Dossiers

Malcolm vs. Ma famille d’abord : le match

Les acteurs de "Malcolm" et "Ma famille d'abord" (photomontage). © DR
C’est devenu un véritable marronnier sur les réseaux sociaux ces dernières années. Régulièrement, les internautes sont invités à indiquer leur préférence entre deux sitcoms : Malcolm et Ma famille d’abord. Un débat loin d’être occulte, puisqu’il passionne assez pour faire caracoler à chaque fois les deux séries en top tweet. Mais pourquoi opposer ces séries en particulier ? Quelles sont leurs points communs ? Leurs différences ? Et pouvons-nous enfin les départager ?

Les forces en présence

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En haut, le logo de Malcolm en version originale. En bas, celui de Ma famille d’abord.

Avant toute chose, comme pour tout duel qui se respecte, un petit point sur les forces en présence.

À notre gauche, Malcolm (Malcolm in the middle, en VO), série sitcom créée par Linwood Boomer, comptant 151 épisodes de 22 minutes répartis sur 7 saisons. Diffusée initialement sur la chaine américaine FOX, entre janvier 2000 et mai 2006. Diffusée pour la première fois en France en décembre 2001, d’abord par M6, puis multi-rediffusée tout au long de ces dernières années par les chaines du groupe (W9 & 6ter).

À notre droite, Ma famille d’abord (My wife and kids, en VO), série sitcom crée par Damon Wayans (qui y interprète aussi le rôle principal du père, Michael Kyle), comptant 123 épisodes de 22 minutes répartis sur 5 saisons. Diffusée initialement sur la chaine américaine ABC, entre mars 2001 et mai 2005. Diffusée pour la première fois en France en 2003, d’abord sur M6, puis multi-rediffusée tout au long de ces dernières années par les chaines du groupe (W9 & 6ter).

Tant et si peu en commun

Ainsi présentées, les deux séries pourraient effectivement apparaître comme plus ou moins jumelles ou cousines. Mais pour autant, pas plus qu’avec toutes les séries de type sitcom tournant autour d’une famille excentrique dont le groupe M6 a toujours fait une de ses spécialités.

Serait-ce alors la présence conjointe d’un père immature, d’une mère au bord de la crise de nerfs, d’un fils complètement idiot et d’un petit dernier mignon qui suffirait à rendre les séries rivales et si comparable aux yeux de leur public ? Cela tiendrait à peu de choses, et essentiellement à une typologie de personnages somme toute « classique », que seul un traitement original peut distinguer.

Les différences entre les deux séries ? Tout le reste ! Elles n’ont, en réalité, pas grand-chose en commun, au point que les comparer n’a pas vraiment de sens, et s’avère injuste aussi bien pour l’une que pour l’autre.

Décalage social

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Des styles de vie bien différents : la maison de Malcolm (à gauche) et celle de Ma famille d’abord (à droite).

L’une des différences les plus flagrantes et ayant une influence déterminante sur l’ensemble de leurs intrigues, c’est le niveau social des personnages.

Dans Ma famille d’abord, nous sommes en présence d’une famille d’afro-américains plutôt aisée, de classe moyenne haute : la maison est grande, spacieuse, cosy, correctement équipée, bien entretenue, le père est chef de son entreprise, les enfants ne manquent de rien. On ne fait pas forcément attention à ce détail, car beaucoup de sitcoms familiales ont pris le partie d’installer confortablement leurs protagonistes sans toutefois trop d’ostentation, ce qui a pour effet de simplement faire négliger ce détail aux spectateurs. On est là pour rigoler, et rien de « trop riche » ou « trop pauvre » ne doit ramener la série à des considérations trop sociales, même si bien sûr, les questions de budget ou d’argent sont régulièrement au centre des intrigues. Dans Ma famille d’abord, il y a assez d’argent pour qu’il n’y ait pas trop à y penser.

Malcolm est la première sitcom à avoir, à ce point, mis la pauvreté de la famille en avant. Il s’agit d’un aspect qui va peser sur le destin des personnages tout au long des 7 saisons, qui ne les verra jamais évoluer socialement ou devenir riches : de l’épisode où Lois sert le fameux « gratin de reste » (3.10) à celui où elle a cuisiné un opossum mort trouvé sur la route (6.13), la dèche est une réalité quotidienne. Lois reste caissière dans le supermarché Lucky Aide tout du long, elle ne monte jamais en grade et s’en fait même virer quelques fois. Hal est employé de bureau, relégué près des toilettes, et servira même de bouc-émissaire à son entreprise dans la tourmente. Les enfants doivent tout partager, se refiler leurs vêtements, dormir dans la même chambre ou le même lit, et travailler dès que possible pour compléter les revenus de la famille. On est loin de la vie de pachas ou d’enfants gâtés !

La pauvreté, l’humilité de la condition sociale, les notions de manque et de sacrifices, seront au centre des intrigues jusqu’au tout dernier épisode où Lois révèle à Malcolm sa destinée de future Président des États-Unis issu d’une classe populaire et ayant dû galérer pour en venir aux plus hautes fonctions, se faisant ainsi véritable représentant des plus défavorisés (7.22). Tout en en faisant un véritable ressort humoristique, la série ne manquera jamais de faire passer quelques messages sur la société américaine et plus généralement sur la nature humaine. Ainsi, elle s’illustre plus d’une fois dans le genre très ancien et hautement acrobatique de la satire.

Comique de caractères : le match des personnages

L’humour, c’est aussi le comique de caractère, celui des personnages (characters, en anglais), qui sont l’âme de leur série. Malcolm et Ma famille d’abord mettent en scène deux familles qui ont quelques similitude dans leur structure et les quelques personnalités qui les composent. Livrons-nous à un petit match amical en quelques rounds passant en revue quelques un des principaux personnages.

Round 1 – Match des pères : Hal vs. Michael

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Deux pères immatures : Bryan Cranston (Hal) à gauche, et Damon Wyans (Michael) à droite.

Dans Ma famille d’abord, la figure du père, Michael Kyle, est d’entrée présentée comme la principale et fait reposer l’essentiel des situations et de l’humour sur lui. Damon Wyans, créateur, auteur, producteur exécutif, et acteur, porte la série sur ses épaules. C’est son show. Il a une présence remarquable. Dans Malcolm, Hal est d’abord un personnage plus en retrait, dans l’ombre de sa femme, et a fini par prendre de plus en plus d’ampleur jusqu’à devenir la véritable star de la série pour beaucoup. Les deux pères ont en commun une certaine immaturité, espèce d’éternels adolescents, et toutefois une volonté ferme de transmettre des valeurs à leurs enfants, quitte à le faire maladroitement. Si tous deux ont une tendance aux lubies, c’est de façon écrasante que Hal l’emporte dans le nombre comme dans la fantaisie de ces dernières. Michael Kyle est beaucoup moins démissionnaire, et de nombreuses intrigues parmi les plus drôles reposent justement sur la façon dont il va donner une leçon de vie à un de ses enfants en leur jouant un tour. Ses confrontations avec son benêt de fils ainé, Junior, sont parmi les moments les plus incontournables de la série. Des leçons souvent données avec une certaine clownerie assumée, puisque Michael est un père « beau gosse » et extraverti qui fait le show en permanence. Sa drôlerie et son charisme sont certains, et son art de faire tourner sa famille en bourriques, tout à fait jubilatoire. L’amour et l’affection ne sont jamais oubliés pour la petite pause tendresse, autre figure imposée de la sitcom traditionnelle (La Fête à la maison (Full House, en VO) était championne de cette catégorie). Hal est un personnage plus fantasque, rêveur et vulnérable, qui noie son ennuie dans des passions éphémères et improbables. Le point commun le plus net des deux personnages, c’est leur amour passionnel pour leurs épouses, avec qui ils entretiennent une relation torride mêlée de complicité et de crainte. L’aspect dominant/dominé est toutefois largement plus appuyé dans Malcolm, évidemment, où Lois règne sans partage sur la famille où Hal est un peu le petit dernier.

Round 2 – Match des mères : Lois vs. Janet

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Deux mères caractérielles : Jane Kaczmarek (Lois) à gauche, et Tisha Campbell-Martin (Janet) à droite.

Lois et Janet héritent toutes les deux du rôle de la mère caractérielle, souvent au bord de la crise de nerf, qui doit à la fois gérer ses enfants et son grand adolescent de mari. Si Janet se montre plus volontiers bonne cliente des pitreries de Michael et affiche elle-même un côté grande adolescente (c’est un couple assez jeune, qui sont devenus parents précocement, cette dynamique plus « juvénile » crée une autre forme de complicité entre eux, une immaturité parfois partagée), Lois est en revanche une véritable matrone et matriarche qui mène sa famille à la baguette. Contrairement à Janet, elle est initialement présentée comme la cheffe de famille, et elle le restera jusqu’au bout, même si le personnage de Hal ne va pas cesser de prendre de l’ampleur et de conquérir le public. Les deux femmes n’en sont pas moins des amoureuses, sensibles aux petites intentions, et gourmandes d’affection (ou gourmande, tout court, pour Janet dont le surpoids et l’appétit sont un sujet de plaisanterie régulier). Souvent obligées d’endosser le rôle du mauvais flic, celle des deux qui s’y illustre avec le plus radicalité et de génie est clairement Lois.

Round 3 – Match des idiots : Reese vs. Junior

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Deux ados idiots : Justin Berfield (Reese) à gauche, et George O. Gore II (Junior) à droite.

Les deux familles ont chacune leur idiot de service parmi les enfants. Dans Malcolm, c’est évidemment Reese. Dans Ma famille d’abord, c’est le fils ainé, Junior, souvent moqué par son père pour son énorme tête chauve pourtant bien vide. Si Junior est juste bête et particulièrement paresseux, il n’est pas quelqu’un de violent ou de sadique comme peut l’être Reese. Pour autant, il n’a pas non plus d’aussi forts moments de vulnérabilité et de bonté que le frère de Malcolm, quand il fait tomber son armure de brute. Reese s’avère, de plus, être un génie dans un domaine bien particulier : la cuisine ! Et même dans ses bêtises, le cœur et la créativité qu’il y met touchent à l’artistique, métaphore souvent filée tout au long de la série. Cela en fait un personnage plus complexe, attachant et nuancé que Junior. Haut fait à ajouter à la gloire du fils de Michael Kyle, toutefois : lui aussi, comme Reese, va se marier très jeune et vivre dans le garage de la famille avec sa jeune épouse : mais pour le coup, pas de « période d’essai » ou de sombre histoire de carte verte. Une vraie histoire d’amour, et même la naissance d’un enfant ! Sacré Junior, on ne l’a pas vu venir, avec son air bête !

Round 4 – Match des petits derniers : Dewey vs. Kadie

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Deux petits malins : Erik Per Sullivan (Dewey) à gauche, et Parker McKenna Posey (Kady) à droite.

Dans toutes les familles de plus d’un enfant, il faut bien un petit dernier. Chez Malcolm, c’est Dewey. Chez les Kyle, c’est Kady. Un garçon et une fille qui ont pour point commun leur mignonnerie, capable d’attendrir n’importe qui, et pouvant toutefois cacher une certaine mesquinerie. Certes, Kady n’a pas son équivalent du célébrissime « Poupipoupi », et elle n’atteint pas les degrés de machiavélisme de Dewey quand il use de son intelligence pour se venger des sévices qu’il endure. Le petit garçon est effectivement beaucoup plus malmené et plus à plaindre : battu par ses frères, souvent exclus, négligé par ses parents. Dewey s’avère être un génie de la musique, talent où tente (bien vainement) d’exceller Kady, mais que seul son amoureux transi, Franklin, qui la coach, sait apprécier. Contrairement à Dewey que l’on va voir grandir sur 7 saisons, jusqu’à environ ses 12 ans, révélant ainsi d’autres facettes plus touchantes, profondes et matures du personnage, Kady, en seulement 5 saisons, restera toujours une petite fille. Ses scènes les plus craquantes, elle les aura avec Franklin, qui est… une tête d’ampoule !

Round 5 – Match des intellos : Malcolm vs. Franklin

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Deux intellos : Frankie Muniz (Malcolm) à gauche, et Noah Gray-Cabey (Franklin) à droite.

