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Les points communs entre Hal et Walter White

Bryan Cranston incarne Hal dans "Malcolm" (à gauche) et Walter White dans "Breaking Bad" (à droite). © DR
C’est un gag qui revient souvent chez les fans de Breaking Bad : et si l’univers de Walter White était étroitement lié à celui de Hal, l’autre personnage emblématique de Bryan Cranston ? Les fans et connaisseurs des deux séries auront déjà eu l’occasion de le constater d’eux-mêmes et de s’en amuser en revisionnant les épisodes, certains passages de Malcolm prennent une dimension humoristique rétrospective quand on sait que Bryan Cranston était appelé à devenir le glaçant Walter White, ce professeur de chimie « monsieur tout le monde », atteint d’un cancer, qui se lance dans la fabrication d’une drogue de synthèse pour assurer un confort financier à sa famille, mais qui ne va plus savoir où stopper le curseur du mal. Petit tour d’horizon sur certaines de ces étranges coincidences, mais aussi sur les clins d’oeil faits à ces petites similitudes.

N°8 : Laveur de voiture

Dans l’épisode 1.01 – « Je ne suis pas un monstre », Lois dit à Malcom que « tous ceux qui se moquent de toi sont des débiles qui finiront laveurs de voitures ». Aux débuts de Breaking Bad, Walter White est prof de physique-chimie et… laveur de voiture pour gagner un peu plus d’argent.

N°7 : Des bâches et des masques

Dans l’épisode 1.05 – « Changement de famille », Lois et Hal se retrouvent face à leur maison couverte d’une bâche à cause d’une désinsectisation, et rentrent tous les deux avec des masques à gaz dans la maison. Dans Breaking Bad, Walter White et Jesse se remettent aux fourneaux, armés de masques, avec la complicité de désinsectisateurs afin de cuisiner à l’intérieur de maisons bâchées.

N°6 : Changement d’identité

Dans l’épisode 2.02 – « Il n’y a pas d’heure pour Halloween », Lois et Hal envisagent de changer d’identité et mener une vie de délinquants après avoir volé une voiture. À la fin de Breaking Bad, Walter White change d’identité.

N°5 : Black-jack

Dans l’épisode 2.05 – « Faites vos jeux », Hal se fait bannir du casino parce qu’il a triché au black-jack. Dans Breaking Bad, Walter White se fait passer à l’aide de sa femme Skyler pour un joueur accro au black-jack afin de justifier les gains importants d’argent.

N°4 : Chaise de camping

Dans l’épisode 3.11 – « Pique-nique fatal – 1re partie », Hal descend de la voiture deux chaises de camping. Dans Breaking Bad, lorsque Jesse et Walter font des pauses lors de la préparation d’amphétamines, ils sont assis sur une chaise avec un motif très ressemblant.

N°3 : Labo

Dans l’épisode 4.18 – « Plus on est de fous, moins on rit ! », Lois et Hal partent en week-end au calme, tandis Reese invite des « amis » qui font un labo de meth dans le garage.

N°2 : Insecte volant

Épisode 7.15 – « L’invasion de l’abeille tueuse » : Hal se félicite d’avoir détruit un essaim d’abeilles dans le garage, mais se voit ensuite pourchassé par une abeille survivante jusque dans sa voiture. Dans l’épisode 3.10 – « La mouche » de Breaking Bad, Walter est enfermé dans son laboratoire avec une mouche qu’il tente d’éliminer.

N°1 : Slip kangourou

Dans les épisodes 1.01 – « Je ne suis pas un monstre » et 3.03 – « Feux d’artifice », ainsi que d’autres épisodes au fil de la série, Hal apparaît en slip kangourou blanc et chaussettes, la même tenue qu’il porte dans l’épisode pilote de Breaking Bad.

Les clins d’oeil

La bande-annonce mash-up

La chaine Comedy Central UK s’est prêtée à ce petit jeu d’échos entre les deux séries où Bryan Cranston s’est illustré. En effet, à l’occasion d’une rediffusion de l’intégrale de la série sur son antenne, elle a concocté aux spectateurs une bande-annonce centrée sur le personnage de Hal et consistant en un montage extrêmement ingénieux, précis et connaisseur de tous les extraits pouvant, de près ou de loin, préfigurer le personnage de Walter White ou des éléments caractéristiques de l’univers de la série de Vince Gilligan.

