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Premières critiques de Malcolm : un retour qui séduit malgré quelques maladresses

"Malcolm : Rien n'a changé". © DR
Archives des Revue de presse — Malcolm France - Malcolm France

Entre rires, larmes et critiques acerbes, le revival de Malcolm divise autant qu’il séduit.

Après une longue attente, Malcolm : Rien n’a changé débarque ce vendredi 10 avril sur Disney+. Et avant que les fans puissent découvrir la série, les critiques sont tombées ! Si les retours sont bons dans l’ensemble, comme en témoigne le score actuel de 79 % sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, certains médias sont plus clivants. Voici ce qui a marqué les esprits, en bien comme en mal.

Le retour des piliers : Cranston et Kaczmarek volent la vedette

Ce qui a plu

La plupart des critiques s’accordent sur un point : Bryan Cranston (Hal) et Jane Kaczmarek (Lois) n’ont rien perdu de leur magie. Leur alchimie, déjà légendaire dans la série originale, reste le cœur battant de ce revival. Cranston, en particulier, est salué pour son énergie comique toujours aussi explosive, avec des scènes de slapstick et des numéros psychédéliques qui rappellent pourquoi Hal était un personnage culte. Kaczmarek, quant à elle, incarne toujours avec brio la mère autoritaire mais profondément aimante, même si certains regrettent qu’elle soit un peu reléguée au second plan.

« Bryan Cranston vole littéralement la vedette dans chaque scène où il apparaît. »

ScreenRant

« Leur dynamique de couple strict et fun est toujours aussi contagieuse. »

Collider

Ce qui a déçu

Certains critiques notent que Lois, pourtant centrale, est moins mise en avant que dans la série originale, et que son personnage manque parfois de profondeur dans ce format raccourci.

Un format trop court pour une famille si nombreuse

Ce qui a plu

Le choix de proposer quatre épisodes d’environ 30 minutes, formant une histoire unique, a permis de créer une expérience proche d’un film, idéale pour un binge-watching nostalgique. La presse a apprécié la densité des références et des clins d’œil à la série originale, ainsi que la tentative de donner une conclusion satisfaisante à l’histoire familiale.

« Structurellement, c’est présenté comme quatre épisodes distincts, mais ils fonctionnent vraiment comme une histoire en quatre parties, d’une durée totale d’un peu moins de deux heures. Quel est le mot pour désigner un récit filmé d’environ 90 à 120 minutes qui raconte une histoire complète… ? Mais oui, un film ! »

Consequence

Ce qui a déçu

Le principal reproche concerne la gestion des personnages. Avec une famille aussi nombreuse, quatre épisodes ne suffisent pas à donner à chacun le temps d’écran qu’il mérite. ReeseDeweyFrancisJamie sont souvent relégués à des apparitions brèves ou anecdotiques. Certains critiques soulignent que le revival aurait gagné à être une saison complète, permettant de mieux explorer les dynamiques familiales et les nouveaux enjeux.

« Le format en quatre épisodes limite le potentiel des nouveaux personnages, des retrouvailles tant attendues et des dynamiques familiales actuelles. »

ScreenRant

« Le revival perd quelque chose en dispersant les personnages dans des scènes séparées, au lieu de les faire interagir dans le chaos de la maison familiale. »

TVLine

Les nouveaux personnages : entre succès et occasions manquées

Ce qui a plu

Les critiques sont unanimes sur un point : les nouveaux personnages, Leah (Keeley Karsten) et Kelly (Vaughan Murrae), apportent un souffle de fraîcheur à la série. Leah, fille de Malcolm, reprend le flambeau du narrateur brisant le quatrième mur, avec un mélange d’intelligence et de maladresse qui rappelle le Malcolm adolescent. Kelly, le sixième enfant de Lois et Hal, introduit une représentation non-binaire moderne et naturelle, saluée pour son intégration harmonieuse dans l’univers déjanté de la série.

« Leah et Tristan sont pratiquement les seuls nouveaux personnages majeurs introduits pour ce revival — sinon, l’accent reste mis sur la distribution principale, tous en grande forme. »Consequence

« Kelly apporte une intelligence pratique qui sert les histoires. »

The Wrap

Ce qui a déçu

D’autres nouveaux personnages, comme Tristan (la petite amie de Malcolm) ou Caleb Ellsworth-Clark (le nouveau Dewey), sont jugés sous-exploités. Le remplacement de Dewey, en particulier, est souvent mentionné comme un point faible, d’autant que le personnage n’apparaît que brièvement via Zoom. Certains critiques regrettent aussi que les intrigues autour des nouveaux personnages ne soient pas assez développées, faute de temps.

« Ni Ellsworth-Clark ni Timpano n’ont pas grande utilité. »

Hollywood Reporter

L’humour : entre nostalgie et maladresses

Ce qui a plu

Les scènes de slapstick, les gags absurdes et les références à la série originale ont fait beaucoup rire. Les moments les plus appréciés incluent les numéros psychédéliques de Hal, les retrouvailles familiales chaotiques, et les répliques cinglantes de Lois. Certains critiques soulignent que le revival évite le piège du « fan service » pur, en intégrant des éléments modernes sans trahir l’esprit de la série.

« Certaines scènes de Rien n’a changé sont absolument hilarantes. »

Collider

« Hurler de rire, c’est la meilleure réaction face au nouveau Malcolm. »

TV Insider

Ce qui a déçu

L’humour n’est pas toujours au rendez-vous. Plusieurs critiques pointent des blagues forcées, des tentatives de comédie « anti-woke » maladroites (notamment autour des pronoms de Kelly), et un ton parfois trop cynique ou déprimant. Certains gags, comme la scène de diarrhée explosive de Craig, sont jugés gratuits et peu inspirés par certains… mais sauront être apprécié par d’autres !

« Il y a un étrange sous-texte d’humour anti-woke tout au long de la série, avec des blagues maladroites sur les pronoms. »

TVLine

« Je ne suis pas sûr que je sois censé trouver Rien n’a changé aussi déprimant que je l’ai trouvé. »

Hollywood Reporter

La nostalgie : un atout et une limite

Ce qui a plu

Les fans de la première heure vont être touchés par les nombreux clins d’œil, les cameos, et la fidélité à l’esprit de la série originale. La scène finale, en particulier, est souvent citée comme un moment émouvant et réussi, offrant une conclusion satisfaisante à l’histoire familiale.

« Le dernier épisode se termine par une scène charmante et sincère (bien que chaotique) qui fera sourire même le spectateur le plus blasé par les revivals. »

Variety

« C’est un doux, court et nostalgique voyage dans le temps, avec plein d’easter-eggs. »

The Wrap

Ce qui a déçu

Pour d’autres, le revival souffre d’un excès de nostalgie, au détriment d’une vraie innovation. Certains critiques estiment que la série aurait pu mieux moderniser son propos, notamment en approfondissant les enjeux des nouveaux personnages ou en explorant davantage les dynamiques familiales contemporaines.

« Le revival ne fait rien de nouveau, il n’essaie pas de mettre à jour son système d’exploitation qui date de l’an 2000 pour le porter aux standards de 2026. »

LA Times

« Ce retour rappelle que Malcolm appartenait à une autre époque. »

Variety

Frankie Muniz : un retour en demi-teinte

Ce qui a plu

Frankie Muniz, qui avait quitté le métier d’acteur pour se consacrer à la course automobile, surprend par son retour convaincant dans le rôle de Malcolm. Son interprétation d’un Malcolm adulte, anxieux et tiraillé entre sa nouvelle vie et sa famille, est saluée pour son authenticité et son humour.

« Muniz, qui n’a pas beaucoup joué ces dernières années, fait un retour surprenant et réussi dans le rôle de Malcolm. »

TVLine

Ce qui a déçu

Au contraire, certains trouvent que Muniz peine à retrouver l’énergie juvénile du Malcolm original, et que son personnage adulte manque parfois de cohérence. La révélation tardive de l’existence de sa fille Leah, cachée pendant des années, est jugée peu crédible et mal exploitée.

