Kelly est le·a benjamin·e inattendu·e de la famille, né·e bien après les autres frères, dans une période où Hal et Lois pensaient en avoir (largement) terminé avec les couches et les réunions parents-profs. En effet, c’est à la fin de l’épisode 7.22 – « Malcolm président » qu’on apprend que le couple attend son sixième enfant ! Il faudra néanmoins attendre près de 20 ans pour découvrir ce personnage une fois adolescent, qui a su cultiver sa singularité.
C’est dans l’épisode 4.09 – « Grand-mère attaque » (Grandma Sues), alors que grand-mère Ida fait un procès à Lois et Hal, que le couple apprend désastré qu’il attend un cinquième enfant ! Après avoir été sous le choc, les garçons prennent finalement la nouvelle d’une façon assez enthousiaste et sont même prêts à faire des sacrifices pour que la famille puisse tenir le coup financièrement avec une bouche en plus à nourrir. Finalement, c’est dans l’épisode 4.20 – « Le bébé – 1re partie » (Baby (1)) que Lois perd les eaux, alors que le reste de la famille est absent. C’est dans la seconde partie de l’épisode que Francis aide à accoucher sa mère en compagnie de Francis, Piama, Ida, Abe et sa bande. Ils décident de l’appeler Jamie, mais ce n’est que dans le premier épisode de la cinquième saison, « Las Vegas » (Vegas), qu’on découvre que se cache un garçon derrière ce prénom mixte.
À partir de ce moment là, alors qu’il ne sait même pas encore marcher, le nouveau-né va multiplier les bêtises en suivant l’exemple de ses frères, comme dans l’épisode 5.17 – « Chance et malchance » (Polly in the Middle) où il part en vadrouille à quatre pattes. Dans les deux dernières saisons, Jamie a grandi et prend un rôle plus important en affirmant son caractère bien trempé et téméraire. Il va par exemple donner du fil à retordre à sa mère dans l’épisode 6.08 – « Sévir et protéger » (Lois Battles Jamie), alors qu’il montre déjà son côté malin en parvenant facilement à berner son grand frère Reese. Dans la saison 7, il va entre autres échapper à la surveillance de ses frères dans l’épisode 7.04 – « La maison de l’horreur » (Halloween) et jouer les psy avec sa mère dans l’épisode 7.03 – « Vices cachés » (Reese Vs Stevie)… avant de lui accorder ses premiers mots : « la ferme ! »
Anecdotes
Un Jamie peut en cacher un autre
À la fin de la saison 4 et lors de la saison 5, Jamie est un jeune bébé. Ce sont différents bébés qui ont donc interprétés le rôle, deux en particulier lors de la saison 5, plutôt différenciables et reconnaissables. À partir de la saison 6 et jusqu’à la fin de la série, ce seront des jumeaux qui interprèteront Jamie : James et Lukas Rodriguez. Pourquoi des jumeaux ? Car selon la loi américaine, un très jeune enfant n’a le droit de travailler que quelques petites minutes par jour, et deux jumeaux permettent donc de doubler ce temps de tournage réglementaire très limité et encadré. Pour l’anecdote, jetez un coup d’œil à Jasmine (l’un des bébés de l’épisode « Cachotteries ») : elle est incarnée par James et Lukas Rodriguez, qui prêteront leurs traits la saison suivante à Jamie !
Premiers mots
Le premier mot de Jamie est « la ferme », dans l’épisode « Vices cachés » (saison 7, épisode 3), mais personne ne l’a entendu. Il faudra attendre l’épisode « Le côté obscur » (saison 7, épisode 7) pour que quelqu’un l’entende enfin parler.
L’enfant surprise
La grossesse de Lois, retournement scénaristique qui a nourri l’intrigue de la saison 4, n’est pas si innocent. En effet, à la même époque Jane Kaczmarek et son mari Bradley Whitford attendaient leur troisième enfant, Mary Louisa Whitford. Les scénaristes ont donc fait le choix d’introduire la grossesse de l’actrice dans la série… Ce qui a donné naissance à Jamie, à la fin de la même saison. Et contrairement aux nombreuses autres séries où la grossesse d’une actrice principale est introduite dans le scénario de la série d’une façon assez maladroite, dans Malcolm les scénaristes ont su rebondir pour offrir un personnage gagnant en importance au fil des trois dernières saisons.
(Jamie) dans « Mes beaux sapins » (saison 5, épisode 7).
Woke avant l’heure
Bien malin celui qui pouvait affirmer le sexe du cinquième enfant à l’issue de la saison 4 : Jamie est un prénom mixte, et les scénaristes ont intelligemment fait patienter le public jusqu’à la saison 5 pour la révélation.
Femme de Hal et mère de Malcolm, Lois cumule à la fois sa vie d’épouse, de mère de famille et un harassant travail de caissière dans le supermarché Lucky Aide en compagnie de son collègue et principal soupirant, Craig. Lois est une femme à poigne, régnant sans partage sur sa petite tribu de garçons ingrats et turbulents, exigeant de sa part une vigilance permanente et une discipline de fer poussée au génie qui ont fait toute la légende et la drôlerie de son personnage.