On y voit notamment des séquences d’explosions, celle du pique-nique des têtes d’ampoule (1.08) causée par Malcolm, mais surtout du terrain d’entrainement militaire dans l’épisode du casino (2.05), dans un paysage de désert qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les décors du nouveau Mexique qui servent de théâtre aux aventures de Walter White.

À ces séquences explosives s’ajoutent d’autres qui font étrangement échos entre les deux séries. Par exemple, voir Hal en slip évoque Walter lorsqu’il ôte ses vêtements pour préparer sa drogue, et Lois et Hal se faisant face avec des masques à gaz (1.05) rappelle ceux utilisés par White et son acolyte, Jessy, quand ils fabriquent leur drogue.

Les dialogues ne sont pas en reste et, sortis de leur contexte et mis au service de cette amusante démonstration, prennent une connotation évocatrice, comme lorsque Hal prononce le mot « chemestry » (chimie) pour expliquer les relations homme-femmes aux enfants (1.12), lorsque Lois lui demande s’il est en pleine crise de la quarantaine (2.14), quand Hal demande à l’un de ses fils de se dénoncer à sa place pour une grosse bêtise qu’il a faite (1.16) ou encore quand il dit à Malcolm « Il se peut que tu n’apprécies pas mes méthodes » (1.13).

Mais un des clins d’œil les plus savoureux est sans doute cet extrait d’interrogatoire dans la suite de l’épisode du casino, quand le directeur conseille Hal sur des activités à faire avec les enfants et dit « my son and I cook » (« mon fils et moi, nous cuisinons »), « cook » étant le terme pour désigner la préparation de la drogue dans Breaking Bad, tandis que Hal répond : « Ah, on devrait essayer ça, tiens ! »… ce que, devenu prof de chimie, il a mis en pratique quelques années plus tard, donc, avec un de ses anciens élèves !

La fin alternative

Avant d’achever Breaking Bad en 2013, l’équipe de tournage a invité Jane Kaczmarek sur le plateau pour filmer cette scène bonus qui figure sur les éditions DVD et Blu-Ray de la série d’AMC. Dans ce sketch, Hal se réveille donc brusquement et confie à Lois (remarquez cependant qu’aucun prénom n’est prononcé, les personnages de Malcolm étant la propriété de la Fox) avoir rêvé mener une vie totalement différente de son existence tranquille d’employé de bureau.

On plaisantait sur les plateaux de Breaking Bad, et alors que je discutais avec les producteurs, je leur ai dit : ‘Vous savez ce qu’on devrait faire ? À la fin, il devrait soudain se réveiller d’un cauchemar, puis il réveille sa femme, et on pense qu’il va s’agir de Skyler, mais c’est Jane Kaczmarek.’ Bien plus tard, Melissa Bernstein, une de nos productrices executives, vient me dire : ‘Tu sais cette idée que tu as mentionné il y a un bail ? Sony et Vince Gilligan l’adorent, tu crois que Jane accepterait ? Je lui ai répondu : ‘Si ça se passe dans un lit à l’horizontal, ça se pourrait bien.’

Bryan Cranston sur le tournage de la fin alternative

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Malcolm, les amours et les déboires

Reagan Dale Neis (Nikki) et Frankie Muniz (Malcolm) dans "Touche pas à ma fille" (saison 4, épisode 6). © Twentieth Century Fox Film Corporation
Aussi maudit que se considère Malcolm, il n’est pourtant pas en reste concernant les petites amies, crushs et autres flirts. Notre tête d’ampoule favorite a son petit succès… jusqu’à ce qu’il finisse généralement par tout gâcher.

Saison 1 : premiers émois

Frankie Muniz (Malcolm) et Landry Allbright (Julie Houlerman) dans « Ma mère, ce héros » (saison 1, épisode 9).

Dès la toute première saison, alors qu’il a seulement 12 ans, Malcolm craque déjà pour la jolie Julie Houberman, et cette attirance est clairement réciproque, bien qu’encore maladroitement exprimée. Mais le caractère farouche et fier de Malcolm sait mal réagir face à la douceur et à la gentillesse désarmantes de Julie. Affaire classée sans suite.

Saison 2 : le temps de flirts

La saison 2 est le temps des flirts. Tout au long de cette saison, Malcolm fait des rencontres et attire l’attention de quelques jeunes filles souvent plus débrouillardes que lui, et dans des contextes se prêtant bien aux jeux de l’amour et du hasard ; on pense, entre autres, à Jessica durant l’embouteillage (2.01) ou encore à Beth dans la soirée bowling (2.20).