Et oui, même Ma famille d’abord a son petit génie ! Franklin Aloyisious Mumford (le nom est déjà tout un programme !) apparaît pour la première fois dans l’épisode 3.11 de la série, assez tardivement donc, mais cela aura suffi pour en faire immédiatement un personnage incontournable et culte. Peut-être le meilleur du show, et un des personnages d’enfants les plus drôles et attachants créés pour une série. Franklin est un petit garçon tout chétif à la langue bien pendu et au langage des plus châtier. Le gag autour de son personnage consiste à en faire un improbable surdoué ayant déjà tout vu, tout vécu, tout appris et tout enseigné à seulement 7 ans. Au gré des épisodes, les scénaristes prennent un malin plaisir à ajouter des lignes à son CV universitaire et artistique. Titulaire de multiples thèses dans différentes disciplines, ayant enseigné dans les plus grandes université, prodige du piano, polyglotte, éminent latiniste, pratiquant un humour pédant qui ne fait rire que lui, c’est le personnage le plus absurde et le plus hilarant de la série. Mais plus encore qu’un génie, le petit garçon est avant tout un romantique et un amoureux transi, de Kadi, qu’il courtise en véritable gentleman cédant à tous ses caprices, et la couvrant de compliments outranciers et autres mots doux surannés. Même (et tout particulièrement) quand la petite fille fait une chose peu remarquable, Franklin ne manque jamais de s’exclamer : « N’est-elle pas grandiose ? », un de ses célèbres gimmicks avec « Enfin… bref ! » (« Anyhoo ! »), achevant la plupart de ses tirades bavardes et sophistiquées. Plus encore qu’avec Kady, les scènes les plus hilarantes et « grandiooooses » de Franklin seront ses dialogues avec son « beau-père », Michael. Dans une complicité qui crève l’écran, les deux personnages vont devenir, au cours des deux dernières saisons, un véritable duo comique tenant quasiment du spin-off. Alors, là, peut-être devons-nous nous résigner à déclarer Malcolm vaincu à plates coutures ! Plus intelligent, aussi bien artiste que savant, plus romantique et plus mignon, Franklin l’emporte haut la main ! Mais notre tête d’ampoule a un atout de poids : tout une bande de ses semblables ! LloydDabneyKevin, and bien sûr Stevie, son meilleur ami, sont autant de profiles d’intellos qui contribuent à faire de Malcolm la véritable série des petits génies.

La différence fondamentale du format : un gouffre qualitatif

En fait, la différence principale entre les deux séries tient en un détail qui n’en est pas du tout un : Ma famille d’abord est une série enregistrée en studio, en présence d’un public, dans les conditions d’une sitcom traditionnelle, d’où la présence de rires ponctuant les multiples pontes humoristiques. Malcolm est une série tournée en extérieurs, sans public, et dépourvue de rires enregistrés. Ce point technique a un impact considérable sur le contenu des deux séries, à tous les aspects, et crée un véritable gouffre qualitatif entre elles.

Les conditions de tournage de Malcolm, les méthodes de production et de post-production adoptées, en font une série beaucoup plus ambitieuse, libre et créative dans sa réalisation, son montage et donc son rythme, la variété et l’authenticité des décors (plusieurs décors de la « vraie vie », des lieux de tournage réels, à commencer par les extérieurs de la maison), la variété des personnages et des situations. On peut même finir sur l’incroyable palette musicale de sa bande-originale, véritable juke-box rempli de tubes accompagnant des moments cultes, et qui ont d’ailleurs été pendant longtemps l’obstacle à la distribution en DVD pour des raisons de droits.

Le tout confère à Malcolm une très nette supériorité que l’on pourrait qualifier d’objective, car technique et démontrable. Indépendamment des goûts et des préférences qui ne se discutent pas, la série créée par Linwood Boomer joue simplement dans une autre catégorie.

La cavale en voiture de Reese sur du Sum 41 (3.13), la spectaculaire explosion du Komodo 3000 (4.08), la plongée de la voiture de golf dans la piscine (4.03), les aventures de Francis aux quatre coins du pays, le running gag de Bernard le hamster parcourant le pays dans sa sphère orange dans la saison 3, des effets de réalisations comme les ralentis mythiques (celui du combat contre les clowns (2.03), entre autres), la séquence des Lego avec Godzilla-Lois (2.09), la vue subjective d’une fourmis dans la maison (4.16), le duel de voiture de Lois avec une autre automobiliste dans une surenchère de carambolages (6.06), les diverses séquences oniriques explorant les rêves et les fantasmes absurdes des personnages, l’épisode comédie musicale (6.11), les tribulations de Reese dans l’armée et jusqu’en Afghanistan (5.215.22 & 6.01), le séjour au festival de Burning Man (7.01), l’improbable poursuite en voiture de Hal contre une abeille rancunière (7.05), et tant d’autres séquences devenues cultes sont autant de démonstration de l’inventivité loufoque et débridée de la série, qui ne s’interdit pas grand-chose pour nous surprendre et nous faire rire.

Si Ma famille d’abord se permet quelques escapades dans des décors extérieurs à la maison, c’est toujours dans les limites de ce que permettent ses conditions d’enregistrement plus contraignantes. Les épisodes sans doute les plus ambitieux resteront ceux du séjour de la famille Kyle dans un grand palace à Hawaï (épisodes 3.01 & 3.02). Quant à la réalisation et au montage, là encore, ils restent dans les clous d’une sitcom classique, elles ne peuvent s’aventurer dans des effets de style ou autres fantaisies demandant plus de budget et d’ambition.

Écriture et nuances d’humour

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Deux familles loufoques : celle de « Malcolm » (à gauche) et celle de « Ma famille d’abord » (à droite).

La démonstration de force et de créativité technique, c’est une chose. Mais qu’en est-il du nerf commun des ces deux séries : l’humour et la comédie ?

Il est beaucoup plus délicat de distribuer les points dès lors qu’il s’agit d’une chose aussi subjective et culturelle que l’humour. Chacun peut avoir ses bonnes raisons de considérer que l’une ou l’autre série est la plus drôle.

Si l’humour peut se manifester par – ou – à l’appui de situations burlesques (dans lesquelles Malcolm s’illustre clairement avec plus de panache et d’inventivité), il s’appuie aussi et surtout sur de bons dialogues. Là encore, l’écriture des deux séries est fondamentalement différente de par leur format et leurs conditions de production.

Le rythme des pointes d’humour est plus soutenu dans Ma famille d’abord, qui doit assurer son quota d’éclats de rire à la vitesse d’un sniper en stand up. En contrepartie, l’humour s’y fait aussi souvent plus convenue et prévisible, puisque s’inscrivant dans une longue tradition de sitcom familiale tournée en studio.

Hors de ces contraintes, Malcolm improvise son propre rythme, et en l’absence de rires enregistrés livre le spectateur à sa propre appréciation de la scène. Le public ne sera pas là pour lui indiquer la présence d’une saillie humoristique, plus ou moins explicite. Cela en fait une série beaucoup plus subtile et volontiers ironique dans son humour, s’associant à la créativité de plusieurs situations, confinant parfois à la poésie.

En complément de cette subtilité, elle déploie une intelligence qui fait honneur à celle de son petit génie de personnage principal. Nulle part on ne trouve dans Ma famille d’abord (ni ailleurs) une séquence aussi jubilatoirement brillante que la parabole des fourmis improvisée par Dewey pour démontrer la contingence de l’existence humaine et discréditer la notion de Divine Providence (4.22). Malcolm a l’art de mêler le potache des bêtises inventées par les garçons (niveau « tarte à la crème ») à celui des métaphores filées et ressorts sophistiqués qui n’oublient jamais de s’appuyer sur la réalisation et le montage pour renforcer leurs effets. Le fait est que Malcolm prend le parti de mettre en scène de nombreux personnages particulièrement intelligents, chacun à leur manière. Le héros éponyme est loin d’avoir le monopole du génie, si l’on considère celui de Lois, proche de l’omniscience divine, de Dewey manipulateur expert et musicien prodige, ou encore les passes d’armes caustiques du cynique professeur Herkabe avec son meilleur élève.

« Caustique », justement, c’est un registre où s’aventure allègrement Malcolm, faisant par là preuve de plus d’audace et de politiquement incorrect que Ma famille d’abord. La série de Linwood Boomer nous arrose d’humour au vitriol, parfois très noir, et déboulonne quelques tabous au passage. En cela, elle se montre moins « innocente » et « inoffensive » que la plus sage et familiale série d’ABC.

En conclusion

Réalisation, créativité, sophistication de la mise en scène, dynamisme et ingéniosité du montage, multiplicité des intrigues, variété des décors et des situations, richesse de la bande-originale, intelligence des dialogues et large palette d’humour allant du plus potache au plus subtile en passant par l’absurde, nombreux sont les aspects où Malcolml’emporte très nettement sur l’ensemble des sitcoms. La série joue simplement dans une autre catégorie, qui n’appartient quasiment qu’à elle. La comparaison obstinée avec Ma famille d’abord, excellente sitcom et peut-être la meilleure de son genre (c’est un autre débat), apparaît ici injuste et inappropriée. You’re not the boss of me now.

Mais pourquoi opposer des séries si différentes dans leurs ambitions et devoir choisir entre elles, quand nous avons la possibilité de les apprécier toutes les deux pour ce qu’elles sont, et que nous avons la chance de les voir rediffusées aussi régulièrement à la télé ? Aucune raison de se priver !

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Mais où habite Malcolm ?

Justin Berfield (Reese), Erik Per Sullivan (Dewey), Bryan Cranston (Hal) et Frankie Muniz (Malcolm) dans "Le fiancé de grand-mère" (saison 5, épisode 11). © Twentieth Century Fox Film Corporation
Parmi tant d’autres, voici un mystère qui aura intrigué de nombreux fans tout au long des 151 épisodes… Mais où, dans les États-Unis, habitent Malcolm et sa famille de fous ? Si on les voit évoluer quotidiennement dans leur élément, difficile de se faire une idée du lieu précis où ils habitent. Malcolm France mène l’enquête !

Le lieu où se déroule l’action de la série Malcolm n’a jamais été révélé, bien que l’adresse de la rue de la famille puisse être repérée dans l’épisode 4.18 – « Plus on est de fous, moins on rit ! » (Reese’s Party) : 12334 Maple Boulevard.

« Plus on est de fous, moins on rit ! » (saison 4, épisode 18).

En fait, il s’agit d’une volonté du créateur de la série Linwood Boomer qui, comme pour le nom de famille inexistant de ses héros afin ne pas les cataloguer, a préféré ne pas donner de point d’encrage à la famille de Malcolm pour se permettre toutes les folies. Selon le papa de Malcolm :

« Au moment où l’on indique où ils sont, on indique également où ils ne sont pas. Donc on a décidé de ne pas se donner de limites. »

Linwood Boomer

Ainsi, l’endroit où vit Malcolm et sa famille ne semble pas être dépendant du cycle des quatre saisons ! Cependant, il est possible de retrouver au fil des épisodes des indices, volontaires ou non, quant au lieu de villégiature de nos héros.

La Californie, suspect principal

Beaucoup de choses pointent vers la Californie quand il s’agit d’évoquer le lieu de vie de la joyeuse troupe. D’abord, ce lieu ne paraît pas se situer dans un environnement désert. Au contraire, la famille vit au beau milieu d’une banlieue de classe moyenne, bien arborée. Ainsi, on peut supposer que le cadre se situe en banlieue californienne, tant les décors extérieurs ressemblent au paysage californien.
Également, sur toute la durée de la série, on peut voir de nombreux véhicules qui portent des plaques d’immatriculation venant de Californie. Dans l’épisode 5 par exemple, quand Malcolm se fait ramener chez lui par la père de la riche famille et qu’ils arrivent au beau milieu d’une dispute entre Lois et Hal, devant la caravane que la famille occupe temporairement, on peut remarquer que la plaque d’immatriculation de la voiture est californienne. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres !

« À fond la caisse » (saison 1, épisode 10).

Au niveau des lieux extérieurs à la maison, l’école où les enfants sont scolarisés ont l’allure et l’architecture des écoles publiques californiennes, avec des classes dans de plusieurs immeubles séparés, avec au milieu une aire de récréation commune, ce qui change du classique unique immeuble abritant toutes les classes. Comme dit précédemment, la banlieue où habite la famille, et notamment la rue qu’on voit dans plusieurs épisode, a un look très californien. Beaucoup d’autres lieux de tournage en extérieurs désignent la Californie comme l’état, dont beaucoup à l’occasion d’un seul épisode. Par exemple, dans l’épisode 1.10 – « À fond la caisse » (Stock Car Races), quand Hal et les garçons vont voir une course de voiture, l’affiche publicitaire derrière l’entrée montre que l’endroit s’appelle Irwindale Speedway, une piste réelle située en Californie du Sud.

« Le liquidateur » (saison 1, épisode 16).

Dans l’épisode 1.16 – « Le liquidateur » (Water Park (1)), le parc aquatique où part en excursion la famille est situé à Wild Rivers, en… Californie, bien qu’il soit nommé autrement dans la série.
Bien que ces éléments pointent tout droit vers la Californie, il faut avouer que ce n’est pas une surprise : la série y est tournée ! En effet, la vraie maison se situe à Studio City, au 12334 Cantura Street.

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Elle date de 1936 et est occupée par des particuliers : l’équipe devait payer entre 3 000 et 4 000 dollars par jour pour y tourner les scènes d’extérieur. Aujourd’hui, cette maison n’existe plus. Toujours à Studio City, le CBS Studio Center est là où se trouvent les plateaux. Pas étonnant donc que les lieux de tournage extérieurs aient l’air très californiens, et que les plaques d’immatriculations de cet état fassent légion.

Pourquoi pas l’Oklahoma ?

« Le fou du volant » (saison 3, épisode 13).

L’Oklahoma est une autre possibilité. Dans les saisons ultérieures, on peut lire sur des plaques d’immatriculation « Cherokee State », un autre nom pour appeler cet état. Malgré cela, l’apparence de ces plaques est délibérément celle des plaques californienne (police d’écriture des lettres, série alphanumérique sous la forme « 1 XXX 111 »). Dans l’épisode 3.13 – « Le fou du volant » (Reese Drives), on peut voir sur les portières des voitures de police Oklahoma Highway Police. Ces quelques éléments sont pour le moins étranges, puisque l’Oklahoma est un état au beau milieu des États-Unis, bien loin de la Californie. Il semble bien que la production ait pris un malin plaisir à introduire des éléments contradictoires durant les sept années de la série, dont ces plaques d’immatriculations.