Plusieurs flashbacks parcourant la série révèlent des éléments plus ou moins cohérents du passé de Lois, la montrant déjà femme à principes, militante écologiste, particulièrement intransigeante et stricte, durant ses années lycée (et, très ironiquement, ne voulant surtout pas d’enfants, mais rêvant d’aller étudier à Paris !). (5.03)
Maman gâteau avec son premier enfant, Francis, durant les débuts de son couple avec Hal, la jeune femme a dû rapidement éveiller son alter ego « Evil Lois » pour venir à bout des caprices et des provocations du petit garçon démoniaque (et de ses petits frères à venir), devenant peu à peu la mère aguerrie, radicale et autoritaire que l’on connaît.
Mère despotique et génie de la discipline
Jane Kaczmarek (Lois) dans « Alerte rouge » (saison 1, épisode 2).
Dans une série où les enfants sont les stars, et où les bêtises et autres frasques sont à la base des intrigues, Lois a le mauvais rôle. Elle part sur un handicap pour inspirer de la sympathie et peut vite apparaître comme une antagoniste, austère et rabat-joie, qui se met toujours en travers des plans de nos jeunes héros. Mais, fidèle à son humour décapant, la série ne manque pas d’exploiter le potentiel humoristique de cette mère despotique et, au contraire, joue savoureusement sur ses pétages de plombs, ses méthodes extrêmes et sa créativité en matière de punitions.
On en a une démonstration dès le deuxième épisode de la série, avec le fameux incident de la robe rouge brûlée (1.02). Pour démasquer le coupable parmi ses trois cadets, tous les moyens sont bons, et tout y passe : interrogatoires séparés, tentative de monter les suspects les uns contre les autres, menaces sur un être cher (la télévision, en l’occurrence !) ou encore, torture psychologique (« Sois gentil, pas méchant ! C’est pas gentil, d’être méchant ! »). Heureusement, les enfants peuvent compter sur un précieux allié, un vétéran, un survivant, revenu de l’enfer maternel et bien rodé à ses méthodes : Francis, leur grand frère exilé en école militaire, qui les aide à déjouer les plans de Lois.
Dans un épisode, Lois dira que les idées de punitions jaillissent comme du pop corn dans sa tête (5.15) ! Et Malcolm de confirmer que sa mère n’a jamais été aussi inspirée, au point que son frère, Reese, a eu son premier cheveu blanc ! Lois réussira même à impressionner et à inspirer un sergent instructeur de l’armée des États-Unis, dans une surenchère d’idées farfelues pour punir les garçons (6.01). Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la mère aura fait forte impression sur un membre du corps militaire : le commandant Edwin Spangler, à la tête de la Marlin Academy où est inscrit Francis, a eu un véritable coup de foudre pour cette femme de poigne (1.14) qui n’a peur de rien et de personne, et sait moucher n’importe qui, fût-il détenteur de l’autorité suprême. Lois est l’autorité.
Lois n’a pas peur de passer pour la méchante, s’il le faut. Plus encore, elle en joue allègrement, et endosse volontiers ce rôle, prenant des airs de geôlière plus que de mère. Un brouillage sur lequel elle ironise elle-même, en rétorquant à ses enfants :
« De quelle mère tu parles ? Moi, je ne vois qu’un gardien de prison qui vous reconduit à votre cellule ! »
Cellules ; gardienne de prison ; interrogatoires ; punitions ; torture psychologique ; et même fouille corporelle ou des chambres (1.10) ; pour peu, on se croirait presqu’à Fox River, la prison d’État d’une autre série culte de la chaine Fox : Prison Break. Mais non, nous sommes bien chez Malcolm. Les réveils sont difficiles pour les détenus, euh, enfants : à peine les réveils sonnés, les rideaux sont ouverts brusquement, et les couvertures sont arrachées sec (1.07) ! Pour le petit bisou du matin, il faudra repasser ! Reese refuse de trouver un travail ? Soit ! C’est la fin de tous ses privilèges de membre de la famille : plus de papier toilette, plus de repas, plus de chambre et condamné à coucher dehors et à s’associer avec des SDF dans le jardin de sa propre maison (7.06) ! Une situation extrême[ment drôle] qui n’est pas sans rappeler celle déjà vécue par Francis quelques saisons plus tôt, lorsqu’il avait été viré par sa mère (2.19).
Wonder Lois
À Lois, rien d’impossible ! Quand Reese, devenu soldat bien malgré lui, se retrouve coincé sur le front en plein Afghanistan, embarqué dans une mission classée « secret défense », la mère obtient sans trop de difficultés la localisation, la référence du régiment et un vol direct vers Kaboul (6.01). Sur les traces de son fils pendant plusieurs semaines à travers tout l’Orient, elle vient le chercher elle-même par la peau des fesses au fin fond du Pakistan.