« Muniz et Berfield, deux anciens acteurs qui ont trouvé le succès dans d’autres domaines, tentent de retrouver le charme juvénile de leurs rôles d’origine. Mais interprétés par des acteurs quadragénaires, leurs performances semblent tendues, à la limite de la rupture. »

Hollywood Reporter

Conclusion : Un retour inégal, mais pas sans charme

Si le bilan est plutôt positif, Malcolm : Rien n’a changé divise a déçu une minorité de critiques. Pour tous les fans, c’est une occasion de retrouver une famille culte autour de moments hilarants mais aussi émouvants, et d’avoir une conclusion satisfaisante, bien que ce retour puisse être vu par certains comme trop court, inégal, peinant à moderniser son propos et à donner à chaque personnage l’attention qu’il mérite.

Points forts

  • Les performances de Bryan Cranston et Jane Kaczmarek.
  • Les nouveaux personnages, Leah et Kelly, qui apportent un souffle moderne.
  • Les scènes d’humour slapstick et les clins d’œil nostalgiques.

Points faibles

  • Un format trop court pour une famille si nombreuse.
  • Des intrigues secondaires sous-exploitées.
  • Un humour parfois forcé ou maladroit.

Verdict

« La vie a beau être toujours injuste pour la famille de comédie la plus géniale des années 2000, ils restent tout aussi charismatiques, bien écrits et attachants qu’à l’époque. »

Collider

À vous désormais de vous faire votre propre avis !

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Interviews

Dans les coulisses de la réunion de famille la plus chaotique au monde

Entertainment Weekly
Frankie Muniz, Jane Kaczmarek et Bryan Cranston pour Entertainment Weekly. © DR
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Bryan Cranston, Frankie Muniz et Jane Kaczmarek nous donnent un avant-goût de ce qui nous attend pour ce retour tant attendu.

Information

Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Amy Wilkinson et publié sur le site internet de Entertainment Weekly le 24 mars 2026.
Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.

Frankie Muniz bout de colère — et ce, en deux langues. « Pour l’amour du ciel, je parle couramment l’espagnol ! » s’écrie l’acteur, le visage de plus en plus rouge, en repoussant sa chaise de la table à manger. « Je sais comment on dit quesadilla ! » Sa famille de fiction n’est pourtant pas convaincue. « Je ne sais pas… on aurait dit que tu as dit kou-sa-dil-la », rétorque Bryan Cranston, en articulant chaque syllabe avant d’engloutir une tortilla au fromage. « Non, c’est plutôt qui-sa-dil-la ! » renchérit Jane Kaczmarek.

Cette scène ridicule pourrait être l’une des quelque 43 687 scènes des sept saisons de Malcolm, durant lesquelles le petit génie incarné par Muniz était contraint de se défendre face aux moqueries de sa famille dysfonctionnelle. Pourtant, il ne s’agit pas d’une scène de la sitcom originale de la Fox.

En y regardant de plus près, on peut repérer quelques indices : la perruque brune dissimulant les cheveux désormais argentés de Kaczmarek, la peinture fraîche et rose sur les murs du salon, ou encore ce sixième enfant attablé devant un plat mexicain.

Il s’agit en réalité d’un flashback tiré du retour de la série sur Hulu, une série-événement en quatre épisodes intitulée Malcolm : Rien n‘a changé (prévue pour le 10 avril), qui est alors en tournage dans un studio à Vancouver, au Canada. Et cette scène, bien qu’absurde, est loin d’être anodine. Elle illustre l’une des millions de petites piques qui ont poussé Malcolm à couper les ponts. Car oui, ce dernier a fini par rayer sa famille envahissante de sa vie. Ils ne le savent simplement pas encore.

C’est une réunion de famille !

Malgré les tensions à table, l’ambiance sur le plateau en cet après-midi de mai est légère et joyeuse. « On n’arrête pas de rire », confie Cranston lors d’une pause. La plupart des acteurs terminent leur tournage aujourd’hui, mais Cranston restera pour quelques scènes en solo (sans trop spoiler, ce sera tout un trip !), ce qui donne à l’air un parfum de nostalgie, comme un dernier jour d’école.

Jane Kaczmarek a apporté son album souvenir de l’équipe datant de 2006. Elle, Muniz et Christopher Masterson (qui joue l’aîné, Francis) sont blottis dans la cuisine à feuilleter les pages. « J’avais écrit : « Vous viendrez dîner à la maison ! » », s’amuse Muniz. Ça n’est jamais arrivé. Je vais réécrire ça. ».

Vingt ans ont passé depuis la fin de la série en 2006. Si de nombreux acteurs sont restés en contact — Cranston voyant Muniz pour un dîner de temps à autre, ou tournant une fin alternative pour Breaking Bad avec Kaczmarek — ce retour est, pour certains membres de l’équipe, la première fois qu’ils se revoient en deux décennies. C’est d’ailleurs à Cranston qu’ils le doivent en grande partie.

« Cela fait des années que je veux faire ça, mais il fallait une bonne raison », explique Cranston. « Il fallait que l’histoire soit là — sans quoi, on se serait contentés de passer le temps dans le salon de quelqu’un. »

Cranston a commencé à parler d’un retour de la série à son créateur, Linwood Boomer, il y a une dizaine d’années. Mais à l’époque, celui-ci n’était pas emballé. « C’est passé de simples suggestions à des relances incessantes, puis carrément à du harcèlement », plaisante Boomer. Cranston ne nie rien : « J’étais comme le supplice de la goutte d’eau… Finalement, il a juste voulu que la torture s’arrête. »

Cela n’a rien arrangé que l’épouse de Boomer, Tracy Katsky Boomer — qu’il a rencontrée sur le plateau de la série originale et qui officie comme productrice exécutive sur ce retour — prenne le parti de Cranston. « Elle me disait :« Pourquoi ne ferais-tu pas au moins la politesse à ton ami d’y réfléchir sérieusement ? » Et moi, j’étais là à me dire : « Et merde… » », raconte Boomer.

Alors, il a réfléchi. Encore et encore. Mais Boomer ne parvenait pas à trouver une idée de scénario qui justifie de réunir toute la bande. C’est finalement Katsky Boomer qui l’a sauvé de sa spirale obsessionnelle. Son idée ? Malcolm élève une fille qui lui ressemble trait pour trait.

« Je me suis dit : « Oh la vache, c’est une super idée » », confie Boomer.

Le concept l’a intrigué sous deux angles. Primo : À quoi ressembleraient les névroses de Malcolm chez une adolescente en quête d’acceptation et de reconnaissance auprès de ses pairs ? Secundo : Quel effet cela ferait-il à Malcolm, en tant que père, de voir l’histoire se répéter sans savoir comment changer les choses ?

Boomer s’est mis en tête de répondre à ces questions avec, pour toile de fond, le 40e anniversaire de mariage de Hal et Lois — un événement qui forcerait toute la progéniture du couple, y compris un Malcolm qui a coupé les ponts, à revenir au nid. Mettre sur pied cette réunion de famille chaotique allait demander du cran, de la détermination et une précision quasi militaire qui aurait fait pleurer de joie le commandant Spangler.

Reconstruire les fondations

Au lieu de son domicile d’origine sur le plateau 20 du Radford Studio Center à Studio City, en Californie, le retour de Malcolm s’est tourné à Vancouver — une décision dictée presque entièrement par les chiffres. (Boomer estime que l’économie réalisée en tournant en Colombie-Britannique plutôt qu’en Californie était d’environ 35 %, bien qu’il se soit battu pour l’option californienne afin qu’un maximum de membres de l’équipe originale puisse revenir. Hélas, les décideurs de chez Disney ont eu le dernier mot.)

D’emblée, un problème de taille s’est posé : aucun plan du décor original n’avait survécu.

Par pur hasard, le mari de la costumière Heidi Kaczenski avait conservé un croquis du plan au sol — sans les mesures, certes, mais cela a donné à l’équipe une base de travail, complétée par des captures d’écran des épisodes de l’époque. Le producteur délégué Jimmy Simons a également aidé à combler les lacunes. « Il connaissait chaque recoin de ce décor », confie Boomer.

Comme la production, dirigée par le réalisateur de l’époque Ken Kwapis, disposait d’un studio bien plus vaste, l’équipe a recréé le décor à une échelle légèrement plus grande pour donner plus de champ aux caméras. (L’équipe pouvait aussi circuler plus librement sans avoir à enjamber le capharnaüm de cinq garçons en pleine croissance — fini les G.I. Joe décapités, les pistolets à eau à moitié vides ou les cartons de pizza tachés de sauce tomate qui jonchent le sol.)

