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#TouchePasMaVF : les voix françaises de Malcolm veulent sauver le doublage menacé par l’IA

Brice Ournac et Donald Reignoux, les comédiens de doublage de Malcolm et Reese, dans la campagne "Touche pas à ma VF". © DR
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Les comédiens de doublage montent au créneau. En cause : l’usage grandissant de l’intelligence artificielle qui menace leur métier. De quoi s’agit-il ? On vous explique.

Peut-on confier nos personnages cultes à des voix artificielles ? Alors que le retour de Malcolm est annoncé sur Disney+, une question fait grincer bien des dents : qui incarnera en version française les voix désormais orphelines de Lois et Hal, respectivement doublés à l’origine par Marion Game et Jean-Louis Faure ? Et si nous avons toute confiance dans les choix que fera la nouvelle direction artistique de la série (et on a même quelques idées), de nombreux commentaires ont proposé — voire espéré — une alternative désormais bien connue : l’intelligence artificielle.

Si l’émotion est palpable chez les fans de la première heure, un débat plus large anime aujourd’hui le monde du doublage : celui de l’irruption de l’intelligence artificielle dans un métier fondé sur l’interprétation humaine. Faut-il y voir une évolution inévitable ou une menace directe pour un savoir-faire artistique unique ? Face à cette montée en puissance des voix synthétiques, des comédiens de renom montent au créneau. Sous la bannière « Touche pas à ma VF« , une campagne est lancée pour défendre la version française et ses artisans, porteurs d’une tradition culturelle enracinée dans le paysage culturel français.

Car une VF, ce n’est pas qu’une voix : c’est tout un métier. On l’oublie souvent, mais le doublage est un travail d’équipe, bien plus vaste que la seule performance vocale. Avant même qu’un comédien ne prenne le micro, le détecteur analyse minutieusement chaque scène : il note les temps de parole, les changements de plans, les silences, les respirations — autant d’éléments qui servent de base à l’adaptateur, chargé de réécrire les dialogues dans un français naturel, rythmé, fidèle au ton de l’œuvre… et aux mouvements de lèvres. Vient ensuite le directeur artistique, qui oriente le jeu, sélectionne les voix et assure la cohérence globale. En coulisses, les ingénieurs du son veillent à la qualité de l’enregistrement et au mixage final, tandis que les chargés de projet coordonnent plannings, validations et échanges avec les ayants droit. Derrière chaque VF culte, il y a donc des dizaines de mains et d’oreilles expertes. Déléguer tout cela à une IA, ce n’est pas seulement perdre une voix : c’est effacer un savoir-faire collectif afin de maximiser les profits.

Nostalgie vocale

Si tant est que vous aimiez la VF (et rassurez-vous, vous êtes bien plus nombreux qu’on ne le pense), il reste toujours délicat, lorsqu’on suit une série ou une saga, de voir changer les comédiens de doublage associés à certains personnages. L’exemple de la dernière saison de Friends est souvent cité pour illustrer à quel point notre cerveau peut être rapidement perturbé par une discontinuité vocale. Une voix change, et c’est tout une alchimie qui vacille. Cela est encore plus difficile lorsque ces comédiens viennent à nous quitter. Qui n’a pas ressenti ce pincement en s’imaginant Shrek 5, prévu pour 2026, sans la voix inimitable de Med Hondo pour l’Âne. De même, les fans de Bruce Willis peineront à oublier Patrick Poivey, tout comme ceux de Benoît Allemane, qui laissera un vide immense lorsqu’il faudra redécouvrir Morgan Freeman sur grand écran. Ces voix font partie intégrante de notre patrimoine culturel et nourrissent une part de notre propre nostalgie. À force de les avoir écoutées, elles se sont imprégnées en nous, devenant presque familières, essentielles.
DR

Marion Game (disparue en 2023) et Jean-Louis Faure (disparu en 2022) étaient les voix françaises historiques de Jane Kaczmarek (Lois) et de Bryan Cranston (Hal).

Quand il s’agit donc de revisiter une VF culte, comme celle de Malcolm, portée avec brio à l’époque par Catherine Le Lann et réunissant des comédiens chevronnés ainsi que des talents émergents du doublage, les fans de la première heure ne peuvent s’empêcher de s’inquiéter. Ils cherchent donc désespérément une solution miracle pour retrouver la magie de l’expérience, telle qu’elle était vécue lors de la diffusion de la série originale.

Doublage 2.0

Aujourd’hui, l’explosion de l’intelligence artificielle a donné naissance à des outils inédits, transformant de nombreux métiers liés à l’image, au son et à l’animation. Si certains de ces outils en sont encore à leurs balbutiements, d’autres ont déjà atteint un niveau de maturité suffisant pour être intégrés à l’industrie du divertissement. Grâce à un entraînement intensif, l’IA est désormais capable de reproduire la fréquence vocale et la sonorité d’un comédien décédé ou dans l’incapacité de parler. Il suffit pour cela de disposer d’une vaste archive sonore pour recréer un alter ego numérique cohérent. Un exemple marquant de cette avancée technologique se trouve dans Top Gun: Maverick (2022), où, grâce à l’IA, le regretté Val Kilmer a pu prononcer quelques dialogues, malgré la perte progressive de sa voix due à un cancer de la gorge. Une utilisation mesurée de l’IA, validée par l’acteur, qui, dans ce cas, sert un objectif très précis et ponctuel. Mais qu’en est-il des acteurs décédés ? Certains, comme James Earl Jones, ont pris les devants en léguant leur voix pour des usages futurs, permettant ainsi à leur héritage vocal d’être respecté, notamment pour le personnage de Dark Vador. Cependant, d’autres se retrouvent clonés sans consultation préalable. C’est le cas d’Alain Dorval, décédé en 2024, qui, après avoir incarné la voix française de Sylvester Stallone depuis le premier Rocky, a vu son timbre légendaire numérisé pour être utilisé dans le dernier film de l’acteur, diffusé sur Prime Video. Plus qu’une question éthique, le résultat s’avère catastrophique. Car si l’IA peut répliquer un timbre vocal, elle ne pourra jamais reproduire l’âme d’un acteur, son jeu et ses nuances.