Un aspect « wonder woman » de Lois poussé au maximum, jusqu’à l’absurde et même au surnaturel, devenant l’un des principaux traits comiques du personnage. Lois est présentée plusieurs fois comme omnisciente, pourvue d’une espèce d’instinct maternel ou de radar parental ultra-développés qui lui permettent de détecter la moindre perturbation, le moindre coup-fourré, le moindre mensonge, et ne serait-ce même que le début d’un projet d’une bêtise. Elle en avertit elle-même les garçons lors d’Halloween (2.02) :
« Tu n’as pas besoin de savoir l’heure à laquelle j’arriverai ! La seule chose qu’il faut que tu saches, c’est qu’il suffira juste que tu penses à quelque chose de stupide, pour que je surgisse du fond du ciel et que je vous tombe dessus comme la misère sur le monde ! »
Une analogie divine, renvoyant à l’omniscience, à la toute-puissance et au redoutable courroux de la mère, que Malcolm confirme et reformule explicitement à la fin d’un épisode (3.05) :
« J’ai beaucoup réfléchi à propos de Dieu. Sur lui, je sais pas grand-chose. Je sais juste que Dieu est tout puissant, qu’il sait tout et qu’il voit tout… euh, comme maman, en invisible ! Donc, il vaut mieux être son ami que son ennemi. »
Jane Kaczmarek (Lois) dans « Famille, je vous hais » (saison 4, épisode 3).
La discipline, la droiture morale et l’autorité de Lois ne s’appliquent pas qu’à ses enfants et à son rôle de mère. Elle s’étend à tous les domaines, à tous les individus, à commencer par son propre époux, Hal, qui est en quelque sorte son sixième enfant et qu’elle mène à la baguette. Il faut dire que l’immaturité de Hal l’exige, et que du propre aveu de ce dernier, la famille s’effondrerait complètement si Lois ne le tenait pas d’une poigne de fer. La démonstration en est faite aux quelques occasions où Lois doit s’absenter de la maison. Rapidement, l’anarchie règne ; Hal régresse, pète les plombs (1.14), ou renoue avec de mauvaises fréquentations (4.14) ; les enfants, laissés sans surveillance, en profitent pour n’en faire qu’à leur tête et entreprendre leurs pires bêtises.
Hal craint sa femme autant qu’il l’aime, et ce cocktail fatal de peur et de passion fait qu’il lui obéit aveuglément ; il est même souvent incapable d’évaluer une situation et de prendre une décision sans son avis. Et pour cause ! Contrairement à son mari et à ses enfants (et à beaucoup trop d’autres personnes, à son goût), Lois a une véritable échelle de valeurs, bien à elle, et de profondes convictions morales, qui sont autant de critères et de certitudes lui permettant d’agir en âme et conscience, de prendre des responsabilités, de déterminer ses attentes envers autrui et de se fixer une ligne de conduite. Cela en fait une candidate idéale au rôle de jurée dans un procès pour lequel elle est tirée au sort ; une fonction dont elle s’acquitte avec un zèle et un scrupule exemplaires (3.20).
La rancunière
Ne se contentant pas d’appliquer ses principes sur elle, Lois les exige aussi bien chez les autres, et pas d’exception pour les connaissances et les amis ! Au contraire ! Ainsi, lorsque Kitty, la mère de Stevie qui avait abandonné sa famille pour mener une vie de débauche, réapparaît du jour au lendemain, Lois est la seule à refuser d’accorder son pardon à la repentante (6.05). Pour Lois, les actes ont des conséquences, et demander pardon est trop facile. Les bouderies rancunières de Lois sont légendaires et tenaces, consistant à ignorer absolument la personne fautive à son encontre. Francis en fait lui-même les frais lorsqu’il se fait émanciper dans le dos de ses parents (3.02).
Lois n’a pas peur du scandale, et l’a même élevé au rang d’art, ne reculant jamais devant une scène, estimant même (tout en le déplorant) que l’on ne peut rien obtenir de juste dans ce monde injuste, si on ne frappe pas plus fort que ceux qui nous abusent. Les gérants du restaurant préféré de la famille, Luigi’s, en font les frais, quand la mère de famille s’estime escroquée par leur politique de pourboire (5.14). Les mesures sont immédiates et radicales : boycott absolu du restaurant, et interdiction à tout membre de la famille de s’y rendre. Un supplice pour Hal et les garçons, accros aux pizzas !
Ce n’est pas la première fois que Lois pénalise sa famille en voulant tenir tête à une enseigne ou défendre son honneur. Quelques saisons plus tôt, c’est contre son propre supérieur qu’elle se bat, après avoir été licenciée du supermarché où elle travaille, pour une raison qu’elle estime injuste et abusive (1.09). La famille sombre dans la pauvreté extrême et doit se nourrir à la banque alimentaire pour faire face à cette période difficile, mais comme souvent, Lois finit par avoir le dernier mot et remporter la partie.
Ces affrontements tournent parfois au face à face ou au duel, pour peu que Lois tombe sur quelqu’un d’aussi intransigeant, têtu et fier qu’elle, accro comme elle au pouvoir et au contrôle. C’est le cas avec Leland, un étudiant tête à claque exerçant la fonction de RRU (Responsable de Résidence Universitaire) dans un campus dont Malcolm fait les portes ouvertes (5.16).
Celle qui a toujours raison
Jane Kaczmarek (Lois) et Sam McMurray (officier Stockton) dans « Infraction » (saison 2, épisode 16).
Lois est toujours persuadée d’avoir raison. Une conduite légitimée – mais rendue encore plus horripilante – par le fait qu’elle n’a effectivement jamais tort. Une caractéristique qui consolide son charisme « divin » de femme omnisciente et omnipotente, que nul ne peut contredire impunément, et surtout que personne ne peut prendre en faute.