Le rendu global de ce décor reconstitué était surréaliste selon Jane Kaczmarek, qui compare l’expérience à une traversée de son quartier d’enfance des années plus tard. « On l’a vu un million de fois, mais on sent que quelque chose a changé », dit-elle.

La production a été d’autant plus complexe qu’il a fallu trouver un créneau de six semaines où toutes les stars étaient disponibles. Étonnamment, c’est l’emploi du temps de Muniz — et non celui du prolifique Cranston — qui a été le plus difficile à coordonner, explique Boomer, car l’acteur de 40 ans est désormais pilote de course à plein temps sur le circuit NASCAR. (Pour les passionnés de mécanique, il conduit un Ford F-150 pour Reaume Brothers Racing dans la série Craftsman Truck.) Pour s’adapter à l’agenda de Muniz, le tournage avait lieu du dimanche au jeudi, plutôt que du lundi au vendredi.

« Je tournais du dimanche au mercredi, je prenais l’avion le jeudi, je pilotais le vendredi et je rentrais le samedi », raconte Muniz. « C’était épuisant, mais je sais aussi à quel point c’est une chance de pouvoir refaire ça, donc je n’allais pas me plaindre. Je suis très reconnaissant envers toute la production d’avoir composé avec mon calendrier NASCAR. »

Si presque tous les membres de la distribution étaient impatients de participer, il y a eu un grand absent : Erik Per Sullivan, qui jouait Dewey, le frère fantastique. Boomer a tenté à plusieurs reprises de le convaincre — allant jusqu’à imaginer une intrigue où Dewey n’apparaîtrait que via des appels Zoom, pour que Sullivan puisse filmer sa part depuis chez lui en moins d’une journée — mais l’homme de 34 ans n’a pas pu être persuadé de revenir sous les projecteurs. (Il se trouve que Sullivan était occupé par un master à l’Université de Harvard. Malcolm serait fier.) Le rôle de Dewey a été repris par Caleb Ellsworth-Clark (vu dans Wynonna Earp), qui ressemble trait pour trait à ce que l’on imagine de Dewey à l’âge adulte.

Parmi les autres nouveaux venus, citons Anthony Timpano dans le rôle de Jamie, le plus jeune frère (né à la fin de la saison 4), Vaughan Murrae dans le rôle de Kelly, l’ado non-binaire de la famille (un sixième enfant inattendu, suggéré par le test de grossesse positif de Lois lors du final de la série), Kiana Madeira dans le rôle de Tristan, la petite amie de Malcolm, et Keeley Karsten dans le rôle de Leah, la fille de Malcolm.

Un regard dans le rétroviseur

Retrouver le plateau de Malcolm — bien qu’il s’agisse d’une version neuve et améliorée — a fait rejaillir des années d’émotions et de souvenirs pour les acteurs, rendant d’autant plus profonde la réalisation que ces moments ont failli ne jamais exister.

Malcolm était un outsider dès le départ. La série originale, inspirée par l’enfance de Boomer au sein d’une fratrie de quatre garçons, a été rejetée par presque toutes les chaînes avant que la chaîne UPN ne finisse par s’y intéresser… pour finalement l’abandonner en plein développement. « Les gens disaient que la sitcom familiale était morte, alors ils ne voulaient pas y toucher », confiait Al Higgins, co-producteur exécutif de la série originale, à Entertainment Weekly en 2000.

Il n’avait pas tort : au tournant du millénaire, le genre était bel et bien sur le déclin. Les piliers des années 90 comme La Fête à la maison ou La Vie de famille avaient quitté l’antenne depuis des années, et Modern Family n’allait pas faire son arrivée avant neuf ans. Si Tout le monde aime Raymond résistait bien, les classements d’audience de l’an 2000 montraient une préférence pour les drames comme UrgencesNew York, police judiciaire et The Practice, sans oublier l’incontournable jeu télévisé Qui veut gagner des millions ?.

Higgins attribue à Doug Herzog, alors président de Fox Broadcasting Entertainment, le mérite d’avoir reconnu le potentiel de Malcolm et de l’avoir sauvé de la case poubelle. Mais, dans ce qui pourrait être vu comme un ultime camouflet, la série s’est retrouvée programmée pour une arrivée en milieu de saison, plutôt que comme une grande nouveauté de la rentrée de septembre. Finalement, ce timing n’a pas semblé peser bien lourd : les fans sont rapidement tombés sur la série et ne se sont plus lassés des frasques des frères Malcolm, FrancisReese (Justin Berfield) et Dewey.

Une partie du succès de la série est sans doute due au fait qu’elle était une sitcom familiale à une époque où les options étaient rares (c’est ce que les décideurs appelleraient une « niche inexploitée »). Mais la série proposait aussi quelque chose de frais : un format à caméra unique, une narration brisant le « quatrième mur » et l’abandon des vieux rires enregistrés devenus lassants. L’écriture, frôlant parfois un ton presque trop adulte, était également excellente. C’est ce qui a frappé Bryan Cranston, un acteur qui travaillait régulièrement depuis deux décennies principalement dans des rôles secondaires pour des séries comme Seinfeld et Arabesque, mais qui n’avait pas encore percé dans un rôle principal.

« Quand j’ai lu le script de Malcolm, j’ai ri aux éclats », se souvient Cranston. « C’était si bien construit et si bien écrit que je savais que si je pouvais participer à cette série, j’en serais fier. Cela ne voulait pas dire qu’elle connaîtrait le succès, car le succès — qu’il s’agisse de la télévision ou du cinéma — demande beaucoup de chance. [Mais] ce que j’en ai appris, c’est que la meilleure chose à faire est d’avoir un scénario bien écrit. »

Tout comme Cranston, Jane Kaczmarek multipliait les apparitions depuis le début des années 80, avec des rôles dans Capitaine FurilloCybill ou Frasier, avant que ne se présente le rôle de sa vie : celui de la mère acariâtre de Malcolm. Son enthousiasme débordant pour le personnage n’était toutefois pas partagé par ses proches dans son Wisconsin natal. « Ma mère — paix à son âme — n’a jamais aimé Malcolm, parce qu’elle disait que des enfants ne devraient pas cracher de la pizza à la télévision », raconte Kaczmarek avec l’œil pétillant. « Quelqu’un de son club de bridge m’a écrit un petit mot disant : « Franchement, bonne chance. Continuez comme ça. » »

Force est de constater que les clubs de bridge du Wisconsin n’ont pas encore produit de critique de télévision célèbre : et pour cause, ils se trompaient sur toute la ligne. Malcolm n’était pas seulement adoré par les fans, les critiques l’aimaient aussi. De 2000 à 2006, la série a décroché sept Emmy Awards (dont deux pour Cloris Leachman), Kaczmarek ayant été nommée pour l’Emmy de la meilleure actrice lors de chacune des sept saisons. « C’est devenu un succès bien plus grand que tout ce que j’avais pu imaginer », confie Kaczmarek. « C’était incroyable. »

Grâce aux rediffusions et au streaming, Malcolm ne charme pas seulement une nouvelle génération de téléspectateurs, la série assure aussi, pour le compte des États-Unis, la mission délicate et ingrate d’ambassadeur culturel à l’étranger. Comme le raconte Kaczmarek : « Je changeais d’avion à Heathrow quand un couple s’est approché de moi pour me demander : « On peut prendre une photo avec vous ? » J’ai demandé : « D’où venez-vous ? » Ils m’ont répondu : « Du Pakistan. » »

Un regard vers l’avenir

« Tu as vu un médecin ? Comment tu te sens ? Ça fait mal ? » Nous sommes en septembre, et Cranston, Kaczmarek et Muniz arrivent sur le plateau pour leur séance photo avec Entertainment Weekly. Muniz, lui, soigne un poignet cassé. Kaczmarek, éternelle mère attentionnée, l’accueille avec une grande accolade et un baiser avant de le cribler de questions. (Il s’avère que Muniz s’est blessé en tombant d’une échelle alors qu’il changeait les piles de sa sonnette connectée.)