Voix sans issue

Il est devenu aujourd’hui plus facile et rentable de générer une voix avec l’IA que de mettre en place le processus complexe lié au casting d’un acteur : payer son cachet, louer un studio d’enregistrement, et ainsi de suite. Pourtant, à ce jour, aucune IA ne parvient à restituer avec sincérité et talent l’expérience d’un véritable comédien. Les résultats ne sont que des copies sans âme, déclamées sur des tons monocordes, dénuées de toute cohérence avec l’émotion que l’acteur transmet à l’écran. Même en utilisant un autre comédien professionnel ou un imitateur comme référence, le résultat reste insuffisant. De plus, cette situation contribue à la précarisation de nombreux professionnels du secteur, dont de nombreux comédiens, en particulier ceux qui émergent, et qui risquent de ne jamais connaître la carrière qu’ils auraient dû avoir. Car oui, les comédiens déjà bien établis sur des acteurs emblématiques du cinéma sont moins susceptibles d’en pâtir. Sommes-nous prêts à laisser filer les futures étoiles du doublage ? C’est précisément dans ce contexte que prend tout son sens le mouvement « Touche pas à ma VF« . Lancée en janvier 2024, cette pétition a pour objectif de préserver la beauté et l’exception culturelle du doublage français. Soutenue par des figures emblématiques telles que Brigitte Lecordier, Philippe Peythieu, ainsi que les anciens membres du casting de la VF de Malcolm, Brice Ournac, Donald Reignoux, Alexandre Nguyen et Dorothée Pousséo, cette initiative se veut un appel à la sauvegarde d’un savoir-faire unique.
Croire qu’un comédien peut être « remplacé » après sa mort par une simple modélisation vocale, c’est nier la part d’artisanat et d’émotion qu’il met dans chaque ligne.
Imaginez un instant un clone IA de Jean-Louis Faure sur un Hal vieillissant, dépourvu de la fougue et de l’énergie de son jeu si particulier. Ou encore celle de Marion Game sur Lois, privée de ses nuances et de l’âme qui permettait au personnage d’osciller entre une agressivité exacerbée et une compassion maternelle débordante. Alors certes, il sera difficile voire impossible de rivaliser avec les comédiens orignaux, mais l’essence même de la série Malcolm se doit de rester humain, et cela au détriment de notre nostalgie. Les nouveaux comédiens choisis pour doubler Lois et Hal — ainsi que, probablement, d’autres personnages encore non annoncés — viendront, on l’espère, s’intégrer naturellement aux voix historiques du casting VF, dont plusieurs feront leur retour. Et puis, pour ceux qui n’adhèrent vraiment pas, ou les puristes, il restera toujours cette bonne vieille VO… si tant est que les sous-titres français ne soient pas générés par une intelligence artificielle, pratique de plus en plus répandue et décriée dans le milieu. L’intelligence artificielle peut avoir sa place, ponctuellement, à condition que son usage soit encadré, transparent, et surtout validé par les principaux concernés. Un outil, pas un substitut. Car ce qui rend la VF de Malcolm aussi culte, aussi marquante, ce ne sont pas des algorithmes, mais des voix humaines et des dialogues adaptés à la perfection par des humains en amont. Des interprètes de chair et d’âme, avec leurs nuances, leurs maladresses, leurs fulgurances. Croire qu’un comédien peut être « remplacé » après sa mort par une simple modélisation vocale, c’est nier la part d’artisanat et d’émotion qu’il met dans chaque ligne. C’est faire comme si son travail n’était qu’un fichier à copier-coller. La voix, ce n’est pas juste un son, même si ce son convoque chez nous un sentiment nostalgique : c’est un souffle, une intention, une émotion. Et ça, aucune machine ne pourra jamais le générer. Et si la technologie continue d’évoluer, notre responsabilité, en tant que spectateurs, sera justement de défendre ce qui ne s’imite pas : le talent, la sincérité, et la part d’humain.

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Décès de Benoît Allemane, la voix française d’Edwin Spangler dans Malcolm

Benoît Allemane, la voix du Commandant Edwin Spangler (Daniel von Bargen) dans la série Malcolm © DR
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Il venait de fêter ses 82 ans le 28 décembre dernier, Benoît Allemane, connu entre autres pour avoir prêté sa voix au Commandant Edwin Spangler dans la série Malcolm, nous a quitté ce dimanche 5 janvier.

C’est avec tristesse que nous avons appris la disparition de Benoît Allemane, une grande voix du monde du doublage, connue par les fans de la série Malcolm pour le supplément d’âme qu’il a insufflé au Commandant Edwin Spangler. Le comédien de doublage s’est éteint ce 5 janvier à l’âge de 82 ans.

Né en 1942 à Clermont-Ferrand, Benoît Allemane a fait ses débuts artistiques en intégrant l’École nationale du centre dramatique de l’Est à Strasbourg au début des années 1960. Par la suite, il a mené une carrière éclectique, apparaissant aussi bien au théâtre qu’à la télévision, où il a participé à des séries comme Julie Lescaut, Plus belle la vie, ou encore Alice Nevers. Au cinéma, on a pu le voir dans des films tels que Mon Père, ce héros de Gérard Lauzier, Sauvage innocence de Philippe Garrel, et J’accuse de Roman Polanski.

Une voix familière

Benoît Allemane était surtout une voix que beaucoup reconnaissaient sans forcément connaître son nom. Il était notamment la voix française de Morgan Freeman, un rôle récurrent qui lui a permis d’incarner une sagesse et une profondeur caractéristiques de l’acteur américain. Il avait également prêté sa voix à des personnages cultes comme Baloo dans Le Livre de la Jungle, Zeus dans Hercule, ou encore le Roi Richard dans Robin des Bois, prince des voleurs.

Au-delà des films, sa voix résonnait dans de nombreux documentaires, bandes-annonces et publicités, témoignant d’une grande polyvalence et d’un talent apprécié dans divers registres. Il avait même incarné la voix du Père Noël dans plusieurs productions, ajoutant une touche chaleureuse et féerique à des moments festifs.

