modifier le rapport fan/star, mais il a aussi provoqué l’apparition de flux intensif de réactions, aussi instantanées que tranchées, pour le meilleur et pour le pire ! Pour Frankie Muniz, le fait que Malcolm ait été produit dans les années 2000 a été une aubaine pour lui :
« J’ai de la chance que les réseaux sociaux soient arrivés juste après Malcolm. (…) Moi, j’aimais bien le fait que les gens n’avaient pas autant de lien avec les acteurs à l’époque. Ils étaient contents de pouvoir te rencontrer. Maintenant, avec les réseaux sociaux, les gens pensent être plus proches des acteurs, et ils ont plus d’attentes. Heureusement, j’ai vécu ça avant tous les paparazzi et tous les réseaux, mais je pense que ça aurait été dur de vivre ça enfant, avec toute la négativité qui vient avec. »
Frankie Muniz à Malcolm France

De retour sur les pistes

Frankie producteur d’huile d’olive, Frankie batteur dans un groupe de musique, Frankie investisseur, Frankie animateur, Frankie danseur… Le héros de Malcolm est difficile à suivre depuis la fin de la série ! Et alors, quelle est donc sa nouvelle activité ? Eh bien… la course automobile, à nouveau ! L’acteur, qui a dû mettre fin précipitamment à sa carrière automobile en 2008 suite à son accident, avait l’impression de ne pas avoir terminé ce qu’il devait accomplir dans ce domaine. L’arrivée de son fils lui a également donné la motivation de retourner à la compétition sportive :
« Quand j’ai eu mon fils, la plupart des gens voudraient ralentir, la plupart des gens ne voudraient pas faire quelque chose de dangereux, mais moi, j’ai pensé que je voulais qu’il grandisse dans un environnement où il me voit réaliser mes rêves et travailler dur. (…) J’ai l’impression que c’est ce que je suis censé faire quand je le fais ! »
Frankie Muniz à Malcolm France

Une question pour ses fans français

Depuis 5 ans maintenant, nous avons eu l’occasion d’interviewer le héros de la série culte d’une génération. Et depuis 5 ans, Frankie est venu dans de nombreuses conventions et festival, rencontrer ses fans français. Cela fait beaucoup de questions auxquelles il a dû répondre. Et si, l’espace d’un instant, nous inversions les rôles ?
Malcolm France

Frankie Muniz interviewé par Malcolm France, le 18 juin 2022 au HeroFestival à Grenoble.

C’est que nous avons proposé à Frankie : poser, pour une fois, une question aux fans français de la série. Et voici ce qu’il a tenu à vous demander :
« C’est intéressant que Dewey soit le personnage préféré de beaucoup de Français. Dans d’autres pays, ça n’est pas le cas. Ici, on voit plein de t-shirts Dewey. Pourquoi ? Est-ce que c’est le doublage qui le rend bien plus sympathique ? Alors je suis curieux, pourquoi vous aimez tant Dewey ? »
Frankie Muniz à Malcolm France
Alors, pour une fois, c’est à vous, fans français de Malcolm, de répondre à Frankie : pourquoi en France, Dewey est-il si apprécié ? À vos claviers dans les commentaires, nous lui ferons parvenir vos réponses.

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EXCLUSIF. Emy Coligado : « C’est dans Malcolm que j’ai appris à jouer la comédie »

L’interprète de Piama revient avec Malcolm France sur son expérience dans la série.

Avant même Jamie, c’était le premier ajout surprise à la famille de Malcolm. Piama n’a plus jamais quitté les rangs des personnages secondaires hauts en couleur dès lors qu’elle est apparue dans la saison 3, aux bras de Francis. Piquante et caractérielle, elle l’a suivi dans ses aventures folles de l’Alaska jusqu’au Texas tout en ne manquant pas de faire de la résistance face à sa belle-mère Lois. Ce rôle mémorable qu’elle a habité durant 28 épisodes au total était pourtant l’une des premières expériences pour son interprète, l’actrice Emy Coligado, aujourd’hui 49 ans et une carrière bien remplie au théâtre et à la télévision, qui a accepté de revenir pour Malcolm France sur ses premiers pas à la télévision dans Malcolm, et de nous parler de ses derniers projets.
Commençons par le début. Comment avez-vous décroché le rôle de Piama ?
J’ai eu le rôle d’une manière qui n’est pas très palpitante : mon agent m’a envoyé l’audition, j’y suis allée, et j’ai décroché le rôle. Tout ça grâce à mon agent.
Et comment s’est passée votre première journée de tournage ?
Je me souviens d’être arrivée, et d’être allée à la rencontre de la première personne venue, qui se trouvait être la doublure de Dewey. Je lui ai dit : « Je suis Emy, l’une des nouvelles actrices. Tu sais où je dois aller ? » Il m’a répondu : « Tu vas adorer être ici. Ce plateau, c’est une famille. Linwood Boomer a crée un super environnement de travail. » Et c’était vrai. Chaque jour, on sentait que tout le monde s’aimait ou se détestait, tout comme une famille ! [rires] C’était un endroit génial où travailler. Mais c’était aussi très angoissant. La série était un gros carton. Jane Kaczmarek [l’interprète de Lois] avait déjà été nommée à plusieurs reprises pour un Emmy Award. Ma grande scène avec elle, où on entre en confrontation, était l’une des premières que j’aie tournée. J’étais tellement nerveuse, et elle a été si accueillante et gentille, elle a tout fait pour que je me sente à l’aise. Oui, j’étais très nerveuse et j’étais nouvelle dans le milieu. Malcolm, c’est là où j’ai appris comment jouer la comédie pour la télévision, car c’est très différent du théâtre.
« J’étais embauchée pour trois épisodes. À chacun des suivants, c’était la cerise sur le gâteau. »
Emy Coligado à Malcolm France
Effectivement, vous avez eu de nombreuses scènes mémorables avec Jane Kaczmarek, comment était-ce d’échanger la réplique avec elle ?
Encore une fois, j’étais tellement nerveuse de travailler avec une si grande actrice. Pour cette scène de face-à-face, j’ai passé deux semaines à travailler dessus. Jane Kaczmarek, elle, est une actrice très expérimentée. Dans les loges, elle m’a lancé : « Quelle scène on fait ensemble aujourd’hui ? » Je n’en revenais pas, elle était tellement décontractée. C’était un moment énorme pour moi, mais pour elle, c’était un jour comme un autre. Elle a mémorisé toutes ses répliques pour la scène sur-le-champ, dans la loge. Elle est dotée d’une telle intelligence et vivacité d’esprit qu’elle peut mémoriser très rapidement, c’est impressionnant.
Elle vous a laissé une sacré impression !
Jane m’invitait à venir l’écouter lorsqu’elle donnait des interviews. Elle savait que j’étais nouvelle dans ce milieu, et j’ai trouvé ça très généreux de sa part, de faire en sorte que je puisse écouter et apprendre d’elle. Je lui en suis très reconnaissante.
Vous parliez de votre jour d’arrivée, mais comment se déroulait une journée plus typique de tournage ?
Les journées n’étaient jamais les mêmes, elles étaient toujours différentes. Parfois, on tournait dans les studios, et d’autres, on tournait en extérieur, que ce soit dans une maison, ou dehors à la campagne, par exemple pour les scènes au ranch d’Otto. Donc il n’y avait pas de journée typique, ce qui les rend toutes plus exaltantes.
Piama était-elle prévue comme un personnage récurrent dès le départ ? Mine de rien, elle apparaît de la saison 3 à la fin de la série.
J’avais été embauchée pour faire trois épisodes à la base, cinq tout au plus. Je savais que ces trois premiers épisodes étaient un test pour voir comment j’allais me débrouiller, ainsi que comment le personnage allait s’intégrer à l’histoire. Quand je suis revenue pour les quatrième et cinquième épisodes, j’étais tellement contente. Et puis, quand je suis revenue pour les saisons suivantes, de la saison 4 à 7, c’était à chaque fois la cerise sur le gâteau. J’ignorais pour combien d’épisodes Piama reviendrait chaque année, car ils ne pouvaient pas me dire ce qu’ils allaient faire de mon personnage. Je suis reconnaissante d’avoir été présente cinq saisons durant.
Et comment avez-vous vécu le changement régulier de cadre ? Au début, on vous trouve en Alaska, puis au ranch, et vous finissez par avoir davantage de scènes avec la famille sur les dernières saisons.
En réalité, bien qu’on ait l’impression de changer totalement de décor, on restait au même endroit. On changeait juste le décor du plateau. Pour les acteurs, c’était simple, puisqu’on travaillait toujours au même endroit. Chaque cadre de vie était sympa à sa manière, mais j’ai particulièrement aimé le ranch d’Otto car j’y travaillais aux côtés de Meagan Fay, qui joue Gretchen. Elle était gentille et drôle, et c’était une personne très agréable avec qui travailler.
Un épisode, une scène préféré(s) ?
Pour moi, c’est le premier épisode où je suis apparue [NDLR : saison 3, épisode 15, « La grosse surprise ! »]. C’était un véritable défi. De pouvoir entrer en conflit avec Lois, c’était un régal. C’est une attitude que je n’aurais jamais adopté en vrai, alors de pouvoir prétendre être comme ça, c’était très enrichissant.
« Linwood Boomer avait un sens du comique incroyable. »
Emy Coligado à Malcolm France
Le couple que Piama forme avec Francis est assez unique, dans le sens où les scénaristes n’ont pas utilisé certaines facilités de scénario : ainsi, il n’est jamais question d’infidélité ou de mensonges. Comment avez-vous ressenti le fait de jouer ce type de couple aussi sain aux côtés de Christopher Masterson ?
Je ne suis pas certaine que leur couple était sain. Si je me souviens bien, Piama a tué l’oiseau de Lavernia ! [rires] Ça n’a rien de sain ou d’équilibré. Mais effectivement, il n’y avait pas de tromperie ou de mensonges entre eux, et j’appréciais le fait que Piama soit tant loyale et protectrice avec Francis. C’était beau.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Christopher Masterson (Francis) et Emy Coligado (Piama Tananahaakna) dans « Mes beaux sapins » (saison 5, épisode 7).