C’est en partie pour toutes ces raisons qu’un des épisodes les plus cultes et associés à la légende de Lois, est celui où elle reçoit une contravention pour avoir soi-disant fait une queue de poisson à un agent de police (2.16). Un délit que la mère de famille est absolument persuadée de ne pas avoir commis, y compris lorsqu’on la met face à d’accablantes images de vidéo-surveillance. C’est forcément la vidéo qui ment ! Persuadée d’être victime d’une basse vengeance du policier avec lequel elle avait eu un petit différent peu avant l’incident, Lois se bat pour prouver son innocence, mais les preuves viennent à lui manquer. La scène où Hal la pousse à avouer – pour la première fois de sa vie – qu’elle a tort, et qu’elle peut être faillible, est non seulement hilarante et jubilatoire, mais pèse en plus très lourd dans l’évolution psychologique du personnage, dans un état de vulnérabilité et de défaite inédit. Un état dont se délectent ses enfants, ravis de voir l’armure de leur mère se fêler, et enfin capable de douter d’elle-même, ce qui ne va pas sans affaiblir son autorité. On comprend pourquoi, lorsque Craig apporte une autre version de la vidéo-surveillance prouvant que Lois a raison depuis le début, Hal et les enfants s’empressent de la détruire et de menacer l’ami de leur mère.
Une desperate housewife
C’est une lecture du personnage plus difficile à percevoir pour les très jeunes spectateurs, forcément solidaires des enfants de la série, et portés à voir Lois comme une mère tyrannique et abusive, mais quiconque a pris de l’âge et/ou du recul ne peut qu’avoir de grands élans d’empathie et de compréhension envers Lois.
C’est un personnage acculé, cerné de toutes parts, entre des parents épouvantables (en particulier Ida, mère rabaissante et malsaine) par qui elle a été (et par qui elle continue d’être) maltraitée ; un mari complètement immature et fantasque sur lequel elle ne peut pas s’appuyer ; des enfants (quatre, puis cinq, et tous des garçons) turbulents, ingrats et absolument insupportables ; et pour achever le tout, un contexte professionnel générateur de grosses frustrations, entre des clients capricieux, des supérieurs machos et des collègues désinvoltes, dont Craig qui la poursuit de ses assiduités.
Cela fait beaucoup pour une seule femme ! Surtout quand tout ce petit monde repose entièrement sur ses seules épaules, et exige d’elle une forme et un moral d’acier. On fait des burn out pour moins que ça !
On imagine sans mal le plaisir que peut prendre Lois à confier son corps aux soins experts d’un masseur chinois pour se détendre en fin de journée, durant cette brève parenthèse enchantée où – miracle ! – elle aura bénéficié de quinze minutes quotidiennes de vide dans son emploi du temps surchargé (2.09).
Contrairement à ce que s’imagine (ou aime s’imaginer) son entourage qui la surestime, Lois est bel et bien humaine, et la série n’attend pas la fin de la saison 1 pour nous la montrer vulnérable, affaiblie, blessée (de nombreuses crises de larmes frappent le personnage à diverses occasions), ou bien malade. Victime d’une de ses redoutables colères, la mère de famille se déplace une vertèbre en hurlant trop fort contre Reese (1.13). C’est tant bien que mal, et droguée à son insu par Hal, que la convalescente s’efforce de garder le contrôle de la maison depuis son lit. Peu de temps après, c’est face à une méchante grippe que la mère doit capituler, plongée dans un état second digne de L’Exorciste qui a raison de tous ses filtres habituels et la rend incapable de mentir à ses enfants (1.15). Plus loin dans la série, alors que Jamie, le petit dernier, vient de naître et ne fait pas encore ses nuits, Lois est littéralement terrassée par ce qui restera sans doute le plus gros coup de barre de l’histoire de la télévision (5.02).
Femme au bord de la crise de nerfs
Jane Kaczmarek (Lois) dans « La grande pagaille – 2e partie » (saison 5, épisode 22).
Quand elle ne réagit par l’épuisement ou par la maladie, Lois a de spectaculaires coups de ras-le-bol où elle a soudain envie de tout envoyer balader. Déjà, en voyant sa famille indifférente au sort d’une vieille tante qui vient de décéder, Lois avait littéralement « pris sa journée », abandonnant son mari et ses enfants à leur sort, livrant la maison à l’anarchie pour aller profiter d’un bon bain (1.11). Mais lorsque Hal et les enfants en viennent carrément à oublier son anniversaire, c’est la goutte de trop pour Lois qui fugue sur le champ et se réfugie dans une aire de jeu pour y frapper quelques balles de baseball et se défouler (2.03). Il faudra toute la détermination, la bonne volonté, les plates excuses et un beau discours de sa tribu pour convaincre la mère de revenir… Cela, et le fait de voir les hommes de sa vie se battre contre une armée de clowns pour défendre son honneur.
Son coup le plus dur, Lois le reçoit dans le final délirant de la saison 5 (5.21 & 5.22), et cette fois, ce n’est ni en fugue, ni clouée au lit, mais aux portes de la folie que se retrouve la mère de famille. Hal en prison, Reese porté disparu, la famille au bord de la ruine ; pour la première (et la dernière) fois, la mère aux nerfs d’acier flanche, éteint la lumière et devient complètement zinzin. La Lois foldingue se lance alors dans l’élevage de petits cochons en bouteilles de lait, qu’elle dorlote et chouchoute, jusqu’au procès dont l’issue heureuse lui rend la raison (et son tempérament de feu) d’un seul coup.