Doublant aussi bien des figures mythiques que des personnages secondaires, Benoît Allemane s’est illustré par sa capacité à donner vie à des rôles variés. Dans Malcolm, son interprétation du tyrannique et souvent ridicule Edwin Spangler a marqué les fans de la série, ajoutant un supplément d’humour et de relief au personnage.

« Après de nombreuses batailles gagnées ces dernières années, il était temps pour lui de clore son chef-d’œuvre », ont déclaré ses proches sur les réseaux sociaux ce lundi 6 janvier. Sa voix continuera de vivre dans les œuvres qu’il a contribué à façonner, témoignant de l’importance du doublage dans notre rapport aux films et séries.

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Retour de Malcolm : les nouvelles voix françaises qui pourraient succéder à celles qui nous ont quittés

Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) entourés de leurs voix françaises respectives, Marion Game et Jean-Louis Faure (photomontage). © DR
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L’annonce de quatre nouveaux épisodes de Malcolm sur Disney+ a ravivé l’enthousiasme des fans. Mais une question cruciale demeure : à quoi ressemblera la version française ?

Si la série est devenue culte en France, elle le doit en partie à son doublage exceptionnel, orchestré par Libra Films sous la direction artistique de Catherine Le Lann, qui a également supervisé des versions françaises de qualité comme celles de Monk ou Sex and the City. Les voix françaises sur Malcolm ont marqué toute une génération, donnant une identité forte aux personnages et révélant des talents comme Donald Reignoux, Emmanuel Garijo ou Dorothée Pousséo. À cela s’ajoutaient les contributions d’acteurs chevronnés tels que Benoît Allemane, Philippe Dumat ou Pierre Hatet. Cependant, 18 ans après le dernier épisode, plusieurs des voix emblématiques ont disparu, laissant un vide difficile à combler pour les amateurs de doublage.

Redonner vie à Hal

Le personnage de Hal, campé par Bryan Cranston, doit beaucoup à la performance vocale de Jean-Louis Faure, disparu en mars 2022. Sa voix, riche et nuancée, avait magnifiquement prolongé le jeu comique de Cranston dans Malcolm avant de sublimer ses rôles plus dramatiques, notamment dans la série Breaking Bad.
Malcolm France / DR

Jean-Louis Faure, la voix française de Bryan Cranston (photomontage).

Depuis son décès, Stephan Godin, acteur de doublage confirmé (et protagoniste de la web série Chronik Fiction : The Coroner), a pris la relève. Déjà entendu sur des projets récents de Cranston comme Jerry and Marge Go Large ou Better Call Saul, Stephan Godin semble être un choix solide pour redonner voix à Hal dans ce revival. Bryan Cranston a également été doublé par d’autres comédiens au cours de sa carrière. Parmi eux, le regretté François Leccia l’a interprété à ses débuts télévisés, tandis que Philippe Catoire lui a prêté sa voix dans un épisode de Le Caméléon. Pierre Dourlens l’a doublé dans Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. On retrouve également Mathieu Buscatto dans How I Met Your Mother (lors de la saison 9) et Patrick Borg dans le film Little Miss Sunshine. Ces interprétations ponctuelles témoignent de la diversité des voix françaises qui ont accompagné Cranston avant que Jean-Louis Faure ne devienne son interprète emblématique.

Qui pour incarner Lois ?

Marion Game, décédée en mars 2023, a incarné Lois avec brio. Sa voix autoritaire mais chaleureuse s’accordait parfaitement à l’énergie de Jane Kaczmarek, offrant une interprétation mémorable qui reste gravée dans l’esprit des fans. Cette collaboration vocale s’était prolongée sur d’autres projets impliquant l’actrice américaine, comme Raising the Bar, The Middle ou encore New York Unité Spéciale.
DR

Marion Game, la voix française de Jane Kaczmarek de 2000 à 2006.

Jane Kaczmarek a été doublée en France par plusieurs comédiennes au fil des ans, notamment Anne Kerylen, Tania Torrens, Brigitte Berges et, plus récemment en 2023, Laurence Crouzet dans The Changeling. Cependant, aucune voix officielle n’a émergé depuis le décès de Marion Game, probablement en raison de la carrière plus discrète et irrégulière de Kaczmarek comparée à celle de Bryan Cranston. Le choix de la nouvelle voix de Lois sera déterminant et incombera au nouveau directeur artistique. Celui-ci pourrait soit opter pour une comédienne ayant déjà doublé Kaczmarek, soit lui attribuer une nouvelle voix, dans l’éventualité où Disney déciderait de commander de nouveaux épisodes après la diffusion du revival. Marion Game prêtait également sa voix à la matriarche excentrique Malory Archer dans la série Archer, un personnage aux accents proches de celui de Lois dans Malcolm. Après son décès, elle a été remplacée dans la saison 12 par Évelyne Grandjean, dont l’interprétation a su garder l’essence du rôle. Évelyne Grandjean pourrait ainsi être une option pertinente pour reprendre la voix de Lois, apportant une continuité dans le ton tout en respectant l’héritage laissé par Marion Game.

Les autres personnages

Le retour de Brice Ournac pour doubler Frankie Muniz (Malcolm) semble très probable. Enthousiaste sur les réseaux sociaux, il a d’ailleurs repris la voix de l’acteur en mars 2024 pour l’émission de télé-réalité I’m a Celebrity… Get Me Out of Here! sous la direction d’Isabelle Leprince. Si Justin Berfield (Reese) apparaît dans ces nouveaux épisodes, Donald Reignoux devrait lui aussi reprendre du service, tant son affection pour le rôle et sa complicité avec Brice Ournac sont manifestes. Dorothée Pousséo, devenue directrice artistique pour Disney+ (Star Wars: Skeleton Crew), pourrait également jouer un rôle clé dans ce retour. Pour Christopher Kennedy Masterson (Francis), on espère que Cédric Dumond, toujours actif dans le doublage (notamment pour Paul Rudd dans la saga S.O.S. Fantômes), sera sollicité. Quant à Erik Per Sullivan (Dewey), son retour semble peu probable, Yann Peyroux ayant également quitté le métier du doublage à la fin de la série. Parmi les personnages secondaires, le retour de Stevie permettrait à Alexandre Nguyen de reprendre son rôle. En revanche, le personnage de Craig nécessitera une nouvelle voix, suite au décès d’Alain Flick en avril 2024.