Des années après la fin de la série, les fans sont encore très présents et la série est loin d’être oubliée : conventions de fans, rediffusions permanentes, présence sur les plateformes VOD. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Linwood Boomer, le créateur, a basé la série sur sa propre famille. Le petit Malcolm en est son incarnation. Il avait une vision très précise, et un sens du comique incroyable. Pour moi, c’est pour ça que ça parle encore aux gens. Les gens s’identifient toujours à la série aussi car elle parle de famille. Peu importe qui regarde la série, que ce soit au Mexique ou en France, tout le monde peut s’y retrouver car cela reste une famille, certes dysfonctionnelle, mais aimante.
On parle aussi beaucoup de donner une suite à Malcolm. Seriez-vous partante, et que pensez-vous qu’il est arrivé au personnage de Piama depuis tout ce temps ?
Il y a des rumeurs de suite depuis longtemps, mais elles ne se sont jamais concrétisées. Pour être honnête, j’en serais la dernière informée. Mais je serais très contente qu’il y ait une suite. Pour ce qui est de l’avenir de Piama, elle et Francis seraient toujours mariés, ils auraient un enfant appelé Walter White, qui grandirait et se mettrait à la production d’amphétamines. [rires]
« J’espère que le mouvement Black Lives Matter fera changer les choses plus vite pour les acteurs de couleur. »
Emy Coligado à Malcolm France
Vous êtes à l’affiche de deux nouveaux films, The Girl Who Left Home et The Catch, et vous allez apparaître dans une nouvelle série, Run the World. Dites-nous en plus.
Run the World est une nouvelle série qui sera diffusée sur Starz. Je la comparerais à un Sex & the City qui a lieu à Harlem. On y suit quatre belles femmes noires. J’ai hâte de voir la série, même si je n’ai qu’un petit rôle dans l’épisode pilote. The Catch est un film qui sera présenté au festival du film d’Austin. C’est un thriller à suspense. Ça a été un challenge pour moi, car j’ai pour habitude de jouer la comédie, et il s’agit d’un drame. J’ai très hâte de voir le résultat final. Et pour suivre le film sur Instagram, c’est sur @TheCatch_film.
Sans oublier votre dernier projet en date, The Girl Who Left Home.
Oui, ce film est très spécial pour moi, car il s’agit d’un film musical américano-philippin. J’ai commencé ma carrière au théâtre, dans des comédies musicales, pour ensuite jouer dans des films pour la télévision. Là, j’ai pu réunir les deux : chanter et jouer la comédie. Il est aussi particulièrement important à mes yeux car il s’agit d’une histoire philipino-américaine. C’est la première fois que j’incarne un premier rôle qui a été écrit expressément pour une femme philippine. Ça fait longtemps que je suis dans le milieu, et je n’aurais pas cru qu’il faille attendre si longtemps pour pouvoir enfin incarner un personnage principal d’origine philippine. J’espère que les gens soutiendront notre film. Sur Intagram, il y a plus d’infos sur @GirlWhoLeftHome. C’est certainement la meilleure expérience que j’ai jamais pu avoir dans un téléfilm.
Nanay Ko Production

Emy Coligado sur le tournage du film The Girl Who Left Home.

Cela semble être un projet extrêmement personnel et intime pour vous.
Sur le tournage de The Girl Who Left Home, j’étais tellement heureuse. Et j’ai réalisé que mon bonheur venait du fait de pouvoir incarner un rôle principal d’origine philippine. Je suis dans le métier depuis 1993, et c’est la première fois que j’ai eu cette opportunité. C’est la première fois où j’ai senti que je pouvais occuper la scène et l’espace, et être moi-même. Je n’ai pas eu à effacer l’accent philippin, je n’ai pas eu à me faire petite. Le réalisateur m’a laissée libre d’improviser. C’est le rôle le plus gratifiant que j’ai interprété depuis mon arrivée dans le show-business.
À ce propos, avez-vous l’impression que les choses changent pour les acteurs non-Blancs à Hollywood ?
Oui et non. Certes, les choses vont mieux qu’il y a vingt ans, mais elles devraient être tellement mieux ! Ça stagne trop. Quand le film Crazy Rich Asians est sorti au cinéma [en 2018], j’étais très enthousiaste, mais ce film raconte l’histoire d’Asiatiques de l’est. Je suis philippine, on est du sud-est. Les Asiatiques de l’est et du sud-est n’ont pas le sentiment d’appartenir au même groupe. Quand je vois des auditions qui demandent une actrice asiatique, je me demande s’ils veulent uniquement des Asiatiques de l’est, ou s’ils sont ouverts à tous types d’Asiatiques. Pour moi, les choses ont un peu changé, mais doivent changer bien plus. J’espère qu’avec le mouvement Black Lives Matter, les choses changeront plus vite. Ce changement doit venir des gens d’en haut, à savoir les producteurs et scénaristes. Il faut que les gens de couleur soient représentés en haut de la chaîne. Si ça ne change pas au sommet, ça ne sera pas le cas sur les écrans.

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EXCLUSIF. Michael Glouberman : « C’était tout un art d’écrire pour Malcolm »

Michael Glouberman, l'un des scénaristes de "Malcolm". © DR

Scénariste de la série pendant l’ensemble des sept saisons de Malcolm, Michael Glouberman revient pour Malcolm France sur son expérience.