Plus tard, quand Muniz reçoit un retour du photographe écrit sur un bout de papier, sa réponse est du pur Malcolm, tout en autodérision : « Personne ne vous l’a dit ? Je ne suis pas vraiment un bon acteur. » Il plaisantait peut-être sur le moment, mais lorsqu’il repense à ces six semaines de tournage à Vancouver, il se montre moins méprisant envers son talent. Il confie même que cette expérience a provoqué un déclic chez lui.

« C’était la première fois de ma carrière que j’étais fier de porter l’étiquette « d’acteur » », confie Muniz. « Quand j’étais gamin, je me contentais de venir et de dire mon texte, et ça marchait. Maintenant, j’arrive avec un plan en tête pour chaque scène. Faire ce travail de préparation rend le processus vraiment très amusant. »

Cela signifie-t-il qu’il serait prêt à accepter davantage de rôles ? Muniz n’écarte pas l’idée, mais il précise également que la course automobile reste une priorité et qu’il doit, pour l’instant, concilier les deux.

Compte tenu de l’engouement suscité par ce retour en quatre épisodes — et du plaisir manifeste qu’a pris le casting à le tourner — une question évidente se pose : un véritable reboot est-il envisageable ? Après tout, avec Leah, la fille de Malcolm, qui est le portrait craché de son père, un spin-off au féminin avec la génération Alpha semble déjà tout trouvé. « C’est tout un nouvel ensemble de personnages et de situations qui ne demandent qu’à être exploités », affirme Kaczmarek.

De leur côté, les producteurs exécutifs de la série sont convaincus que la jeune Karsten, 16 ans, a les épaules pour le rôle. « Elle pourrait absolument porter une série à elle seule », déclare Katsky Boomer. « Keeley est une star en devenir », renchérit Linwood Boomer. « En tant qu’interprète, elle possède un potentiel fou qu’il serait stupide de ne pas exploiter dans le show-business. »

Bien que Leah in the Middle ne soit pour l’instant qu’un doux rêve, Muniz aurait tout intérêt à réviser son espagnol. Car, de toute évidence, cette famille adore toujours autant les quesadillas.

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Le podcast "Histoire en séries" revient sur "Malcolm". © DR
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Le podcast a plongé sous la surface comique pour analyser la série en profondeur.

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Podcast. La VHS du mercredi, une émission consacrée à Malcolm et à ses doubleurs

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La VHS du mercredi propose dans chacune de ses émissions audio de redécouvrir un film ou une série qui a marqué notre enfance, à travers des interviews de doubleurs, des chroniques et des publicités d’époque. Après plusieurs podcasts déjà consacrés à Malcolm plus tôt cette année, notamment sur France Inter et Clique TV, revoilà donc de quoi combler une nouvelle fois votre dose de Malcolm dans cette émission de deux heures dans laquelle le succès et les coulisses de la série sont décortiqués aux côtés d’invités de marque : Brice Ournac, la voix de Malcolm, et Cédric Dumond, la voix de Francis.

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Dans la Légende, 1 heure d’émission consacrée à la série Malcolm

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L’émission de Clique TV consacre un épisode à la série qui fête ses 20 ans cette année Lancée début 2019, l’émission Dans la Légende a su rencontrer le succès notamment sur YouTube (où les numéros sont mis à disposition après diffusion sur Clique TV, chaîne du groupe Canal+), les épisodes consacrés à Dragon Ball, One Piece ou encore Naruto affichant des centaines de milliers de vues. Mais les mangas ne constituent pas pour autant l’essentiel des sujets abordés par l’animateur Sébastien-Abdelhamid Godelu. Celui qui s’est fait connaître du grand public dans le rôle de l’Emmerdeur (sa rubrique dans l’émission de France 4 On n’est plus des pigeons, qu’il continue de faire vivre sur Internet) est en effet un passionné de cinéma, de séries, de jeux vidéo et de culture pop dans son ensemble. Et après s’être attaqué à Friends, The Office ou bien Les Soprano, c’est à Malcolm qu’est consacré le nouveau numéro de Dans la Légende, diffusé ce samedi 17 octobre. Pour aborder entre autres la genèse de la série, le casting et les particularités qui en ont fait le succès critique que l’on connait, Sébastien-Abdelhamid a convié un panel composé d’Aurélia Baranes (co-fondatrice du site Serieously), de Donald Reignoux (voix française de Reese) et du rédacteur de Malcolm France Anthony Besset. Malcolm France remercie à nouveau toute l’équipe de l’émission pour cette opportunité et vous propose de visionner ce numéro exceptionnel en replay.

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Podcast. France Inter revient sur le phénomène Malcolm

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L’émission Blockbusters de France Inter revient sur la genèse de la série Malcolm, ses particularités, son succès, son casting formidable.

Même plus de 20 ans après son dénouement, Malcolm fait toujours parler d’elle ! Son statut de comédie culte faisait le 3 juillet dernier l’objet d’un épisode de Blockbusters, un podcast de France Inter. Cette émission animée par Frederick Sigrist décortique les hits du cinéma, de la télé, de la musique et de la littérature. Au programme : qu’est-ce qui fait de Malcolm une série si singulière ? Comment a-t-elle été précurseur ? Quid de ses acteurs d’exception ? Pour en parler, sont réunis autour de la table deux journalistes spécialistes des séries, Romain Nigita et Benoît Lagane, ainsi que l’humoriste et chroniqueur Pablo Mira, mais aussi Juliette Guillot, doctorante auteure d’une thèse sur la représentation de la famille dans les séries, et Ali Rebeihi, producteur et animateur de l’émission Grand Bien Vous fasse.

Écouter le podcast sur France inter

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La rédemption des nerds : comment Malcolm a prédit la toxicité des communautés nerd

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20 ans après ses débuts, les scénaristes derrière Malcolm réexaminent leur héritage à l’époque de Rick et Morty.

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par James Dennin et publié sur le site internet de Inverse le 22 janvier 2020. Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original. Par clarté, Le terme « nerd » a été conservé dans la version française, bien que l’on utilise le terme « geek » plus communément en français. Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.
Malgré toutes ses qualités, il est facile de voir pourquoi Malcolm, qui a fêté ses 20 bougies en janvier, n’a jamais été considérée à sa juste valeur. Diffusée à 20 h 30, la comédie à caméra unique suivant une famille pauvre et leur fils bien peu appréciable, précédait directement Les Simpson, la série la plus longue de tous les temps, qui abordait beaucoup des mêmes thèmes. Bryan Cranston, un acteur tellement talentueux que l’équipe de scénaristes avait du mal à trouver des cascades et scènes qu’il ne pouvait (ou ne voulait) pas faire, a fini par faire des choses encore plus grandioses, jouant certainement le protagoniste le plus mémorable de l’ère de la télévision à contenu prestigieux. Malgré le fait d’avoir été quelque peu oubliée, Malcolm tient incroyablement bien le coup. La série examinait les problèmes de classe du 21e siècle avec lucidité (« Madame, je vais être remplacée par une machine, je peux faire ce que je veux », fait remarquer un agent de centre d’appels dans le premier épisode de la saison 2). C’était également un précurseur de la culture nerd, avec son action centrée autour d’une classe remplie de gamins boutonneux hyper-compétitifs et asthmatiques (la classe des surdoués, connue dans l’école sous le nom des « têtes d’ampoule »). En tant qu’élève le plus normal et intelligent du groupe, Malcolm est globalement leur leader. À travers ses expériences de la vie, nous voyons un présage de la toxicité et des illusions de grandeur qui paraissent étonnamment contemporaines en 2020, une époque où la culture nerd ne peut plus être considérée comme à la marge de la société.
« Malcolm était rejeté de la société parce qu’il était pauvre et il était rejeté de ses camarades d’écoles parce qu’il était un nerd. »
Comme l’écrivain et humoriste Matt Crowley le disait dans sa rétrospective pour A.V. Club, cela pourrait être dû à l’authenticité phénoménale de Malcolm, que l’un de ses scénaristes décrit comme une « vision morale inébranlable » qui est restée valable alors même que la culture nerd a changé considérablement ces dernières décennies. « La série est toujours fondée sur la pauvreté et la difficulté de vivre dans la classe moyenne », indique Crowley en réfléchissant à l’héritage de la série après 20 ans. « C’était juste avant l’époque où les nerds sont devenus cools. Mais on n’y était pas encore : il était rejeté de la société parce qu’il était pauvre et il était rejeté de ses camarades d’écoles parce qu’il était un nerd. » Malcolm a été lancé sur la Fox le 9 janvier 2000. La série, basée sur la vie de son créateur Linwood Boomer, se focalise sur Malcolm après son intégration dans la classe de surdoués. Les sept saisons qui suivent montrent les tentatives de Malcolm à vivre une enfance normale malgré le double poids de la pauvreté et de l’ostracisation sociale due à son intellect (dès le début, il est clair que Malcolm n’est pas simplement intelligent mais tout bonnement brillant). « Ici, être intelligent, c’est comme être radioactif », se lamente Malcolm dans l’épisode pilote. Alors qu’il finit de parler, le plan de caméra suivant montre l’un des plans les plus iconiques de la série : une vision aérienne du rayon d’explosion autour de lui.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Frankie Muniz (Malcolm) dans « Je ne suis pas un monstre » (saison 1, épisode 1).

