Flora Mayesh est l’une des camarades de la classe des « têtes d’ampoule » les plus reconnaissables de Malcolm, bien qu’elle reste un personnage de fond. Présente dans 14 épisodes, elle n’est pourtant créditée que dans trois d’entre eux, en raison de son absence quasi totale de dialogues.
Elle se distingue par sa chevelure rousse très vive et une particularité vestimentaire : elle porte constamment ses lunettes à l’envers sur le nez. Flora apparaît pour la première fois dès l’épisode pilote, silencieuse en arrière-plan de la classe des « têtes d’ampoule ». Son moment le plus marquant survient dans l’épisode 1.08 – « Panique au pique-nique », lorsque Caroline annonce son numéro : une démonstration du dernier théorème de Fermat, qui laisse l’assemblée totalement indifférente.
Sa dernière apparition remonte à l’épisode 4.16 – « Les grands esprits se rencontrent », où elle fait partie de l’équipe représentant l’école. Après cela, plus aucune trace de Flora : son personnage disparaît complètement, sans explication. Une fin discrète à l’image de sa présence dans la série.
Cynthia Sanders se greffe la classe des têtes d’ampoule à l’occasion de l’épisode 2.12 – « La nouvelle tête d’ampoule » (Krelboyne Girl), dans lequel Malcolm s’éprend d’amour pour la jeune fille. Mais très vite, c’est une forte relation d’amitié qui la lie à Malcolm. Même si son intellect rivalise avec celui de ce dernier, elle se montre souvent très naïve et a un peu de mal à s’intégrer. Elle est très gaie mais un peu excentrique, ce qui irrite ses amis. Elle a aussi un fort caractère puisqu’elle pratique un art martial avec lequel elle tient tête à Reese. Au cours de la série, Cynthia s’affirme. Après une absence dans la saison trois prétextée par un séjour en Europe, la jeune fille revient dans l’épisode 3.14 – « Confessions intimes » (Cynthia’s Back), où on la retrouve avec la puberté qui est passée par là : elle est complexée par sa forte poitrine, ce qui encourage Reese à essayer de la séduire. Enfin, dans sa dernière apparition lors de l’épisode 4.02 – « Humilithon » (Humilithon), Cynthia vole au secours de Malcolm pour affirmer en public qu’elle a couché avec ce dernier, afin de le sauver d’une humiliation certaine. Dès lors, Cynthia disparaît de la série sans qu’aucune explication ne soit donnée.
Dans une journée, je ne peux pas pleurer tout le temps. Alors, comme chaque fois que je te vois, j’ai envie de pleurer, si tu permets… je voudrais qu’on s’évite !
Cynthia - à Malcolm
Si un jour on me tue pour me manger, j’aimerais qu’on me dise merci.
Kyle apparaît la première fois dans une scène coupée de l’épisode pilote de la série, qui n’a jamais été diffusée. Sa première véritable apparition a donc lieu dans l’épisode 1.04 – « Honte » (Shame). C’est un jeune garçon roux, très intelligent, et qui a un grand frère qui terrorise Reese dans l’épisode 1.08 – « Panique au pique-nique » (Krelboyne Picnic). On découvre que son vrai prénom est Kyle dans l’épisode 2.02 – « Il n’y a pas d’heure pour Halloween » (Halloween Approximately), juste avant que Malcolm et ses frères ne lui envoient un gros projectile avec une sarbacane géante. Kyle disparaît après sa dernière apparition dans l’épisode 2.14 – « Hal démissionne » (Hal Quits), au profit de l’arrivée du personnage de Kevin à partir de la saison 3. Dans la version originale, Kyle s’appelle Eraserhead (Tête de gomme), mais la version française lui a inventé un prénom.
Le nom de Kyle dans la version originale, Eraserhead (en français, « tête de gomme »), est une référence au film éponyme de David Lynch de 1977, dans lequel le personnage principal a des cheveux crépus comme Kyle.
Coupé au montage
S’il apparaît à partir de l’épisode 3 de la série, le personnage de Kyle apparaît en fait dès l’épisode pilote, dans une scène coupée au montage, dans laquelle il récite les décimales de Pi ! Cette scène est disponible dans le DVD de la saison 1.
Will Jennings (Kyle) dans « Honte » (saison 1, épisode 4).