Co-producteur exécutif pendant l’ensemble des sept saisons de Malcolm, Michael Glouberman a fait partie intégrante de l’équipe créative : il était au cœur de la fameuse Writers’ Room (la salle d’écriture), et cela de la conception de la série jusqu’à son dénouement. En outre du travail de supervision créative, Glouberman a également lui-même écrit pas moins de 23 épisodes de Malcolm. C’est à lui qu’on doit un bon nombre de pétage de plombs de Hal, personnage pour lequel il aimait particulièrement écrire, où encore la toute dernière scène de la série où Lois fait son discours poignant à Malcolm. Il s’est livré à Malcolm France sur cette expérience fondatrice dans sa carrière et nous a offert quelques anecdotes sur le processus créatif de la série.
Malcolm France : Pouvez-vous nous raconter comment vous vous êtes retrouvé parmi les scénaristes de la série ?
Michael Glouberman : Je venais de passer quatre ans en tant que scénariste sur 3ème Planète après le Soleil, et je cherchais quelque chose de différent. J’ai rencontré Tracy Katsky, qui était cadre chez New Regency, une petite compagnie de production. Elle encensait un nouveau pilote qu’ils étaient en train de développer. C’est là qu’elle m’a donné le script de Malcolm, et j’étais captivé : c’était intelligent, drôle, et complètement différent de toute autre chose que j’ai pu lire. J’ai dit à mon agent qu’il fallait que je travaille pour cette série.
Quel était le procédé créatif de l’écriture d’un épisode ?
On avait environ douze scénaristes. On se retrouvait dans la salle d’écriture, et on puisait dans nos enfances respectives à la recherche d’histoires. Une fois qu’il y en avait une qu’on aimait, on imaginait toutes les étapes de l’histoire en remplissant trois énormes tableaux blancs avec des blagues, scènes et dialogues incroyablement détaillés. De là, on se relayait pour que l’un d’entre nous transforme soixante pages de notes en un scénario de trente pages. J’écrivais pour ma part trois ou quatre épisodes par saison.
Et combien de temps aviez-vous pour écrire les épisodes ?
Ça nous prenait environ deux semaines pour détailler l’histoire en groupe. Une fois que l’on avait réuni les notes, l’un de nous avait généralement une semaine seul pour écrire le scénario. Ce dernier était ensuite revu par l’équipe, ce qui générait de nouvelles notes, menant alors sur une deuxième ébauche. Le scénario revenait enfin une dernière fois dans la salle d’écriture pour quelques dernières blagues et quelques réajustements.
Comment expliquez-vous la recette unique de l’écriture Malcolm, qui a très peu d’équivalent dans le paysage audiovisuel ?
La plupart des comédies possèdent deux voire trois histoires par épisode. Nous en avions autour de six. Il y avait tout un tas de choses qui se passait dans chaque scène. C’était tout un art extrêmement complexe de tout assembler. Nous devions souvent nous débarrasser d’une histoire entière en cours de route parce qu’il n’y avait pas assez de place.
« On a eu beaucoup de chance au niveau du timing : la Fox nous a laissé faire ce qu’on voulait. »
Michael Glouberman à Malcolm France
Comment se décide le développement d’un personnage dans un sens ou dans un autre ? Est-ce un processus très réfléchi et prévu bien à l’avance, ou plus spontané ? Exemple : décider que Reese est un génie de la cuisine, ou que Dewey est un génie de la musique ?
Quand une série dure sept saisons, il faut trouver de nouvelles facettes intéressantes aux personnages, sinon les choses deviennent très répétitives. Lorsqu’une nouvelle saison débutait, on prenait généralement quelques jours pour discuter de comment les personnages pourraient évoluer et grandir, tout en restant fidèles à ce qu’ils étaient.
En parlant de rester fidèle, quelle est la part d’influence du diffuseur dans l’écriture ? La Fox a-t-elle déjà censuré des scènes ou des répliques ?
On a eu beaucoup de chance au niveau du timing. Lors de son lancement, la série a rassemblé une audience folle. C’était juste avant qu’un nouveau président arrive chez Fox, et ce dernier s’est dit : « on ne touche pas à une formule qui marche ». Dans l’ensemble, ils nous ont laissé faire ce qu’on voulait.
Mais y a-t-il des sujets sur lesquels vous vous êtes autocensurés, ou bien où vous n’avez pas eu envie d’aller ?
On ne voulait pas traiter de sujets d’actualité ou de politique. La série vivait dans son propre monde, et ça aurait paru inepte. De plus, contrairement à beaucoup de séries, on n’avait pas pour objectif que chaque épisode contienne un genre de message ou de morale. On visait juste à faire plaisir.
Et du côté des acteurs, à quel degré ont-ils influencé l’écriture et l’évolution de leur personnage ?
Ça n’a pas vraiment été le cas. Au début, Bryan et Jane avaient quelques remarques et suggestions, mais Linwood Boomer, qui adaptait la série à partir de sa propre enfance, avait des idées bien précises pour ses personnages.
DR

Le créateur Linwood Boomer, les scénaristes et producteurs Maggie Bandur, Gary Murphy et Matthew Carlson sur le tournage de l’épisode « Chance et malchance » (saison 5, épisode 17).

Puisqu’on parle d’un certain destin aux personnages, comment est venue la décision de diminuer le rôle de Francis dans les dernières saisons ?
Je ne m’en souviens plus très bien. Au début de la série, nous avions besoin des histoires de Francis car les acteurs mineurs ne sont autorisés à filmer qu’un nombre d’heures bien précis. Ainsi, avoir des scènes à l’école militaire ou en Alaska facilitait grandement les choses. C’est peut-être dû au fait que Francis était le personnage le plus compliqué auquel trouver des histoires, bien que les aventures totalement folles en Alaska ou au ranch étaient toujours marrantes à écrire.
« J’ai ressenti une immense responsabilité à être la personne chargée d’écrire le tout dernier épisode. »
Michael Glouberman à Malcolm France
Comment avez-vous appréhendé le dénouement de la série ? Était-ce une évidence ou a-t-il fallu beaucoup réfléchir au sort des personnages ?
Linwood est revenu filmer le dernier épisode. Il avait bien réfléchi à comment dire au revoir à chaque personnage, et nous avons passé beaucoup de temps en salle d’écriture à mettre cela en place. J’ai ressenti une immense responsabilité à être la personne chargée d’écrire le tout dernier épisode.
Twentieth Century Fox Film Corporation

James & Lukas Rodriguez (Jamie), Erik Per Sullivan (Dewey), Frankie Muniz (Malcolm), Justin Berfield (Reese) et David Anthony Higgins (Craig Feldspar) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22), le dernier épisode de la série.

Justement, quelle était la part de Linwood Boomer dans le processus créatif de la dernière saison, à partir du moment où il n’a plus été en charge de diriger l’écriture ?
La deuxième semaine de la dernière saison, il est arrivé dans la salle d’écriture et nous a dit qu’il arrêtait. Il s’était tué à la tâche en travaillant non-stop pendant six ans, et il avait promis à sa femme (qui était maintenant Tracy Katsky !) qu’il ferait une pause. Dès qu’il est sorti de la pièce, nous avons exhumé toutes les histoires qu’il trouvait trop déjantées ou qu’il n’aimait pas, et on les a presque toutes utilisées. Et voilà comment Dewey a envoyé Reese en Chine par la poste !
Avec le recul, si vous deviez changer quelque chose, ce serait quoi ? Une évolution de personnage ? Une intrigue que vous referiez autrement ?
Je ne doute pas qu’il y avait énormément de choses dont je n’étais pas fou à l’époque. Mais, avec le recul, je ne vois aucune histoire ou évolution de personnage qui me semble totalement ratée. Je ne dis pas que la série était parfaite, mais je ne le démens pas non plus !
Qu’est-ce ce que vous avez gardé de l’expérience Malcolm dans votre écriture aujourd’hui ?
J’ai énormément appris lorsque j’écrivais pour cette série. Comment écrire intelligemment, comment rester véritable à un personnage, comment entremêler plusieurs histoires de façon cohérente. J’ai aussi compris l’importance du montage et comment quelques fractions de secondes seulement peuvent gâcher une blague ou la rendre plus drôle.
Êtes-vous toujours en contact avec vos collègues de la série ?
Absolument. Je suis resté très bon ami avec de nombreux scénaristes, et nous nous retrouvons régulièrement pour dîner. J’ai également retravaillé avec Jane sur une autre série, et j’étais le scénariste-en-chef pour Les jeunes aventuriers, une série Amazon que Bryan a créée.
Frankie Muniz a évoqué le scénario d’un film à l’état de projet : en savez-vous plus ?
Je sais que le sujet est sur la table. Tous les gens concernés adoreraient réunir toute l’équipe. Ça serait génial de voir comment nos personnages ont grandi et où ils ont fini. Mais est-il vraiment possible de recréer la magie d’antan ? Je serais ravi de tenter le coup.
Erik Per Sullivan s’est fait très discret depuis la fin de la série. Pensez-vous que l’acteur pourrait reprendre son rôle dans une éventuelle suite à la série ?
Je n’ai pas vu Erik depuis très, très longtemps. Mais ce serait intéressant de voir ce qu’est devenu Dewey en tant qu’adulte, et pourquoi pas en tant que parent.
Quelle est votre scène préférée ?
Je rigole tout le temps en revoyant la scène où Hal, qui pense parler à ses enfants qui dorment dans leur lit, leur dit combien il les aime. En réalité, Malcolm et Reese sont sortis en douce, et Hal s’adresse à un ballon et à un masque de clown. Et là, lorsque Hal caresse ce qu’il pense être la tête de Malcolm, le ballon éclate, et Hal pète un câble.
« On formait une grande famille, et j’ignore si je pourrai à nouveau vivre cela. »
Michael Glouberman à Malcolm France
Et votre épisode préféré ?
Pour moi, un épisode qui n’a pas le mérite qui lui revient est « Hal démissionne », où Hal quitte son boulot pour peindre l’œuvre qu’il a en tête depuis des années.
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Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) dans « Hal démissionne » (saison 2, épisode 14).

Avez-vous gardé des objets de la série ?
Chez moi dans mon bureau, il y a la pancarte « Malcolm Writers’ Room » [« Salle d’écriture de Malcolm », NDLR] sur la porte.
Finalement, quel a été votre meilleur souvenir sur toute cette expérience ?
En toute honnêteté, ça a été sept années de beaux souvenirs. Les acteurs, les scénaristes, l’équipe technique… on formait une grande famille, et j’ignore si je pourrai à nouveau vivre cela.
De nouveaux projets en vue ?
Je suis actuellement co-producteur exécutif sur une série de CBS, The Neighborhood.

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Malcolm, les 20 ans : « On les qualifie de dysfonctionnels, mais c’était une famille réaliste »

Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek. © DR

Alors que la sitcom bien-aimée fête ses 20 ans, Simon Bland parle à ses stars Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek et au cerveau de la série Linwood Boomer pour discuter de la création de la série, de son héritage et de son avenir possible.