Frankie Muniz (Malcolm) et Alex McKenna (Beth Ballard) dans « Pile et face » (saison 2, épisode 20).

Il faut dire que Malcolm surchauffe très vite face à quelqu’un qui lui plait, et multiplie les gaffes, ce qui n’arrange pas ses affaires. Le jeune homme a l’air toujours de tomber des nues quand une charmante personne s’intéresse à lui, trahissant son manque de confiance en lui sur le plan sentimental. Cela peut le mener à un aveuglement presqu’idiot, comme lorsque pour ne pas compromettre ses chances avec une belle inconnue, il provoque un grave quiproquo qui manque d’envoyer son père en prison (3.01). Un petit séjour en vacances pour renouer les liens entre Hal et son fils n’y changera rien : à la vue de la première jolie fille aguicheuse, Malcolm n’hésitera pas à laisser son père tomber à la flotte ! Les hormones…

Saison 3 : éducation sentimentale

La saison 3 marque le début des choses sérieuses, puisque Malcolm, sur un nuage, a sa première vraie petite amie, une certaine Sara, que la mise en scène prend un plaisir malicieux à laisser à l’état d’une chevelure blonde sans visage (3.04). C’est aussi le premier grand chagrin d’amour de Malcolm, littéralement abattu quand la jeune fille le largue en pleine récré… en bonne partie par sa faute. Cet épisode est fondateur quant à la psychologie amoureuse du personnage, car tous ses comportements s’y répéteront par la suite. Malcolm est tellement insécure et dépendant affectivement, que cela le rend possessif, jaloux, oppressant, envahissant, dirigiste, extrêmement susceptible, avec un brin de paranoïa ; tous les ingrédients parfaits pour transformer un beau début d’histoire d’amour en étouffoir répulsif.

Frankie Muniz (Malcolm) et Alessandra Toreson (Sara Coleman) dans « La petite amie » (saison 3, épisode 4).

Comme si cette première leçon, douloureuse, ne suffisait pas, Malcolm en reprend une grosse couche lors d’une journée qu’il passe en compagnie d’un flirt d’enfance, Laurie (3.11 & 3.12). Induit en erreur et persuadé d’avoir toutes ses chances, Malcolm tombe de haut en découvrant que la jeune fille en pince pour un autre. Le petit génie accuse le coup, réagit mal, et déclenche le « mode furie » de sa camarade. Un torrent de reproches et de méchancetés qui fait fondre Malcolm en larmes.

À tous ces travers qui repoussent celles qu’il avait au départ attirées, Malcolm trouve la coupable idéale : son intelligence, bien sûr ! Encore et toujours obstacle à son bonheur et à une spontanéité qui lui fait tant défaut dans sa relation aux autres. Une idée dans laquelle il va s’obstiner quand il craque pour Alison, l’idiote du lycée (4.04). Coaché par un Reese au sommet de son art, Malcolm entreprend la conquête de la jeune fille, qui passe par un sabotage en règle de son génie, se transformant en abruti notoire. Nouvel échec ; le naturel revient au galop et Alison le largue dès qu’il prononce le mot « théorique ». Un schéma qui va être retourné de façon amusante, plus tard, au cours de la saison 7, quand c’est une fausse idiote, en réalité brillante mais se donnant des airs bêtes pour rester populaire, qui déclare sa flamme à Malcolm mais exige le secret (7.06). Fidèle à lui-même quand il y a une jolie fille qui s’intéresse à lui, Malcolm fonce tête baissé, et ne rompra qu’à contrecœur.

Saison 4 : amour interdit

Reagan Dale Neis (Nicki) et Frankie Muniz (Malcolm) dans « Touche pas à ma fille » (saison 4, épisode 6).

La saison 4 est celle de la première relation un peu durable et très intense de Malcolm, avec Nicki. Une jeune fille entreprenante, sûre d’elle, spirituelle, et manifestement très éprise, que Malcolm a rencontré à la faveur de cours particuliers (4.06). Le souci (puisqu’il en faut un !) : le père de la demoiselle, vétéran du Vietnam complètement allumé, qui veille jalousement sur elle et n’hésite pas à professer des menaces sur quiconque toucherait sa petite princesse. Cette relation clandestine où il faut se cacher sans cesse et craindre des représailles paternelles perd vite de son romantisme pour Malcolm et réveille tous ses défauts plus repoussants, ce qui lui coûte sa relation.