Et l’Idaho ?

Et si le salut venait de l’imagination débordante de Dewey ? Dans l’épisode 2.21 – « Malcolm contre Reese » (Malcolm vs. Reese), il est chargé de nourrir le chat de Craig, Caramel. Pendant que le petit garçon respecte scrupuleusement ses recommandations, il entend la voix de Craig dans sa tête qui lui dit :

« Un jour tu seras Président de l’Idaho, et tu seras plus brave encore que si les loups t’avaient élevé. »

Craig Feldspar, dans « Malcolm contre Reese »

Un indice là aussi très mince et qui ne prouve pas grand chose. Mais pourquoi mentionner cet état du nord-ouest des États-Unis en particulier ?

Distorsions spacio-temporelles

Quel que soit l’état où on peut supposer que la famille habite, il a toujours un élément qui le contredit dans la série. Dans un épisode, Hal rend visite à Francis à l’école militaire et en voyant son père, Francis s’exclame :

« Tu as conduit pendant huit heures juste pour me voir ! »Francis

Or, l’école est située en Alabama, donc la famille de Malcolm doit vivre dans un rayon de huit heures de voiture d’Alabama. La Floride, elle au sud-est des États-Unis pourrait donc être retenue.
Dans l’épisode 4.18 – « Plus on est de fous, moins on rit ! » (Reese’s Party), par contre, Reese est envoyé à Whitehorse, une ville du Canada capitale du territoire de Yukon, en faisant un trajet de bus d’au moins 52 heures, comme l’indique Malcolm :

« Reese, réfléchis-y. Ca prend 26 heures pour aller au Canada, et 26 heures pour en revenir. Ton sac est rempli de nourriture et personne n’a appelé grand-mère ! »

Malcolm, dans « Plus on est de fous, moins on rit ! »

Seul l’Alaska est à 26 heures de Whitehorse pour un trajet en quatre roues. Soit une nouvelle possibilité… si Francis n’avait pas était envoyé en Alaska, loin de sa famille ! Dans l’épisode 4.03, on dit même que l’Alaska est à 5 000 miles (soit 8 000 km) de la maison familiale, alors que dans l’épisode 1.08 – « Panique au pique-nique » (Krelboyne Picnic), Francis dit : « Je suis donc toujours un membre de la famille même après que vous m’avez envoyé en école militaire à 1 000 miles d’ici. »

Dans le dernier épisode, 7.22 – « Malcolm président » (Graduation), Malcolm déclare que Harvard est à 2 000 miles de chez lui. En triangulant avec cette distance, on peut placer la famille quelque part au beau milieu du Texas de l’Ouest.

Objets suspects

Dans plusieurs épisodes, des objets divers à l’effigie de l’école de football américain des New York Jets sont repérables dans le salon et dans la chambre des enfants. Pourquoi être fan d’une équipe de sport si on n’a aucun lien avec elle, alors ?
Dans l’épisode 1.12 – « Pom pom boy » (Cheerleader), sur un bureau de la chambre des garçons, on peut voir un mug In-N-Out Burger. Puisque cette chaîne est actuellement située dans seulement trois états, à savoir la Californie, le Nevada et l’Arizona, il est probable que la série s’y tienne. Une explication serait qu’ils ont voyagé dans un de ces état et y ont eu ce mug.
Dans les deux cas proposés, l’explication la plus rationnelle est toute simple : ces objets ont vraisemblablement été ajoutés par des membres de l’équipe, à l’instar des dessins sur le frigo.

Une histoire de « PD »

« Confessions intimes » (saison 3, épisode 14).

Dans l’épisode 3.14 – « Confessions intimes » (Cynthia’s Back), Hal révèle à Dewey d’où vient sa peur des cerf-volants et on assiste à un flash-back de l’enfance de Hal où il s’écrase sur une enseigne montrant un code municipal et l’abréviation RAPD. Ici, « PD » se réfère à « Park District », mais le « RA », censé représenter une ville ou une région, reste inexpliqué.

« Héros malgré lui » (saison 3, épisode 22).

Aussi, dans l’épisode 3.22 – « Héros malgré lui » (Monkey), un policier dit à Reese que s’il y avait plus d’enfants comme lui, le quartier serait plus sûr. Fier de cela, Reese déniche quelque part une casquette avec les initiales MPD brodées dessus et va faire des rondes dans le quartier. Aux États-Unis, PD signifie « Police Department » et est généralement précédé des initiales de la ville concernée. Or, le « M » ne correspond à aucun département de police américain. « M » pour Malcolm ?

La petite maison dans Tri-County

« Fête foraine » (saison 2, épisode 23).

On sait par fait avéré que la région où la famille vit est appelée Tri-County. Ce fait a été donné a trois reprises dans la série. Dans l’épisode 2.23 – « Fête foraine » (Carnival), on peut lire sur un panneau de la foire « Tri-County », dans l’épisode 6.22 – « Reine d’un jour » (Mrs. Tri-County), Lois participe à un concours local appelé Miss Tri-County (Trois-Contés), et enfin dans 7.19 – « Un vendeur est né » (Stevie in the Hospital), Malcolm rend visite à Stevie au Tri-County Hospital. Au moins une chose de sûre !

Californie, Oklahoma, Floride, Texas, New York… Comme vous le voyez, les lieux sont multiples et antagonistes. Difficile de se faire une idée précise et définitive. Il est effet probable qu’il n’y ait aucun vrai emplacement qui corresponde à tous les éléments qui sont dilués dans Malcolm, tant ils sont contradictoires. D’autant plus qu’ici n’en sont recensés que quelques-uns parmi tant d’autres ! Comme pour le nom de famille, comme leur religion, et tant d’autres mystères, il s’agit ici d’un acte délibéré des scénaristes d’entretenir le flou autour du lieu de vie des personnages de la série. Notamment pour se permettre toutes les fantaisies climatiques par exemple. Le mystère reste donc entier !

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Le mystère des âges

Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) dans "Souvenirs, souvenirs" (saison 2, épisode 25). © Twentieth Century Fox Film Corporation

L’âge des personnages de Malcolm est très flou, et ce n’est pas un hasard. Linwood Boomer, le créateur de la série, a délibérément choisi ne pas donner d’âge précis aux personnages, peut-être pour s’accorder plus de libertés scénaristiques… Cependant, il est possible de reconstituer un puzzle à partir des quelques indices laissés dans certains épisodes au fil des saisons. Même si ces indications ne sont pas à prendre au pied de la lettre, elles permettent de se donner une idée de l’âge des différents personnages principaux.

Malcolm

ÉpisodeIndice sur l’âge du personnageÂge réel de l’acteur
3.02 – « Émancipation » (Emancipation (2))Malcolm est toujours en middle-school, équivalent du collège. On ignore la classe exacte, mais on peut supposer que c’est sa dernière année.15,9 ans
4.02 – « Humilithon » (Humilithon)Malcolm entre au lycée (high school), comme il le dit : « J’en ai officiellement terminé avec le collège. (…) J’entre au lycée. » Cela lui donnerait donc 15 ans.16,9 ans
5.10 – « Le jacuzzi de la discorde » (Hot Tub)Malcolm obtient son permis de conduire, ce qui est possible dès l’âge de 15 ans selon les états américains.18,1 ans
7.22 – « Malcolm président » (Graduation)Malcolm finit le lycée et obtient son diplôme (graduation, équivalent du bac). Il aurait donc tout juste ou presque 18 ans.20,4 ans

Reese

ÉpisodeIndice sur l’âge du personnageÂge réel de l’acteur
3.02 – « Émancipation » (Emancipation (2))Reese entre au lycée (high school), il aurait donc 15 ans.15,7 ans
3.13 – « Le fou du volant » (Reese Drives)Il obtient son permis de conduire, ce qui est possible dès 15 ans aux États-Unis (variable selon les états).16 ans
3.16 – « L’entraîneur » (Hal Coaches)Ed, le voisin, est aux ordres de Reese qui le fait chanter. Ed lui dit alors qu’il serait difficile d’expliquer à sa femme pourquoi il « fait la popote pour un garçon de 15 ans. »16,1 ans
4.13 – « Sexe, mensonges et vidéo » (Stereo Store)Jessica est chargée de garder Malcolm, Reese et Dewey alors qu’elle est dans la même classe que Malcolm, et que Reese a un an de plus que Jessica. On en conclu donc que Reese a également un an de plus que Malcolm.17,1 ans
5.15 – « Enfin seul ! » (Reese’s Apartment)Hal à Reese : « En 17 ans avec nous, tu as passé plus de jours en maison de redressement en qu’à l’école. »18,1 ans
5.21 – « La grande pagaille – 1re partie » (Reese Joins the Army (1))Alors qu’il est encore mineur, Reese s’enrole dans l’armée avec de faux papiers.18,2 ans
6.01 – « Il faut sauver le soldat Reese » (Reese Comes Home (3))Reese est en Afganistan, et Lois veut le ramener à la maison, d’autant plus qu’il est toujours mineur : « Il n’a même pas encore 18 ans. »18,7 ans
6.08 – « Sévir et protéger » (Lois Battles Jamie)Reese dit qu’il a « presque 18 ans. »18,9 ans
7.02 – « Assurance tous risques » (Health Insurance)Le jeune homme dit avoir 17 ans, alors qu’il affirmait une saison plus tôt qu’il en avait bientôt 18…19,6 ans
7.07 – « Le côté obscur » (Blackout)Lois dit que son fils a 18 ans : « Il a 18 ans, bon sang ! ».19,7 ans
7.09 – « Il faut sauver l’élève Reese » (Malcolm Defends Reese)Reese a redoublé et se retrouve dans la même classe que son frère Malcolm, ce qui confirme qu’il a un an de plus que lui.19,8 ans
7.22 – « Malcolm président » (Graduation)Reese finit le lycée et obtient son diplôme avec un an de retard, donc a 19 ans ou presque.20,2 ans

Dewey

ÉpisodeIndice sur l’âge du personnageÂge réel de l’acteur
1.01 – « Je ne suis pas un monstre » (Pilot)Malcolm fait souligner à son petit frère Dewey qu’il est en first grade, le CP en France, et qu’il est trop grand pour tenir la main. L’âge d’un enfant en classe de CP est de 6 ans environ.8,5 ans
5.02 – « Les baby-sitters » (Watching The Baby)Une lettre de l’école primaire de Dewey est réceptionnée par Lois. Il serait donc en fifth grade (CM2) et aurait 11 ans s’il était en CP dans la saison 1.12,4 ans
7.12 – « La force de l’engagement » (College Recruiters (2))L’âge de Dewey est clairement dit par le personnage en question : « J’ai 12 ans. »14,5 ans
7.15 – « Tous coupables ! » (A.A.)Dewey confirme bien son âge dans cet épisode :
Reese : « T’as 12 ans ou quoi ? » Dewey : « Oui. »
14,6 ans
7.21 – « Le bal de la promo » (Morp)Hal : « Tu dois pas aller au bal de promo ? »
Dewey : « Je suis pas au lycée. »
14,7 ans

Francis

ÉpisodeIndice sur l’âge du personnageÂge réel de l’acteur
1.01 – « Je ne suis pas un monstre » (Pilot)Reese révèle que Francis est âgé de 16 ans dans une scène de l’épisode pilote coupée au montage mais présente dans la version longue sur le DVD.20 ans
1.02 – « Alerte rouge » (Red Dress)C’est le 16e anniversaire de mariage de Hal et Lois. Selon ce que Lois dit six saisons plus tard dans l’épisode 6.16, Francis est né un an après leur mariage. Il devrait donc avoir 17 ans à ce moment là.20 ans
3.01 – « Tout le monde sur le pont » (Houseboat (1))Francis s’émancipe avec l’aide d’un avocat. Ce geste se justifie uniquement car le jeune homme n’a pas la majorité, donc moins de 18 ans. Mais deux ans sont censés s’être écoulés durant les deux premières saisons où il était à l’école militaire !21,8 ans
6.07 – « Le somnambule » (Hal Sleepwalks)Lois et Hal fêtent leur vingtième anniversaire. Conformément à ce qui est dit dans l’épisode 6.16, Francis devrait donc avoir 21 ans environ.25 ans
6.16 – « Chose promise, chose due » (No Motorcycles)Francis fête ses 21 ans et Hal l’emmène faire un road trip en moto sans l’accord de Lois pour fêter ça. Cela confirme ce que Lois dit dans ce même épisode : Francis est né un an après son mariage avec Hal, puisque le couple a fêté ses vingt ans de mariage dans l’épisode 6.07.25,2 ans

L’âge et la date d’anniversaire de Francis reste très incertaine. Dans certains épisodes, on nous informe que Francis serait né en pleine cérémonie du mariage de Lois et Hal, mais le jour de sa naissance diffère de son anniversaire. Or, l’anniversaire de Francis est censé être à une date différente de l’anniversaire du mariage des parents. Ainsi, on nous informe que Francis a 16 ans, avant la célébration des 16 années de mariage. Certains soutiennent l’idée que la naissance de Francis a interrompu la cérémonie de mariage, qui a été reportée à une date ultérieure, un 16 janvier. Dans l’épisode 5.13 – « La soeur de Loïs » (Lois’ Sister), il est révélé que Hal est d’abord sorti avec Susan, la soeur de Lois, ce qui a créé un véritable secret de famille et un tabou sur le vrai âge de Francis.