Information

Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Simon Bland et publié sur le site internet de Independent le 3 septembre 2020. Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original. Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.
À la fin des années 90, les sitcoms familiales étaient dominées par rires et gentillesse, mais tout cela a changé avec l’arrivée de Malcolm. Créée par l’ancien acteur Linwood Boomer, la série a suivi les épreuves et les tribulations de Malcolm (Frankie Muniz), un enfant lambda avec un QI supérieur à la moyenne… ce qui ne semblait pas l’aider beaucoup lorsqu’il s’agissait de faire face à sa famille déjantée et à ses malheurs constants à l’école. Inspiré par les propres expériences de Boomer en tant qu’enfant mal intégré, il présentait un Bryan Cranston avant Breaking Bad qui faisait mourir de rire dans le rôle du père Hal, aux côtés de ce qui pourrait être la représentation télévisée la plus exacte du matriarcat moderne dans l’intrépide Lois, interprétée par Jane Kaczmarek. Bien que 20 ans se soient écoulés depuis les débuts en 2000, le casting reste remarquablement proche. Il comptait également Christopher Masterson dans le rôle de Francis, l’aîné rebel de Hal et Lois, Justin Berfield en tant que frère aîné de Malcolm, Reese, et Erik Per Sullivan dans la peau du petit Dewey aux yeux écarquillés. Pour célébrer le vingtième anniversaire de la série, nous avons rencontré les stars Bryan Cranston, Jane Kaczmarek et Frankie Muniz et le cerveau de la série Linwood Boomer pour discuter de la création, de l’héritage et de l’avenir possible de Malcolm, la comédie familiale moderne qui a changé la façon dont le public voyait les familles modernes.
Après ses débuts aux États-Unis le 9 janvier 2000, Malcolm est finalement arrivée sur Sky 1 [NDLR : première chaîne anglaise à avoir diffusé la série] le 3 septembre, présentant au public britannique un nouveau type de cellule familial…
Frankie Muniz (Malcolm) : J’avais 12 ou 13 ans, et à New York, je faisais cinq ou six auditions par jour. J’étais censé tourner une publicité pour Pizza Hut et je devais être sur le plateau à 12 heures. Malheureusement, mon audition pour Malcolm était aussi à 12 heures. Je disais : « Il n’y a aucun moyen que l’on puisse aller à l’audition. On va être en retard. » Ma mère a répondu : « Allons-y tôt et peut-être qu’ils pourront te faire passer en vitesse. » Nous sommes arrivés et j’ai fait le strict minimum. J’ai à peine essayé, car j’étais juste impatient de sortir de là pour aller à l’audition de cette publicité de Pizza Hut, car c’était ce boulot-là qui était censé m’ouvrir toutes les portes. Heureusement que nous y sommes allés, car cela a fini par être la plus grande chance de ma vie.
Linwood Boomer (créateur) : C’était facile à écrire car je savais très bien de quoi je parlais. J’y pensais depuis très longtemps et beaucoup de ces moments dans le pilote étaient des moments de ma vie. J’avais passé beaucoup de temps à raconter ces moments comme des anecdotes, et je savais donc exactement comment les rendre drôles.
Jane Kaczmarek (Lois) : Le pilote était si drôle et si bien, donc j’étais bien sûr convaincue que ça ne se concrétiserait jamais. C’était quelque chose que je n’avais jamais lu auparavant et je ne pouvais tout simplement pas imaginer quoi que ce soit de ce calibre. C’était une autre époque. Je ne voulais même pas auditionner pour ça. Finalement, mon agent m’a amenée chez le directeur de casting qui était tellement convaincu que le rôle était fait pour moi et que l’audition serait une partie de rigolade pour moi. Je ne pense pas avoir jamais fait quoi que ce soit en jouant Lois que je n’aurais pas pu faire dans la vraie vie.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « Alerte rouge » (saison 1, épisode 2).

Bryan Cranston (Hal) : Mon personnage dans le pilote avait peut-être cinq lignes. C’était le genre de gars qui était absent de sa famille. Il restait seul et cherchait toujours des moyens de s’échapper. S’il était mis sur le devant de la scène, il pourrait dire « Oh non, nous devons faire ce qui est juste » et protéger ses enfants, mais sinon, Hal restait installé dans son propre petit confort.
LB : Nous avons trouvé Bryan tard. Je n’ai pas écrit le rôle correctement. La vision de Bryan pour le rôle était tellement meilleure. J’ai initialement imaginé cette présence incroyablement éloignée, presque fantomatique. Bryan le voyait comme quelqu’un qui construisait constamment une fusée dans sa tête. Au lieu d’être cette personne activement désengagée, il était juste occupé à penser à autre chose. C’était complètement différent et tellement plus drôle, tout en fonctionnant toujours de la même manière. Il a été choisi la veille du début du tournage et dans sa première scène, il a dû se présenter nu, couvert de faux cheveux devant des petits garçons de 8 et 10 ans. C’était un vrai baptême par le feu.
« Je n’ai jamais vécu le fait d’être l’acteur principal comme une pression. »
Frankie Muniz à Independent
BC : Ils m’ont mis dans des situations où je cherchais refuge dans le garage ou bien où je préparais un petit projet. C’était fun à faire. J’essaie de chercher le noyau émotionnel de chaque personnage et si je peux le trouver, il peut aller dans tellement de directions différentes. Pour Hal, c’était la peur. Et une fois que je me suis emparé de ça, j’ai roulé avec. Il avait peur d’être un mauvais parent, peur de perdre son emploi, peur que sa femme le quitte… et puis il avait peur des hauteurs, peur des araignées, peur des bruits forts. Cela m’a donné beaucoup de latitude pour créer du comique à partir d’un ressenti légitime, parce que les gens ont peur des choses.
JK : Deux de mes enfants sont nés pendant Malcolm, donc je me souviens d’avoir constamment eu à cacher mes grossesses à l’écran [rires]. L’astuce préférée, c’était les paniers à linge.Ils avaient fait un trou dans un panier à linge et l’avaient mis sur mon ventre.On aurait dit que je tenais le linge devant moi, mais il était vide pour s’encastrer dans mon gros ventre.
FM : Je n’ai jamais vécu le fait d’être l’acteur principal comme une pression. C’est une bonne chose d’être un enfant acteur : les enfants n’ont pas peur.Vous êtes simplement heureux d’être là et de le faire. J’étais ravi d’être là. Je passais en revue le script avec Linwood. Je faisais certes plus que juste dire mes répliques, mais l’écriture était tellement bonne que je n’avais pas besoin de faire grand-chose [rires]. Je devais juste me souvenir des répliques et ça fonctionnait.
LB : J’avais du mal à écrire de façon honnête et à rendre ça encore drôle parce que les choses que j’ai traversées petit ne me semblaient pas très drôles quand j’étais enfant. Notamment le fait d’avoir une famille qui ne comprenait rien de moi. Faire parler Malcolm à la caméra m’a libéré émotionnellement et lui a donné un ami à qui se plaindre et qui serait de son côté.
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Jane Kaczmarek (Lois) dans « Reine d’un jour » (saison 6, épisode 22).