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Décès d’Alain Flick, la voix française de Craig Feldspar dans Malcolm

Alain Flick, la voix française de Craig Feldspar (David Anthony Higging) dans "Malcolm". © DR
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Le comédien nous a quittés à l’âge de 75 ans.

C’est une figure vocale marquante de la VF Malcolm qui nous a quittés. AlloCiné a annoncé aujourd’hui sur le compte X (ex-Twitter) de leur podcast Voix Ouf le décès d’Alain Flick, comédien spécialisé dans le doublage. Voix emblématique française de Craig Feldspar (interprété par David Anthony Higgins), sa technique de doublage, à la fois chaleureuse et énergique, a apporté une touche d’humour et de sincérité qui résonnait parfaitement avec l’esprit débonnaire et attachant du personnage éperdument amoureux de Lois, sa collègue de travail au supermarché « Lucky Aide ». Dans les années 1990, il a également prêté sa voix à Kubiak (Abraham Benrubi), dans la série culte Parker Lewis ne perd jamais, qui partage de nombreux points communs avec Malcolm, ne serait-ce que par le fait de briser le quatrième mur. Il fut également la première voix de Michelangelo dans la série animée Tortues Ninja : Les Chevaliers d’écaille qui a accompagné des générations d’enfants, notamment lorsqu’elle fut diffusée dans l’émission La Planète de Donkey Kong sur France 2. Plus récemment, il a interprété la voix française de Varys (Conleth Hill) dans Game of Thrones. Alain Flick était âgé de 75 ans.

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Marion Game : de Lois à Huguette, le récit d’une vie singulière

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La voix française de Lois, qui incarnait Huguette dans la série à succès de M6 Scènes de ménages, est morte jeudi 23 mars à l’âge de 84 ans.

Notre tête d’ampoule est désormais orphelin de père et de mère. Du moins est-ce le cas concernant les voix françaises de ses parents. Après le décès de Jean-Louis Faure, voix française de Hal, survenu le 27 mars 2022, c’est Marion Game, voix française de Lois, qui s’est éteinte le 24 mars 2023, à peine un an plus tard, presque jour pour jour. Poétique coïncidence de temporalité. Comme si, décidément, le couple mythique de la série culte était inséparable, même par-delà ses interprètes.

Marion Game était nettement plus populaire et célèbre que son acolyte masculin, du moins depuis ces dix dernières années, marquées par son apparition quotidienne dans la série Scènes de Ménages, sur M6, programme court devenu rapidement culte, et où le couple de petits vieux à l’amour vache qu’elle formait à l’écran avec Gérard Hernandez, Huguette et Raymond, faisait la joie des grands mais aussi des petits. En effet, les deux comédiens avaient plusieurs fois confié avoir beaucoup de petits fans, et plusieurs fois leur couple a été cité comme le favori du jeune public. Une véritable explosion de notoriété et de popularité, sur le tard, pour une comédienne longtemps reléguée à l’arrière-plan, dans des seconds rôles, des figurations, des comédies potaches, des doublages mineurs ou des apparitions régulières dans quelques programmes télévisés.De l’autre côté de la MéditerranéeMarion Game, née Madeleine Game le 31 juillet 1938, voit le jour et grandit à Casablanca, à la fin de l’ère coloniale. Orpheline de père dès ses 9 ans, elle est confiée à des membres de sa famille et se résoudra à quitter son pays natal suite à un attentat dont elle réchappe blessée.En 1959, à 21 ans, elle épouse Philippe Ledieu, qui sera le père de sa première fille, Virginie. En 1958, après son divorce, à 30 ans, elle s’inscrit aux Cours Simon et entame ainsi son itinéraire de comédienne.Une comédienne populaireMalgré de belles distinctions dans sa formation d’actrice, Marion Game va connaître une carrière discrète et parfois difficile. Tout au long des années 70 et 80, elle va tourner autour du monde du petit et du grand écran, sans jamais vraiment s’y imposer, toujours un peu à la marge, multipliant les apparitions, les figurations ou les seconds rôles dans des comédies potaches aux titres aussi fameux que truculents, tels que Les Bidasses en Folie (1971), C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule (1974) ou Mon curé chez les Thailandaises (1983). À noter toutefois sa collaboration avec Jean-Pierre Mocky pour son film L’Albatros (1971), ce qui fait joli dans le CV. 


Collection ChristopheL / Gaumont Marion Game dans « La liberté en croupe » (1970)

Plus tard, elle pourra compter sur quelques rôles ponctuels dans des séries françaises très suivies, telles que Alice Nevers, le juge est une femme, Boulevard du Palais ou plus récemment Camping Paradis.

Mais c’est évidemment au théâtre qu’elle pourra le plus côtoyer directement le public, à travers de nombreuses pièces jouées tout au long de sa carrière, des années 70 aux années 2010.

Cette carrière longtemps en pointillé aura au moins permis à Marion Game de jouir d’une certaine sérénité et confidentialité quant à sa vie privée, lui laissant la liberté de vivre ses histoires d’amour, dont la plus fameuse et pourtant pas la plus longue, aura été celle avec l’animateur Jacques Martin, dont elle fut la compagne entre 1968 et 1972. C’est par la suite avec le comédien suisse Jacques Verlier qu’elle fera sa vie, et deux autres enfants, ses fils, Romain et Matthieu.Il était une voixComme pour plusieurs autres comédiens un peu boudés des plateaux de tournages ou ayant du mal à gagner correctement leur vie dans le milieu impitoyable et très concurrentiel et fermé du cinéma, Marion Game a très tôt mis ses talents de comédiennes au service d’un métier souvent sous-estimé ou dénigré, et pourtant élevé au rang d’art par un savoir-faire français sans comparaison : le doublage ou post-synchronisation vocale de films étrangers par des comédiens de doublage francophones.