En outre, dans un flashback de l’épisode 6.08 – « Sévir et protéger » (Lois Battles Jamie), on voit Francis bébé, qui doit avoir à peine 1 ou 2 ans au milieu des années 1980 (la chanson « Everybody Wants to Rule the World » de Tears for Fears, qui est sortie dans les bacs en 1985, est entendue en fond sonore au début de la scène).

Lois & Hal

On ne connaît pas l’âge du couple et aucun indice dans les épisodes ne nous permet de le définir. Cependant, d’après le scénario du pilote, Hal aurait tout juste la quarantaine et Lois un peu moins de quarante ans. Le couple a donc une quarantaine d’années durant les sept saisons de Malcolm. Une petite originalité cependant, puisque nous apprenons dans l’épisode 6.20 – « 800 dollars plus les frais » (Stilts) que Lois a deux ans de moins que ce qu’elle avait toujours affirmé à Hal !

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Le doublage

Brice Ournac est la voix de Frankie Muniz dans "Malcolm" (photomontage). © DR

Il est très probable que vous n’auriez jamais connu la série Malcolm si celle-ci n’avait pas été doublée en français, dans la version diffusée sur l’hexagone, par la chaîne M6. Mais qui sont ces personnes dans l’ombre qui nous permettent d’apprécier la série dans la langue de Molière ? La version française est-elle aussi fidèle que la version originale ?

Le débat entre les pro VF et pro VO existe pratiquement dans toutes les séries étrangères diffusées en France : Friends, Urgences, Buffy, Breaking Bad, Game of Thrones… Et bien évidemment, Malcolm ne déroge pas à cette règle ! Certains en effet préfèrent la version doublée en français, plus simple et moins contraignante pour le téléspectateur, et d’autres ne jurent que par la version originale, seule selon eux qui mérite notre attention, car c’est la version voulue par le réalisateur, au mot près.

Si l’on peut considérer que la version originale est plutôt destinée aux fans puristes de la série et qu’au contraire, la version française est plus futile, il n’en existe pas en fait de bonne ou mauvaise. Le plus intéressant reste de regarder un même épisode de Malcolm en VO et en VF afin de se rendre compte des bons et des mauvais côtés de chaque version.

La version originale

C’est la seule, la bonne, la vraie version ! Elle est plébiscitée par les fans les plus assidus de la série, vous savez, ceux qui font des recherches interminables sur Internet, ceux qui achètent tous les produits dérivés ! La version originale retransmet les intonations, les expressions, les phrases voulues par Linwood Boomer, le créateur de la série, à la virgule près. Plutôt destinée à un public anglophone, ou comprenant bien la langue anglaise, elle peut être idéale pour l’apprentissage de l’américain courant. Et s’il fallait auparavant faudra voyager aux États-Unis ou en Grande-Bretagne pour pouvoir regarder la version originale de Malcolm, la série est désormais diffusée sur les chaînes du groupe M6 et en streaming avec la possibilité d’avoir accès à la version originale, alors ne serait-ce pas le moment d’essayer ?

Frankie Muniz sur le plateau de « Malcolm ».

Les reproches de la version originale sont plus particulièrement attribués à la version originale sous-titrée (VOST), qui sont les mêmes que pour la version française. Les traducteurs sont là aussi obligés de modifier le texte original, mais ici, ce sont essentiellement pour des raisons techniques. En effet, le cerveau humain n’étant pas capable de lire aussi vite qu’il n’entend, il faut résumer le mieux possible ce qui est dit, pour qu’une réplique puisse se comprendre en un minimum de mots. Dans ce cas, il est évident que certains détails, qui peuvent paraître déterminants dans une version entendue normalement seront occultés.

La version originale sous-titrée, destinée à ceux qui désirent connaître la version originale sans pour autant être anglophone n’est donc pas une version totalement fidèle à l’originale, puisqu’elle est laissée au jugement du traducteur, qui lui seul peut décider de l’importance ou non d’une réplique. Cependant la VOST peut tout à fait constituer une aide de traduction uniquement, en indiquant simplement le sens général de la réplique s’il y subsiste un doute. Cela laisse de plus le temps au téléspectateur de voir la scène et de ne pas laisser son regard en bas de l’image pendant tout l’épisode, à lire les sous-titres. Malheureusement, la VOST de Malcolm en français, disponible sur les DVD de la série, n’est pas d’excellente facture et de nombreuses subtilités et gags, rendus dans la VF, ne figurent pas dans les sous-titres officiels.

La version française

C’est la seule version diffusée sur les chaînes françaises, et la plupart des téléspectateurs ne connaissent donc que celle-ci. Que dire à propos de cette version ? Les reproches les plus souvent formulés concernent la déformation des dialogues par rapport à la version originale. D’une manière générale, ces déformations se ressentent lors des répliques vulgaires, très présentes dans Malcolm in the Middle aux États-Unis. Sans aller jusqu’à des dialogues obscènes, il peut arriver que certaines expressions grossières soient remplacées dans la version française par un synonyme plus « politiquement correct ». Sur ce point, c’est au diffuseur, M6, de décider quel mot ou expression est à modifier. Et à l’image de la société américaine où la religion est très présente, l’expression « Oh my God ! » (« Oh mon Dieu ! »), souvent présente dans Malcolm, comme dans d’autres séries, est souvent remplacée en France par des « Bon sang ! » ou des « Oh mais c’est pas vrai ! », plus courants dans notre langage. Il est vrai que certaines phrases, expressions ou références, typiques de la culture américaine, peuvent ne pas être comprises par les téléspectateurs. C’est donc à Libra Films, société chargée du doublage en France, d’adapter la version originale pour s’assurer de la bonne compréhension de chacun, tout en essayant de restituer le mieux possible les intentions des auteurs originaux.

Merrin Dungey (Kitty Kenarban) dans « Poquito Cabeza » (saison 1, épisode 6).

Une autre critique concerne le changement de titres d’épisodes. Il n’est pas rare en effet de voir, au lieu d’une simple traduction du titre original, un changement total de sens. Par exemple, l’épisode de la première saison « Rollerskates » devient « Le mot de trop » en français. La compréhension du thème principal de l’épisode devient moins évidente donc, puisqu’on sait dans la version originale que l’on parlera de patins à roulettes, alors que dans la version française, on ne connaît pas le contexte dans lequel aura été prononcé ce « mot de trop ». Cependant, il existe des cas où les titres français sont mieux trouvés et plus originaux que les titres originaux. On peut penser à l’épisode de la saison 2 « The Grandparents », devenu « Conflit de générations » en VF. Dans ce dernier titre, l’action est résumée en une expression tout en se doutant des protagonistes de l’histoire. Il faut aussi noter que certains titres français des deux dernières saisons de Malcolm font référence à des oeuvres musicales ou cinématographiques comme l’épisode 6.01, « Il faut sauver le soldat Reese », l’épisode 6.13, « On ira tous au paradis », ou encore l’épisode 7.01, « Allumer le feu ! ».

Les doubleurs français vont jusqu’à changer le titre original de la série ! En effet, Malcolm s’appelle en version originale Malcolm in the Middle, littéralement, « Malcolm au milieu ». Ici, il prend plusieurs sens, puisque ce titre désigne à la fois la position du héros dans l’histoire, Malcolm étant le personnage principal autour duquel les histoires existent, ainsi que sa position chez les enfants, entre Reese et Dewey, Francis étant partis de la maison, puis vraiment au milieu lors de la naissance de Jamie, le cinquième enfant. En France, la série n’a pas été appelée « Malcolm au milieu », sûrement pour des raisons de compréhension, et a sobrement été baptisée Malcolm. Et qui dit changement de nom dit changement de générique : M6 modifie elle-même les génériques qui sont donc différents de la version originale, en ôtant les scènes jugées trop violentes pour un jeune public. Ainsi, le téléspectateur français est privé de l’image amusante du boxeur cubain ratant le Canadien Willie de Wit et mettant l’arbitre du match K.O., une image dont le créateur de la série Linwood Boomer se délecte !

Le restaurant « Chez Richard » dans « Las Vegas » (saison 5, épisode 1).

Mais d’une manière générale, le doublage français reste de très bonne qualité, contrairement à nos voisins allemands et espagnols qui sont moins bien lotis. Le départ de Romain Douilly, la voix française de Reese, à la fin de la saison 2, et remplacé par Donald Reignoux a été une frayeur pour les fans français. En général, les changements de voix tuent une série (pensons à la saison 9 et 10 de Friends en français !), mais Donald a réussi à créer une voix délirante autour du personnage de Reese qui lui convient tout aussi bien, sinon mieux. On peut également s’étonner de la ressemblance étonnante entre la voix de Bryan Cranston et celle de sa voix française, Jean-Louis Faure. Celui-ci reproduit parfaitement les mimiques vocales des délires du personnage de Hal, pour notre plus grand plaisir ! Un autre avantage de cette série au niveau du doublage, c’est qu’à l’inverse d’une série comme Friends, où les personnages restent figés dans le temps, âgés de la trentaine, les enfants dans Malcolm ne cessent de grandir, tout comme les acteurs de doublage. Cela oblige Libra Films à se resservir des vieilles bandes sonores lors des flash-back, pour éviter qu’un acteur de doublage qui aura mué double son personnage jeune dans la scène de flash-back avec une voix d’adulte. On pensera notamment à Yann Peyroux, dont la voix de Dewey a quelque peu subi les déboires de l’adolescence à la fin de la série !

La version française est donc une bonne alternative aux réticents de la version originale et des sous-titres. C’est la version qui a tout de même fait connaître Malcolm en France et à qui on doit le succès que l’on connaît.

Qui sont les comédiens de doublage ?

Brice Ournac, Donald Reignoux, Marion Game… Ces noms ne vous disent peut-être pas grand chose (encore que !), mais ce sont ceux qui ont donné vie, et donné voix à la série en France. Pour découvrir leurs parcours, c’est par ici :

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Les audiences

Erik Per Sullivan (Dewey) dans "Réactions en chaîne" (saison 3, épisode 21). © Twentieth Century Fox Film Corporation
Découvrez une rétrospective retraçant les audiences de Malcolm in the Middle, une comédie qui a relancé le genre de la sitcom et qui a marqué sa décennie avant de connaitre un déclin progressif.

Un projet qui prend des risques

Nous sommes en 1999. Au sein de la FOX, c’est la débandade. Les séries phares de la chaîne comme X-Files et Beverly Hills arrivent en fin de vie, tandis que les nouveautés lancées à l’automne sont de retentissants échecs, tous genres confondus : Time of Your LifeRyan CaulfieldHarsh RealmGet Real et, plus surprenant, Les Griffin avant sa résurrection et son succès futur. La chaîne se raccroche à des programmes de télé réalité dont elle ne tire pas une grande fierté.

À la veille du nouveau millénaire, après avoir connu son apogée pendant toute une décennie, le genre de la comédie est en déclin à la télévision. Les audiences sont globalement à la baisse, l’originalité n’est pas de mise, l’écriture laisse parfois à désirer et, inlassablement, on retrouve les mêmes décors préfabriqués d’appartements et de bureaux. Si les comédies de ce type sont toujours bien installées sur les chaînes hertziennes, comme en témoignent FrasierFriendsDharma & GregWill & Grace ou Tout le monde aime Raymond, de nombreuses sitcoms récemment mises à l’antenne se sont révélées être des fiascos.

Linwood Boomer, acteur notable de La Petite maison dans la prairie reconverti en producteur et scénariste à la fin des années 80, développe alors une idée de comédie qui revitalise le genre. Son titre : Malcolm in the Middle. La chaîne UPN se montre a priori intéressée par le projet mais bien vite, les producteurs refusent l’offre dérisoire de la chaîne. À cette époque, personne ne croit en une comédie au format aussi atypique, mais pourtant révolutionnaire et qui sera la clé de son succès : tournages en extérieurs, multiples décors, utilisation d’une seule caméra à la manière des films cinématographiques, tournage sans public et sans rires enregistrés, post-production soignée avec musique et effets spéciaux.

C’est alors que la FOX, une des grandes chaînes américaines, prend le pari risqué de commander une saison standard de 13 épisodes pour le projet, tout cela grâce à l’intervention de Doug Herzog, fraîchement arrivé à la tête de la FOX, qui lit le script lors d’un voyage en avion et rigole tellement qu’il accepte directement de produire la série. Il avoue :

« Ma naïveté a joué en ma faveur. C’était un script à propos d’un gamin de 9 ans, une série filmée avec une seule caméra, sans rires enregistrés, écrite par un scénariste méconnu. C’était authentique. C’était drôle. C’était politiquement incorrect. J’ai dit : « Donnons-lui une chance ! » »

Doug Herzog
Frankie Muniz sur le plateau de « Malcolm ».