Très vite, les critiques ont commenté la nature chaotique de la famille de Malcolm, la qualifiant rapidement de dysfonctionnelle. Les fans ont quant à eux trouvé Lois, Hal et compagnie bien proches de la réalité…
JK : J’ai toujours dit que l’arme la plus sous-utilisée dans le coffre à outils d’une mère, c’était tout simplement de dire non. Dites non à vos enfants ! Ne pensez pas à ce que votre corps vous dit, écoutez ce que la mère de la maison vous dit. Je ne tolère pas l’imbécillité, et il y a de très nombreuses fois dans ma vie où j’ai failli faire quelque chose que Lois a fait et j’ai réalisé : « Oh, attends une minute… tu te souviens de ce qui s’est passé dans cet épisode ? »
BC : Nous faisions des choses folles avec Hal et Linwood m’a dit : « Je ne te demanderai pas de faire quoi que ce soit que je ne ferais pas moi-même. » Ce n’est que lorsque j’étais couvert d’abeilles qu’il a dit : « Il faut que je te dise qu’honnêtement, je ne ferais pas ça. » [rires] Ils avaient en tête l’image de moi couvert d’abeilles, puis ils sont partis de ça pour inventer une histoire qui y amenait. Au fil des ans, j’ai été couvert de peinture bleue, attaché à l’avant d’un bus en mouvement, toutes sortes de choses. Je lisais le scénario et je disais : « Oh mon Dieu, regarde ce qu’ils font faire à Hal cette semaine. » C’était tellement amusant.
« Ce que Linwood a fait, c’est révéler l’amour que cette famille a les uns pour les autres. Une fois qu’un public ressent cela, on peut aller n’importe où. »
Bryan Cranston à Independant
LB : Nous avons rapidement réalisé que nous avions vraiment de la chance avec tout le monde. Nous avons trouvé que les interprétations de Bryan et Jane sur leurs personnages ont conduit à beaucoup de bonnes histoires. Ma victoire personnelle dans la série, ça a été d’avoir la validation de choses que je ressentais depuis longtemps et sur lesquelles je n’avais jamais eu de retour auparavant, à savoir de faire une série où les gens n’étaient pas parfaits ou montrer des familles qui ne l’étaient pas.
BC : Jane et moi nous sommes entendus tout de suite. Nous avons apprécié l’humour de chacun et avons vu les choses de la même manière. Nous avions à peu près le même âge et étions tous deux parents, donc il y avait beaucoup de choses que nous avions en commun.On disait aux jeunes acteurs « Allez les enfants, installez-vous, nous devons faire ça… » comme n’importe quel parent parlerait à ses enfants. Et ils nous écoutaient comme n’importe quel enfant et roulaient des yeux. Les rôles étaient très bien adaptés.
FM : C’était vraiment comme une famille, surtout avec nous les enfants. Nous avons passé plus de temps ensemble qu’avec nos vraies familles. Nous allions dehors pour jouer au ballon et faire du sport et nous nous disputions, nous battions, nous chamaillions et nous faisions des farces les uns avec les autres, tout comme des frères le feraient. Donc en ce sens, on est vraiment devenus comme une famille.
JK : Les gens disaient : « C’est une famille tellement dysfonctionnelle », et je pensais : « Vous vous moquez de moi ? Ils s’assoient pour dîner ensemble tous les soirs ! Ces enfants ne se sortent d’aucune bêtise. C’est une famille très fonctionnelle. Ils sont méchants, bruyants et agressifs, mais ils fonctionnent très bien. »
BC : Ce que Linwood a fait, c’est révéler l’amour que cette famille a les uns pour les autres. Une fois qu’un public ressent cela, on peut aller n’importe où. Tout le monde sait que si la pression se fait sentir, vous soutiendrez votre famille, même s’il n’y a personne d’autre qui peut vous rendre plus fou ou avec qui vous pourriez vous disputer ou crier davantage.
FM : J’ai tellement de gens qui viennent me voir, même encore aujourd’hui, et me disent : « Ta mère, c’était exactement ma mère. C’est exactement comme ça que ma famille était. » Tout le monde les qualifie de famille dysfonctionnelle, mais je pense que c’était une famille réaliste.
BC : Dans le pilote, quand Jane vient à la porte sans son haut et que l’enseignante lui dit qu’elle vient parler de Malcolm, elle défend farouchement son fils. Elle est comme une lionne prête à protéger ses petits, et cela trouve un écho. Ce qui est si génial dans le script de Linwood, c’est que vous ne le ressentez pas tout de suite. Ce que vous ressentez, c’est la férocité qu’elle affiche alors qu’elle crie sur ses garçons qui se roulent à terre. Et quelle famille n’a pas vécu cela ? C’est comme ça que sont les familles.
Au cours des sept saisons de la série, son casting a forgé des liens profondément ancrés, alors que les enfants sont devenus de jeunes adultes et les collègues sont devenus des familles de substitution…
JK : Je n’ai pas de mots assez forts pour décrire la véritable influence paternelle de Bryan. Il était toujours là quand les situations devenaient difficiles. J’étais constamment enceinte et je voulais être chez moi. Parfois, je pense que l’ardeur avec laquelle je criais sur ces enfants était due au fait que je voulais vraiment juste rentrer chez moi : j’avais aussi des enfants à la maison sur qui crier [rires]. Bryan imitait tout le monde sur le plateau. Il connaît les paroles de chaque chanson jamais écrite. Il commençait à chanter et nous jouions tous ensemble à retrouver le nom des chansons.
« Bryan Cranston est l’un des acteurs les plus occupés de la planète, et il trouve encore du temps pour nous, 20 ans plus tard. Ça signifie beaucoup. »
Frankie Muniz à Independant
BC : Si nous avions une journée particulièrement dure ou longue, je cherchais une idée pour pimenter les choses et surprendre les gens. Lorsque vous vous traînez et que vous n’avez plus de jus, il vous faut un peu de sucre dans votre système pour vous donner un coup de boost et tenir encore une demi-heure, avant de vous effondrer. C’est l’effet obtenu par de l’humour sur un plateau.
FM : Bryan a toujours été très paternel. Il se souciait tellement de nous et nous l’avons vraiment ressenti. Même aujourd’hui, il continue de me contacter, m’envoyer un e-mail ou m’appeler une fois par mois pour prendre des nouvelles. C’est l’un des acteurs les plus occupés de la planète en ce moment et le fait qu’il trouve du temps pour nous 20 ans plus tard signifie beaucoup. Il est incroyable, Jane est incroyable… nous sommes tous très proches. C’était triste quand la série s’est terminée.
LB : J’ai réalisé le dernier épisode et ça restera un souvenir indélébile. La dernière scène que nous avons tournée était la scène finale de l’épisode. Malcolm était diplômé et Reese avait manigancé une chose idiote pour obtenir un emploi de concierge au lycée, alors ils finissent tous par être couverts de cette boue potentiellement toxique et ils sont dans l’arrière-cour en train de se laver. Pendant le tournage, des gens de la comptabilité sont entrés, puis de la garde-robe, puis du design. Au moment où nous avons terminé, toute l’équipe – y compris les dirigeants de la chaîne, des affaires commerciales et les responsables des transports – étaient là. Nous avions 250 personnes rassemblées pour assister au dernier plan. C’était tellement amusant, et très émouvant pour moi.
JK : Les deux derniers jours, il y avait des bruits de couloir comme quoi nous pourrions être finalement renouvelés pour une huitième saison. Je me souviens de la scène de la remise des diplômes de Malcolm. Il prononçait un discours sur scène et Lois disait qu’il devrait citer une chanson des Beatles. Lois n’a probablement jamais été aussi immobile dans toute la série. Je me souviens d’être assise là à regarder Frankie, et les paroles de la chanson étaient si douces-amères. La dernière scène, c’est celle où nous nous aspergions avec tuyaux dans le jardin, et juste avant le clap final, mon agent a dit que c’était certain, ils ne faisaient pas de huitième saison. Ensuite, nous sommes tous restés là. Vous ne savez pas quoi faire. Vous sentez quelque chose vous traverser le corps, puis vous regardez les autres, vous vous prenez dans les bras et vous pleurez.
BC : C’était très émouvant. Notre producteur délégué a pu manier le planning de tournage pour s’assurer que la dernière scène de la série était bien la dernière que nous tournerions et nous permettre d’avoir ce moment. Nous pleurions tous. Frankie avait 12 ou 13 ans lorsqu’il a commencé et y a passé sept ans, c’était plus de la moitié de sa vie. C’était vraiment important de pouvoir accepter et apprécier cela.
FM : Nous vivions la même chose. Justin et moi avons le même âge, et même Erik… nos vies ont changé en même temps. C’était quelque chose que nous avons vécu ensemble. Passer par ces années-là – de 13 ans à littéralement 19 ou 20 ans à la fin de la série – ce sont les années les plus importantes de votre vie. Vous en apprenez tellement sur vous-même et sur qui vous voulez être. Faire ça dans une série avec Jane, Bryan et tout le monde a été une expérience incroyable. Nous avons eu beaucoup de chance.
Après 151 épisodes, Malcolm s’est achevé le 14 mai 2006. Mais son casting et son créateur restent toujours proches et des retrouvailles ne sont jamais loin…
LB : Lors de la première diffusion de la série, j’ai croulé sous des lettres très étranges qui étaient toutes similaires. « Cette série est très drôle, mais mes enfants ont vu vos enfants verser de la peinture sur une voiture ou fabriquer un lance-pierre géant avec des tubes chirurgicaux… » Je devais réserver une heure chaque semaine pour écrire des excuses aux parents.
JK : L’une des choses merveilleuses à propos de la série est qu’elle a eu une telle vie. Elle est intemporelle. Il s’agissait de garçons vraiment intelligents et coquins qui avaient une mère toujours à l’affût, alors ils devaient être doués pour comploter afin de s’en tirer et que leur mère ne les attrape pas. Mais elle finissait toujours par les attraper. C’était une super narration. J’ai des enfants qui viennent me voir et me disent : « Tu étais comme ma mère. » Ce que je dis toujours est très simple : « Obéissez à votre mère. » C’est ce que Lois dirait aux gens de faire.
« Je vais continuer à travailler Linwood Boomer au corps pour qu’il écrive un film de retrouvailles. Je pense que je peux le convaincre. »
Bryan Cranston à Independant
FM : Nous avons parlé du fait que ce serait tellement amusant de faire des retrouvailles, sous la forme d’une saison ou d’un film. Rien ne me ferait plus plaisir. J’adorerais parce que j’ai passé un très bon moment à faire la série et que tout le casting était incroyable. J’ai l’impression que nous avons davantage d’histoires à raconter, surtout 20 ans plus tard. Il y a tellement de possibilités sur ce que la famille pourrait faire. En tant que fan de la série, je veux savoir ce qui s’est passé.
JK : Bryan défend haut et fort l’idée de retrouvailles et j’adorerais également. Mais je lui ai dit : « Que ferions-nous ? » Puis je me suis souvenue de l’une des dernières choses dans ce dernier épisode en 2006 : Hal et moi nous réjouissions d’avoir enfin deux enfants hors de la maison et là, je débarque avec un test de grossesse et on crie tous les deux parce que je suis à nouveau enceinte. Si c’était vrai, nous aurions un jeune de 14 ans. Nous aurions un autre Malcolm à la maison parce que lorsque la série a commencé, Malcolm avait cet âge-là.
BC : J’ai dit à Linwood que la série avait toujours un écho retentissant. Je veux le sortir de sa retraite et lui faire écrire un film de retrouvailles. Si nous devions produire à nouveau Malcolm 20 ans plus tard, nous contacterions chacun des membres de l’équipe pour qu’ils reviennent parce que c’est la famille. Je vais continuer à le travailler au corps. Je pense que je peux le convaincre. Comme un bon vin, il dure. Il passe l’épreuve du temps. C’est une histoire et une série classique et je ne pourrais pas être plus fier.