Et c’est dans ce domaine en particulier que Marion Game va connaître certains de ses plus grands succès, dans l’anonymat paradoxal de ces orfèvres de l’ombre, et qu’elle va pouvoir faire la démonstration de son immense talent d’interprétation.Un travail qu’elle prenait très au sérieux, et qu’elle considérait comme particulièrement difficile, car « il faut savoir s’effacer, s’oublier, derrière le personnage et l’acteur original qui l’interprète. » C’est ce qu’elle confiait en 2013 à Nathalie Karsanti dans son émission consacrée au monde du doublage, « Il était une voix », sur YouTube.

Côté doublage de films, Marion Game a commencé dès les années 70 en prêtant sa voix au personnage de Betty dans le cultissime Grease (1979). On ne le sait pas forcément, mais c’est elle qui prête sa voix à la très chère maman de Forrest Gump, interprétée par Sally Field, dans le film éponyme de Robert Zemeckis en 1994. Plus tard, elle double l’actrice Julie Walters (plus connu des potterheads comme interprète de Julie Weasley) dans les films musicaux Mamma Mia!. Parmi les autres films qui ont bénéficié de sa voix, on peut citer Arrête-moi si tu peux (Steven Spielberg, 2003), Lolita malgré moi (2006), Ocean’s Twelve ou encore Mystic River. Elle a même été la voix de Bonnemine, la femme du chef, dans Astérix et les Vikings.

Paramount Pictures Marion Game interprète la voix de Sally Field (Mme Gump) dans « Forrest Gump » (1994).

Côté série, son CV est encore plus impressionnant, et on peut dire qu’elle a posé sa voix dans la plupart des principales séries télé entre les années 80 et 2010. Parmi elles, Columbo, Twin Peaks, Une nounou d’enfer, Grey’s Anatomy, Modern Family, The Middle, Desperate Housewives, Friends, Charmed, Beverly Hills, Nip/Tuck, etc.

L’aventure Malcolm


Mais, évidemment, son doublage le plus fameux, cela restera celui du personnage de Lois, « la maman complètement folle » (comme elle la qualifiait elle-même) de Malcolm. Non seulement parce que c’est un rôle principal, qu’elle a dû tenir de façon récurrente et intensive dans près de 120 épisodes sur 7 saisons, mais aussi parce que c’est probablement la plus grande performance d’actrice de sa carrière. Grâce aux possibilités offertes par l’excentricité du personnage original et de la série dans son écriture et sa mise en scène, Marion Game a bénéficié ici d’un terrain de jeu unique et jubilatoire pour déployer toute sa gamme d’émotions, de la colère à la tendresse, en passant par la tristesse et l’hilarité. Lois est une mère plus qu’au bord de la crise de nerfs, une boule d’émotions, qui hurle, qui pleure, qui soupire, qui ricane, qui sait se montrer doucereuse, enjôleuse, sexy mais aussi menaçante, inquiétante, autoritaire, sarcastique ou passive-agressive. Une symphonie d’humeurs et d’envolées sonores dont quelques extraits bien choisis ne peuvent rendre que partiellement compte.

Twentieth Century Fox Film Corporation Marion Game interprète la voix française de Jane Kaczmarek (Lois) dans « Malcolm ».

La VF de Malcolm est une réussite qui fait référence, aussi bien dans sa direction artistique, son casting vocal impeccable, des adultes aux enfants, et son adaptation fine et enlevée. Marion Game, en tant que comédienne, fait partie de cette réussite, et elle porte clairement la série avec son acolyte Jean-Louis Faure, doubleur de Hal (Bryan Cranston). Ce dernier évoquait d’ailleurs leur collaboration avec beaucoup de tendresse, d’estime et d’admiration lorsque nous avions eu la chance de le rencontrer. Nous aurions aimé avoir cette même chance concernant Marion Game, et ce n’est pas passé loin, à plusieurs reprises. Entre autres lors de la soirée de lancement de la première saison en DVD (en 2015). Elle s’était désistée en dernière minute, non sans s’excuser avec humilité et auto-dérision, se qualifiant elle-même de « petite vieille qui se couche tôt ».

La popularité sur le tard

C’est précisément dans un rôle de « petite vieille qui se couche tôt » que Marion Game aura finalement connu, tardivement, le succès populaire et l’exposition médiatique, grâce à la série quotidienne de M6, Scènes de Ménages, où elle interprète Huguette, en couple depuis plus de 50 ans avec Raymond, interprété par Gérard Hernandez (une vieille connaissance des studios de doublage). Le couple de séniors retraités s’est rapidement distingué comme le plus comique, le plus antipathique et attachant à la fois, grâce à leurs réparties cinglantes, leur mauvais esprit et leurs coups fumants. Ce n’est donc pas si étonnant que, lors de la disparition de Marion Game, le prénom « Huguette » caracolait en Top Trend sur Twitter, car pour beaucoup de gens, elle restera ce personnage qui aura fait partie de leur quotidien pendant plus de 10 ans.

Noon / M6 Studios Marion Game et Gérard Hernandez dans « Scènes de ménages ».

C’est probablement ce mélange paradoxal de notoriété et d’anonymat qui aura inspiré à Marion Game le titre de son autobiographie parue en 2013 : C’est comment votre nom, déjà ?. Question qu’elle a dû entendre bien des fois, quand on ne l’appelait pas simplement « Huguette ». Trop peu, hélas, l’auront appelée « Lois » ou auront su quelle immense comédienne de doublage elle a été et la performance extraordinaire qu’elle a livrée pour la maman du petit génie. La série Malcolm lui doit énormément. Et pour cela, elle aura toujours notre admiration, notre reconnaissance et notre respect, elle qui, mamie pour beaucoup d’autres, par sa voix familière, sera toujours un peu notre maman.

Marion Game s’est éteinte le 24 mars 2023, à l’âge de 84 ans, « de vieillesse », selon les mots de sa fille, Virginie. Jusqu’au bout, une grande pudeur et discrétion aura entouré l’état de santé de la comédienne, qui faisait l’objet de certaines rumeurs depuis quelques temps. Son absence à certains événements avait été très remarquée, et laissait imaginer que la santé n’y était plus. Son camarade de jeu, Gérard Hernandez, s’était montré rassurant sans pour autant s’avancer. Ses obsèques auront lieu à Paris, le vendredi 31 mars.