Un lancement en grande pompe

La FOX l’a compris, les téléspectateurs veulent une comédie plus travaillée, plus réaliste, plus osée et plus honnête. En mai 1999, la chaîne annonce son intention de diffuser Malcolm le dimanche à 19 heures à compter de l’automne. Mais dans les coulisses, Herzog, patron de la FOX, met au courant Linwood Boomer, créateur de Malcolm, que la série fera en réalité ses débuts à la mi-saison, au mois de janvier. Il s’agit d’une ruse pour éviter que la comédie soit noyée parmi les multiples nouveautés que la chaîne va proposer à la rentrée.

Boomer est ravi : sa série pourra ainsi profiter de plus de visibilité, et tous les épisodes commandés sont tournés avant même que la chaîne puisse trouver des changements à apporter, d’autant plus que les projections tests se sont révélées catastrophiques, le panel décriant le côté trash et immoral de la série. Boomer ironise à ce propos :

« On entend dire comme quoi l’épisode n’a pas bien fonctionné auprès des garçons de 12-14 ans, et qu’il faut donc ajouter un personnage de 14 ans. Non, il faut juste se soucier de faire une bonne série ! »

Linwood Boomer

Les semaines qui précédent l’arrivée de Malcolm sur les ondes, la FOX met en place une stratégie de promotion agressive dont le coût s’élève à plus de cinq millions de dollars. Des spots publicitaires sont diffusés sur les radios et les chaînes câblées adressées aux jeunes adultes, des affiches géantes sont placardées à travers le pays.

Affiche promotionnelle de « Malcolm » saison 1.

Un succès retentissant…

Ainsi, le premier épisode de Malcolm est diffusé le 9 janvier 2000 à 20 h 30 sur la FOX, juste après Les Simpson et avant X-Files. La série est donc placée entre deux hits de la chaîne, et le succès va au-delà des espérances des dirigeants. Le premier épisode de la série, où Malcolm nous fait découvrir son monde tandis qu’il apprend à son grand désespoir son intégration dans une classe de surdoués, réunit en effet 22,4 millions de curieux.

Le taux sur les 18-49 ans, la cible privilégiée des annonceurs, est astronomique et atteint 11,1 %, classant l’épisode deuxième sur cette cible-clé, juste derrière un épisode de UrgencesMalcolm fait même mieux que Les Simpson sur les 18-49 ans et réalise le deuxième meilleur démarrage d’une série sur la chaîne depuis 10 ans et celui… des Simpson.

La FOX se félicite d’avoir trouvé un nouveau succès, mais encore faut-il le confirmer… Le second épisode, bénéficiant de l’incroyable buzz que génère la série dans les médias qui acclament la série, réussit l’exploit de piquer l’intérêt de presque un million de téléspectateurs supplémentaires, avec 23,3 millions de curieux (11,7 % sur les 18-49 ans), ce qui restera le meilleur score historique de la comédie. L’air entraînant du générique des They Might Be Giants s’installe déjà dans l’inconscient des Américains…

… et durable

Les semaines suivantes, Malcolm accuse une baisse logique dans les audiences, mais se stabilise à un excellent niveau. Le troisième épisode captive 19,3 millions d’américains (9,7 % sur les 18-49 ans), le quatrième 16,8 millions (7,8 %) et le cinquième 17,9 millions (8,4 %).

Si le succès est au rendez-vous, il faut rappeler que Malcolm est confortée par le lead-in (programme diffusé juste avant) très compatible des Simpson qui attire chaque semaine environ 13,9 millions de téléspectateurs (8,2 %) (la série est d’ailleurs déjà surnommée « Les Simpson en chair et en os ») et le lead-out(programme suivant) de X-Files avec ses 13,6 millions de téléspectateurs (7,7 %). Malgré tout, cette petite comédie qui a failli ne pas voir le jour réalise un tour de force sur la FOX en s’imposant devant une concurrence musclée sur les chaînes concurrentes : Les Anges du bonheur (17,2 millions de téléspectateurs en moyenne) sur CBS, Le Monde merveilleux de Disney (12,8 millions) sur ABC et New York 911 (11,2 millions) sur NBC.

La FOX demande la production de trois épisodes supplémentaires pour prolonger le succès de la série qui, en atteignant 16 épisodes, pourra achever sa saison en mai, comme toutes ses autres séries du diffuseur. Les scénaristes comptent pousser le délire très loin et imaginent un terrible cliffhanger pour tenir en haleine les téléspectateurs jusqu’à la diffusion du premier épisode de la saison 2. Dans le script original, la baby-sitter de Dewey tombe amoureuse du jeune garçon et le kidnappe, lui teint les cheveux en noir et s’enfuit vers la frontière mexicaine en lui répétant : « À partir de maintenant, tu t’appelles Pepe. » Mais une histoire mettant en scène un adulte tombant amoureux d’un enfant et le kidnappant fait bondir les instances supérieures de la FOX, qui exploite désormais pleinement son droit de regard sur les scripts. Après ça, la syncope et le décès supposé de Mme White sont passés comme une lettre à la poste !

À l’issue de sa première saisonMalcolm a réalisé une moyenne de 15,2 millions de téléspectateurs pour un taux de 8,9 % sur les 18-49 ans (soit 10,7 millions de personnes, donc deux tiers du public !), en faisant la 12e série la plus regardée (18e sur l’ensemble des programmes) de la saison 1999-2000. Cette année-là, c’est la seule nouveauté de la FOX à décrocher une seconde saison.

Des ajustements de dernière minute

La FOX ayant trouvé une nouvelle série à succès, elle ne souhaite en rien changer une recette qui fonctionne pour la saison à venir. Selon les souhaits de la chaîne, Malcolm reste donc diffusée dans sa case horaire du dimanche à 20 h 30, juste avant Les Simpson.

Cependant, entre le tournage des deux premières saisons, la production réalise l’inconvénient de produire une série où les enfants sont mis au premier plan. En l’espace de quelques mois, Frankie Muniz, âgé de 14 ans, a pris 20 centimètres et a également mué. Ainsi, les producteurs tournent le premier épisode de la saison 2 en urgence pendant l’été car il se déroule directement après le dernier de la saison précédente. Les scénaristes doivent changer les histoires qu’ils ont prévues pour leur héros, comme l’explique Boomer : « On a réalisé que beaucoup des histoires de fin de primaire, d’enfant de 10 ou 11 ans, et qu’on avait prévu de faire, n’étaient plus réalisables. On a dû écrire en fonction de son âge. » Malcolm va donc s’intéresser aux filles dès cette saison, ce que les scénaristes ne voyaient pas venir avant encore un an ou deux.

Alessandra Toreson (Sara Coleman) et Frankie Muniz (Malcolm) dans « La petite amie » (saison 3, épisode 4).

Une double ration hebdomadaire

Ce petit contrecoup encourage certainement la FOX à profiter du succès en commandant une saison de 25 épisodes, contrairement aux 22 traditionnellement demandés. Finalement, la diffusion de la grille dominicale démarre en novembre pour la FOX, une stratégie que la chaîne a l’habitude d’utiliser pour certaines de ses séries, leur évitant d’affronter le retour d’une horde de séries concurrentes les semaines précédentes. La compétition est de toute façon presque inchangée : Le Monde merveilleux de Disney réunira toujours plus de 12 millions de téléspectateurs cette saison, Les Anges du bonheur montreront leurs premiers signes de faiblesse avec une moyenne de tout de même 14 millions, et du côté de NBC, la série Ed est lancée avec succès puisque sa première saison fera près de 11 millions d’heureux.

Dans cette configuration, le retour est gagnant pour le petit génie, décidément nouveau chouchou de l’Amérique. 15,5 millions de téléspectateurs (7,5 % sur les 18-49 ans) sont au rendez-vous pour connaître le dénouement du périple du petit Dewey. Soit un niveau d’audience conforme à la première saison.

Cependant, en ce début de saison 2, la FOX adopte une stratégie pour le moins étonnante. Surfant sur la vague du succès, elle propose non pas un mais deux épisodes par semaine : l’un est diffusé le dimanche tandis qu’un autre atterrit le mercredi. Dans ces conditions, le deuxième épisode, diffusé le mercredi soir, accuse une chute de 59 % par rapport à l’épisode diffusé trois jours plus tôt, avec seulement 9,2 millions de fidèles et un taux de 4,3 % chez les 18-49 ans. Les semaines suivantes, la FOX conserve sa stratégie, et la série fait le yoyo avec des audiences excellentes le dimanche, tournant autour des 15 millions et 7,5 % (avec même un record de la saison avec 19,3 millions d’accros pour fêter l’anniversaire de Lois avec l’épisode 2.03 !) et décevantes le mercredi, sous la barre des 10 millions.

Fin novembre, après un mois de double ration hebdomadaire, la FOX décide d’arrêter les dégâts : la série quitte les ondes le mercredi et prend pied uniquement le dimanche.

Au sommet des audiences

La série reprend alors de plus belle et réalise des scores stables : entre 14 et 17 millions d’aficionados sont au rendez-vous toutes les semaines de décembre 2000 à mars 2001. Dès lors, la série part en pause pendant trois semaines. Les six derniers épisodes de la saison 2 montrent les premiers signes de faiblesse de la comédie, avec une moyenne de tout juste 14 millions pour ces épisodes, diffusés en avril et mai, contre 16,2 pour les épisodes diffusés le dimanche avant la pause de mars. Ils sont 13,8 millions de fidèles (7 %) devant l’épisode 2.20 – « Pile et face » (Bowling), au concept pourtant exceptionnel. On y découvre une soirée au bowling vécue sous deux angles différents : selon si c’est Hal ou Lois qui y accompagne Malcolm et Reese. Ils sont autant à répondre présent pour le final de la saison, un épisode flash-back qui dévoile comment les garçons sont nés.

La saison 2 confirme le succès de la série, puisqu’elle attire en moyenne 14,6 millions de téléspectateurs et fait toujours le plein dans la fameuse cible des 18-49 ans avec un taux de 8 %, ce qui signifie que la série rapporte beaucoup d’argent à la FOX qui n’hésite pas à monnayer gros ses espaces publicitaires. Si l’on exclut les épisodes diffusés le mercredi de la moyenne, Malcolm est même en hausse sur un an, avec 15,5 millions de fidèles. La série est alors au sommet de sa gloire, les jeunes acteurs font la une d’innombrables magazines, les nominations aux cérémonies pleuvent et le public en redemande !

« Malcolm in the Middle » en couverture de TV Guide.
« Malcolm in the Middle » en couverture de MAD.

Des changements notables

Si les deux premières saisons de Malcolm font la belle part aux enfants, les scénaristes s’aperçoivent que la force de la série réside aussi dans les deux parents, qui sont des OVNI dans le paysage audiovisuel. Lois, la mère hystérique qui n’hésite pas à punir ses enfants avec sadisme, et Hal, le père totalement irresponsable qui a des lubies bien étranges, sont alors mis davantage en avant dans la série, et ne sont pas réduits à juste graviter autour des histoires de leurs enfants.

Autre changement dans Malcolm pour sa rentrée automnale 2001 : l’introduction d’une légère dose de continuité, avec notamment l’arrivée de personnages secondaires récurrents tels que Piama, la femme de Francis. Les scénaristes s’amusent même à faire apparaître furtivement au second plan Bernard, l’ancien hamster de Dewey, à plusieurs reprises, alors que celui-ci fait d’abord l’objet d’une histoire dans l’épisode 3.06.

Des audiences en légère baisse

Étrangement, la FOX décide de réitérer la stratégie ratée de l’année passée : Malcolm sera diffusée le dimanche, toujours à 20 h 30 derrière Les Simpson, ainsi que le mercredi à 20 heures. Le redoutable Qui veut gagner des millions ? ne fait plus partie de la concurrence, et la FOX veut consolider sa soirée du mercredi avec une valeur sûre.

Un épisode en deux parties est même proposé, dans l’espoir que les gens qui auront suivi la première partie reviendront le mercredi pour en découvrir le dénouement. Si le premier épisode de la saison 3 réalise un bon score avec 15,5 millions de téléspectateurs (7 % chez les 18-49 ans), le second épisode, diffusé le mercredi, ne réalise pas d’exploit avec seulement 8,9 millions américains (4,3 %) qui découvrent comment finit l’émancipation de Francis.

La semaine suivante, le schéma se renouvelle. La FOX arrête la casse et jusqu’à la fin de la saison, ce sont des rediffusions qui seront proposées le mercredi à 20 heures. Les semaines qui suivent, Malcolm semble pourtant affaibli. La série oscille entre 12 et 13 millions de téléspectateurs, et elle chute même à 11,1 millions pour l’épisode 3.09.

Justin Berfield (Reese), Christopher Masterson (Francis), Erik Per Sullivan (Dewey) et Frankie Muniz (Malcolm) sur le tournage de l’épisode « Émancipation » (saison 3, épisode 2).

Une diffusion spéciale après le Super Bowl

En 2002, la FOX hérite de la diffusion du Super Bowl, qui est partagée entre les principales chaînes américaines. Cet événement sportif réunit chaque année jusqu’à 100 millions de téléspectateurs. Autant dire que le programme diffusé après le match reçoit une exposition maximale.