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Jean-Louis Faure, la voix française de Hal : « Le doublage de Malcolm était très physique, on sortait de là lessivés ! »

Nous avons eu la chance de rencontrer Jean-Louis Faure, comédien spécialisé dans le doublage, particulièrement connu pour être la voix française principale de l’acteur Bryan Cranston.

C’est avec beaucoup de générosité, en temps et en confidences, que Jean-Louis Faure a accepté de répondre, en toute décontraction, aux questions de Malcolm France. Avec lui, c’est un pan de télévision et de cinéma que nous avons rencontré, mais aussi, un peu notre papa à tous pendant des années, avant de prêter sa voix au redoutable prof de chimie dealer de méthamphétamine. Ce tête à tête avec Jean-Louis Faure a évidemment été l’occasion de lui poser plein de questions sur le monde du doublage, sa carrière de comédien, ses débuts, ses plus belles rencontres, sa relation à l’acteur Bryan Cranston, les films et séries sur lesquels il a travaillé (vous avez encore pu l’entendre tout récemment, dans Joker, en tant que VF de Thomas Wayne ! Encore un papa ! Et quel papa ! Celui de Bruce Wayne / Batman lui-même !), et bien sûr : son expérience avec la série Malcolm, les coulisses de cette version française particulièrement culte et réussie à laquelle tant d’entre nous restent attachés. De quel grand acteur hollywoodien Jean-Louis Faure s’est-il retrouvé la première VF ? Par quelle heureuse circonstance est-il entré dans l’aventure Malcolm, devenant non seulement la voix de Hal, mais aussi celle de Bryan Cranston ? Comment se déroule une session de doublage ? Comment devient-on comédien de doublage ? Pourquoi le doublage de la série Game of Thrones a été si difficile et particulier (Jean-Louis Faure y prête sa voix à Ser Davos) ? Jean-Louis Faure nous dit tout !

« Je travaille avec ma voix »

Voix française ? Comédien ? Comédien de doublage ? Comédien spécialisé dans le doublage ? Si, dans le langage courant, on a tendance à user familièrement du terme « doubleur », il n’a pas forcément la préférence des professionnels, qui le trouvent réducteur, occultant leur statut de comédien. Avant toute chose, une petite mise au point terminologique s’imposait avec l’intéressé.
« Comédien spécialisé dans le doublage, c’est ce qu’il y a sur Wikipédia. C’est vrai que depuis des années, je ne fais pas de cinéma, je ne fais pas théâtre. Mon existence professionnelle est dans le doublage. Je travaille avec ma voix. Cette appellation reflète donc la réalité. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Je n’avais pas une fibre théâtreuse comme certains de mes camarades »

Une réalité qui n’a pourtant pas toujours été aussi pleinement consacrée au doublage, pour ce comédien de formation qui se souvient avec humilité de ses débuts qui ont eu bel et bien lieu sur les planches, et non pas tout de suite dans les studios d’enregistrement.
« J’ai commencé comme la plupart des comédiens en faisant du théâtre, avec plus ou moins de succès, plutôt moins, d’ailleurs. C’est un peu ce qui m’a amené vers le doublage, parce que je ne gagnais pas ma vie sur les planches. Et puis je n’avais pas une fibre théâtreuse comme certains de mes camarades. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Si le doublage a été pour lui, initialement, un refuge financier et une opportunité toute pragmatique de gagner sa vie, cela est aussitôt devenu beaucoup plus que cela :
« J’y ai trouvé beaucoup de satisfaction professionnelle, et j’y ai trouvé une famille. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Aujourd’hui, l’accès aux studios de doublage est très compliqué, voire pratiquement impossible »

Une « famille », une fois qu’on l’a intégrée, mais il ne faut pas s’y tromper : un milieu devenu de plus en plus difficile d’accès, comme le constate Jean-Louis Faure, non sans s’estimer heureux d’avoir l’âge qu’il a aujourd’hui :
« C’est un peu plus compliqué pour les jeunes, car l’accès aux studios est plus compliqué. Il faut vraiment passer par écoles et rencontrer des directeurs artistiques avant d’être admis et faire des tous petits rôles. Avant on pouvait entrer facilement dans les maisons de doublage. Maintenant, c’est très compliqué, voire pratiquement impossible. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Alexandre Salcedo / Malcolm France

Jean-Louis Faure, le 26 octobre 2019.

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi, comme se souvient le comédien en se replongeant dans ses débuts, l’apogée des années 80, où la situation était radicalement différente :
« Il y a plus de trente ans, c’était une époque bénie, il y avait beaucoup de travail. Il n’y avait pas tout l’afflux de comédiens qui veulent faire du doublage. C’était un secteur assez méprisé. On rentrait comme on voulait, on rencontrait les directeurs artistiques qui avaient besoin de nouvelles voix, de voix jeunes. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Je n’ai pas galéré dans le doublage comme j’avais galéré dans le théâtre »

À l’opposé de sa carrière au théâtre qui peinait à prendre son essor et à le faire vivre, Jean-Louis Faure avoue modestement avoir rapidement trouvé ses marques dans le doublage, un contexte plus favorable où ses talents de comédien ont pu mieux s’épanouir :
« J’ai compris assez vite le système, j’étais relativement doué. […] J’ai eu tout de suite du travail. Je n’ai pas galéré dans le doublage comme j’avais galéré dans le théâtre. Très vite, j’y ai rencontré des gens qui sont devenu une famille, j’y ai créé des amitiés. Parmi ces amitiés, il y avait des gens qui eux-mêmes dirigeaient. Et les choses se sont faites assez vite, assez facilement. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Et c’est le moins que l’on puisse dire ! Puisque, dès ses tous débuts, le jeune comédien encore inexpérimenté dans le doublage, se retrouve la toute première voix française de l’un des plus légendaires acteurs d’Hollywood, qui n’était encore lui-même qu’un débutant, un bodybuilder autrichien apparaissant dans des films kitch sur le culturisme. Un certain Arnold Schwarzenegger… Prestigieux détail voxographique qui ne s’oublie pas, penserez-vous ! Et bien, pas si sûr, manifestement ! Réaction hallucinée de l’intéressé :
« Qui ? Moi ? Non ! »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Amusé mais toujours un peu incrédule, Jean-Louis Faure nous laisse le bénéfice du doute, sans cacher sa surprise :
« Eh bien, c’est un scoop. Heureusement, que je suis assis. J’avais zappé ça complètement. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Ce doublage enfoui existe pourtant bel et bien, et fait le miel des amateurs de nanars oubliés.