Saison 5 : mise à l’épreuve morale

La saison 5 met à l’épreuve la moralité sentimentale de notre héros. Il y rencontre d’abord sa toute première occasion d’un rapport sexuel, avec Kirsten, une jeune fille peu farouche, bien décidée, mais surtout complètement ivre, ce qui dissuade notre héros d’entreprendre quoi que ce soit (5.04). Une attitude noble que ne manquera pas de saluer son grand frère, Francis, et qui valait bien un peu de vomi dans la dinde de Thanksgiving de Reese !

Malcolm plait ; à Stéphanie, une fille venue assister au match de softball auquel il participe (5.12), puis à une des plus jolies filles du lycée mystérieusement célibataire, Angela (5.14) ; mais le jeune homme, encore immature sentimentalement, trahit d’autres préoccupations en s’occupant plus de sa mère ou de sa belle-famille, que de ses copines !

Alessandra Toreson (Kirsten) dans « Le grand chef » (saison 5, épisode 4).

Un sens des priorités qui va brutalement changer quand Malcolm commet le sacrilège de s’encanailler avec Beth, le premier grand amour de son frère, Reese, ce qui mène tout droit ce dernier à l’armée avec le cœur brisé ! (5.21)

Saison 7 : rite de passage

Si la saison 6 est très discrète et silencieuse sur la vie sentimentale de son héros, la saison 7 s’ouvre sur une étape cruciale : Malcolm vit sa première fois sexuelle, de la plus improbable des façons, avec Anita, une shaman de la quarantaine au festival du désert de Burning Man (7.01) ! Une relation aussi éphémère que l’emblème de l’événement voué au feu ! Malcolm faisant encore les frais de son excès de franchise associé à son obsession de vouloir plaire à tout prix.

Frankie Muniz (Malcolm) et Rosanna Arquette (Anita) dans « Allumer le feu ! » (saison 7, épisode 1).

Plus tard dans la saison, ce sont les exigences physiques, un brin superficielles et sévères, du jeune homme qui sont mises à mal, lorsque sa relation très complice avec Danielle, une jeune fille au physique peu avantageux contraste nettement avec Anna, une ravissante blonde dépourvue de qualités (7.18).

Les têtes d’ampoule préfèrent les blondes

Et justement, les critères physiques de notre tête d’ampoule se révèlent plus qu’évidents. En effet, à l’exception d’une ou deux, toutes les demoiselles qui parcourent son CV sentimental, du simple flirt à la relation durable, sont des blondes ! Une coïncidence intrigante, qui n’en est sans doute pas une, mais une volonté claire des auteurs. Mais pourquoi ? Rien ne l’explique dans la série, ni même n’attire l’attention sur ce détail. Mais en tout cas, la récurrence du profile (pour ne pas dire sa redondance) est manifeste. Voilà une chose amusante et intéressante sur laquelle interroger Frankie Muniz, l’interprète de Malcolm, lors de notre prochaine rencontre avec lui !

Cynthia & Jessica

Nous ne pouvons clore ce carnet de bal, sans réserver une danse spéciale à deux personnalités féminines qui marquent énormément la série et donnent du fil à retordre à Malcolm : Cynthia, la jeune tête d’ampoule excentrique (une exception brune qui confirme la règle blonde !), dans les saisons 2 à 4, et Jessica, la voisine (blonde !) manipulatrice, dans les saisons 6 et 7.

Tania Raymonde (Cynthia Sanders) et Frankie Muniz (Malcolm) dans « La nouvelle tête d’ampoule » (saison 2, épisode 11).

Cynthia passe au plus près d’être la première petite copine de Malcolm, mais les circonstances et sa maladresse coutumière s’en mêlent, cantonnant leur relation à celle d’amitié amoureuse, parsemée de prises de bec. Il faut dire que Malcolm freine un peu des quatre fers devant cette jeune fille un peu allumée, assumant complètement son statut de surdouée contrairement à lui, et pas toujours très gracieuse dans ses manières. Il faudra bien les effets spectaculaires de la puberté sur Cynthia, métamorphosée, pour perturber les hormones de notre surdoué (3.14). S’il ne conclura jamais avec elle, la version officielle est tout autre pour le lycée où Cynthia n’hésite pas à laisser croire qu’elle a couché avec son camarade pour sauver sa réputation (4.02). Un bel acte d’amour, en somme ?

Erik Per Sullivan (Dewey), Frankie Muniz (Malcolm), Hayden Panettiere (Jessica) dans « Tolérance zéro » (saison 4, épisode 13).