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Marion Game : la voix française de Lois s’est éteinte

Marion Game lors de l'enregistrement des "Grands du Rire" le 7 mars 2014 à Paris. © P. Roths / KCS Presse
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La comédienne, connue pour la voix qu’elle a prêté à Lois dans la série Malcolm, mais aussi pour son rôle dans la série française à succès Scènes de ménages, est décédée hier à l’âge de 84 ans.

C’est avec tristesse que l’on apprend qu’une autre grande voix du monde du doublage s’est éteinte. Marion Game, la voix française du personnage de Lois dans Malcolm, vient de perdre la vie. Les voix françaises de Lois et Hal ont donc toutes deux disparu, après le décès de Jean-Louis Faure il y a tout juste un an.

Une comédienne multi-casquette

Née le 31 juillet 1938, Marion Game est tout d’abord actrice de cinéma dans les années 70 et 80, dans des films tels que Les Bidasses en folie ou encore C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. Elle se fait également remarquer en participant régulièrement à des jeux télévisés très populaires durant ces deux décennies. Elle collabore ensuite dans plusieurs doublages de films, notamment dans certaines voix récurrentes de séries policières comme Arabesque. Début 2000, Marion Game devient la voix quasi-officielle de Jane Kaczmarek. Durant sept ans, elle insuffle sa propre personnalité au personnage de Lois dans Malcolm, caractérisant à la perfection le ton de cette mère au foyer au bord de l’implosion. C’est la télévision qui va remettre le visage de Marion Game sous le feu des projecteurs dans les années 2010. Elle fait plusieurs apparitions dans la série Plus belle la vie dans le rôle de la mère raciste du lieutenant Jean-Paul Boher. Puis, elle interprète le rôle d’Huguette aux côtés de Gérard Hernandez dans la série à succès Scènes de ménages. Cette série, qui suit la vie de différents couples sous forme de scènettes, est diffusée tous les soirs sur M6 et rencontre un véritable succès qui relance la notoriété de la comédienne. « C’est dans la tendresse et l’affection des siens qu’elle est partie rejoindre les étoiles », a déclaré sa fille à l’AFP aujourd’hui. Marion Game s’est éteinte jeudi en fin d’après-midi à son domicile en région parisienne. Elle avait 84 ans. Elle laisse derrière elle trois enfants et deux petits-enfants.

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Jean-Louis Faure : la voix française de Bryan Cranston s’est éteinte

Jean-Louis Faure, la voix française de Bryan Cranston (photomontage). © Malcolm France / DR
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Nous avons appris, avec beaucoup de tristesse, le décès du comédien Jean-Louis Faure, la voix française du plus fou des papas de la télévision ainsi que de nombreux autres rôles dans le cinéma et les séries.

On peut l’entendre en ce moment au cinéma, dans le film phénomène The Batman de Matt Reeves, où il prête sa voix au Commissaire Gordon (Jeffrey Wright). Parmi tant d’autres personnages de films et de série, il a marqué des générations entières en donnant sa voix à Walter White dans Breaking Bad et Hal, le papa de Malcolm, avec en commun un acteur dont il était la VF officielle. Jean-Louis Faure, comédien français particulièrement actif dans le doublage, est décédé, a annoncé Emmanuel Karsen — avec qui il avait collaboré sur la VF de Breaking Bad et El Camino — ce dimanche 27 mars .

Débuts et nombreux rôles dans le doublage

Jean-Louis Faure a fait ses débuts de comédien sur les planches, dans les années 70/80 avec, de son propre aveu, peu de succès. Les rôles étaient rares ou peu lucratifs, et c’est donc d’abord pour (sur)vivre de son métier qu’il a frappé à la porte des studios de doublage, alors pas encore aussi confidentiels et fermés qu’aujourd’hui, à l’âge d’or des VF. Tout de suite, il a eu du travail, et même des débuts assez insolites, sur lesquels il était revenu avec amusement dans la longue interview qu’il nous avait accordé. Il a en effet eu l’occasion d’être une des toutes premières VF de Arnold Schwarzenegger, en 1980, dans le documentaire Pumping Iron, consacré au culturisme, alors qu’il était encore un acteur méconnu, en devenir, quatre ans avant son rôle emblématique de Terminator en 1984, bien avant que le comédien français Daniel Berreta ne devienne sa célèbre VF officielle. Jean-Louis Faure aura même eu l’occasion de doubler une autre légende, d’un autre âge d’Hollywood, en étant choisi comme voix française de l’acteur Cary Grant dans le nouveau doublage du classique L’impossible Monsieur Bébé de 1938. C’est à la télévision et dans les séries qu’il a prêté sa voix à divers seconds rôles dans de nombreuses séries, à une époque où la demande est énorme. Tout au long de ses quarante années de carrière, il aura mis son grain de sel (et de voix) dans la plupart des séries les plus populaires, de Smallville à Ally McBeal, de Monk aux Experts, en passant par Esprits Criminels, NCIS et Veronica Mars. À plusieurs reprises, il double des patients dans la série Dr House, entre 2004 et 2012. Mais plus récemment, dans la nouvelle ère « Netflix / HBO » des séries, bien que la VF ait été de plus en plus boudé par une partie du public au profit de la VO, c’est dans des séries incontournables de ces dernières années telles que Six Feet Under, Game of Thrones, Lucifer, The Good Place que vous n’avez pas pu échapper à sa voix grave, chaude et rassurante. Et bien sûr, parmi elle, celle de Hal, le père excentrique aux mille lubies de la série chère à nos cœurs : Malcolm.