« Je dois beaucoup à Catherine Le Lann, elle m’a véritablement imposé sur le doublage de Malcolm »

Parmi ces fameuses amitiés avec des « gens qui dirigeaient », il y a celle qui le lie, depuis plus de 18 ans, à Catherine Le Lann, directrice artistique qui a hérité de Malcolm. La chasse aux voix françaises était lancée, et Catherine Le Lann avait déjà son avis tout fait sur la question, au moins sur un des comédiens, dont elle allait par-là même changer la carrière et la vie :
« C’est quelqu’un qui m’a fait confiance. Je lui dois beaucoup. Quand la série lui a été confiée, elle a pensé à moi. Elle m’a véritablement imposé. Le directeur de la maison de doublage ne me connaissait pas. Elle a vraiment insisté, sûre d’elle-même. Et je me suis retrouvé un matin, dans un studio de Libra Films, devant un épisode de Malcolm. Et grâce à elle, j’ai pu continuer à doubler Bryan Cranston par la suite, dans Breaking Bad. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« On s’est vraiment beaucoup amusés sur le doublage de Malcolm »

« On enregistrait tous les étés, généralement aux mois de juin/juillet. Et donc, déjà, on avait un peu chaud. On passait des journées un peu survoltées. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
« Survoltées », on a aucun mal à l’imaginer, à la seule pensée de toutes ces scènes cultes où l’excentrique famille d’allumés de notre tête d’ampoule préférée se surpasse dans une surenchère de frasques délirantes. Du fun et des fous rires à la clé, bien sûr, pour les spectateurs. Mais les comédiens de doublage, alors ? S’ils n’ont pas à incarner les personnages à l’écran, ils n’en doivent pas moins apposer la voix la plus crédible possible, s’emparer de leur personnage, capter leur énergie, et recréer toutes les émotions par lesquelles ils passent dans leurs folles aventures. Un travail exigeant qui se mêle au jeu de la comédie :
« On s’amusait beaucoup, mais c’était quand même quand même physique. On sortait de là, on était lessivés. C’était un tel bonheur qu’on était récompensés d’avoir tout donné. Mais fallait y aller. La comédie, c’est physique, il faut avoir des ressources. On s’est beaucoup amusés, vraiment. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Un amusement qui, malgré toute la rigueur de l’exercice, peut laisser imaginer une petite place pour l’improvisation chez les comédiens. Loin s’en faut, comme le précise aussitôt Jean-Louis Faure :
« On a eu la chance d’avoir de bons adaptateurs. Déjà, ça c’est important. Il n’y a donc pas de raisons d’ajouter des choses. Ce que font les acteurs originaux, c’est tellement bien, inutile d’en rajouter. On ne s’est pas autorisés tellement de trucs. Peut-être une fois, par-ci, par-là. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Hal est plus dingue que tous ses mômes réunis ! »

« On », c’est bien sûr les comédiens assurant le doublage des cinq enfants de la famille, Brice Ournac pour Malcolm et Donald Reignoux pour Reese, pour ne citer qu’eux, mais aussi, bien sûr, la comédienne Marion Game, qui a prêté sa voix à l’épouse despotique de Hal : Lois. Un couple vocal qui s’est rendu la réplique pendant 7 saisons de disputes ou de dialogues torrides. Mais à la vie, alors ?
« On ne se connaissait pas vraiment avec Marion. Ça a fonctionné tout de suite. Je la connaissais, mais je n’avais jamais vraiment travaillé avec elle. Ca a été une découverte pour moi. Là aussi, il fallait que ça marche. Ça a été le choix formidable de Catherine Le Lann de nous associer tous les deux. Elle a une oreille formidable. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
P. Roths / KCS Presse

Marion Game est la voix française de Lois dans « Malcolm ».

Mais de toute la famille, c’est sans conteste le personnage de Hal, qui se distingue rapidement comme le personnage le plus original, dont le succès ne fut qu’un prélude à celui de son interprète original. Une position centrale dans la série dont sa voix française a très vite été conscient :
« On voit très vite que c’est un personnage essentiel, que c’est le plus dingue de la famille. Il est plus dingue que tous ses mômes réunis. Dès le début, je l’ai ressenti comme ça. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Une folie qui ne va pas sans les célèbres pétages de câbles que l’on connaît. Des performances particulièrement extrêmes qui font incontestablement de Hal le rôle le plus intense et sportif à doubler. Jean-Louis Faure le réalise d’autant mieux, des années après :
« Des choses que je pourrais peut-être plus faire aujourd’hui, parce qu’il y a vingt ans, j’avais des capacités pulmonaires qui ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Mais c’est vrai que c’était physique. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« On n’avait aucune idée du succès que ça allait avoir. »

Lorsqu’on lui demande s’ils avaient anticipé le succès que rencontrerait la série en doublant la toute première saison durant l’été 2001, Jean-Louis Faure se refuse à jouer les prophètes à retardement :
« On ne sait jamais. On n’avait aucune idée du succès que ça allait avoir. Mais nous, ça nous amusait tellement, ou trouvait ça tellement original, et décalé, qu’on pouvait imaginer que ça allait plaire. Vingt ans après, ça marche toujours, c’est génial. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Qui dit série phénomène, dit scènes cultes. Bryan Cranston a plusieurs fois confié que sa scène préférée est celle des rollers. Ironiquement, c’est une des rares scènes où le personnage est complètement muet, la scène étant essentiellement musicale. C’est tout naturellement que l’on demande à son tour à son alter ego vocal quelle scène l’a le plus marqué.
« Il y a l’histoire des Lego. Je trouve cette chose complètement folle. Cela m’avait vraiment frappé. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Twentieth Century Fox Film Corporation

Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Malcolm brûle les planches » (saison 2, épisode 9).

Puis, après un petit temps de réflexion, le comédien trouve une autre réponse, plus enthousiaste encore :
« Il y a une scène aussi que j’avais adoré, mais ça ne concerne pas Hal, c’est Lois sur le parking du supermarché, qui s’engueule avec une autre bonne femme, et elles commencent à jouer aux auto-tamponneuses avec leurs bagnoles. J’avais trouvé ça à mourir de rire. Mais dans chaque épisode, il y a des choses vraiment très drôles. Il y a une invention de la part des scénaristes qui est étonnante. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Twentieth Century Fox Film Corporation

Jane Kaczmarek (Lois) dans « L’étrange Noël de Monsieur Hal » (saison 6, épisode 6).

« Sur le doublage de Game of Thrones, ils étaient vraiment paranoïaques »

Avec la création de nouveaux networks et de nouvelles plateformes, le marché de l’audiovisuel vit une profonde métamorphose dans ses méthodes de production et de diffusion, pour satisfaire ses spectateurs et ses abonnés toujours plus accros et exigeants. De nouvelles méthodes qui ont quelque chose de déconcertant pour les « vieux de la vieille », et qui surprennent ceux qui, comme Jean-Louis Faure, ont connu l’âge d’or du doublage français des années 80/90. Parmi les nouveaux cas de figure auxquels il est parfois confronté, il déplore tout particulièrement que les comédiens ne puissent parfois pas enregistrer ensemble, en même temps, dans une vraie dynamique de dialogue :
« Ça se perd beaucoup, parce que des productions comme Netflix veulent absolument mixer chez eux, quelque fois à Londres ou à Hollywood. Ils veulent absolument avoir des pistes séparées pour pouvoir mixer, eux, comme ils l’entendent. Ce qui fait que quelque fois, on est même ensemble sur le plateau, mais on enregistre chacun séparément. C’est un vrai problème. Surtout quand il s’agit de scènes de comédie. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
La nouvelle ère des séries depuis près de 15 ans, avec Internet, c’est aussi la toute nouvelle psychose du « spoiler » et des fuites. Une obsession qui peut vite tourner au délire et à la paranoïa pour les plus grosses productions comme Game of Thrones, série phénomène récemment achevée où Jean-Louis Faure prêtait sa voix à Ser Davos. C’est avec cette série que le comédien garde ses souvenirs les plus improbables :
« On a eu ce genre de petits soucis avec Game of Thrones, pas tout le temps, mais il y a eu un moment où on venait enregistrer avec des images en noir et blanc, traversées par des bandeaux de copyright. Le pire, ça a été l’image totalement noire avec simplement des ronds dans lesquels il y avait les têtes des acteurs qu’on doublait. Pour le directeur artistique, c’était impossible. Nous, on ne savait pas ce que l’on jouait. C’est arrivé une fois, ça. Game of Thrones, c’était n’importe quoi. Ils étaient vraiment paranoïaques. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
HBO

Liam Cunningham (Davos Mervault) dans « Game of Thrones » (2011-2019).