Évincé
Présent dans les deux premières saisons où il interprète Kyle, l’une des têtes d’ampoules, Will Jennings disparaît au beau milieu de la saison 2. Il s’avère que les producteurs n’étaient pas entièrement satisfaits de sa performance à l’écran, et ont donc décidé de remplacer son personnage par celui de Kevin à partir de la saison 3.
Lloyd apparaît pour la première fois dans l’épisode 1.08 – « Panique au pique-nique » (Krelboyne Picnic), lors du pique-nique des têtes d’ampoule, puisqu’il en fait parti. Il zézaye dans la version française, et on peut dire que c’est une figure éminente des têtes d’ampoules, puisqu’il est un de ses principaux représentants durant les quatre premières saisons, aux côtés de son ami Dabney. Contrairement à ce dernier, Lloyd est assez sûr de lui. Cet ami de Malcolm apparaît pour la dernière fois dans l’épisode l’épisode 4.21 – « Le bébé – 2e partie » (Baby (2)), où il tombe à un moment peu opportun, lorsque Lois est sur le point d’accoucher !
On apprend dans l’épisode « Confessions intimes » (saison 3, épisode 14) que Lloyd a… un troisième téton.
Répliques
Tu vas faire partie des grands de ce monde ! La voie royale pour toute la vie ! Attends une seconde, qu’est-ce que je raconte, moi ? Tu pourras jamais y entrer ! T’es trop pauvre, t’es le plus pauvre de tous les gens que je connais !
Lloyd - à Malcolm
Le rêve devient réalité : on vit à l’intérieur de l’école nuit et jour !
Lloyd
Mes testicules m’ont emmené en week-end à Disneyland !
Lloyd
Avec notre intelligence et ton aptitude à la prédélinquance, on doit réussir à trouver une bêtise qu’on a pas encore faite !
Lloyd - à Malcolm
Notre école est devenue le théâtre de luttes sordides qui opposent des petits cercles qui se battent pour leur territoire.
Dabney Hooper apparaît pour la première fois dans l’épisode 1.08 – « Panique au pique-nique » (Krelboyne Picnic), à l’occasion du pique-nique de la classe des têtes d’ampoule. Dès cette première apparition, nous faisons aussi la connaissance de Dorene, sa mère très autoritaire et extrêmement possessive. La relation quasiment fusionnelle qu’il entretient avec cette dernière monte à son paroxysme dans l’épisode 4.14 – « Le bon copain » (Hal’s Friend), où Dabney fête son anniversaire avec Malcolm et Stevie. Cette promiscuité entretenue par l’absence d’un père qui n’est jamais évoqué ne facilite pas ses relations avec les autres. Dabney fait en effet partie de la figure de proue des « têtes d’ampoules », avec Stevie et Lloyd, et apparaît probablement comme l’un des plus fragiles de la bande, faisant office de tête de Turc pour les autres élèves de l’école. Dans le même épisode 4.14, on lui interdit ainsi formellement de marcher sur le gazon… ainsi que sur le bitume ! Dabney semble de complaire de son statut jusqu’à cet épisode où il va acquérir sous l’impulsion de Stevie et Malcolm, une certaine émancipation grâce à une partie de paint-ball, dans laquelle il va s’acharner et rejeter toutes ses frustrations accumulées depuis des années sur un élève de l’école.
Côté affectif, Dabney a souvent évoqué à demi-mot et sans l’assumer vraiment son admiration voire son attirance pour Malcolm. Dans l’épisode 2.10 – « Le grand méchant Reese » (The Bully), il lance ainsi à Malcolm : « [Tu réussis parfois à être] piquant, sarcastique, joli garçon, mais… regardez, elle dégage cette fille ! » Dans l’épisode 3.04 – « La petite amie » (Malcolm’s Girlfriend), la même ambiguïté subsiste quand il parle de lui à Lloyd : « Et quand on voit ses grands yeux se lever vers nous c’est dur de dire non… » Il entretient d’ailleurs un jeu de séduction avec Lloyd mis en lumière par Cynthia qui décrypte une conversation entre eux deux en lisant sur leurs lèvres dans l’épisode 2.12 – « La nouvelle tête d’ampoule » (Krelboyne Girl). Pour autant, les scénaristes sont restés subtils à ce sujet et n’ont pas pour autant fait sortir Dabney d’un placard dans lequel il n’est peut-être jamais rentré.