Le tournant Malcolm et Breaking Bad, de Hal à Walter White

La série de Linwood Boomer, en 2000, est un tournant crucial dans la carrière de Jean-Louis : non seulement il hérite d’un rôle récurrent, principal, amené à devenir culte pour des générations de spectateurs au gré des multi-rediffusions, mais aussi : il accède au privilège des plus grands comédiens de doublage, en devenant le VF officielle fixe d’un acteur : Bryan Cranston. Avec Hal, Jean-Louis Faure révèle tout son talent de comédien, capable de suivre l’acteur virtuose dans tous ses registres et ses délires, capable aussi bien d’exprimer l’émotion d’un papa gâteau à fleur de peau que les crises de nerf d’un époux excentrique et survolté. Cette VF de haute qualité, a clairement beaucoup fait pour rendre le personnage aussi cher, attachant et hilarant pour le public français. Leurs carrières, celle de l’acteur et celle de son doubleur, ont donc décollé ensemble, en même temps, et leurs destins s’en trouvent ainsi intimement liés. En plus de tous les nombreux films où Cranston est apparu au cours de ces vingt dernières années, c’est dans Breaking Bad, durant 5 saisons entre 2009 et 2013 que Jean-Louis Faure retrouve Cranston, dans le rôle du glaçant Walter White, joignant à la performance de l’acteur celle d’un doubleur passant avec la même facilité déconcertante du registre comique de Malcolm au registre dramatique de la série phénomène et déjà classique de Vince Gillighan.

Des acteurs récurrents

Jean-Louis Faure a toujours exprimé sa gratitude à la directrice artistique Catherine Le Lann de l’avoir choisi, lui, pour doubler Bryan Cranston dès Malcolm. Et c’est avec la même intuition et la même confiance qu’elle lui confie, plus tard, le doublage de l’acteur Ted Denson, d’abord avec son rôle principal dans Les Experts, mais aussi plus récemment avec le rôle principal de Michael dans The Good Place. Particularité intéressante, Jean-Louis Faure fait partie de ces rares comédiens blancs qui a été le doubleur officiel ou récurrent de plusieurs acteurs afro-américains : déjà Matthew St Patrick, entre autres dans son rôle de Keith, petit ami de David Fisher (Michael C. Hall) dans Six Feet Under ; plus récemment, Woodside D. B. avec son rôle d’Amenadiel dans la série Lucifer ; mais surtout, au cour de ces vingt dernières années, l’acteur Jeffrey Wright dans ses divers rôle, des séries au cinéma, avec entre autres Hunger Games, James Bond et dernièrement le commissaire Gordon, dans The Batman de Matt Reeves.

Gentillesse et simplicité

De sa propre formulation, Jean-Louis Faure assimilait le travail de doublage à du « karaoké », et approchait ce travail avec un mélange d’humilité, de professionnalisme et de passion. Fumeur impénitent, il considérait avec philosophie que cette mauvaise habitude avait permis renforcer sa voix dans des graves intéressantes pour camper les rôles souvent mûrs et viriles qu’il était amené à doubler. En plus d’un remarquable comédien de doublage au CV vertigineux qui côtoyait et collaborait avec tous les autres plus grands talents du milieu, Jean-Louis Faure était un homme plein de gentillesse, de générosité et de modestie, comme le montrent les nombreuses réactions publiées suite à cette nouvelle, à l’image de celle de Guillaume Orsat, le directeur artistique de la version française de Breaking Bad :
« Mon Jean-Louis, notre Jean-Louis. Une des plus délicieuses et joyeuses rencontres que ce métier m’ait apportée. Un merveilleux partenaire de jeu. Mon Walter White, et pas que. Tu resteras pour toujours dans mes pensées les plus tendres. Va en paix, compagnon. »
Guillaume Orsat, sur Instagram
Donald Reignoux, la voix française de Reese, qui avaient collaboré avec Jean-Louis sur la version française de Malcolm, a lui aussi réagi sur Twitter : La dernière apparition publique de Jean-Louis Faure, c’était le 5 novembre 2021, il y a moins de 5 mois, en direct sur YouTube, dans l’émission « Stream VF » de Donald Reignoux justement, en compagnie de Brice Ournac, soit les trois voix françaises de Hal, Malcolm et Reese réunies sur un même plateau.  Jean-Louis Faure apparaissait alors en pleine forme et très décontracté auprès de ses acolytes. Et les fans ne cachaient pas leur joie de découvrir le comédien de doublage d’un des papas les plus aimés de la télévision. Il y a 5 ans, en septembre 2017, il nous avait accordé une longue interview filmée, en nous accueillant directement chez lui, en toute simplicité, et sans compter son temps. Il nous avait passionnés et beaucoup touchés avec la générosité de ses réponses et de ses confidences sur son métier, pleines de détails, de souvenirs et d’anecdotes. Un véritable professionnel, tout en humilité, presque étonné autant que réjoui de l’enthousiasme que pouvait susciter son travail. Depuis cet entretien, il avait gardé contact avec notre équipe, nous adressait ses vœux, et se montrait plein de bienveillance pour le site et les fans. Ce n’est donc pas seulement la voix du papa de Malcolm que nous perdons, mais celle d’un de nos papas de télévision, associée à plein de bons souvenirs et de réjouissants moments de vacances et de week-end devant notre série culte.

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Décès d’Odile Schmitt, grande voix du doublage français : vous l’avez aussi entendue dans Malcolm

Odile Schmitt. © Marc Saez
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La comédienne s’est éteinte ce mardi 24 mars des suites d’une longue maladie.

Un timbre de voix unique, chaleureux et reconnaissable entre mille. Vous ne connaissiez peut-être pas son visage, mais sa voix résonne assurément dans la mémoire de certains. Pour beaucoup de téléspectateurs français, Odile Schmitt restera en effet la voix d’Eva Longoria dans Desperate Housewives. Un timbre unique, une voix chaude, qui a accompagné l’actrice américaine pendant les huit saisons de la série de Marc Cherry. L’actrice s’est éteinte ce mardi 24 mars des suites d’une longue maladie, a-t-on appris par son ami et metteur en scène Marc Saez.