Le Jessi-cas est plus orageux. Voisine cas-social embauché au départ comme baby-sitter, la jeune fille n’a pas qu’une crinière de lion, mais en a aussi les griffes. Menteuse compulsive et manipulatrice hors-pair sachant très bien user de ses charmes, Jessica prend un malin plaisir, tout à fait gratuit, à faire tourner Malcolm en bourrique, et à faire ce qu’elle veut de lui, en lui soufflant le chaud et le froid en permanence. Elle parvient carrément à le faire rompre avec une petite-amie du moment (la fausse idiote) en lui faisant miroiter de faux espoirs (7.06).

La série semble prendre un malin plaisir à démontrer que l’intelligence du QI n’est pas celle du QE ; en tout cas pas chez Malcolm, qui perd tout discernement, toute contenance et parfois tout principe, dès qu’il y a une jolie blonde dans les parages !

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Reese, un imbécile ?

Justin Berfield (Reese) dans "Le bon copain" (saison 4, épisode 14). © Twentieth Century Fox Film Corporation
Du début à la fin de la série, Reese a changé, certes, mais une chose est belle et bien restée intacte au fil des années écoulées : son imbécillité ! Beaucoup s’accordent en effet sur ce point. Cette réflexion s’avère totalement légitime, puisque Reese est immédiatement associé à son caractère crétin. On peut citer un grand nombre d’épisodes où son absence d’intelligence est mise en avant à tel point que le personnage en devient caricatural, à l’image de l’épisode 4.04 – « Sois belle et tais-toi ». Cependant, Reese peut parfois s’avérer être brillant, comme dans l’épisode 5.19 – « Formules magiques » où il arrive à concevoir un nouvel enzyme alors que Malcolm et Stevie n’y parviennent pas. Alors, Reese : débile assumé ou génie incompris ? On tente d’y voir plus clair !

Reese : l’imbécile heureux ?

Une réalité s’impose d’abord : Reese est sans conteste le moins intelligent de la famille. Et c’est bien ce que la série veut nous montrer dans grand nombre d’épisodes. Son imbécillité chronique pousse Malcolm et Dewey à le manipuler régulièrement, même si Reese est considéré comme supérieur à ses frères par son attitude de caïd. En effet, dans l’épisode 4.15 – « Le grand déballage », les deux plus jeunes frères n’ont aucun mal a faire croire à Reese que les extra-terrestres ont débarqué dans la rue ! Et dans le même épisode, c’est Reese, par ignorance et bêtise, qui met en pièces un vieil ordinateur de 1300 dollars. Sa mère Lois le lui fait même remarquer :

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Justin Berfield (Reese) dans « Le grand méchant Reese » (saison 2, épisode 10).

« Tu es idiot au point de foutre en l’air 1300 dollars dont notre famille a désespérément besoin, crétin ! »

Lois, à Reese, dans l’épisode « Le grand déballage »

Certaines idées que Reese croit bonnes peuvent s’avérer être plus que mauvaises, comme le montre l’épisode 4.09 – « Grand-mère attaque » où Reese entreprend secrètement d’acheter une piscine alors que les finances de la famille sont dans le rouge et qu’Ida leur fait un procès, pour ne pas arranger les choses !

La sottise de Reese se ressent bien évidemment aussi face au travail scolaire : il n’étudie jamais, et ne cesse de multiplier les bévues. Ce comportement le conduit à être menacé de rejoindre une classe de remise à niveau, plus communément surnommée « classe des débiles ».

Il faut aussi noter que le comportement de Reese envers les personnes qui l’entourent est parfois… pour le moins étrange. Reese a ainsi du mal à s’intégrer n’ayant pas autant de capacités intellectuelles que la plupart des gens qu’il côtoie, et il semble clair que son manque d’intelligence est à l’origine de son « exclusion » de la société.

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Justin Berfield (Reese) dans « Pom pom boy » (saison 1, épisode 12).

L’exemple le plus parlant est sans doute celui de Reese et de ses relations avec les filles : il est très dur pour lui de comprendre et de mettre en pratique l’art de la séduction. Dans 1.12 – « Pom-Pom Boy », il a bien du mal a conquérir une fille, Wendy, ce qui paraît normal puisque selon lui, embêter et exaspérer une personne est le meilleur moyen pour lui faire comprendre son amour !

Durant la quatrième saison, Reese a enfin une petite amie avec qui il reste le temps de quelques épisodes. Toutefois, cette Alison, est dotée d’une intelligence elle aussi très limitée, semblable à celle de Reese. Il en va de même dans 7.11 – « L’épreuve de force » avec Raduca, cette jeune fille des pays de l’Est avec qui Reese va faire un mariage express… avant que celle-ci couche avec un autre homme.