Et cette année-là, justement, la FOX décide après beaucoup d’hésitation de diffuser Malcolm après le Super Bowl. La chaîne jette son dévolu sur la comédie pour deux raisons. La première est liée aux attentats du 11 septembre, survenus quelques mois plus tôt : la chaîne désire diffuser un programme patriotique et centré autour de la famille.

La deuxième raison, c’est le désir de renforcer l’audience de la série, qui est numéro un chez les adolescents mais qui peine à trouver un public plus vieux. Linwood Boomer explique : « On a un public très large, avec des groupes de personnes très spécifiques, et ça tombe bien, ce sont ceux qui intéressent les publicitaires. Mais moi, j’aimerais que les familles entières regardent. On essaie très fort de faire une série où parents aussi bien qu’enfants y trouvent leur compte. Avec un peu de chance, on pourra encore plus élargir notre public.« 

L’équipe de Malcolm s’attelle donc à concocter un double épisode événement, où le pique-nique de l’entreprise de Hal se transforme en cauchemar pour toute la famille. De nombreux acteurs de prestige sont invitées pour l’occasion : Susan Sarandon, Christina Ricci et Badley Whitford, à l’époque le mari de Jane Kaczmarek, ainsi que des célébrités telles que Magic Johnson et Heidi Klum.

Jane Kaczmarek (Lois) et Susan Sarandon (Meg) dans « Pique-nique fatal – 1re partie » (saison 3, épisode 11).

Le Super Bowl XXXVI captive sans surprise l’attention de 86,8 millions d’américains, mais Malcolm réalise une audience assez modeste en tenant compte des circonstances, avec 21,4 millions de personnes (10,5 %) qui restent devant leur écran. Cela constitue tout de même la troisième meilleure audience historique de la série, derrière les deux premiers épisodes.

Aucun sursaut de l’audimat

L’objectif de cette diffusion exceptionnelle était clair : gagner de nouveaux téléspectateurs pour le reste de la saison. Le vrai test a donc lieu la semaine suivante. Et malheureusement pour Malcolm, le constat est peu concluant. L’épisode 3.13, diffusé une semaine plus tard, réalise un score de 13,3 millions de téléspectateurs. Les semaines qui suivent, pour sa seconde moitié de troisième saison, Malcolm enregistre des scores toujours compris entre 12 et 14 millions. Les audiences ne repartent donc pas à la hausse.

La FOX prend alors l’étrange décision de proposer une programmation inédite le 1er mai, journée de la fête du travail. Ce soir-là, comme chaque année, les américains désertent les ondes, et le résultat est inévitablement catastrophique. L’épisode 3.20, où Hal s’improvise détective pour résoudre une lugubre affaire de meurtre, réalise le plus bas historique de la série jusqu’alors, avec uniquement 5,9 millions (2,7 %) d’américains au rendez-vous.

Les deux derniers épisodes de la saison relèvent logiquement la barre avec respectivement 10,9 et 11,9 millions de téléspectateurs, des scores dans la lignée de la saison.

La saison 3 s’achève et tout au long de l’année, 12,5 millions d’américains sont restés fidèles à la comédie de la FOX. Cela représente une baisse de 2 millions de téléspectateurs par rapport à la saison précédente. Le dimanche, la série est passée à neuf reprises sous la barre des 13 millions de téléspectateurs, ce qui n’était jamais arrivé les années précédentes. Cependant, Malcolm reste l’une des valeurs sûres de la FOX, qui la renouvelle sans plus attendre.

Une rentrée en demie-teinte

De retour à l’automne 2002, Malcolm est changée de case horaire pour être diffusée une demie heure plus tard, à 21 heures. La comédie n’hérite plus de l’excellent lead-in des Simpson, et se retrouve diffusée derrière la série d’animation Les Rois du Texas, puis la nouveauté Oliver Beene à partir de mars. Toutes deux réalisent des audiences correctes, mais pas remarquables, avec 9,5 millions de curieux. Malcolm doit maintenant affronter les deuxièmes saisons d’Alias (8,9 millions de téléspectateurs) et de New York, section criminelle (14,4 millions) ainsi que la soirée cinéma de CBS (généralement plus de 10 millions).

Le 3 novembre 2002, avec 12,2 millions de téléspectateurs et un taux de 5,5 % chez les 18-49 ans, le retour est solide pour Malcolm. Mais dès la semaine suivante, la série passe pour la première fois sous la barre des 10 millions de téléspectateurs pour une diffusion le dimanche. L’audience rebondit pour l’épisode 4.03 : ils sont 10,9 millions à assister à la démonstration d’amour pour le moins atypique des garçons envers leur mère rabaissée par sa belle-famille. Mais la semaine suivante, la série repasse sous les 10 millions. Finalement, elle se stabilise autour des 11 millions de téléspectateurs en décembre et janvier.

Une grossesse intégrée à l’intrigue

Du côté des coulisses, les scénaristes décident qu’il est temps de donner de vraies petites amies à Malcolm et Reese, et ainsi celles-ci reviennent à plusieurs occasions durant la saison. Mais ce qui va vraiment modeler cette saison est la troisième grossesse de Jane Kaczmarek. Les scénaristes rebondissent et font le choix d’introduire la grossesse de l’actrice dans la série. Ainsi, dans l’épisode 4.08Lois et Hal apprennent qu’ils attendent leur cinquième enfant. Ce qui leur fait d’ailleurs verser beaucoup de larmes… de chagrin ! Mais rien n’y fait, ils sont tout juste 10,4 millions à suivre cet épisode.

Trois semaines plus tard, début février, la FOX propose un épisode événement de Malcolm, dont l’idée originale vient d’une fillette de 11 ans ! Après l’annonce de la grossesse de Lois dans l’épisode précédent, celle-ci va maintenant imaginer ce que serait sa vie si elle avait eu des filles à la place de garçons. Reese, Malcolm et Dewey laissent alors place à leurs alter-ego féminins respectivement prénommés Renée, Mallory et Daisy. L’épisode 4.10 réalise un score en nette hausse en attirant 13,7 millions de téléspectateurs, ce qui restera la meilleure audience de la saison.

Mais il en faut plus pour que la série reparte durablement à la hausse, et Malcolm stagne inlassablement autour des 11 millions de téléspectateurs, ce qui reste toutefois un score parfaitement honorable.

Frankie Muniz (Malcolm), Justin Berfield (Reese), Erik Per Sullivan (Dewey), Bryan Cranston (Hal) et Jane Kaczmarek (Lois) dans « Le bébé – 2e partie » (saison 4, épisode 21).

Sous la barre des 10 millions

Le dernier quart de la saison 4 réalise plusieurs audiences sous la barre des 10 millions. Ainsi, lors d’une programmation spéciale à 20 h 30, ils sont 9,8 millions (4,5 %) à découvrir la première partie de l’épisode où Lois entre en labeur ! La semaine suivante, ils sont un million de plus devant l’épisode 4.21 qui conclut l’intrigue avec un accouchement des plus invraisemblables. C’est finalement Francis qui fait accoucher sa mère, avant d’aller vomir, tout naturellement !

La saison 4 de Malcolm aura réuni en moyenne 10,7 millions de téléspectateurs, et perdu encore près de 2 millions de fidèles par rapport à la saison précédente. L’hémorragie commence à être conséquente.

Une concurrence exceptionnelle

Naturellement, Malcolm est renouvelée pour une cinquième saison qui démarre à la rentrée 2003. Elle affronte toujours les mêmes concurrents sur les autres chaînes, qui eux aussi semblent avoir égaré quelques téléspectateurs pendant l’été.

La cinquième saison s’ouvre sur un épisode qui emmène toute à la famille à Las Vegas et où Malcolm va découvrir horrifié l’âme de groupie de sa mère. Un dépaysement qui captive 10,3 millions de téléspectateurs pour un taux de 4,2 % sur les 18-49 ans. Si ce lancement accuse une baisse de 15,5 % par rapport à celui de la saison 4, il reste dans la veine des audiences tout au long de la saison passée. Ainsi, les premiers épisodes oscillent entre 9 et 10 millions de mordus.

Cependant, durant la saison, les scores de Malcolm fléchissent quand la série se retrouve face à des événements télévisés qui génèrent des audiences importantes, et donc une concurrence considérable. Par exemple, l’épisode 5.08 pointe à 7,5 millions de téléspectateurs face à la retransmission du Sugar Bowl, grand match de football universitaire, qui en rassemble quant à lui 24 millions. Lorsque Malcolm, lors de son épisode 5.11, se retrouve opposée à la cérémonie des Grammy Awards et ses 26 millions de fidèles, elle tombe à seulement 6,4 millions. Le pire arrive avec l’épisode 5.20, qui s’en tire avec un score de tout juste 5,6 millions, alors que Malcolm affronte la finale du jeu d’aventuriers Survivor.

Les acteurs de Malcolm à la fête pour le 100e épisode de la série (saison 5, épisode 13).

Une chute inévitable

D’autres épisodes, diffusés face à une concurrence habituelle, tirent leur épingle du jeu. Plusieurs épisodes (5.095,155.16) dépassent les 9 millions de téléspectateurs. Le centième épisode de la série, 13e de la saison, captive 10,3 téléspectateurs, aussi bien fidèles que curieux, et réalise la meilleure audience de la saison. Filmé et promu en tant que centième épisode, il est pourtant diffusé en 98e position afin de profiter de la présence exceptionnelle de Larie Metcalf pour drainer la plus grosse audience pendant la période des sweeps, où les tarifs des publicités pendant un programme sont recalculés.

Jane Kaczmarek (Lois), le cadreur Tim Bellen et le réalisateur Peter Lauer sur le tournage de l’épisode « Pearl Harbor » (saison 6, épisode 4).

Cependant, ces programmations à répétition face à des événements de grande envergure affaiblissent logiquement l’audience générale des épisodes diffusés lors de soirées normales. Il n’est ainsi plus rare de voir la série afficher des taux inférieurs à 4 % sur les 18-49 ans, ce qui était inconcevable la saison passée. Pour ne pas arranger le tout, The Bernie Mac Show qui faisait office de lead-in à Malcolm est déplacée dans la grille et remplacée à partir de mars par de simples rediffusions des Simpson.

La saison 5 s’achève tout de même sur une note positive avec le double épisode mouvementé où Hal est poursuivi en justice, Reese intègre l’armée et Lois perd pied. 7,5 millions de fans suivent la première partie, puis 8 millions assistent au dénouement… qui se termine par un cliffhanger ! Reese se retrouve alors parachuté en Afghanistan.

L’audience globale de la saison 5 s’avère décevante, avec une moyenne de 8 millions de passionnés, soit une baisse conséquente de près de 3 millions lorsqu’on la compare à celle de la saison 4. Et les choses vont encore davantage se gâter…

Nouveau changement d’horaire

Avec le désaveu du public lors de la saison 5, le renouvellement de Malcolm coule moins de source mais les audiences restent correctes, et la baisse d’audience des séries est généralisée pour les grandes chaînes. La comédie est donc de retour pour une sixième année, mais la FOX le sait, celle qui était autrefois leur poule aux œufs d’or n’a plus beaucoup d’années devant elle.

La série s’installe donc à 19 h 30, reléguant Les Rois du Texas, la série d’animation qui occupait cette case la saison passée, à 19 heures. Le duo est donc reformé deux ans plus tard, mais aussi une heure plus tôt. Cependant, pendant ce laps de temps, les deux séries ont perdu de leur superbe. Et un horaire si avancé réduit encore un peu plus l’exposition de Malcolm.

Le premier épisode de la saison 6, où Lois vient elle-même récupérer son fils qui a déserté les champs de combat, fédère tout de même 7,1 millions de téléspectateurs (3,3 % sur les 18-49 ans). Un score modeste, mais plutôt bon vu la tranche horaire. En face, on retrouve des magazines d’information sur CBS (13,9 millions) et NBC (8 millions) et une émission de type Vidéo Gag sur ABC (8,5 millions).

Des ajustements dans les personnages

Au niveau des coulisses, la mécanique est bien installée depuis plusieurs années déjà. Mais lors de la saison 5, les scénaristes se sont rendus compte qu’il n’y avait plus vraiment de place pour Francis, le frère aîné. Si le personnage a toujours eu le droit à ses propres aventures décalées loin de la maison, elles viennent aujourd’hui plomber de nombreux épisodes. Les producteurs décident alors de n’avoir recours à son interprète, Christopher Marsterson, qu’occasionnellement seulement, lorsque les histoires permettent qu’il fasse des retours ponctuels au sein de la famille. Il n’apparaît ainsi que dans une poignée d’épisodes des deux dernières saisons, tout en figurant toujours au générique de la série. A contrario, à cette période, deux personnages sont mis encore plus en avant : Hal, le père à la folie douce, et Dewey, le virtuose qui intègre une classe pour enfants spéciaux.

Déprogrammations en série…

Novembre et décembre 2004. C’est à ce moment précis que, par des choix de programmation hasardeux, la FOX condamne Malcolm. La chaîne diffuse alors les matchs de la saison de football, très suivis, juste avant le début de sa soirée séries du dimanche. Souvent, les matchs empiètent sur le créneau horaire qui leur est alloué. Si Les Rois du Texas est officiellement déprogrammée et ne revient qu’en janvier, Malcolm paye les pots cassés de cette diffusion chaotique.