Devant la caméra et derrière le micro

Après des apparitions au cinéma et à la télévision dans les années 1980, notamment Les Enquêtes du commissaire Maigret ou Nestor Burma, elle a incarné dès 1982 le jeune Tao dans le dessin animé culte Les Mystérieuses cités d’or. Elle a participé à d’autres séries animées devenues célèbres comme Jeanne et Serge (1984), Les Minipouss (1984), Denis la Malice (1986) ou Denver, le dernier dinosaure (1988). Dans cette dernière, si vous tendez bien l’oreille, vous l’entendrez d’ailleurs donner la réplique à un autre comédien, Jean-Louis Faure, qui n’est rien d’autre que la voix française de Bryan Cranston.

Elle a prêté sa voix à une tête d’ampoule

Parmi les actrices marquantes de sa voxographie, on peut citer Gina Torres dans 24 heures chrono (2004), Nia Peeples dans Walker, Texas Ranger (1999-2001) et Pretty Little Liars (2010-2013) et évidemment Eva Longoria, qu’elle a accompagné en Français depuis Les Feux de l’amour en 2001 jusque Empire en 2017, en passant, bien évidemment, par Desperate Housewives sous les traits de Gabrielle Solis de 2004 à 2012. Mais sa voix unique, suave et envoûtante, n’était pas réservée qu’à des rôles féminins. Elle a aussi prêté son timbre à des jeunes garçons, et notamment dans Malcolm, puisqu’elle a été la voix française de Lloyd, la tête d’ampoule exaspérante, durant les trois premières saisons de la série (voir notre extrait vidéo en haut de cet article). Reconnue par ses pairs, apprécie du grand public pour son professionnalisme et son talent, son décès a fait réagir beaucoup d’anonymes et de personnalités sur les réseaux sociaux.
« Elle avait fait une carrière exemplaire dans les doublages entre autres… Toutes mes pensées vont pour sa famille et ses amis… Adieu Odile et merci pour nous avoir fait rêver. »
Pierre-Jean Chalençon sur Instagram

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La voix française de Lois en vedette sur France 3 et M6

Marion Game et Gérard Hernandez dans "Scènes de ménages". © Noon / M6 Studios
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Marion Game, la voix française de Jane Kaczmarek, apparaitra simultanément dans deux séries diffusées à 20 heures.

Les doubleurs de Malcolm auraient-ils le vent en poupe ? Après la très médiatique sortie de Titeuf : le film sur grand écran, mettant en lumière les talents de Donald Reignoux, doubleur officiel du petit garçon à la mèche blonde (et de Reese depuis la saison 3 de Malcolm), c’est au tour d’une autre célèbre voix française de Malcolm de rentrer dans la lumière. Le doublage est en effet un monde particulier, qui a reconnu une renommée ces dernières années avec la mode des guest-stars s’essayant à la discipline et assurant par la même occasion un argument de vente de certains films d’animation. Mais c’est oublier tous ces acteurs de l’ombre qui assurent un travail exceptionnel à temps plein et qui contribuent largement à la notoriété de certains programmes. Que serait ainsi Malcolm en Français sans les crises d’hystérie de Lois (voix de Marion Game) ou les délires de Hal (voix de Jean-Louis Faure) ? Il est ainsi toujours intéressant de voir les acteurs de doublage en chair et en os. Et c’est peu de le dire pour Marion Game, qui a officié avec talent dans Malcolm en interprétant la voix de Lois (Jane Kaczmarek). Déjà la vedette depuis 2009 avec Gérard Hernandez du couple préféré des amateurs de la série de M6 diffusée à 20 heures Scènes de Ménages et qui réalise actuellement des records d’audience, Marion Game va connaître au cours de ce mois de mai une exposition record. Elle va en effet durant quelques épisodes reprendre son rôle d’Andrée Boher, la mère raciste et homophobe du lieutenant Jean-Paul Boher dans le feuilleton à succès Plus belle la vie, diffusée également aux alentours de 20 heures, mais sur France 3 ! Ces deux séries font régulièrement de l’ombre aux deux journaux télévisés de TF1 et de France 2, réalisant des performances d’audience remarquable. À propos de cette soudaine surexposition, l’actrice a confié au magazine Télé Loisirs :
« Moi, vous savez, je ne suis qu’une actrice qui fait son boulot. La concurrence, je n’y suis pour rien. Je n’ai qu’un tout petit rôle sur France 3, très bien écrit au demeurant. Mais les 4 millions de téléspectateurs qui me suivent sur la Six ne vont pas aller sur Plus belle la vie à cause de moi ! »
Marion Game à Télé Loisirs
Au mois de mai, vous aurez donc l’occasion de voir (et d’entendre !) Marion Game comme jamais !

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La voix d’Otto s’est tue

Philippe Dumat. © DR
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Le comédien et doubleur Philippe Dumat est décédé il y a deux jours à l’âge de 80 ans.

Le monde du doublage est en deuil. Philippe Dumat nous a quittés dans la nuit du 10 au 11 janvier dernier à l’âge de 80 ans. Il aura marqué l’âge d’or du doublage que furent les années 70 et 80 aux côtés d’autres grands messieurs tels que Roger Carel ou Jacques Balutin. Philippe Dumat était une de ces grandes voix du cinéma et de la télévision, au timbre et au phrasé unique, qu’on reconnaît systématiquement et facilement. Un vrai, un bon comédien, qui savait manier avec justesse l’émotion et la comédie, et enchanter les enfants dans un dessin animé avec le même professionnalisme. Il restera pour toujours les voix irremplaçables de Monsieur Drummond (Arnold et Willy), Satanas, Diabolo, Papa Schultz, Obi-Wan Kenobi, l’oncle Picsou ou Gargamel… Dans l’univers de Malcolm, Philippe Dumat interprétait avec justesse et drôlerie le très cocasse Otto Mannkusser, l’employeur de Francis au fort accent allemand, dans un ranch du Texas, entre les saisons 4 et 6. Une de ses plus grandes fiertés aura été d’avoir doublé Laurence Olivier dans Le Limier, et Albert Finney dans Le Crime de l’Orient-Express. Ses collègues et amis parlent d’un grand professionnel qui ne se prenait jamais au sérieux. Sa disparition est un choc pour nous tous, et il laissera à coup sûr un grand vide derrière lui. Au revoir Philippe…

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