Le fait que Malcolm ait si bien vieilli est surprenant si l’on prend en compte le virage opéré dans la culture nerd et la perception de celle-ci ces deux dernières décennies. Dans des films tels que Booksmart et 21 Jump Street, les gamins intelligents sont les gamins cools, et ce sont les conformistes ou les branchés qui ont du mal à s’intégrer. Le site de technologies The Next Web l’a très bien dit en 2016, déclarant qu’être geek c’est chic, que les gadgets technologiques ont leurs spectacles de type Fashion Week, et que les programmateurs informatiques sortent avec des top-modèles. Michael Glouberman, le seul scénariste de Malcolm ayant travaillé sur les sept saisons mis à part Linwood Boomer, acquiesce. « Il y a 20 ans, il n’y avait rien de tel que la culture nerd. C’était avant Big Bang Theory ou le ComicCon ou ce genre de choses. Nous voulions exacerber les sentiments d’aliénation et de frustration de Malcolm… on n’a jamais voulu que les choses se passent bien pour lui. »

Malcolm serait-il populaire aujourd’hui ?

« Il semble qu’il n’aurait certainement pas eu les mêmes problèmes aujourd’hui. Les enfants intelligents sont devenus les stars de la cour de récré », indique Andy Bobrow, un scénariste qui est arrivé au cours de la quatrième saison, puis a écrit pour des séries telles que Community ou Brooklyn Nine-Nine. « C’est comme si être à la marge était devenu le summum du cool. » Tous les scénaristes interrogés ne sont pas du même avis. Eric Kaplan, un scénariste pour Malcolm et Big Bang Theory, et plus récemment auteur du livre Le Père Noël existe-t-il ? Une enquête philosophique, affirme que les nerds et les personnes équilibrées restent bloquées dans « une lutte darwinienne dans le monde des idées, des personnalités et des stratégies sociales. » « De la même manière qu’une méduse se bat avec un vers dans l’océan, et que la méduse est capable d’adopter un gêne et d’intégrer le poison de ce gêne dans son propre ADN, il y a certaines choses que les nerds faisaient et qui ont été adoptées par les gens socialement aptes », explique Kaplan (bonne nouvelle, les scénaristes de Malcolm restent drôles). « On peut être beau gosse et aussi adorer Star Wars. Mais je ne pense pas qu’un beau gosse populaire et fan de Star Wars soit un nerd. »
« Malcolm n’est pas un personnage admirable. C’est un connard égoïste. »
Il est difficile de dire si Malcolm serait populaire en 2020, en grande partie du fait qu’être un nerd ne constituait pas le seul trait de caractère qui isolait le personnage.
Twentieth Century Fox Film Corporation

Frankie Muniz (Malcolm) dans « Embouteillage » (saison 2, épisode 1).

Malcolm et l’attitude toxique des nerds

Beaucoup des épisodes le plus mémorables de Malcolm sont ceux où son attitude est particulièrement toxique ou malsaine. Dans « Émancipation », Malcolm mène le reste de sa classe de têtes d’ampoules jusqu’à la crise psychotique en voulant défier son nouveau professeur élitiste. Malcolm se plaint incessamment de l’injustice de sa vie, souvent auprès de son meilleur ami Stevie, qui a des problèmes respiratoires et reste cloué à un fauteuil roulant. Ses illusions de grandeur deviennent délirantes lorsqu’il utilise ses gains aux jeux d’argent pour acheter une voiture. Dans un autre épisode, il passe des heures à se parler à lui-même alors qu’il est censé rendre visite à Stevie à l’hôpital. « Malcolm n’est pas un personnage admirable, selon Kaplan. C’est un connard égoïste. » « Malcolm n’était pas connu pour sa bonté, commente Bobrow. C’est une grande partie de la réussite de la série car cela a permis de compatir avec Lois. Quand Malcolm faisait une crise, alors venaient les moments où elle devait se montrer dure avec lui afin de lui apprendre à être humain. » Malcolm fait son chemin vers la maturité en grande partie par le biais de son appréciation pour la perspective de sa mère. Tandis que Lois pouvait facilement être vue comme une mère colérique et casse-pieds (souvent compensée par l’attitude permissive du père), les scénaristes soutiennent qu’il y a une bonne raison pour laquelle Jane Kaczmarek a été nommée dans la catégorie Meilleure actrice principale dans une comédie aux Emmy Awards sept fois d’affilée, une pour chaque saison. Les fans de la série renvoient souvent à son monologue dans le dernier épisode, qui illustre parfaitement la voix d’autorité morale qu’elle a incarné tout au long de la série. Ce monologue, qui a pris à Glouberman trois jours à écrire (« J’ai dû pleurer plusieurs fois pendant que je l’écrivais »), revient faire apparition dans vos fils d’actualité de temps en temps. Dans celui-ci, Lois essaie d’expliquer à Malcolm pourquoi il a besoin d’en baver avant de devenir président, plutôt que de devenir riche d’abord. [youtube_shortcode id=’vN7PeYgnBkE’]
« Tu sais ce que c’est que d’être pauvre, et tu sais aussi ce que c’est que de travailler dur. Maintenant, tu vas apprendre ce que c’est que de balayer par terre et bouger ton cul, et en faire deux fois plus que tous ceux qui t’entourent. Et ça ne servira à rien parce qu’ils te regarderont toujours de haut. Et toi tu espéreras qu’ils t’apprécient tous, mais ça ne sera pas le cas. Et ça te brisera le cœur. Et ça te permettra d’avoir un cœur gros comme ça, d’ouvrir les yeux, et finalement tu réaliseras qu’il y a bien plus important dans la vie que de prouver qu’on est la personne la plus intelligente du monde. »
« Rick Sanchez est en fait Malcolm s’il n’avait jamais eu Lois comme mère. »
Bien plus qu’une femme râleuse et sans relief (comme elle a pu l’être représentée), Lois n’a de cesse de chercher à trouver justice durant l’ensemble de la série. Dans l’un des premiers épisodes, elle est licenciée de son travail mal rémunéré dans un supermarché après avoir obligé son fils Dewey à venir s’excuser pour avoir volé une onéreuse bouteille de cognac. Plus tard, elle passe un épisode tout entier à s’en prendre au système judiciaire à cause d’une amende de stationnement qu’elle conteste. Et bien que certaines de ses tactiques puissent paraître extrêmes, l’une des forces comiques de la série réside dans le fait que ses enfants terribles (qui, entre autres choses, ont détruit tous ses objets les plus chers et lui ont fait croire qu’elle avait le cancer) le méritent généralement. « Dans ce discours, Lois incarnait Dieu d’une certaine manière en disant que les choses tournent mal dans le seul but d’acquérir de l’empathie et d’aider les autres », indique Bobrow, qui part sur un contre-exemple avec Rick Sanchez, le scientifique sociopathe de la série animée Rick et Morty. « On pourrait imaginer que Rick Sanchez est en fait Malcolm s’il n’avait jamais eu Lois comme mère. » « Lois est vraiment un personne héroïque, soutient Keplan. L’idée que ces gens sont pauvres et que leur vie n’est qu’une succession d’humiliations était réaliste. Il n’y avait pas d’autre approche au conflit de classe qu’une vision morale inflexible. »
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Jane Kaczmarek (Lois) dans « Cours du soir » (saison 2, épisode 19).