Stevie Kenarban apparaît la première fois dans l’épisode pilote de la série. C’est un jeune garçon noir, handicapé depuis la naissance, en permanence en fauteuil roulant. Il a une vue déficiente l’obligeant à porter des lunettes de vue à double foyer. Et comme si cela ne suffisait pas, il est asthmatique et parle avec une lenteur exaspérante. Mais c’est un gentil garçon, plutôt doux, même s’il est, parfois très, et même trop franc. Il est lui aussi très intelligent. On apprend à ce propos dans l’épisode 3.02 – « Émancipation » (Emancipation), qu’il est le plus intelligent des « têtes d’ampoule » après Malcolm.
En tant que meilleur ami, Stevie est particulièrement proche de ce dernier. Il fait très souvent office de confident, écoutant avec patience Malcolm se plaindre à longueur de temps. Malcolm et Stevie restent en tout cas très complices : ainsi, si Malcolm ne se gêne pas pour se moquer gentiment du débit de parole de son ami, Stevie fait preuve de beaucoup d’autodérision à propos de ses handicaps.
Sa mère Kitty est hyper-protectrice voire parfois possessive. Néanmoins, Stevie ne se plaint jamais et considère qu’elle agit ainsi pour son bien. Comme le dit Malcolm : « Je viens passer mon après-midi chez Stevie Kenarban, on joue à tous mes jeux vidéo préférés… quand j’avais quatre ans et demi. » Mais cela n’empêche pas Stevie d’être profondément attaché à sa mère. On le voit quand celle-ci l’abandonne, il en perd la parole. À l’origine, le personnage de Stevie ne devait apparaître que dans le premier épisode, mais il a apporté beaucoup de valeur ajoutée à la série.
L’un des problèmes de santé de Stevie est la neuropathie motrice, comme il est rélévé dans l’épisode « Vices cachés » (saison 7, épisode 3). La neuropathie motrice est une incapacité nerveuse dans laquelle les nerfs cessent de tirer ou tirent incorrectement, ce qui entraîne soit une absence de mobilité, soit un mauvais contrôle des mouvements.
Répliques
C’est pas ma faute… C’est la société !
Stevie
Tu essaies de finir… ce que Dieu a commencé ?
Stevie - après que Malcolm fasse tomber son fauteuil
Ma mère à moi… elle m’a téléphoné… complètement saoule pour mon anniversaire… pour m’emprunter de l’argent.
Stevie
J’ai regardé… mon père mettre le feu… à ses photos de mariage.
Stevie
Je préfère garder le peu de force qu’il me reste pour respirer.
Stevie
On prie… et on prie… et un beau jour… ça arrive enfin.
Stevie - sur le fait d'avoir une copine
S’amuser… c’est pour les tocards !
Stevie
Moi je parle… sans prendre le temps… de réfléchir.
Stevie
Empêchez-le… Vous qui avez… des jambes qui marchent !
Stevie
Toi, tu es… éclatante de vie... J’peux… t’rouler une pelle ?
Stevie
Avec mon… intelligence… les quotas d’intégration… je n’aurai… aucune… limite !
Stevie
Tout ça… peut se passer… en douceur… ou alors… on choisira… la manière… forte.
Personnage central de la série, (« in the middle », comme le désigne le titre original), Malcolm est a priori un garçon ordinaire et même un peu « sale gosse », issu d’une famille excentrique et d’une fratrie turbulente de la « middle (!) class » américaine, donc loin d’un contexte privilégié attribué aux « héritiers » et à « la culture d’élite ». Il découvre pourtant, à l’issu d’un test, qu’il est un petit génie avec un quotient intellectuel de 165, et entre, contre son gré à son grand dépit, dans une classe de surdoués, dont tous les élèves sont affublés d’un même surnom péjoratif : les « têtes d’ampoule ».
Ce postulat est celui de la série et de l’épisode pilote (1.01). Il sera l’arc narratif essentiel général et un des principaux ressorts comiques des premières saisons : le bouleversement et les conséquences de ce QI exceptionnel dans la vie d’un pré-adolescent de la classe moyenne (basse) américaine, qui aurait voulu, plus que tout au monde, être juste… normal !
Dès le tout premier épisode, et jusque très tard dans la série, Malcolm ne vit pas son intelligence comme un don, mais comme une véritable malédiction.