Si elle déplore souvent d’être entourée d’une bande de garçons ingrats et turbulents, égoïstes et brutaux, Lois finit toujours par réaliser qu’elle n’est pas si mal lotie, que ses fils n’ont pas un mauvais fond, et valent bien d’autres enfants.
Au cours de sa grossesse qui sera le fil rouge de la saison 4, Lois s’imagine – le temps d’une journée – ce qu’aurait été sa vie si ses fils avaient été des filles (4.10). Une expérience peu concluante qui la conforte pourtant (étrangement) dans son désir d’avoir enfin une fille ! Après quelques épisodes de suspens sur le sexe de l’enfant, le petit dernier de la famille s’avèrera bel et bien être un cinquième garçon : Jamie. Encore raté ! Mais, dans un ultime gag, le final de la série (7.22) nous laisse sur la découverte d’une sixième (!) grossesse de Lois. Enfin une petite soeur pour les garçons ? Nous ne le saurons jamais !
Lois rock’n’roll
Avec des enfants aussi intenables que les siens et un époux aussi farfelu, Lois a vite fait de passer pour une terrible rabat-joie, stricte et coincée, qui ne sait pas s’amuser et qui manque cruellement d’un grain de folie. C’est autant sa situation de mère au sein de sa famille que, par mise en abyme, sa situation de personnage dans la fiction pour les spectateurs. Face à un Hal dépourvu de toute autorité et qui peut jouer les bons copains des enfants, Lois a bien conscience d’endosser le mauvais rôle de la mégère qui sonne toujours la fin de la récré et rappelle chacun à ses devoirs, et elle avoue clairement souffrir de cette position. Cette situation de déséquilibre dans le couple, entre un père laxiste et une mère qui endosse toutes les responsabilités, est d’ailleurs à l’origine du divorce du couple dans le film Mrs Doubtfire (1993).
Dans Malcolm, heureusement, pas question de divorce, mais en plus, les auteurs de la série ont bien veillé à ne pas laisser dans l’ombre la part de fantaisie de Lois, qui fait l’objet de plusieurs intrigues, et crée plusieurs des moments les plus drôles et jubilatoires de la série.
En Lois, il y a encore une adolescente (voire une petite fille) délurée qui ne demande qu’un peu de tranquillité d’esprit, de relâchement et les bonnes circonstances pour s’exprimer. C’est le cas par exemple quand, durant leur séjour à Las Vegas, Malcolm lui procure des places pour aller voir son idole de toujours en concert : le chanteur Boon Vincent, sorte de Liberace à la manque (5.01). T-shirt de fan, hurlements, état d’excitation avancée, Lois se métamorphose alors en véritable groupie. Mais cela n’est rien à côté de l’état dans lequel on la retrouve lors du séjour de la famille au Festival du désert de Burning Man (7.01), paradant topless à bord d’une voiture remplie d’autres femmes se faisant appeler les « trompettes pompettes ».
Ma mère a un incroyable talent
Jane Kaczmarek (Lois) dans « Quelle horreur ! » (saison 6, épisode 18).
Sans aller jusqu’à ces extrémités, il y a chez Lois une véritable envie de se changer les idées et de s’amuser. Elle en exprime le souhait et le besoin, lorsqu’elle rejoint le club de lecture des femmes du quartier, qui s’avère en fait être une espèce d’apéro pour « desperate housewives » (3.03). Elle supplie son mari, Hal, de s’inscrire avec elle à un cours de danse, art qu’elle rêve de pratiquer depuis toujours (3.08). C’est finalement Reese, puni, qui s’y collera et devra suivre sa mère en jouant les cavaliers de service pour ces dames. Si cette expérience n’est pas concluante, Lois révèle pourtant d’improbables talents de danseuse, plus tard dans la série, quand elle rejoint sa mère pour les célébrations de la Saint-Grotus (6.18). La mère de famille, transformée, se livre alors à un acrobatique numéro de danse folklorique. Lois a décidément bien des talents cachés, puisqu’on la retrouve dans un numéro de siffleuse virtuose lors de l’élection de Miss Tri-County à laquelle ses enfants l’ont inscrite (6.22).
En vérité, Lois cache bien son jeu, et change de masque selon les contextes. C’est ce que découvre Malcolm avec effroi, dès lors qu’il devient son collègue dans le supermarché Lucky Aide(5.06). Il observe alors une femme drôle et détendue, qui se fait surnommer « miquette », qui plaisante et minaude avec ses collègues, et surtout : qui fume des cigarettes durant ses pauses. Et encore ! Le jeune homme n’a clairement pas vu sa mère se lancer dans la traque acharnée d’un écureuil fugitif dans le magasin, avec tout le personnel sous ses ordres (5.07) ! Ayant toujours autant de mal à faire la part des choses entre sa mère autoritaire et sa collègue de travail cool, Malcolm rejoint à contrecœur l’équipe de softball de Lucky Aide entrainée par Lois (5.12). Le jeune homme aura pourtant bien des occasions de découvrir à quel point sa mère peut être amusante et sympa, comme lorsqu’il se retrouve alité avec elle pendant plus d’une semaine à cause d’une mononucléose (7.13). Déjà, avant Malcolm, le petit Dewey avait pu profiter de bons moments privilégiés de détente et de rigolade avec sa maman, le temps d’une journée VIP durant leur séjour au casino (2.05). C’est dans un registre moins léger, mais encore plus délirant, que Reese va expérimenter une grande complicité avec sa mère, après que trois lycéennes l’aient piégé avec un faux rencard (7.16). Furieuse et rancunière, ne supportant pas qu’on ait humilié et tourné ainsi son fils en ridicule, Lois se lance dans une surenchère de vengeance qui la mènera à des actes de vandalisme commis entre mère et fils !