En effet, dans la majeure partie des États (les multiples fuseaux horaires du pays obligent les chaînes à varier leur programmation), les épisodes 6.02 à 6.04 sont tronqués et les fans ne peuvent découvrir que la fin de ces trois épisodes ! On estime tout de même leur audience toujours autour de 7 millions de fans… Des fans très remontés ! Pour ne pas arranger le tout, l’épisode 6.05 est carrément déprogrammé pour laisser place au football, sans même qu’une diffusion ultérieure ne soit prévue.

Face aux vives réactions que la FOX reçoit de la part des amateurs de la série, la chaîne fait mine de vouloir réparer les dégâts en rediffusant les épisodes 2 et 3 en pleines vacances de Noël, un 26 décembre. Sans pour autant prendre la peine de faire de même pour les deux autres épisodes manquants.

Peu avant, le 19 décembre, la FOX programme l’épisode 6.06 de Malcolm, un épisode spécial Noël où Hal fait miroiter une énorme surprise aux enfants et embarque toute la famille dans une chasse aux trésors en voiture, tandis que Lois pète les plombs sur un parking dans une scène mémorable. Étrangement, la chaîne choisit de le diffuser à 21 heures. La série a donc changé de case horaire dans l’anonymat le plus total deux mois plus tôt, pour ensuite n’avoir pour ainsi dire pas été diffusée, et se retrouve maintenant exceptionnellement propulsée à un autre horaire. La plupart des Américains ne savent donc même plus quand Malcolm est diffusée ! L’épisode fédère ainsi difficilement 4,7 millions de téléspectateurs, une audience désastreuse avec un score historiquement bas à la clé.

… aux effets dévastateurs

C’est au retour de la comédie en janvier 2005 que la FOX se rend compte de son erreur. Malcolm retrouve alors sa case horaire de 19 h 30, attribuée au début de la saison. Pourtant, la FOX avait annoncé que cet horaire était temporaire et que la série retrouverait sa case historique du 20 h 30 dès la mi-saison. Afin de se justifier, la chaîne indique attendre la fin de la retransmission des rencontres de football, en février, pour que la série réintègre cet horaire. Une stratégie incompréhensible qu’elle ne mettra de toute façon jamais à exécution, puisque la série restera diffusée à 19 h 30 jusqu’à la fin de la saison.

Handicapée ainsi, Malcolm ne fait pas de miracles… Pour l’épisode 6.07, la série intéresse 5,4 millions de téléspectateurs seulement. Les semaines suivantes, elle ne remonte pas la pente et stagne autour des 5,5 millions. Désormais, la comédie fait à peine plus de 2 % de part de marché sur les 18-49 ans. Elle n’est pas aidée par son lead-in Les Rois du Texas, qui a également souffert de son changement d’horaire et son arrivée tardive à l’antenne, n’affichant même pas 5 millions au compteur.

L’épisode 6.11 permet à Malcolm de faire une jolie remontée dans l’audimat avec 6,5 millions de téléspectateurs et une part de marché de 3 % chez les 18-49 ans. En effet, l’épisode est promu comme un épisode musical exceptionnel. Dans celui-ci, Dewey écrit un opéra sur les disputes conjugales de ses parents. Lois et Hal sont ainsi propulsés chanteurs d’opéra !

Le cadreur Tim Bellen filme le gros-plan sur la bouche de Jane Kaczmarek (Lois), sur une caméra Arriflex 16SR3, sur le tournage de l’épisode « Opéra » (saison 6, épisode 11).

Si la série n’est désormais plus tronquée ou déprogrammée, les effets qui découlent du chaos de la rentrée sont permanents et elle passe régulièrement sous les 5 millions de téléspectateurs pour la seconde moitié de la saison 6. L’épisode 6.15 réalise la plus basse audience de la saison, et jusqu’alors de la série, avec 4,1 tout petits millions de personnes devant leur poste. Cette semaine-là, il faut noter que la série est handicapée par un match de basket qui est suivi par 18 millions d’Américains.

Malcolm effectue une remontée encourageante avec les épisodes 6.19 et 6.20, qui emballent 5,8 et 6,8 millions de téléspectateurs respectivement. Mais ces épisodes sont proposés après des rediffusions des Simpson, qui réalisent des scores supérieurs à ceux habituellement enregistrés par Les Rois du Texas, ce qui booste la série. Pour le dernier épisode de la saison, diffusé après Les Rois du Texas, 5,2 millions de fans sont présents.

Somme toute, la saison 6 n’aura réuni que 5,3 millions de fans, et perdu encore près de 3 millions de téléspectateurs au passage. Cependant, la faute incombe entièrement à la FOX qui a très mal géré la diffusion des épisodes, leur promotion et le nouveau créneau horaire qu’il leur a attribué.

Justin Berfield (Reese) dans « Le tribunal des animaux » (saison 7, épisode 20).

Un renouvellement qui a un prix

En dépit d’audiences à un niveau dangereux, la FOX fait une fleur à Malcolm et renouvelle la série pour une septième saison. « Nous sommes très fiers et heureux de pouvoir agacer les gens une année de plus« , commente alors le créateur de la série Linwood Boomer, qui concède qu’il s’agit probablement d’un ultime tour de piste. Fait étonnant, la série n’a même jamais été à proprement parler menacée d’annulation. Les bénéfices des rediffusions de la série en syndication, sur de petites chaînes, n’y sont pas étrangers.

Sentant le vent tourner, Linwood Boomer quitte la série en tant que superviseur général de l’écriture, un poste qu’il cède à Matthew Carlson, qui avait écrit des épisodes des trois saisons précédentes. Boomer se consacre ainsi à de nouveaux projets, qui se solderont par des échecs. Cependant, soucieux de ne pas complètement abandonner son « bébé », il reste impliqué dans la série en tant que consultant et réalisera tout de même trois épisodes de la dernière saison.

Il faut dire que la série est envoyée le vendredi soir, à 20 h 30, ce qui montre le pessimisme de la FOX quant au potentiel restant de sa comédie. En effet, le vendredi est la soirée où les Américains désertent leurs écrans, et où beaucoup de séries sont ainsi envoyées mourir. La chaîne décide par ailleurs d’entamer la diffusion en septembre et non en novembre comme à l’accoutumée.

Des audiences consternantes

En conséquence, l’épisode d’ouverture de la septième saison, où l’on retrouve la famille à l’incroyable festival du Burning Man, n’est découvert que par 3,5 millions de personnes, soit une part de 1,5 % chez les 18-49 ans. Alors le plus bas score historique, qui sera rapidement égalé et battu.

La première partie de la saison 7 réunit chaque semaine autour de 3,5 millions de fidèles. La série est en nette perdition, en tout cas du côté des audiences. Du côté créatif, la série reste fidèle à elle-même, et offre même un épisode des plus originaux qui nous plonge dans un panne d’électricité vécue sous des perspectives différentes. À la fin de l’épisode, lorsque l’électricité revient, l’histoire se retrouve complétée. Cet épisode 7.07 ne fait pourtant pas d’étincelles puisque seulement 3,2 millions de personnes le regardent.

Lorsque la série fait son retour en janvier 2006 après la pause hivernale, elle réalise toujours des contre-performances, mais vu l’ancienneté de la série et son jour de diffusion, la FOX n’est pas disposée à retirer la comédie de l’antenne comme elle l’aurait naturellement fait avec une nouveauté.

L’annulation et le retour au dimanche

Malgré ces audiences en berne, la FOX fait une annonce surprenante à mi-janvier : Malcolm revient le dimanche soir dès la fin du mois ! Une annonce d’autant plus surprenante que, quelques jours plus tard, la série est officiellement annulée par la chaîne, avec une fin planifiée pour mai 2006. La fin d’une autre comédie qui a fait les beaux jours de la chaîne, That 70’s Show, est également annoncée. « Nous ne voulions pas voir ces séries sombrer avant leur fin. On préfère nettement les voir s’en aller avec une audience respectable et les faveurs du public, pour qu’elles restent dans les mémoires« , déclare alors Peter Liguori, responsable de l’unité divertissement à la FOX.

La FOX honore ses promesses et le 29 janvier 2006, Malcolm, pourtant fraîchement annulée, est de retour sur les écrans américains le dimanche soir. Elle a la lourde tâche d’ouvrir la soirée à 19 heures, précédant les séries d’animation Les Rois du Texas et Les SimpsonL’épisode 7.12 réalise alors une audience de 4,4 millions de téléspectateurs et décroche un taux de 2 % sur les 18-49 ans, soit une hausse de seulement 0,6 million par rapport à l’épisode précédent diffusé le vendredi. Pas de miracle en vue, la série ne fait pas un bond inespéré dans l’audimat. Les semaines suivantes, elle se stabilise autour des 4 millions de téléspectateurs, offrant des performances sensiblement supérieures à la première partie de la saison. Les taux sur les 18-49 ans restent eux très faibles, autour de 1,5 %.

Avec l’épisode 7.16, où Lois s’improvise justicière pour venger son fils Reese, la série offre un score honorable de 4,9 millions, mais hélas le soufflet retombe dès la semaine suivante. Pire encore, la série réalise sa plus basse audience historique avec l’épisode 7.20. Seulement 2,9 millions de personnes allument leur télé pour cet épisode, qui est perdu dans les rediffusions des autres programmes de la FOX, tandis qu’ils ne sont que cent mille de plus devant l’avant-dernier épisode de la série, une semaine plus tard. Malcolm enchaîne donc les chiffres catastrophiques dans ses quelques derniers épisodes.

Frankie Muniz (Malcolm) et Justin Berfield (Reese) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22).

Un final qui sauve l’honneur

Les audiences de la saison 7 ne laissent rien présager de bon quant au score du dernier épisode, diffusé le 14 mai 2006. Comme un hommage à la série, la FOX décide de retransmettre l’ultime épisode de Malcolm dans la case horaire de ses débuts, le dimanche à 20 h 30, juste après Les Simpson. Propulsée par ce lead-in et par l’effet de curiosité lié à la fin de la série, ils sont 7,4 millions, soit un taux de 3,4 % chez les 18-49 ans, à découvrir le dénouement des aventures de la famille qui autrefois était l’une des plus connues des États-Unis. Il s’agit tout de même de la meilleure audience de Malcolm depuis deux ans, et ce soir-là, la concurrence était rude avec notamment le dernier épisode de À la Maison Blanche et la finale de Survivor.

Dans cet épisode émouvant et plein de clins d’œil aux fans de la première heure, on découvre ce qui attend la famille dans l’avenir… dont l’arrivée d’un sixième enfant !

Au total, pour sa dernière saisonMalcolm paye les choix de programmation de son diffuseur et n’attire l’attention que de 3,4 millions de fidèles. La comédie se place comme la série la moins suivie de la FOX cette année-là, ce qui est plutôt ironique quand on sait le succès qu’elle a connu quelques années auparavant.

À Bryan Cranston d’avoir le dernier mot. En mars 2010, l’acteur confiait à Malcolm France lors d’une interview :

« On n’a pas vraiment apprécié d’être déplacé, notre premier créneau juste après Les Simpson le dimanche soir avait notre préférence, et on aurait souhaité rester à cette case horaire avec le temps. Je pense que notre audience ne se serait pas seulement maintenue si nous étions restés là, elle aurait augmenté.« 

Dans tous les cas, les aventures de cette famille unique en son genre résonne encore aujourd’hui dans les esprits de nombreux téléspectateurs.

En France et ailleurs

Lorsque Malcolm débarque à Noël 2001 sur les ondes françaises, la série est inconnue des téléspectateurs français. C’est M6 qui a acheté les droits de diffusion, et qui décide de diffuser un épisode de la comédie à 20 heures, du lundi au vendredi. Elle a en effet l’habitude de diffuser des séries légères à l’heure du dîner, comme Une nounou d’enfer. Malheureusement, la première saison ne rencontre pas le succès escompté et les performances sont très (trop) moyennes. M6 décide alors d’accélérer la diffusion et de liquider son stock d’épisodes de la saison 2 en en diffusant deux par jour. En moins de deux mois, la série est liquidée et Malcolm quitte les écrans français sans avoir fait parler d’elle.

Un an et demi plus tard, M6 est dans l’embarras avec deux saisons de la comédie dans les cartons. En juillet 2003, elle entreprend une nouvelle stratégie en rediffusant les deux premières saisons à midi, toujours au rythme soutenu d’un épisode du lundi au vendredi. Les audiences sont satisfaisantes pour la case horaire, et la chaîne décide donc de diffuser les saisons 3 et 4 dans la foulée… Une diffusion qui est couronnée de succès ! C’est le début des ravages de la série en France. M6 ne tarde pas à diffuser la cinquième saison alors inédite, fin 2004. M6 diffuse et rediffuse la série à l’heure du midi, et en abuse même en rediffusant la série parfois à deux reprises à la suite. Malcolm fédère alors plus d’un million de téléspectateurs, un score en deçà d’autres programmes qu’a pu proposer la chaîne par le passé.

C’est en 2005 que Malcolm débarque également sur Paris Première, la chaîne du câble et du satellite, filiale du groupe M6. La série rencontre également un vif succès, diffusée en fin de journée. Paris Première opte donc pour la même stratégie que sa grande soeur et multiplie les rediffusions, dans un ordre parfois chaotique.