En bref, ce que Lois comprenait, et ce que les scénaristes comprenaient, c’est que l’intelligence n’est en rien une garantie de comprendre réellement les difficultés rencontrées par une mère pauvre et smicarde. Outre la musique (dans un épisode, Malcolm réécrit laborieusement le jingle déjà existant d’une publicité pour son cours de musique), il s’agit probablement de la seule chose qu’il est difficile pour Malcolm d’apprendre. En s’intéressant aux communautés de nerds contemporaines, il n’est pas difficile de trouver d’autres exemples de ce qu’il arrive aux nerds qui n’ont pas une mère comme Lois. Silicon Valley, la capitale des nerds, reste un endroit hostile pour les femmes, tout comme les entreprises et communautés de fans qui sont gérées par des hommes. L’intelligence peut mener à l’argent, à l’influence et au pouvoir. Elle peut même attirer les filles, comme Malcolm l’apprend. Mais elle ne fait pas de vous quelqu’un de bien.

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Pourquoi Malcolm est un chef-d’oeuvre socialiste

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En revisionnant Malcolm, il est clair de quoi traite vraiment la série : l’idée que la méritocratie est bidon, que les institutions sociales sont corrompues et que le travail salarié est cruel.

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Yohann Koshy et publié sur le site internet de Vice le 16 janvier 2017. Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original. Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.
Presque chaque épisode de Malcolm se termine par le son d’une porte qui claque. Cette dernière marque le retour de la famille de Malcolm, un ensemble explosif de fauteurs de troubles et de marginaux, au status quo. C’est la norme pour les sitcoms, où tout doit revenir à la situation d’origine. La différence dans Malcolm, c’est que le status quo est bien peu réjouissant. Au contraire des personnages de Friends, par exemple, qui vivent confortablement dans des appartements de centre-ville avec des vies semblant peu troublées par le travail, la famille de Malcolm est pauvre. Chaque blague, intrigue et décision tourne autour de ce fait matériel. En grandissant, je pensais que Malcolm était une série loufoque sur quatre frères qui se chamaillent et leurs parents. En la revisionnant, il est maintenant clair de quoi traite vraiment la série : l’idée que la méritocratie est bidon, que les institutions sociales sont corrompues et que le travail salarié est cruel. Les parents, Hal et Lois, ont une relation charnelle comique, que je ne comprenais pas vraiment quand j’étais jeune. En réalité, c’est leur manière de se protéger des tribulations du capitalisme. Tous les personnages sont condamnés, d’une façon ou d’une autre, par le monde qui les entoure. Bien que cela paraisse un sujet bien grave pour être diffusé en première partie de soirée sur FOX, les sitcoms ont fait passer en douce des idées radicales dans le passé. Il y a même une référence à cela sur le mur de la chambre de Malcolm, Reese et Dewey : un poster de la sitcom Dinosaures, qui était diffusée au début des années 90 sur ABC. Dinosaures ne ressemble à aucune autre sitcom produite en Amérique : une série avec des marionnettes, anticapitaliste et moralisatrice, sur une famille de dinosaures vivant dans un marécage devenu propriété de la société FruitCO, avec à sa tête un PDG à la Trump. Elle propose une critique de l’exploitation humaine, du harcèlement sexuel et de la corruption politique, et se termine par l’extinction de la famille à cause d’un âge de glace produit par le changement climatique. Dinosaures était l’influence spirituelle de Malcolm. Au début, la famille de Malcolm est endettée, perpétuellement stressée, vivant dans une maison qui tombe en ruines. Une séquence typique montre Hal et Lois assis à la table de la cuisine remplie de factures. Lois n’a pas le temps d’aller plus loin que les exigences basiques du rôle de mère, à savoir faire la lessive et le dîner, puisqu’elle a un travail subalterne dans un supermarché. Hal a un travail de col blanc derrière un bureau. C’est le type d’emploi peu productif et sans intérêt que le capitalisme a inventé rien que pour rendre les gens malheureux. Hal effectue si peu de travail qu’il est à un moment révélé qu’il n’est jamais venu travailler le vendredi, préférant aller passer la journée seul dans des endroits comme les parcs à thème – soit un refus radical de travailler.
« Malcolm a montré que les promesses du néolibéralisme ont toujours été fausses. »
Dans le premier épisode, Malcolm est décelé comme être un génie avec un Q.I. de 165. Son école publique, en manque de moyens, le place dans la classe des surdoués, les « têtes d’ampoules », où ils gardent « toutes les bonnes choses qu’ils ne gaspillent pas pour les enfants normaux ». Dans une sitcom conservatrice, cela serait le point de départ d’une histoire d’ascension sociale de la misère à la pauvreté, son intelligence élevant la famille vers un avenir prospère. Mais ce qui arrive à la place est d’une honnêteté impitoyable. Le don de Malcolm ne le fait pas sortir de sa position sociale, elle l’y enracine. Dans le dernier épisode de la série, il est accepté à Harvard mais son seul moyen de payer les frais de scolarité est de travailler comme concierge à côté. Cela se passait avant la crise économique de 2008, après laquelle les médias ont commencé à écrire à propos de « l’écroulement de la classe moyenne » dans les économies occidentales, comme si tout allait bien jusqu’alors. Malcolm a montré que les promesses du néolibéralisme ont toujours été fausses : le salaire des travailleurs à faible rémunération stagnait depuis les années 80 et l’endettement s’était envolé. Lorsque la famille doit annuler ses vacances d’été pour payer les frais d’hôpital de Malcolm, ils font une analyse coûts-bénéfices qui est rarement vue à l’écran mais qui arrive pourtant tous les jours à travers l’Amérique. La série ne dépeint pas seulement les luttes pour sa survie dans le monde capitaliste, elle en discrédite ses notions élémentaires. Une des blagues qui revient est l’idée que la pauvreté de la famille est le résultat des défauts individuels des parents plutôt que de la structure de la société. Lorsque Lois et Hal sont contraints d’arrêter de faire l’amour à cause d’une mycose vaginale, ils commencent à s’occuper de leur maison de manière compulsive et la transforment en un lieu idyllique de vie bourgeoise, avec gazon vert et fleurs en éclosion. Lorsque Dewey découvre que Hal fume en secret, il calcule qu’avec le montant qu’il a dépensé en cigarettes, il aurait pu envoyer son fils, lui aussi surdoué, en école privée. Ces blagues parodient la rhétorique de Thatcher et Reagan selon laquelle les pauvres le sont car ils ne travaillent pas assez dur.
« En revisionnant Malcolm, il est clair de quoi traite vraiment la série : l’idée que la méritocratie est bidon, que les institutions sociales sont corrompues et que le travail salarié est cruel. »
Les critiques ont fait l’éloge de Malcolm pour son utilisation pionnière d’une seule caméra et l’absence de rires enregistrés, qui ont ouvert le chemin aux comédies postmodernes des années 2000. Mais peu ont noté la diversité du casting. Le meilleur ami de Malcolm, Stevie, n’est pas seulement afro-américain : il a un handicap physique et il appartient à la strate supérieure de la classe moyenne. Il ne s’agit pas là d’une blague intersectionnelle cruelle, comme lorsque Lena Dunham a répondu au manque de diversité dans Girls en incorporant un Républicain noir pour deux épisodes, mais une relation sensible à travers laquelle deux personnages se développent. De plus, les valeurs de famille conservatrices de Stevie font une satire de la « politique de la respectabilité », l’idée selon laquelle il faut se comporter de manière irréprochable pour s’en sortir dans un monde sous dominance blanche, qui était portée par des programmes tels que le Cosby Show. (Les pulls de Stevie sont tout droit sortis de la garde-robe du Cosby Show.) La même chose peut être dite pour Piama, la femme de l’aîné Francis, qui est d’origine inuite. Bien qu’il y ait une absence désolante de personnages amérindiens dans la culture américaine, Piama n’est néanmoins pas là juste pour la forme et son personnage est complexe. Lois est d’abord méfiante du fait qu’elle lui vole son fils, mais elles instaurent ensuite une forme de solidarité basée sur un plaisir partagé de punir leurs compagnons bons à rien, allant jusqu’à casser les affaires de Francis et Hal lorsqu’ils partent égoïstement faire un road trip à deux en moto. Il est récemment devenu obligatoire pour les critiques de finir leur analyse sur une tentative d’intégration de la pop culture dans le climat politique contemporain. Cette tendance semble parfois surfaite, mais à mesure que la politique devient de plus en plus absurde, il est difficile de la séparer de la culture qui nous imprègne. En s’immergeant complètement dans le monde de Malcolm et sa famille, j’ai tellement d’empathie pour leurs vies que je ne peux m’empêcher de me demander comment ils s’en tireraient dans l’Amérique de Trump. Probablement pas très bien. Et puis, j’ai eu une pensée bien plus effrayante : et s’ils avaient voté pour lui ? Certes, le succès de Trump est dû à des tranches variées de la population, les blancs riches et ayant suivi des études supérieures notamment. Mais en tant que famille blanche aux faibles revenus vivant quelque part dans un état indéterminé du Midwest, la famille de Malcolm aurait été un public cible à mobiliser le jour de l’élection. En effet, le nombre considérable de Démocrates aux faibles revenus ayant décidé de voter Républicain a été un facteur non négligeable dans l’élection de Trump. Lois et Hal auraient-ils pu être convaincu par les promesses de Trump de remonter les salaires et de rétablir l’économie ? Auraient-ils été bernés par son discours anti-establishment et se seraient-ils défoulés dans un vote de protestation ? Cette étrange peur que ma famille de sitcom préférée puisse être des sympathisants de Trump peut être apaisée par une issue bien plus plausible. Lors du jour de l’élection présidentielle, pris par le stress de leurs boulots sous-payés, l’angoisse du remboursement de leurs dettes et le chaos causé par les enfants, Lois et Hal auraient, comme des millions d’autres, été bien trop occupés (ou bien cyniques) pour en avoir quelque chose à faire. Si Malcolm exprime effectivement le ressenti d’une partie de la population, c’est de celle qui n’est tout simplement pas allée voter.