L’amante passionnée
Jane Kaczmarek (Lois) et Bryan Cranston (Hal) dans « Malcolm brûle les planches » (saison 2, épisode 9).
Loin d’être coincée, Lois ne le serait au contraire pas assez pour ses fils, qui ont tous (ou presque) eu à subir ses très franches et explicites leçons d’éducation sexuelle, riches en exemples personnels fort dispensables et peu ragoûtants, aussi bien pour Malcolm (4.11) que pour Francis (7.07).
Le fait est qu’en plus de tous ses talents précédemment évoqués, le dernier et sans doute le principal de Lois, c’est clairement celui d’être une maîtresse hors-pair, bien qu’elle ait la galante habitude d’en attribuer tous les mérites à son insatiable mari. Hal et Lois forment un couple atypique et pas sortable, passionnel et torride, qui n’est pas sans rappeler le couple muy caliente d’une autre famille de barjots : Gomez et Mortitia Addams.
Avec Hal et Lois, les disputes – aussi violentes soient-elles – n’en restent pas longtemps, et tout finit toujours par se résoudre sur l’oreiller, dans de sauvages ébats amoureux. Sans jamais complètement perdre son autorité sur son enfant de mari, Lois sait quitter son rôle de mère pour redevenir une amante tendre, coquine et sexy, bien loin de l’image austère qu’elle peut laisser paraître.
Tout au long de la série, et à la grande détresse d’un Hal fou de jalousie, il est fait allusion au passé sentimental et sexuel chargé de Lois, comme lorsqu’elle retrouve l’un de ses nombreux ex au zoo (4.01). Preuve supplémentaire que la mère de famille a toujours su s’amuser et laisser place au plaisir, à la folie et à l’amour dans sa vie. Des aspects qu’elle réserve désormais de façon exclusive et dans une fidélité sans faille à son époux, quitte pour cela à repousser de nombreux soupirants, à commencer par le principal d’entre eux, Craig, son collègue de travail éperdu d’amour depuis le premier jour, et auquel Lois ne laissera absolument aucune illusion (2.07). Cela n’empêchera pas Craig de devenir le meilleur ami de Lois, un allié fidèle, serviable et attachant, bien que paresseux, souvent lâche et d’une moralité parfois, douteuse.
Anecdotes
Terre à terre
Dans l’épisode « On ira tous au paradis » (saison 6, épisode 13), on apprend que Lois ne croit pas à une vie après la mort. Cela fait supposer qu’elle est athée.
Épicerie fine
Les scénaristes avaient à l’origine imaginé faire travailler Lois dans une épicerie fine, et non pas dans un supermarché. Dans « Je ne suis pas un monstre », lorsque Lois est dans la buanderie, on voit un tablier bleu floqué « Lloyd’s Fine Foods » suspendu près de la machine à laver et portant un badge « Lois », ainsi qu’un autre portant la mention « The « L » Stands for Value » que l’on retrouvera plus tard sur les uniformes des employés de Lucky Aide. On verra finalement cette fameuse épicerie fine des années plus tard, dans l’épisode « Le grand chef », dans la scène où Dewey va chercher des ingrédients de luxe. On voit d’ailleurs le gérant porter le même tablier bleu floqué « Lloyd’s Fine Foods » vu dans l’épisode pilote.
Multi-récidiviste
Et si Lois n’était pas un si bon exemple pour ses enfants ? Omnubilée par les bêtises des garçons, elle a pourtant été arrêtée par la police à trois reprises : « Infraction » (saison 2, épisode 16), puis « Feux d’artifice » (saison 3, épisode 3) et enfin « La maison de l’horreur » (saison 7, épisode 4).
Jane Kaczmarek (Lois) et Sam McMurray (officier Stockton) dans « Infraction » (saison 2, épisode 16).
Elle se fera aussi deux fois virer de son job (puis réembaucher) au Lucky Aide, dans les épisodes « Ma mère, ce héros » (saison 1, épisode 9) et « La grande pagaille – 1re partie » (saison 5, épisode 21).
Talon d’Achille
Lois se confie dans l’épisode « Mononucléose à deux » (saison 7, épisode 13) alors qu’elle est clouée au lit. Celle qui d’habitude ne baisse jamais sa garde semble moins sur la défensive dès lors qu’un virus s’attaque à elle. Souvenez-vous : ses garçons avaient pu tirer d’elle de nombreux secrets lors de « Lundimanche » (saison 1, épisode 15).
Répliques
Maintenant, tu vas apprendre ce que c’est de laver par terre et de bosser comme un âne, et de devoir en faire deux fois plus que les autres autour de toi ! Sans que ça ne change rien, parce qu’ils continuent à te regarder de haut !
Lois - à Malcolm
Tu étais notre quatrième enfant. Au moment où tu es arrivé, c’était déjà le chaos complet tout le temps ici ! Alors, pardon de pas avoir eu le temps de te prendre en photo, de te filmer, de te faire vacciner, tutti quanti !