Derrière cette façade, un jeune homme rusé ?

Ce manque d’intelligence si criant peut-il s’expliquer par le statut social que Reese veut s’auto-attribuer ? C’est vrai, le jeune homme fait tout pour être le caïd de l’école, contrôler tout ce qui s’y passe, et se faire craindre de tous, y compris de ses professeurs. Cette attitude se retrouve même chez lui, où il fait tout pour exercer une réelle autorité sur ses frères, étant l’aîné dans la famille, depuis le départ de Francis en Alabama. Mais ce contrôle perpétuel sur son entourage ne ferait-il pas de lui une personne manipulatrice, et par conséquent intelligente ?

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Justin Berfield (Reese) et Ellis Williams (patient) dans « Le grand méchant Reese » (saison 2, épisode 10).

Ce qui est sûr, c’est que Reese peut se montrer plus intelligent, et même compréhensif et ouvert au monde, comme en témoigne l’épisode 2.10 -« Le grand méchant Reese » où celui-ci se libère de son rôle de tyran au profit d’activités telles que la lecture, ou même les œuvres caritatives. Mais le fait est que Reese ne serait pas un personnage aussi intéressant s’il était un bon garçon. Durant le temps d’un épisode, on peut néanmoins le voir sous un autre angle, et même arriver à s’apitoyer sur son sort et voir sa détresse intérieure : il se sent inférieur de par sa sottise, et supérieur de par son physique.
Cet entêtement à vouloir être supérieur aux autres pourrait expliquer son échec scolaire, tout comme son manque de bienséance envers les règles extérieures pourrait s’expliquer par son manque de contact social. Eh oui, car même si on pourrait le croire populaire, Reese n’a pas de copains, ou du moins pas de vrais amis, et c’est ce qu’on peut clairement voir dans un épisode de la quatrième saison où Reese est maintenant au lycée, et où son pouvoir sur les autres ne fait plus effet. Malcolm ne se gène d’ailleurs pas pour lui faire remarquer !

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Bryan Cranston (Hal), Jane Kaczmarek (Lois), Erik Per Sullivan (Dewey) et Justin Berfield (Reese) dans « Reese aux fourneaux » (saison 2, épisode 18).

Toutefois, Reese a des dons que d’autres, même Malcolm, n’ont pas. En premier lieu, c’est à son aptitude exceptionnelle pour la cuisine que l’on pense ! En effet, c’est dans l’épisode 2.18 – « Reese aux fourneaux » que Reese se révèle être un excellent cordon bleu lors d’un cours de cuisine forcé. Depuis, on a pu le voir prendre en charge les repas de la famille pour de grandes occasions. Mais on peut aussi citer l’épisode 3.13 – « Le fou du volant » où Reese fait tout son possible pour se contrôler et ne pas se faire punir en vue de passer son permis de conduire. Et il y arrive ! Malheureusement, comme à son habitude, et bien qu’il sache parfaitement conduire, Reese se rattrape et redevient lui-même en commettant plusieurs infractions, dont vol de voiture et séquestration !

Autre hypothèse : et si Reese ne se stimulait pas intellectuellement délibérément par pure opposition avec sa mère ? En effet, Reese et ses frères n’arrivent pas à accepter l’autorité de Lois et à lui obéir, alors qu’elle en impose pourtant pas mal !
Ainsi, un des moyens de Reese de contester l’autorité de sa mère consisterait ainsi à ne jamais travailler, tandis que Malcolm se sert de son génie et que Dewey semble être très malin.
Mais cette absence de travail qui s’étale sur toute la scolarité du jeune homme se transforme en graves lacunes quand il est question de réfléchir. Même la culture générale manque cruellement à Reese, comme dans l’épisode 4.09 – « Grand-mère attaque », où Malcolm profite de l’absence de connaissance de Reese sur les bandes dessinées (Snoopy, Charlie Brown) pour faire de mauvaises blagues à son frère.

On a donc pu voir que Reese se comporte la plupart du temps comme un sombre idiot totalement dénué de réflexion, ce qui en fait un personnage certes caricatural mais amusant dans la trame de l’histoire. Cependant, on peut penser que tout ceci est une carapace et surtout un moyen pour lui d’exister aux yeux des autres. Reese ne serait-il pas beaucoup plus malin qu’il en a l’air ?