Surdoué malgré lui
Ce rejet de son intelligence comme un obstacle au bonheur, Malcolm l’exprime très souvent, au détour de simples répliques désabusées qui font toute la drôlerie et le charme du personnage. La bêtise exaspère Malcolm autant qu’elle le fascine, elle le repousse autant qu’elle l’attire. Ainsi, au-delà des simples mots, le jeune homme va plusieurs fois jusqu’à essayer de devenir bête à son tour, prêt à renoncer à toute intelligence, si cela peut au moins lui permettre d’être heureux et plus spontané. C’est le cas par exemple quand il demande à Reese de lui apprendre à débrancher son cerveau (4.04). Ou encore quand il s’efforce de refoulées toutes ses remarques négatives, une lourde censure qui le mènera jusqu’à l’ulcère (4.07) !
Alors que tant de personnes – et de personnages de fiction – déplorent leur « normalité », craignent d’être ordinaires, et luttent pour se démarquer (talent, pouvoir, actions, esprit, parole…), on a ici affaire à un personnage qui assume complètement une volonté de conformisme scolaire. Malcolm veut être intégré, accepté, aimé, voire même, convoite l’inaccessible « poste » de mec cool et populaire de l’école/collège/lycée. Un rôle qui lui est instantanément interdit dès lors qu’il entre dans ce cercle très fermé et pestiféré des intellos et des surdoués.
La série se lance ici d’entrée sur un de ses créneaux les plus forts, ce qui va faire non seulement l’un de ses plus puissants axes humoristiques mais aussi l’originalité et l’intelligence de son propos : la « sociologie scolaire ». Loin, bien loin du traitement secondaire, idéalisé et superficiel de l’école dans de nombreuses autres séries mettant en scène des adolescents.
L’école, les copains & la famille
Will Jennings (Kyle), Evan Matthew Cohen (Lloyd) et Kyle Sullivan (Dabney Hooper) dans « Pom pom boy » (saison 1, épisode 12).
Les 3 premières saisons de la série suivent les années collège de Malcolm en classe « spéciale ».
Brillant, mais mal à l’aise à l’école où il n’assume pas son nouveau statut, Malcolm va redoubler d’inventivité et de stratagèmes pour fuir la classe des surdoués, que ce soit en séchant tout bonnement, ou alors en se jetant sur la première occasion, comme c’est le cas lorsqu’il simule une déprime pour gratter des séances chez la psy scolaire (2.08), ou encore quand il s’enrôle dans la troupe de théâtre des lycéens, pas peu fier de faire son entrée dans le monde des grands (2.09).
Pourtant, Malcolm peut compter sur une bande de têtes d’ampoule sympathiques et attachants, qui lui vouent une sincère amitié, de l’admiration même, pour certains. Il noue surtout une amitié durable, solide et franche, bien que semée de querelles et d’amour vache, avec Stevie Kenarban, un garçon afro-américain, handicapé, bigleux et asthmatique, profondément gentil et loyal, Deux tempéraments opposés pour un duo inséparable et d’autant plus drôle que, des deux, c’est Stevie qui aurait bien plus matière à se plaindre, mais qui essuie avec beaucoup de patience les plaintes, les sarcasmes et les états d’âme de son ami.
Excellent par la puissance de son QI, Malcolm l’est beaucoup moins par l’ingratitude et la loyauté très discutable avec laquelle il traite sa bande de copains, estimant qu’il mérite mieux mais soupirant après d’inconsistants élèves plus populaires. Le temps va toutefois parvenir à pérenniser et renforcer les liens de Malcolm avec Kevin, Dabney (que plusieurs indices sous-entendent amoureux de Malcolm…) et Lloyd.
C’est un peu la même relation ambivalente que Malcolm entretient avec sa famille. Affichant un recul déconcertant par rapport à ce qu’il considère comme une bande de boulets, qu’il rêve plusieurs fois de fuir (se prenant même à rêver d’une autre famille (1.05), il finit toujours par réaliser en quoi sa famille, bien qu’imparfaite et pas sortable, est aussi soudée, chaleureuse et surtout solidaire. Ses prises de bec et ses conflits avec sa mère sont mémorables, Malcolm étant clairement le seul à avoir le caractère et l’intellect pour croiser le fer avec elle. Les disputes et les pugilats avec ses frères sont continuels, mais s’équilibrent avec leurs moments de complicité et leur génie mutuel pour les bêtises.