Lois - à Dewey
Oublie que je suis ta mère pendant deux minutes : si je te voyais dans la rue, je me dirais moi aussi : « Ça alors, voilà un mec très sexy ! »
Lois - à Reese
Tu prends toutes les couvertures ! Au lit, t’es exactement comme ton père !
Lois - partage un lit avec Malcolm
Souvenez-vous, il y a un mois, vous êtes rentrés après l’heure prévue, et vous avez dit : « Tu comptes nous faire quoi, maintenant ? ». Désolée d’avoir mis si longtemps à vous répondre !
Lois - à ses fils
Tu veux que je te dise, l’heure qu’il est ? Il est : des fringues propres sur ton dos, un toit au-dessus de ta tête et quatre repas par jour ! Voilà, l’heure qu’il est !
Lois - à Dewey
Mon fils, le mariage, ce n’est pas intellectuel. Même les sentiments sont secondaires ! Si on va vraiment au fond des choses, c’est avant tout de la sueur et du laisser-aller ! Ton père a peut-être des défauts, il n’a pas un salaire mirobolant, mais il n’y a pas d’amant plus méthodique, concentré, attentif et stimulant !
Lois - à Francis
Tant que tu n’auras pas de travail, finie la vie de pacha à l’œil !
Lois - à Reese
La seule chose qu’il faut que tu saches, c’est qu’il suffira juste que tu penses à quelque chose de stupide, pour que je surgisse du fond du ciel et que je vous tombe dessus comme la misère sur le monde !
Lois - à Reese
Enlève tes chaussettes sales de cette table ou je te les sers pour le diner !
Lois - à Malcolm
Maman va préparer ton goûter. Ensuite, elle s’occupera de la lessive. Et ensuite, ce sera l’heure de faire le dîner pour toute la famille, qui l’avalera en dix secondes, et la laissera faire la vaisselle, avant qu’elle s’occupe de préparer le déjeuner pour le lendemain. Elle ira se coucher la dernière et découvrira que la salle de bain est dans un état innommable. Et elle finira sa journée avec une éponge à la main. Et le lendemain, il faudra se lever, et tout recommencer, jour après jour, semaine après semaine, et ça pendant les trente années à venir, jusqu’à ce que maman meure.
Lois - à Jamie
Je compte sur toi pour la punition, mais tu en laisses un peu pour moi, hein ?
Lois - à Hal
Le fait d’être mère a un tas d’effets sur vous, mais sûrement pas celui de conserver la jeunesse ! Je dirais même que ça vous fait horriblement vieillir ! La jeunesse, c’est avoir encore le choix, mais quand vous êtes mère, vous n’avez plus le choix ! Vous êtes coincée dans l’amour de vos enfants ! Vous attrapez des cheveux blancs à les aimer, vous perdez le sommeil à les aimer ! Vous perdez de vue toutes les choses qui vous tenaient à cœur autrefois ! Et malgré tout ça, le plus étonnant dans le fait d’être mère, c’est qu’on s’y sent très bien. C’est comme un merveilleux et doux fléau.
Lois
Je refuse de compromettre ton avenir en te laissant une once d’autonomie. Quand je t’aurai trouvé la femme idéale, là, tu pourras respirer !
Lois - à Malcolm
Tu croyais que je ne me rendrais compte de rien ? Les ongles brossés, les épaules bien droites, les miettes de biscuit au fond de tes poches, ton manque d’appétit quand on se met à table… Tu vois une autre maman !
Lois - à Dewey
Oh, non... Je vais me taper deux semaines d’équipe de nuit ! S’il me restait un peu de joie de vivre, maintenant, c’est réglé !
Lois - doit travailler de nuit
Personne n’échappe à son lot de misères et nous devons tous l’endurer ensemble. C’est la seule justice qu’il y ait en ce monde, c’est la règle du jeu.
Lois
Chez nous, quand un enfant est sage pendant trois jours de suite, il a droit à une surprise !
Lois
S’il le faut, tu cries « au feu » ! Si ça donne rien, tu fous le feu.
Lois
Il t’arrive un truc formidable, et tout ce que tu penses, c’est que le destin va te le reprendre ! Ma parole, mais tu deviens un homme !
Lois - à Malcolm
Si j’avais été la mère de John Lennon, il serait toujours en vie !
Lois - à Malcolm
S’il y a un endroit où on peut être prétentieux, c’est bien l’université !
Lois
Je te dois de profonds remerciements pour m’avoir rendu ma confiance en mes instincts ! Dans les jours qui viennent, je choisirai comment te punir. Les idées éclatent déjà comme du pop-corn dans ma tête ! C’est très excitant ! Mais pas de précipitation, ce serait vraiment dommage qu’un de nous soit déçu !
Lois - à Reese
On s’aime, on s’déteste, on s’adore, chacun pense ce qu’il veut et puis après ça, on meurt.
Lois - à Malcolm
Tu deviens un jeune homme, tu supportes très mal mon autorité, tu aimerais ne plus m’avoir sur le dos, tu te demandes quand je te verrai enfin comme un adulte. Faut t’y faire, tu ne le seras jamais, à mes yeux !