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Francis, le routard

Blair Wingo (Amaani) et Christopher Masterson (Francis) dans "Joyeux anniversaire Lois" (saison 2, épisode 3). © Twentieth Century Fox Film Corporation
Véritable électron libre, Francis, 16 ans, ne vit déjà plus à la maison lorsque la série débute. Au cours des sept saisons, son parcours et son tempérament vont le conduire dans divers lieux, où il s’installera plus ou moins longtemps. À chaque étape, le destin placera sur sa route des personnages et des situations hors du commun.

L’école militaire

Christopher Masterson (Francis) dans « Thérapie » (saison 2, épisode 8).

Dès le premier épisode, le décor est planté : Francis, l’aîné des quatre garçons, ne vit pas à la maison mais en internat dans une école militaire d’Alabama, où il a atterri suite à des écarts de comportement répétés. Les storylines de Francis à la Marlin Academy ne vont pas tellement se concentrer sur son travail scolaire puisqu’à aucun moment on ne le voit en classe. Non, l’école militaire pour Francis c’est plus un immense terrain de jeu : après tout, quand on est prisonnier on s’occupe comme on peut ! Francis passe donc le plus clair de son temps à imaginer et mettre en place des moyens de rompre la morosité de l’école et de défier l’autorité du Commandant Spangler, un ancien militaire sadique qui dirige ses cadets d’une main (ou plutôt d’un crochet) de fer.

Au cours des deux premières saisons, il est à noter que Francis est régulièrement en contact avec sa famille au téléphone puisqu’on le voit tour à tour conseiller ses frères pour tenir tête à leur mère (1.02), se plaindre de n’être pas tenu au courant des évènements importants concernant la famille (1.11), demander de l’aide à la fratrie pour dissimuler un courrier compromettant (1.15), supplier Lois de l’aider à rentrer à la maison le jour de son anniversaire (2.10), forcer son père à lui fournir un alibi (2.12), ou encore aider à distance ses parents ainsi que les Kenarban à retrouver la trace des enfants partis sans autorisation (2.23). Francis fait aussi quelques apparitions en personne à la maison, souvent tiraillé entre ses obligations en tant que membre de la famille et les opportunités de sortir faire la fête, l’épisode 2.03 – « Joyeux anniversaire Loïs » en est d’ailleurs la meilleure illustration.

Mais le Francis du début de la série est toutefois indissociable de la Marlin Academy. Très à l’aise en fauteur de trouble, il gagne l’admiration de certains cadets et s’impose parfois comme leader, notamment lors de la grève de la faim qu’il lance au cours de l’épisode 2.17 – « Urgences ». Parmi les cadets figure Eric Hansen, qui va jouer un rôle important dans la décision de Francis quant à son avenir.

Le camp de bûcherons

Christopher Masterson (Francis), dans « Sexy Lois » (saison 3, épisode 10).

En effet, c’est Eric qui le premier, quitte l’école militaire pour aller travailler en Alaska (épisode 3.01 – « Tout le monde sur le pont »). Alléché par ce qu’il croit être un nouvel eldorado, Francis se met en tête d’imiter son camarade, mais c’est sans compter sur le « non » catégorique de Lois, qui refuse que son fils aîné, toujours mineur, mette fin à ses études. Francis montre alors qu’il ne recule devant rien pour arriver à ses fins, à l’aide d’un avocat peu regardant sur l’authenticité des éléments du dossier (puisque Francis imite devant lui la signature de ses parents !), le jeune homme se fait émanciper.

Au terme d’un voyage mouvementé étalé sur plusieurs épisodes, Francis arrive enfin en Alaska, dans l’épisode 3.05 – « Bonnes œuvres », et le moins que l’on puisse dire c’est que le camp de bûcherons n’a rien d’un paradis ! Le ton est donné dès le premier jour : Francis rencontre sa patronne Lavernia, une femme tyrannique qui exploite ses employés, et retrouve son ami Eric anéanti par ses premières semaines de travail. Leurs deux camarades de chambrée, Pete et Artie (qui n’apparaît que dans l’épisode suivant) sont des personnages récurrents de la saison 3. Une nouvelle fois, un rapport de force s’établit entre Francis et une forme d’autorité. Le jeune homme se montrera par moments vulnérable et impuissant face à la méchanceté de Lavernia, tandis qu’à l’école militaire, il se sortait régulièrement des situations délicates en faisant parfois tourner en bourrique le Commandant. Mais durant son séjour en Alaska, Francis fait une autre rencontre marquante, celle d’une jeune femme qui va alors apparaître à ses cotés jusqu’à la fin de la série. Vous l’avez deviné, il s’agit de Piama Tananahaakna, une ravissante inuit, qui devient Mme Francis quelques jours seulement après leur rencontre. Le téléspectateur n’a d’ailleurs pas le temps de la découvrir puisque l’on apprend le mariage du couple dès la première apparition de Piama, dans l’épisode 3.15 – « La grosse surprise » au cours duquel Francis est exceptionnellement présent au domicile de la famille.