Souvent embarrassé par Caroline Miller, sa professeure principale qui lui renouvelle sans arrêt son soutien appuyé dans les saisons 1 et 2, Malcolm change d’ambiance quand débarque, en début de saison 3, le terrible professeur Lionel Herkabe, une ancienne tête d’ampoule vaincu au jeu de la vraie vie, et qui se venge sadiquement sur ses élèves en les poussant à bout dans une surenchère d’évaluations, sous couvert de les endurcir (3.02). Une situation que Malcolm va gérer et retourner d’une main de maître, l’un de ses plus grands moments.
Entrée au lycée & évolution du personnage
Frankie Muniz (Malcolm) dans « Frapper et recevoir » (saison 5, épisode 12).
À partir de la saison 4, et cela jusqu’à la fin de la série, Malcolm, est au lycée. Un environnement un peu plus clément pour les surdoués, où ils peuvent d’ailleurs se mêler aux autres élèves, mais où d’autres défis liés à l’adolescence les attendent.
Au lycée, Malcolm retrouve sa petite bande de têtes d’ampoule au complet (excepté Kyle, le rouquin), sans grand enthousiasme toutefois, obsédé qu’il est toujours par sa réputation et la volonté de se refaire une image.
Pour notre plus grand plaisir, et au grand dépit de Malcolm, le lycée voit aussi le retour du cinglant professeur Lionel Herkabe, devenu CPE, dans une évidente volonté des auteurs – ô combien appréciée ! – d’exploiter au maximum le potentiel de ce personnage aussi désopilant qu’horripilant. Ses guerres psychologiques avec Malcolm sont des épisodes savoureux et de haute volée. Malcolm n’est jamais si grandi et brillant que lorsqu’il fait face à des adversaires à sa taille (comme son rival dans le concours des surdoués (4.07), le forçant à concilier son génie et son sens moral, bien souvent en conflit.
Si la saison 4 exploite bien le contexte du lycée et propose plusieurs péripéties scolaires très amusantes, les saisons suivantes s’en détachent peu à peu, les auteurs estimant sans doute que le tour du sujet commence à être fait. Il faut réinventer Malcolm, le confronter à des situations inédites, et c’est ainsi que l’on retrouve davantage le personnage dans des intrigues domestiques, dans le cadre de la maison familiale ou du quartier, ou alors, le plus souvent, dans ses activités extra-scolaires et particulièrement, ses jobs. Parmi eux, le plus notable est évidemment celui d’employé au Lucky Aide, le supermarché où travaillent Lois et Craig. L’occasion de nouvelles intrigues avec sa mère et d’aventures improbables avec le personnel, mais surtout de mettre le surdoué à l’épreuve d’un autre monde que celui de l’école : celui des adultes et du travail, non moins rempli de règles arbitraires et absurdes. Sous couvert d’humour toujours aussi jubilatoire, la série poursuit son discours sociologique au vitriol, en le déplaçant dans la vie active.
Ce sont aussi des saisons où le personnage de Malcolm s’efface un peu derrière des personnages secondaires de plus en plus forts, charismatiques et inspirants, drôles et attachants, à commencer par son père, l’impayable Hal, bien sûr, mais aussi ses frères qui décrivent une évolution très intéressante. Plus que jamais, Malcolm est « in the middle », et par ailleurs, sa propre évolution psychologique n’est pas toujours à son avantage. En grandissant, le personnage perd son côté « mignon » du début, et s’affirme de plus en plus comme une boule de nerfs et d’aigreur. Il se montre volontiers impatient, négligeant, voire déloyal et injuste. Très autocentré et toujours superficiel (il utilise une bourse d’étude pour… s’offrir une séance de shooting photo (7.10), il peut perdre du terrain dans la sympathie du spectateur par rapport aux autres membres de sa famille. Heureusement, un épisode vient toujours pour nous rappeler à quel point Malcolm peut être génial et campé sur de nobles principes avec la ténacité d’une Lois ! Mais surtout, il reste de façon constante notre interlocuteur privilégié, face caméra, toujours avec la même éloquence, le même esprit et le même humour ravageur, nous offrant ainsi plusieurs des répliques les plus cultes et savoureuses de la série en guise d’introduction, de conclusion ou de commentaire !