Dès 2006, M6 surfe sur le succès et augmente la dose quotidienne, passant à deux voire trois épisodes par jour. Elle embraye avec la sixième saison à raison de deux épisodes par jour. Quitte à aller jusqu’à l’indigestion. Pourtant, les téléspectateurs ne s’en lassent pas, et la série réunit chaque midi jusqu’à 1,5 million de téléspectateurs pour une part de marché qui dépasse parfois les 30 % ! La saison 7 est finalement diffusée à l’été 2007. L’épisode final s’est même payé le luxe d’être regardé par près de 5 millions de français lors de la première diffusion, un score énorme !

À ce même moment, portée par le succès de la série, M6 décide de rediffuser des épisodes à 20 heures, là où elle avait échoué six ans plus tôt. Après des débuts difficiles à 1,5 millions de téléspectateurs et seulement 6,4 % de part de marché, la série fait rapidement des performances convaincantes avec 1,7 millions de fans et jusqu’à 8 % de part.

Malcolm a longtemps été une valeur sûre pour M6, qui n’a pas hésité pas à dégainer des épisodes de la série pour combler son programme au fil des ans. Dans le courant des années 2010, Malcolm a même débarqué sur les autres chaînes du groupe M6 grâce à l’essor de la TNT : W9, d’abord, puis 6ter ou encore Gulli plus récemment. À chaque fois, la série réalise des audiences très convaincantes, ce qui encourage M6 à régulièrement programmer Malcolm sur les chaînes TNT de son groupe, quitte à parfois frôler l’overdose.

Dans les pays francophones, Malcolm ne démérite pas puisqu’elle fait encore les beaux jours de Télé-Québec au Canada, RTL-2 en Belgique et de la TSR en Suisse !

Malcolm n’est pas dans le reste partout dans le monde, puisque la série est diffusée dans près de 60 pays et a été doublée dans de nombreuses langues. Elle a notamment rencontré un vif succès dans les pays anglophones, comme en Australie ou au Royaume-Uni où elle a reçu les honneurs d’une diffusion en prime-time.

Dossiers

Le générique

Le générique de "Malcolm". © Twentieth Century Fox Film Corporation
« You’re not the boss of me now, and you’re not so big. Life is unfair… » Vous connaissez tous par cœur cette refrain culte du générique de Malcolm. Mais savez-vous qui a composé la musique ? Savez-vous que le générique français est différent de l’original ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le générique de Malcolm, sans jamais oser le demander !

Les images : le générique à la loupe

La série Malcolm comporte, comme beaucoup de génériques, des images issues des épisodes. Mais pas que ! Saviez-vous que de nombreuses références s’y cachent ? Elles viennent pour beaucoup de programmes regardés par le créateur de la série Linwood Boomer durant son enfance. On vous les décode.

Nasca (1998)

Cette série d’animation du studio Kadokawa réalisé par Hiroko Tokita pour TV Tokyo date de 1998 et ne comporte qu’une seule saison de 12 épisodes. L’histoire ? Lors d’une bataille dans les plaines de Nazca, il y a 500 ans, la grande prêtresse Akira est contrainte d’invoquer la puissante de l’esprit de la Terre, Irra Tezze, afin de provoquer un véritable massacre, à la grande satisfaction de Yahuar et de son père, l’empereur du puissant empire Inca. Mais cette folie ne plait guère à Vilca et à son seigneur, frère de l’empereur, qui revendique le trône. Ce dernier va même jusqu’à donner sa vie en sacrifice dans le seul but d’empêcher le massacre. Vilca, Yahuar et quelques grands guerriers décident donc de traverser le portail d’Irra Tezze, afin de provoquer le grand cataclysme pour certains, et pour refermer à jamais ce portail pour les autres. Cependant, l’énergie ambiante provoque la mort de tous les guerriers. Avant de mourir, Yahuar fait le serment de revenir à la vie afin de libérer Irra Tezze et ainsi d’asservir les hommes. Vilca quant à lui juge alors de revenir lui aussi afin d’empêcher qu’une telle folie se reproduise.

De nos jours au Japon, Kyoji, en se rendant à un championnat de Kendô, fait la rencontre de Yuka qui n’est autre que la fiancée de son sensei. Mais au cours de la finale, Tate blesse grièvement son adversaire. En lançant son attaque, il a réveillé « l’homme âme » qui sommeillait en lui. Cette attaque provoque également le réveil des quelques autres « hommes âme » présents dans les gradins dont Kyoji, Yuca et le pire ennemi de Kyoji. Tate, auparavant grand humaniste, devient alors un véritable fou avide du pouvoir suprême dès lors que le guerrier Yahuar se réveille en lui. Tate (Yahuar) compte tenir sa promesse faite au monde il y a 500 ans. Quant à Kyoji (Vilca), il est tiraillé entre l’affection qu’il porte à son sensei et par le serment qu’il a fait lui aussi le jour de sa première mort. Dans un premier temps, il cherche à faire entendre raison à Tate, mais voyant cela inutile, il finit par accepter son destin. Avec l’aide d’Akira et de deux autres « hommes âmes », il entre en guerre pour le bien de l’humanité.

Ce manga mélange les images traditionnelles et les images de synthèse, ce qui donne une animation très plaisante à regarder, couplée avec une musique entraînante. Et même si l’on est très déconcertés par l’histoire tirée par les cheveux, les personnages arrivent à être attachants. Nazca est un manga hybride, un mélange entre Please save my Earth et les très célèbres Mystérieuses Cités d’Or.

Pay Per View WCW Mayhem (1999)

Les deux catcheurs présents sur cette scène sont les Canadiens Bret « Hitman » Hart, debout, et Chris Benoit, en bien mauvaise posture, lors du WCW World Heavyweight Championship au Pay Per View WCW Mayhem en 1999. Bret Hart est en train d’effectuer la prise de soumission « Sharpshooter », une prise de finition qui lui est immédiatement associée par les fans de catch. Ce célèbre catcheur est aujourd’hui à la retraite, alors que Chris Benoit est aujourd’hui décédé. Le choix d’une scène entre ces deux lutteurs canadiens n’est sans doute pas anodin, Linwood Boomer étant natif de Vancouver !

North American Championships de Las Vegas (1982)

La chaîne M6 réalise elle-même le générique français, et c’est ainsi que nous avons été privés durant un temps d’une scène où le boxeur cubain Pedro Cardenas manque le Canadien Willie de Wit et frappe l’arbitre du match Bert Lowes, le mettant littéralement K.O. ! Cependant, dans le générique des deux dernières saisons, cette scène réapparaît pour notre plus grand plaisir. En 2000, Linwood Boomer, le créateur de Malcolm, confie même :

« J’ai adoré cette scène dès que je l’ai vue, il y a 12 ans ! Ce gars-là, qui se prend le coup, ça ne veut rien dire, c’est très « Malcolmien » ! »

Linwood Boomer

Le Choc des Titans (1981)

Ce film anglo-américain de 1980, réalisé par Desmond Davis, qui avait signé La Fille aux yeux verts en 1963, est considéré par beaucoup de fans comme un des meilleurs films sur la mythologie grecque. L’histoire : Persée (Harry Hamlin), fils de Zeus (Laurence Olivier) et de la mortelle Danaé, s’éprend de la princesse Andromède (Judi Bowker). Mais leur amour est contrarié par une malédiction que fait peser sur elle son ancien prétendant, Calibos (Neil McCarthy), rendu laid et difforme par Zeus. Tous ceux qui voudront épouser Andromède devront d’abord, sous peine de mort, être capables de répondre à une énigme élaborée par Calibos : jusqu’ici, personne n’a su relever ce défi morbide…

« Le Choc des Titans » (1981).

Si ce film présentera une dimension nostalgique certaine pour les plus âgés, il risque d’apparaître comme extrêmement daté pour les autres ! Il peut en effet être considéré comme le dernier représentant de toute une génération de films, dotés d’effets spéciaux réalisés image par image, avec le célèbre Jason et les argonautes comme fleuron, et dont le maître incontesté était Ray Harryhausen, justement à l’œuvre sur ce film (il arbore également la casquette de co-producteur). Il est évident qu’aujourd’hui, avec les progrès foudroyants du numérique, bon nombre de trucages font sourire par leur naïveté : des transparences pas toujours bien uniformisées, des créatures un peu poussives (le Kraken, dernier des Titans, en particulier), des maquettes un brin voyantes (l’Olympe, Argos)… Le choc des Titans sonne comme le chant du cygne de toute une époque d’artisans des effets spéciaux, dont le travail apparaît malheureusement souvent, ici, comme maladroit… On pense même à certains moments au navet Flash Gordon, contemporain du film. Mais pour expliquer cette qualité médiocre du métrage, il faut sans doute invoquer aussi la musique, incolore ; le budget, probablement restreint, comme en témoigne nombre de décors assez basiques, tels les marais de Calibos ; ainsi que la réalisation, basique, voire naïve (l’effondrement de la statue de Thétys dans le temple de Joppé, par exemple). Mais c’est justement l’aspect ringard de cette scène de monstre qui sort de l’eau est recherché dans le générique de Malcolm, puisqu’elle fait penser à un dessin animé pour enfants !

Un million d’années avant J.C. (1966)

Out of the Unknown, saison 3, épisode 2 (1969)

Le cerceau de la planète Arous (1957)

La créature de la mer hantée (1961)

Thrill Seekers (1973)

La musique

Le groupe : They Might Be Giants

Célèbre pour avoir composé « Boss of Me », l’emblématique générique de Malcolm, le duo They Might Be Giants (TMBG pour les intimes !) est le fruit d’une amitié d’enfance entre John Linnell et John Flansburgh. Après des débuts créatifs à Brooklyn marqués par l’invention du système « Dial-A-Song », le groupe s’est imposé sur la scène rock alternatif avec des albums cultes comme Lincoln — qui a réussi l’exploit de détrôner U2 dans les charts universitaires — et Flood. Leur style unique, mêlant mélodies absurdes, humour et textes savants, leur a permis de traverser les décennies tout en restant profondément originaux.

Au-delà de leurs succès radiophoniques, les TMBG se sont illustrés comme de véritables pionniers du numérique, étant parmi les premiers artistes au monde à vendre un album complet et des MP3 directement sur Internet. Le groupe a également su se diversifier avec brio en produisant des albums éducatifs pour enfants (la série des Here Come the…) sans jamais abandonner leur ADN rock. Toujours très prolifiques, épaulés par leurs fidèles musiciens surnommés la « Bande des Dans », les deux John continuent d’enrichir une discographie impressionnante qui compte plus de vingt albums.

Les paroles du générique de Malcolm

Yes, no, maybe
I don’t know
Can you repeat the question?
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
And you’re not so big

You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
And you’re not so big

Life is unfair, so I just stare
At the stain on the wall where
The TV’d been, but ever since
We’ve moved in it’s been empty
Why I, why I’m in this room
There is no point explaining

You’re not the boss of me now
And you’re not so big
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
And you’re not so big

Life is a test, but I confess
I like this mess I’ve made so far
Grade on a curve and you’ll observe
I’m right below the horizon

Yes, no, maybe, I don’t know
Can you repeat the question?
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
You’re not the boss of me now
And you’re not so big

Life is unfair…

Oui, non, peut-être
Je ne sais pas
Peux-tu répéter la question ?
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Et tu ne me fais pas peur

Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Et tu ne me fais pas peur

La vie est injuste, ainsi je regarde
Fixement la tache sur le mur où
Était la télé, mais depuis
Que nous avons déménagé c’est si vide
Pourquoi je suis dans cette chambre
Il n’y a aucune explication

Ce n’est plus toi qui me commandes
Et tu ne me fais pas peur
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Et tu ne me fais pas peur

La vie est un test, mais je le confesse
J’aime le désordre que j’ai fait jusqu’ici
Trace une courbe et tu observeras
Que j’ai raison plus que tout

Oui, non, peut-être, je ne sais pas
Peux-tu répéter la question ?
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Ce n’est plus toi qui me commandes
Et tu ne me fais pas peur

La vie est injuste..

Le clip du générique de Malcolm

Le clip du générique de la série, diffusé régulièrement lors des premières diffusions de Malcolm sur M6, reprend merveilleusement l’ambiance déjantée de la famille. On y voit le petit Dewey, sortant d’une poubelle « TMBG – Toys » une boîte en carton contenant des jouets et en particulier des poupées, et la ramener chez lui. Les poupées se personnalisent alors en membres du groupe They Might Be Giants, et vont subir de véritables supplices de la part des garçons : chocs, projectiles remplis de peinture ou encore cuisson sur un barbecue pour ne citer que ceux-là. À voir absolument !

Autres musiques composées ou utilisées dans Malcolm

Outre le générique désormais célèbre, le groupe They Might Be Giants est à l’origine des principaux accompagnements musicaux des deux premières saisons de la série. D’autres musiques du même groupe ont également été utilisées dans les saisons suivantes, notamment la quasi totalité de la saison 1, et les épisodes 2.10 – « Le grand méchant Reese » (The Bully)3.07 – « Chantage de Noël » (Christmas) et 5.16 – « Portes ouvertes » (Malcolm Visits College). Pour connaître les références des chansons, vous pouvez consulter les fiches de ces épisodes.