Si la folie des doublages de Game of Thrones reste une exception, Jean-Louis Faure constate malgré tout que le culte du secret a significativement changé l’accès aux studios d’enregistrement de façon générale :
« Maintenant, quand on arrive au studio, il faut une application sur le téléphone portable. C’est vraiment n’importe quoi. Mais au moins, une fois sur le plateau, l’image est relativement correcte. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
L’évolution du marché audiovisuel, c’est aussi le support DVD et le streaming sur Internet entraînant la démocratisation de la VO, devenue le nouveau chic et « ringardisant » la VF pour tout une frange des spectateurs. Mais la riposte s’est organisée, plusieurs passionnés de VF ayant pris la défense de cet art à part entière qu’est le doublage, et les comédiens d’exception qui en sont les plus belles voix. Un regain d’intérêt qui s’inscrit dans une « guéguerre » de cinéphile qui n’a pas lieu d’être pour Jean-Louis Faure :
« Il y a un vrai intérêt, et même temps, il y a les puristes qui ne veulent voir les films et les séries qu’en VO. Donc, il y en a pour tous les goûts. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Habitué à exercer son métier dans le confinement des studios d’enregistrement accessibles aux seuls initiés, Jean-Louis Faure n’a pu que s’émerveiller de l’accueil de plus en plus chaleureux et enthousiaste des fans dans les conventions où il est désormais invité, participant d’une « starification » inédite des comédiens de doublage :
« J’ai fait une convention pour la première fois au mois d’avril. Je me suis bien amusé. J’ai trouvé ça très sympa. J’ai vu d’un seul coup une clientèle de jeunes, de moins jeunes, des gens qui venaient pour avoir des autographes, des photos, pour discuter, j’étais vraiment étonné. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Rien n’est jamais acquis »

Si la rémunération des acteurs est souvent rendue publique et fait l’objet de médiatisation outrée, celle des comédiens qui les doublent vocalement est, à l’image des autres aspects de leur profession, entourée de mystère. C’est en toute simplicité que Jean-Louis Faure a bien voulu nous en dire plus sur le sujet, à commencer par la question des droits que toucheraient les comédiens de doublage sur l’exploitation de leur voix :
« Des droits, on en a. Ils sont généralement payés avec le cachet, pour disons, vingt ans, trente ans. Et on est payés à la ligne. En fonction des lignes qu’on fait dans la journée. Il y a un tarif télévision et un tarif cinéma. Le cinéma est payé un peu plus cher. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Nullement mal à l’aise sur le sujet et même soucieux d’être précis, le comédien complète sa réponse par un cas particulier :
« Après, il y a ce qui s’appelle des gré à gré. Moi, pour l’instant, je n’en ai jamais profité. Par exemple, si Bryan Cranston fait un 35 [un long-métrage de cinéma], je peux essayer de demander une certaine somme indépendamment du lignage. C’est ce que font mes camarades qui doublent, par exemple, Bruce Willis [Patrick Poivey] ou Sylvester Stallone [Alain Dorval]. S’il y a un prochain Cranston en sortie cinéma, je crois que j’essaierai de demander un gré à gré. Ça me sera peut-être refusé. Rien n’est jamais acquis. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Quand j’ai doublé Ted Danson, je n’étais pas très convaincu au départ »

« Rien n’est jamais acquis. » Une dure leçon que tout comédien de doublage garde à l’esprit, expliquant sans doute, en partie, leur légendaire humilité. Jean-Louis Faure en a fait l’expérience les quelques fois (trois, d’après ses comptes) où le doublage de Bryan Cranston ne lui a pas été confié, pour des raisons inconnues de lui-même. C’est aussi ce qu’il a pu constater par la façon, inattendue et quelque peu abrupte, dont il a soudain hérité du doublage de l’acteur Ted Danson dans ses derniers rôles.
NBC

Ted Danson (Michael) dans « The Good Place » (2016).

« Pour Ted Danson, c’était un peu particulier, parce que j’ai remplacé un camarade qui avait déjà enregistré une quarantaine d’épisodes des Experts. Mais au moment de la diffusion, la chaine a estimé que cela ne correspondait pas bien à l’acteur. Donc c’était très embarrassant. Pour moi, ça a été très compliqué. Pour lui aussi évidemment. Cela s’est arrangé. La chaine voulant absolument le remplacer, j’étais été choisi sur essai. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
La victoire modeste, Jean-Louis Faure fait volontiers preuve de recul critique quant à son travail, comme lorsqu’il nous confie ses sincères réticences quant à sa prestation vocale sur l’acteur Ted Danson, et ne cache pas la perplexité qui fut la sienne quant au choix de sa voix par les directeurs artistiques :
« J’étais pas très convaincu, au départ. La voix que j’entends projetée dans l’auditorium, elle ne me plait pas toujours. En plus, Danson, maintenant, je connais bien sa voix originale, et je trouvais que j’en étais assez loin. Sur The Good Place, j’ai moins ce soucis, parce qu’on me rassure. On a besoin de ça aussi. Les gens te disent : « Si on t’a choisi, c’est que ça marche, ça colle. » Mais j’ai toujours un souci avec ça. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Bryan Cranston me comble vraiment […] pour moi c’est un rêve réalisé »

Quand on lui demande si son statut de doubleur principal de Bryan Cranston a pu éventuellement lui fermer des portes ou l’accès à la VF d’autres acteurs, Jean-Louis Faure se montre serein :
« Non, parce que je fais quand même d’autres choses. J’ai même pu rajouter deux-trois acteurs qui travaillent bien, pour lesquels on a pensé à moi. Après, peut-être, je ne suis pas dans la tête de tous les directeurs artistiques. C’est arrivé à quelques uns de mes anciens camarades. Et puis ma voix, je la change un petit peu. Je n’ai pas une voix très caractéristique. Même si des gens reconnaissent parfois ma voix. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Et pour cause ! Avec tous les rôles qu’il a eu l’occasion d’assurer au cours des dernières années, Jean-Louis Faure a eu le temps de se faire une petite place, même inconsciente, dans l’oreille des spectateurs. Parmi ces rôles, un des plus étonnants et des plus prestigieux, à l’occasion d’un « redoublage » : celui de Cary Grant dans L’impossible Monsieur Bébé (1938). Acteur légendaire d’Hollywood pour lequel Jean-Louis Faure exprime toute son admiration et son intimidation face au doublage d’un classique du 7e Art :
RKO Pictures

Cary Grant dans « L’impossible Monsieur Bébé » (1938).

« J’ai fait ça il y a longtemps. On m’a dit que c’était bien. Moi, j’ai une passion pour cet acteur. J’adore Cary Grant. Je trouve que c’est vraiment un des plus grands acteurs américains de cette époque là. J’ai réécouté L’impossible Monsieur Bébé en VF. D’abord, je n’avais pas la même maturité qu’aujourd’hui. J’ai dépassé l’âge du rôle, mais je pense que je m’en sortirais mieux qu’à l’époque où j’étais quand même un peu jeune. Puis, lui, je le trouve tellement formidable. Moi, je me trouve en dessous. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Autre exercice auquel le comédien prête volontiers sa voix, celui du documentaire. Un genre qu’il apprécie tout particulièrement :
« J’adore ça. Je n’en fais pas tant que ça d’ailleurs. J’aime bien. D’abord parce que j’apprends des trucs. Ce sont souvent des choses de grande qualité. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
C’est avec beaucoup plus de réserve, et décidé à ne plus en faire, qu’il évoque le cas très particulier des jeux vidéo :
« J’en ai fait, mais je ne veux plus en faire. Ça ne m’amuse pas trop. C’est des fichiers, on n’a pas d’images, il faut pousser des cris. Et puis comme je vis moitié ici, moitié à Paris… On te fait venir pour une séance, et 8 jours après on te rappelle : « On a rajouté 3 phrases, faudrait que tu passes ». Même si en général les studios qui font ça, c’est des jeunes très sympas. Il y a une ambiance très agréable. Malgré tout, moi, je n’éprouve pas beaucoup de plaisir à le faire, donc je n’en fais plus. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
DR

Bryan Cranston en 2016.

Mais au final, de toutes ces expériences diverses et variées, Jean-Louis en revient toujours à celui à qui il estime devoir la meilleure partie de sa carrière :
« Je suis très heureux de la rencontre que j’ai faite avec Cranston. C’est ce que j’aurais aimé jouer si j’avais été acteur dans des films ou des séries. Moi, il me comble vraiment. J’essaie de me mettre le plus possible à son niveau. Ce n’est pas facile. Quand on me dit que j’y arrive, alors là, c’est ma légion d’honneur. Pour moi, c’est un rêve réalisé. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France

« Mes nouveaux projets m’amusent beaucoup, parce que ça n’a rien à voir avec Malcolm »

« Pour l’instant, je termine The Good Place. A priori, c’est la fin. Et puis, je viens de commencer une série assez amusante. C’est dans le milieu des travs américains. Je fais un vieux travelo noir et aveugle. Ça m’amuse beaucoup parce que ça n’a plus rien à avoir avec Malcolm ou autre chose. C’est un exercice très nouveau, mais très marrant. Pas évident. Il faut être crédible, il faut être sincère. On a fait une journée d’enregistrement, c’était très sympa. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
Mais Jean-Louis Faure n’en a peut-être pas tout à fait fini avec Malcolm. Avec les rumeurs persistantes, colportées par Frankie Muniz et Bryan Cranston eux-mêmes, la série culte n’a jamais semblé si proche d’un retour, sous la forme d’un long métrage. Et lorsque l’on demande au comédien s’il est prêt à rempiler au cas où on lui propose le rôle de reprendre le rôle de Hal, sa réponse oscille entre enthousiasme et prudence :
« J’espère bien. J’espère aussi que Marion sera là. On verra ça dans quelque temps. Pour l’instant, on est dans l’expectative. »
Jean-Louis Faure à Malcolm France
On verra. Ou plutôt, on écoutera !

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