Dans la saison 7 (dernière de la série, équivalent de l’année de Terminale pour Malcolm), le grand examen final du secondaire (équivalent du Bac) est au bout du chemin et, avec lui, la préparation des études universitaires. Un rituel qui prend une toute autre dimension qu’en France, aux USA, où les universités sont très puissantes, et où elles s’arrachent les meilleurs élèves pour ajouter à leur prestige. Ainsi, la question : « à quelle université Malcolm va-t-il confier son génie ? », plane sur la saison, et c’est d’ailleurs le sujet d’un épisode aussi improbable que drôlissime où Hal, toujours heureux de se faire mousser, fait jouer la concurrence et enchaine les rendez-vous… galants… avec les chasseurs de tête de Harvard, du MIT, de Princeton, etc. (7.12). Lois ne fait guère mieux que son époux, en collant (comme souvent) la honte de sa vie à son fils, lors d’une porte-ouverte de campus, où elle entre en conflit frontal avec un RRU (Responsable de Résidence Universitaire) aussi despotique et avide de pouvoir qu’elle (5.16).
En réalité, peu importe le prestige de l’établissement, la qualité du campus ou les cadeaux, la définition d’une bonne faculté est très simple pour Malcolm, et il nous la résume ainsi : qu’elle soit à plusieurs milliers de kilomètres de sa mère ! (7.22)
Le dénouement de Malcolm
Frankie Muniz (Malcolm) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22).
Dans le dernier épisode de la série (7.22) qui relate sa remise de diplôme, Malcolm se voit proposer une opportunité avec son meilleur ami, Stevie : un grand chef d’entreprise (sorte d’Ellon Musk avant l’heure) leur propose un très juteux contrat pour travailler dans sa compagnie cotée en bourse. Une proposition alléchante, qui vend du rêve à Malcolm (argent, recherche appliquée, vie active, autonomie), prêt à renoncer à toute étude supérieure pour s’y précipiter. C’est sans compter sur Lois, qui use une fois de plus de son droit d’ingérence maternel pour poser son veto. C’est l’ultime grande confrontation entre Malcolm et sa mère, la dernière d’une longue série, et qui a pour enjeu rien de moins que son avenir. Avenir tout tracé par Lois (et approuvé comme une évidence par toute la famille) qui déroule à son fils, médusé, le plan de carrière qu’elle a conçu pour lui : devenir le Président des Etats Unis d’Amérique. Rien que ça !
Dans un dernier baroud d’honneur qui n’oublie pas l’humour et la folie qui ont fait son succès, la série ne manque pas de raccorder ainsi avec le discours social qui lui est si cher. Lois tient absolument à ce que Malcolm ne jouisse pas des privilège que lui confère son génie ; elle met un point d’honneur à ce qu’il en bave, à ce qu’il emprunte le chemin le plus long et le plus difficile pour rester au plus près de ses origines modeste et ainsi n’oublie jamais d’où il vienne. Mais aussi, qu’il apprenne l’humilité et la bienveillance, des qualités qui – on l’a vu – peuvent lui faire défaut. Alors, il pourra être le premier Président à savoir ce qu’est vraiment la galère, et en même temps faire profiter tout un pays de ses trésors d’intelligence, au service des bonnes causes.
La série ne dit pas si le plan de Lois arrive à terme, mais en tout cas, on retrouve bel et bien Malcolm, homme de ménage, entre deux cours de faculté.
Anecdotes
Q.I. gagnant
Après des années à endurer la classe des « têtes d’ampoule », le fardeau de Malcolm finit par payer dans la dernière saison : il choisit Harvard comme université dans l’épisode « La force de l’engagement » (saison 7, épisode 12) avant d’intégrer cette prestigieuse université dans l’épisode final. On notera que les scénaristes ont de la suite dans les idées : dès les premières saisons, Lois indique souhaiter que Malcolm aille à Harvard !
150 sur 151
L’épisode « Le testament impossible » (saison 4, épisode 17) est le seul de la série où Malcolm n’apparaît pas, bien qu’il soit présent à travers les flashbacks.
Premières fois
Malcolm aura son premier baiser dans l’épisode « Pile et face » (saison 2, épisode 20), et sa première fois aura lieu quelques années plus tard dans l’épisode « Allumer le feu ! » (saison 7, épisode 1).