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La vie est injuste : l’unique reflet de la société dans Malcolm

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La sitcom suivait les enfants d’une famille du bas des classes moyennes qui faisait face aux désagréables aléas de la vie.

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Cet article est une traduction française de l’article original, écrit par Michelle Nektalov et publié sur le site internet de Study Breaks le 1er juin 2016. Par respect envers l’auteur, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original. Pour consulter l’article original en anglais, cliquez ici.
« La vie est injuste. » Ces quelques mots iconiques de la fin du générique de Malcolm se sont avérés exacts dans presque chaque épisode de la série. Il n’y a aucun doute que beaucoup d’étudiants d’aujourd’hui se souviennent de la sitcom pour être dotée de l’une des familles les plus dysfonctionnelles et hilarantes de la télévision, et il faut dire que la famille envahissante et sans honte de Malcolm était probablement l’une des choses paraissant les plus réelles que notre génération a regardé étant gosse. Ce n’est pas un secret : la génération Y dépendait de la télévision comme source première de divertissement. Il s’agit, après tout, de la génération à l’origine du « Netflix and Chill », une culture du coup d’un soir qui assimile la consommation de programmes télé à la satisfaction sexuelle. En grandissant, la télé est devenue pour beaucoup d’enfants leur troisième parent, ou plus précisément, leur « oncle cool ». Le tube cathodique était une source d’information sur le monde, un intermédiaire par lequel les téléspectateurs pouvaient apprendre ce qu’il était cool de dire et marrant de faire. Il montrait à ses adeptes comment traiter sa famille, à quoi ressemblait une fête lycéenne (une pensée pour les gobelets rouges), où il était sympa de trainer, à quoi ressemblait un premier baiser, etc. Les programmes télé ont eu une forte influence sur notre génération, et à vrai dire, c’est toujours le cas. Malheureusement, compte tenu de la responsabilité endossée par chaînes à normaliser et conditionner les jeunes à notre monde, elles n’ont franchement pas fait un très bon travail. Attendez avant de lever les yeux au ciel. Ce n’est pas que nous n’avons pas grandi avec d’excellentes séries ; j’adore toujours les programmes que je regardais petit. Mais après une récente obsession avec Malcolm, j’ai enfin réalisé à quel point la plupart des émissions étaient artificielles et édulcorées. Dès le début de Malcolm, le public voit que le personnage principal, un garçon extrêmement intelligent nommé Malcolm, doit faire face à une enfance merdique ainsi qu’à des frères sadiques, à savoir Francis, Reese, Dewey et le petit Jamie. La série inculquait à une génération entière que parfois la vie ça craint et qu’il faut encaisser les coups. Cette représentation réaliste et franche de l’adolescence dans une famille de classe moyenne l’a distinguée de ses pairs. Lois et Hal, les parents de Malcolm, représentent un objectif pour toute relation. Non seulement leur flamme brûlait toujours après des années ensemble, mais il n’ont jamais cessé de se soutenir dans les coups durs. Durant l’ensemble de la série, ils ont péniblement élevé les cinq garçons les moins bien élevés de la télévision, mais ensemble ils ont fait tout en leur pouvoir pour leur apprendre à être des gens bons et honnêtes qui comprennent que les choses ne vont pas toujours dans leur sens. En revoyant les séries les plus adorées de ma génération, j’ai pris conscience de certaines tendances dans les thématiques, notamment la façon dont les enfants de séries traitaient leurs enfants. La plupart des séries inculquait aux téléspectateurs de ne pas prendre les parents au sérieux. Le hic, c’est que les enfants s’en sortaient toujours impunément, tandis que leurs parents acceptaient obséquieusement l’attitude démoniaque de leur progéniture. Malheureusement pour eux, Malcolm et ses frères n’avaient pas cette chance. Lois, une mère autoritaire et dominatrice, dirigeait son foyer d’une main de fer. Son attitude me semblait inutilement tyrannique dans un premier temps, mais j’ai réalisé que toutes ses règles strictes et ses punitions étaient destinées à élever des enfants ayant conscience de l’injustice du monde. Une des meilleures expressions pour décrire la famille de Malcolm serait « socialement inepte ». La tribu avait des problèmes avec les voisins, les profs, les supérieurs, les petites-amies, les camarades de classe… la totale. Même les relations de famille avec la grand-mère étaient problématiques. La leçon à en tirer ? Vous ne vous ferez pas aimer de tout le monde. À vrai dire, nombreux seront ceux qui se mettront sur votre chemin et vous causeront du tort, mais c’est la vie. Plutôt que de s’en plaindre, il faut apprendre à tolérer les mauvais côtés. Dans un épisode, la famille apprend que tous les voisins organisent une fête de quartier à chaque fois qu’ils partent en vacances. Si ça, ce n’est pas être mis à l’écart ! Et pourtant, la famille accepte ce statut et reste déterminée à être fidèle à elle-même, malgré le rejet. L’un des aspects les plus importants de la série était la réalité de leurs problèmes économiques. Chaque épisode parvenait à relayer la sévérité de leurs difficultés financières avec humour : la famille mangeait des gratins de restes du frigo ou décidait de quelle facture payer selon la gravité des mises en demeure d’impayés. À cause de leur budget serré, Reese, Malcolm et Dewey n’avaient pas d’autre choix que de se divertir par tous les moyens, créant au passage de dangereuses situations qui attiraient souvent les foudres de Lois. Ce qui est vraiment remarquable dans leur situation financière, c’est qu’elle avait pour effet d’unir la famille, à un tel point d’ailleurs que Malcolm endosse la responsabilité de maintenir sa famille à flot sur la fin de la série. Alors que d’autres programmes télévisés atténuaient la réalité de la vie, Malcolm était livré sans filtre. Si d’autres émissions avaient ressemblé à l’esprit de Malcolm, alors peut-être que notre génération aurait été encore davantage débrouillarde. Qui sait, peut-être serions-nous devenu plus bosseurs et plus reconnaissants de nos parents ? Nous aurions pu mieux nous en sortir. Mais bon, la vie est injuste.