Les choses s’accélèrent pour les jeunes mariés au cours de l’épisode 3.22 – « Héros malgré lui ». D’une part le camp de bûcherons ferme, laissant tous ses employés sans travail. Et d’autre part, le conseil de la tribu ordonne que la maison de Piama (que Francis avait rejointe suite à leur mariage) soit rasée. Piama, d’abord plus que réticente à quitter l’Alaska, finit par se faire une raison, et l’indemnisation que reçoit le couple leur permet de prendre un nouveau départ.

Le ranch Grotto

Christopher Masterson (Francis) dans « Les mystères de l’Ouest » (saison 4, épisode 8).

Lors du premier épisode de la saison 4, nous retrouvons Piama et Francis sur la route qui devait les mener Dieu sait où et plutôt en mauvaise posture : leur voiture est en panne et les finances au plus bas. On pense que la galère recommence pour Francis. Arrive alors un excentrique couple de fermiers d’origine germanique : Gretchen et Otto Mannkusser, propriétaires d’un ranch-auberge situé à quelques pas de la station-service où a lieu la rencontre. Après seulement quelques secondes de discussion, Otto engage Francis comme régisseur du ranch !

Les deux années qui suivent verront apparaître un Francis plus responsable, moins « tête brûlée », même si certaines de ses attitudes nous rappelleront régulièrement que le jeune rebelle de l’école militaire n’a pas dit son dernier mot comme on le voit dans l’épisode 4.08 – « Les mystères de l’ouest » lorsque le Francis d’Alabama prend inconsciemment le dessus sur le nouveau dès qu’on lui tend un briquet en face d’une mèche de fusée. D’une manière générale, Francis semble vivre une période légitime de transition entre l’adolescence et l’âge adulte. C’est ainsi qu’on le voit tantôt aider Otto à extérioriser la rancœur qu’il éprouve à l’égard de son fils, tantôt poser nu, officiellement par amour de l’art alors que son intérêt est bien plus matériel.

Lors des deux derniers épisodes de la saison 5, Francis se trouve à la maison, au cours d’une période difficile pour toute la famille. Les choses s’étant arrangées, alors que la saison 6 s’apprête à démarrer, on pense le retrouver au ranch ou bien lancé dans de nouvelles aventures…

Francis intermittent

Christopher Masterson (Francis) et Erik Per Sullivan (Dewey) dans « La force de l’engagement » (saison 7, épisode 12).

Mais au cours des deux dernières saisons de la série, Francis est souvent absent et ses storylines sont toujours liées à celles de sa famille, contrairement à la majorité des épisodes précédents, dans lesquels il faisait l’objet d’une storyline à part entière. Dans l’épisode 6.06 – « L’étrange Noël de Monsieur Hal », on apprend que Francis a perdu son travail au ranch pour faute grave. Les quelques apparitions de Francis dans la saison 6 ne nous apprendront que peu de choses sur sa nouvelle vie, et ce n’est que lors de l’épisode 7.12 – « La force de l’engagement » que nous découvrons son home sweet home : un appartement de banlieue très modestement équipé, comme un symbole du train de vie de Francis, au chômage et plus ou moins en dehors des sentiers battus de la société.

Le comble : dans l’épisode 7.15 – « Tous coupables ! », on découvre que Francis assiste aux réunions des Alcooliques Anonymes bien que n’ayant pas de problème avec la boisson ! Hanté par son passé, il y voit juste une façon de parler de sa mère, et de conforter son opinion selon laquelle Lois est responsable de tous les problèmes qu’il a rencontrés dans le passé, et qui l’ont amené à sa situation présente. Ce n’est que lors du dernier épisode de la série que l’éternel voyageur apparaît enfin à l’aise et dans une situation stable : heureux en couple comme professionnellement, il vit avec Piama dans ce qui semble être un ravissant intérieur.

Après 7 années de pérégrinations aux quatre coins de l’Amérique, Francis s’est désormais posé. Jusqu’à quand ?