Malcolm a un incroyable talent
Qui l’eut cru ? Malcolm s’avère très doué pour la danse (« L’abri de mes rêves ») alors que Lois lui avait prédit un désastre s’il s’essayait au flamenco ! (« Le somnambule », épisode 6.07)
Croissance difficile
La subite poussée des jeunes acteurs durant les deux premières années de tournage a contraint les scénaristes à adapter leurs histoires, les personnages de Reese et Malcolm affichant désormais des traits de véritables adolescents. Ainsi, entre le tournage des deux premières saisons, Frankie Muniz alors âgé de 14 ans, avait pris 20 centimètres et avait également mué et perdu au moins une octave dans sa voix. Ainsi, les producteurs ont tourné le premier épisode de la saison 2 en urgence pendant l’été car il se déroulait directement après le dernier de la saison précédente. C’est à ce moment-là que les scénaristes ont dû changer les histoires qu’ils avaient prévues pour leur héros, comme l’a dit Linwood Boomer :
« On a réalisé que beaucoup des histoires de fin de primaire, d’enfant de 10 ou 11 ans, qu’on avait prévu de faire n’étaient plus faisables. On a dû écrire en fonction de son âge. »
Un prénom attendu au tournant
On apprend dans l’épisode « À fond la caisse » (saison 1, épisode 10) à qui Malcolm doit son prénom : rien à voir avec Malcolm X, il s’agit d’un hommage au pilote (fictif) Rusty Malcolm, que Hal semble vénérer. C’est d’ailleurs Hal qui a convaincu Lois de le nommer ainsi, après qu’elle a refusé pour les deux premiers enfants.
Répliques
J’ai été accepté à Harvard. On sait pas comment on va payer, mais on doit trouver un moyen ! C’est la fac de mes rêves : C’est à trois mille kilomètres de ma mère !
Malcolm
Mais même en partant à des milliers de kilomètres, nos familles nous accompagnent. Elles seront avec nous pour toujours, dans nos habitudes, nos actions, et dans les choix que nous faisons.
Malcolm
Si les flics nous arrêtent, ils accuseront nos parents de nous avoir abandonnés ! C’est le crime parfait !
Malcolm
Elle continue à me parler, mais après « t’es craquant ! », j’ai plus rien écouté !
Malcolm - drague une fille
Il faut toujours que je la ramène. Ça me suffit pas d’en savoir plus que tout le monde, ce qui est important, c’est qu’ils sachent que j’en sais plus qu’eux !
Malcolm
Grand-mère est de retour chez nous. Elle aurait pu se contenter de nous pourrir la vie au téléphone... Elle a dû percevoir la vibration légère du bonheur sur sa toile de mygale, et s’est ruée chez nous pour la réduire à néant !
Malcolm
Je refuse… de vivre… dans un monde… où c’est Reese qui a raison.
Malcolm
Chez nous, parler de ses émotions, c’est pire que de parler de sexe !
Malcolm
On est en plein dans la phase « Roule-moi des pelles toute la journée » ! On est à un point où on sait plus s’ils s’embrassent ou s’ils se nettoient !
Malcolm - à propos de Reese et sa copine
Penser ou croire à ces absurdités, c’est complètement débile, c’est malsain et mauvais pour la société ! Le monde n’est pas régi par la magie ou la superstition ! Le monde est rationnel !
Malcolm
Je reste dormir à la cité U : je pourrai aller où je veux et prétendre que j’ai été abandonné à la naissance !
Malcolm
C’est le meilleur moment de la journée : le quart d’heure qui sépare la fin de l’horreur des cours du début de l’horreur en famille.
Malcolm
Un jeudi sur deux, on va tous Chez Luigi manger une pizza. C’est les deux seuls soirs du mois où, quand je me couche, je suis pas désespéré. Tous les quinze jours, comme par magie, on se transforme en famille à peu près normale !
Malcolm
C’est drôle, tous ces trucs que les parents doivent faire tout le temps, tous les repas, tous les bains, changer les couches, faire attention à tous ces produits et tout le reste ! Ça me fait prendre conscience que… maman n'a rien fait de tout ça !
Malcolm
Soyons lucides : tous les habitants de cette planète sont des abrutis satisfaits qui s’admirent le nombril !
Malcolm
Le petit-déj, c’est le moment le moins pire de la journée !
Malcolm
C’est seulement quand je dors que ma vie vaut vraiment la peine d’être vécue ! Au moins, je peux rêver que je suis heureux.