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La fin de Malcolm parmi les meilleures fins de série

Frankie Muniz (Malcolm) et Justin Berfield (Reese) dans "Malcolm président" (saison 7, épisode 22). © Twentieth Century Fox Film Corporation
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Le dernier épisode de la série de Linwood Boomer figure dans la liste des meilleures fins de séries récemment établie par une étude.

La fin de Malcolm vous a plu ? Alors vous n’êtes pas le seul ! Selon une étude publiée cette semaine, la fin des aventures du petit génie et de sa famille déjantée fait partie des conclusions de séries anglo-saxonnes. La méthode de compilation de ces résultats se veut objective car elle se base sur les notes des utilisateurs du site IMDb, l’équivalent américain d’AlloCiné. Ainsi, si l’on prend en compte la notation de l’épisode final à lui seul, le dernier épisode de Malcolm, intitulé « Malcolm président », se place à la 19e position des meilleurs derniers épisodes de série avec une moyenne de 9,2/10. Le mélange entre rire et émotion et les nombreux clins d’œil aux fans assidus n’y sont certainement pas étrangers ! Sur le podium des meilleures conclusions de séries, on retrouve à la 1re place une autre série de Bryan CranstonBreaking Bad, qui n’a cessé de surprendre les téléspectateurs avant d’offrir une conclusion dantesque. En 2e position, c’est la fin de la série dramatique Six Feet Under qui a séduit avec son lot de larmes et d’émotion, puis c’est la version américaine de la comédie The Office qui clôt le trio de tête. De plus, la série de Linwood Boomer ne bouge pas dans le classement des derniers épisodes les plus réussis par rapport à la qualité générale de la série. En effet, si l’on prend les résultats en comparant la moyenne générale de la série (8/10 pour Malcolm) à la note du dernier épisode, la série de Linwood Boomer reste à la 19e place, ce qui montre que Malcolm a une conclusion légèrement plus réussie que la série qui est déjà de qualité dans son ensemble. Au contraire, des séries telles que GleeCharmed et Sex & the City sont en tête de ce classement, c’est-à-dire que les fins de ces séries sont bien plus réussies que leur niveau global. Enfin, un petit mot sur les grandes perdantes… Parmi les fins de séries les moins réussies, pour ne pas dire complètement ratées, on trouve sans surprise DexterMon oncle Charlie et True Blood. Pour découvrir le classement intégral et y découvrir comment se positionnent vos autres séries préférées, rendez-vous sur GitHub. Et vous, comment jugez-vous la fin de Malcolm ? Géniale ou décevante ?

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L’émission Faux Raccord d’AlloCiné se penche sur les plus grosses gaffes de Malcolm !

L'émission "Faux Raccord" d'AlloCiné consacrée à la série "Malcolm". © AlloCiné
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Le dernier épisode de la rubrique humoristique d’AlloCiné est consacré à notre série fétiche, à découvrir d’urgence !

Voilà maintenant 5 ans que Michel et Michel, deux experts du grand écran, scrutent les moindres recoins de pellicule pour partager avec les internautes d’AlloCiné les gaffes, erreurs et autres bourdes qui échappent aux réalisateurs des plus grands succès du cinéma. « Faux Raccord » est une émission qui compte aujourd’hui 137 épisodes et figure parmi les rubriques les plus consultées du site. Pourtant jamais un rendez-vous n’avait été consacré à une série… jusqu’à aujourd’hui.

Michel, Michel… et Malcolm-France.com !

Dans ce nouvel épisode, nos deux compères se penchent avec leur humour caractéristique sur les « bloopers » de Malcolm. Car en 151 épisodes se sont glissées un certain nombre d’erreurs amusantes que nous avions d’ailleurs compilées sur nos fiches épisode il y a quelques années de cela et qui rappellent que même en faisant attention, aucune œuvre n’est à l’abri de la petite incohérence ! Pour cette émission forcément très particulière, c’est donc avec l’aide de trois rédacteurs de Malcolm-France.com que Michel et Michel ont recensé leurs gaffes et secrets préférés des 7 saisons de la série. Le nom de famille ? Le mystère entourant la maman de Craig ? Le technicien dans le cadre ? Ils y sont. Le figurant qui panique ? Le vraix-faux grand-père ? Pareil. Découvrez sans plus attendre le « Faux Raccord » spécial Malcolm avant de le retrouver… en bonus dans le coffret DVD de la saison 7 !

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Malcolm – Un sacré phénomène !

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SÉRIE. Les sept saisons de cette comédie délirante sont diffusées cet été sur M6. Les fans, de plus en plus nombreux, sont aux anges ! Pourquoi ça marche ? Décryptage.

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Cet article a été écrit par Marc Granier et publié dans Télé 7 Jours | N° 2 774 | du 27 juillet au 2 août 2013 | P. 74 à 75. Par respect envers les auteurs, nous avons conservé grammaire, syntaxe, orthographe, conjugaison, typographie et ponctuation des textes de l’article original.

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Des familles de dingues

Et celle de Malcolm est la plus folle ! La preuve : elle n’a pas de nom ! Troisième d’une fratrie de quatre garçons – bientôt cinq, dans la saison 4 –, Malcolm est un génie turbulent, mais sans doute le plus sensé des fils de Lois, maman poule un poil castratrice, et de Hal, papa immature mais bienveillant. Cette semaine, Reese, le cadet, est poursuivi par la police pour kidnapping et Francis, l’aîné, tente d’arnaquer des mineurs au fin fond de l’Alaska. Une famille bien déjantée, pas si loin de la réalité… « La série renvoyait les gens à leur enfance. Certains me disaient que le leur rappelais leur mère », se souvient Jane Kaczmarek, qui joue Lois.

Des répliques à mourir de rire

La série en a des centaines à son palmarès : des conseils déplacés de Hal – « Quand vous donnez un pourboire, pliez en dix un billet de 1 dollar, enseigne-t-il à ses fils. Le temps que le serveur le déplie, vous serez loin ! » – aux menaces tordantes de Lois – « Ne prenez pas vos jambes pour acquises : je pourrais vous donner la fessée un peu fort et vous briser la colonne vertébrale ! » Absurde, incorrecte, joyeusement méchante, Malcolm n’a pas peur des excès… de rire. « Malcolm dégageait beaucoup d’énergie et était parfois bébête. C’était une comédie très démonstrative », analyse Bryan Cranston, qui incarne Hal.

Malcolm est un génie

À 14 ans, Malcolm au QI surdéveloppé est inscrit dans un cours pour élèves précoces. Dans l’épisode d’aujourd’hui, son passe-temps consiste à bidouiller un home cinéma géant ! Un héros à l’image d’une série en avance sur son temps. « Quand Malcolm a fait son apparition, il n’y avait vraiment rien à la télévision qui lui ressemblait », se souvient Frankie Muniz, alias Malcolm. À l’heure où les sitcoms avec rires enregistrés dominaient les audiences, son créateur Linwood Boomer (un ancien acteur de La Petite Maison dans la prairie) a cassé les codes du genre, sans faux rires, sans carton-pâte, comme pour de vrai. Malcolm était aussi un des premiers héros télé geek des années 2000, longtemps avant The Big Bang Theory ou Chuck.

Des comédiens inoubliables

Aujourd’hui acclamé pour sa performance dramatique dans Breaking Bad, Cranston a explosé grâce à Malcolm. « Bryan était tellement drôle ! se souvient Linwood Boomer. Il a changé la dynamique de la série à lui tout seul. » Frankie Muniz, lui, a préféré changer de vie, et restera Malcolm à jamais. « J’ai grandi avec lui, et je crois que même s’il n’était pas très heureux de son sort, j’ai réussi à le rendre drôle », espère le comédien, devenu batteur de rock.

Privée de DVD !

Malcolm, est culte… mais impossible de la trouver en DVD ! Un oubli ? Pas tout à fait. La série souffre de la synchronisation royalties, une loi américaine qui dissocie les droits de diffusion des images et ceux de la bande-son. Du coup, pour s’offrir les droits de la série, il faudrait payer en plus ceux de sa musique très riche, avec des tubes de Queen ou Abba. Un obstacle légal et financier qui a privé aussi Cold Case de sortie DVD.

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