Malcolm
Cacher du fric dans un bouquin, c’est le seul endroit où personne de ma famille ira regarder !
Malcolm
J’aurais mieux fait de la boucler y a trente secondes.
Malcolm - drague Alison
Je me lèverai quand ce monde ne sera plus une vaste et cruelle plaisanterie, c'est-à-dire jamais !
Malcolm - à Lois
Pourquoi l’univers croit qu’il faut presque me tuer pour que je change ? Ma vie est un désastre, je vais me coucher.
Malcolm
J’ai pas fermé l’œil depuis une semaine. Les premières quarante-huit heures ont été dures, mais je crois que j’ai réussi à trouver un second souffle. C’est quoi le sommeil, en fait, si ce n’est une perte de temps ?
Malcolm
Ce collège, vous le détestez tous, qui que vous soyez, et moi aussi ! On déteste les profs, on déteste l’administration, on déteste les bâtiments ! On doit se concentrer sur ce qui nous rassemble, parce que si on se met à se haïr, alors qui haïra le collège ?
Malcolm - aux têtes d'ampoule
C’est vrai que je suis intelligent ! Et alors ? C’est un crime ? Je suis désolé de pas être idiot !
Malcolm
Dieu est tout puissant, il sait tout et il voit tout… comme maman, en invisible ! Donc, il vaut mieux être son ami que son ennemi.
Malcolm
Ce serait génial qu’elle soit ma copine, et c’est pour ça que ça m’arrivera jamais ! C’est mon destin à moi d’être le plus malheureux de toute la Terre !
Malcolm
Est-ce qu’une fois je pourrai apprendre quelque chose de la vie sans tout faire sauter ?
Malcolm
On est en pleine colère de force 4. Si on veut être épargné, ne pas faire de mouvements brusques et éviter tout contact visuel.
Malcolm - à propos de Lois
Rien de tel que la maison pour vous faire regretter l’hôpital !
Malcolm
Grand-mère, je vais pas te frapper ! Un enfant ne devrait pas avoir à dire ça !
Malcolm - à Ida
Toute ma vie, j’ai vu mon père se lever le matin et aller au bureau à reculons, faire un boulot débile. Et moi, j’ai rien remarqué ! Je suis vraiment égocentrique… Oh, non ! Je pense à une chose : si jamais ça m’arrivait ?
Malcolm
Je rêve d’au moins un souvenir d’enfance que je n’aurai pas besoin de refouler à l’âge adulte !
Malcolm
La seule raison pour laquelle tout le monde me tolère, c’est uniquement par peur de mon frère ?
Malcolm - à propos de Reese
Pour autant que je sache, mon école n’existe que dans un seul but : me pourrir la vie le plus possible.
Malcolm
C’est le meilleur moment de la journée, après qu’on soit rentrés de l’école et avant que nos parents soient de retour. C’est l’heure magique où les enfants sont les rois du monde !
Malcolm
Dans notre famille, « buffet à volonté », c’est un défi personnel à relever !
Malcolm
Quand je viens passer l’après-midi chez Stevie Kenarban, on joue à la console à tous mes jeux vidéo préférés… quand j’avais quatre ans et demi.
Malcolm
Intéressant ce dîner ! Stevie a mis Reese KO au premier round, son père a trop bu, et sa pauvre mère est bonne à mettre chez les fous ! Oh, mon Dieu ! On est contagieux !
Malcolm
Être privé de télé pendant deux mois, rien de tel pour prendre de la distance !
Malcolm
Je comprends pas pourquoi ma mère me réveille à 8 heures, le matin. L’école commence pas avant 8 heures et quart.
Malcolm
Je suis une "tête d’ampoule" avec un frangin pom-pom girl. Je pourrais me faire dessus en public que ça serait quand même moins grave.
Malcolm
Quand une tête d’ampoule fait des blagues sur toi, c’est que t’es vraiment dans la mouise !
Malcolm
C’est le truc classique : avouer volontairement une petite bêtise pour dissimuler une grosse.
Malcolm
Je connais un gosse, sa mère elle l’embrasse le matin pour le réveiller !
Malcolm - quand sa mère le réveille sans ménagement
Le seul truc pire que pas avoir de télévision, c’est du golf à la télévision !
Malcolm
Vous savez ce qu’il y a de mieux finalement dans l’enfance ? C’est qu’à un moment donné ça se termine.