Lois - à Malcolm
Comment ça, je suis sur la liste d’attente ? J’étais mineure au moment des faits, ça ne devrait même pas figurer dans mon casier !
Lois
On a eu un enfant avec la méthode Ogino, un autre avec le diaphragme, un autre avec des capotes, et la plus efficace : on en a eu deux avec l’abstinence sexuelle !
Lois
Tout le monde ne peut pas être intelligent, et tout le monde ne peut pas avoir une dose de bon sens ! Toi, mon pauvre garçon, tu n’as ni l’un, ni l’autre !
Lois - à Reese
J’ai hâte de devenir vieille et sénile. Je m’installerai dans ton grenier avec mes bouteilles d’oxygène et je te rendrai fou avec mes exigences de vieille dame malade. Et je m’accrocherai à la vie très longtemps juste pour te pourrir la tienne !
Lois - à Malcolm
Certaines personnes parfois font du charme aux autres pour se prouver à elles-mêmes qu’on peut les aimer. Et si c’est pour cette raison qu’on veut coucher avec quelqu’un, on peut lui faire énormément de mal.
Lois - à Malcolm
Tout ce qui est à votre taille, vous l’attrapez et vous ne le lâchez plus, quoiqu’on fasse et quoiqu’on dise. Protégez vos têtes et ne faites confiance à personne. C’est des soldes à -80%. La lutte sera dure, la peur peut vous sauver la vie.
Lois - à ses fils
Combien de fois faudra te dire qu’une serviette mouillée, ça se suspend pour que ça sèche ! C’est trop te demander ? Parce que si c’est le cas, je vais peut-être supprimer les serviettes ! Et la prochaine fois que tu prendras une douche, tu sauteras à saute-mouton dans le jardin pour te sécher !
Lois - à Malcolm
Regarde-moi. Tu prends de la drogue ?
Lois - à Malcolm
On ne joue pas au ballon dans la maison, ni sur la maison, ni à travers la maison !
Lois - à Reese et Malcolm
Contrairement aux autres hommes de cette planète, tu ne t’intéresses pas aux autres femmes ? Tu serais le seul et unique mâle à résister à des millions d’années de dictature sexiste ?
Lois - à Hal
Mon secret ? Le micro-onde !
Lois
J’ai fait mon gratin de restes !
Lois
Je confisque tout ça ! Tous les paquets ! Et toutes les décorations ! Tous les cadeaux confisqués jusqu’à nouvel ordre ! Chaque fois que c’est Noël, il faut que vous vous bombardiez de boules, que vous hurliez, que vous mettiez le feu, et moi j’en ai assez !
Lois - confisque Noël aux garçons
Je m’en voudrais si plus tard vous deveniez des sales petits monstres d’égoïsme, alors j’ai pris la décision de vous inscrire comme volontaires dans une association.
Lois - à ses fils
Tu n’es pas encore assez mûr pour choisir entre ton avenir et une minable petite dévergondée !
Lois - à Malcolm
Avec lui, on n’aurait jamais dû avoir de problèmes ! C’est un surdoué, il est dans une classe de génies. Aucune fille ne devait s’intéresser à lui avant qu’il ne soit majeur et riche !
Lois - à propos de Malcolm
Si je devais me débarrasser de tout ce qui te fait de l’effet, j’aurais plus qu’un t-shirt de baseball et un mouchoir !
Lois - à Hal
J’adore que tu ais encore voulu de moi après avoir rencontré mes parents !
Lois - à Hal
On ne grimpe pas, on ne saute pas, on ne s’assoie même pas sur ce nouveau canapé pendant un an !
Lois - à Reese
Dans cette maison, quand on est puni, il n’y a aucune chance d’amnistie, ni aucun moyen d’y échapper.
Lois - à Dewey
De quelle mère tu parles ? Moi, je ne vois qu’un gardien de prison qui vous reconduit à votre cellule !
Lois - à Malcolm
Bon, vous allez au rayon des bandes-dessinées. Tout ce que vous abîmerez sera déduit de votre argent de poche !
Lois - au supermarché avec ses fils
C’est le lit de Dewey, on ne peut pas faire l’amour là. Par contre, y a celui de Reese !
Lois - à Hal
Tu as tout compris ! Ton chef est un imbécile, tes collègues sont incompétents, et toi, tu te sens méprisé. Je sais ! Bienvenue dans le monde du travail !
Lois - à Francis
Les microbes, ce sont des petits insectes qui rendent malades. Ils montent sur tes doigts, et ensuite, imagine ce qui se passe quand tu touches tes yeux ! Ils entrent dedans et tes yeux s’infectent. Et tu tombes très malade, et il se peut que ton nerf optique se mette à pourrir et qu’un jour tes yeux sortent de la tête.
Lois - à Dewey
C’est la puberté ! Leur pantalon les démange, leur corps devient dingue, et ils n’y peuvent rien ! Alors, ils commencent à embrasser les filles, et ça les rend surexcités et chamboulés, et ils savent plus quoi faire de leur peau ! Alors ils jettent des pavés, ou autre chose ! Mon fils aîné a mis le feu à la niche du chien des voisins !
Lois
Il est six heures moins le quart ? C’est impossible, j’ai déposé Malcolm, j’ai récupéré Reese, le rôti est au four… Oh ! J’ai vingt-cinq minutes devant moi…
Lois - réalise qu'elle a un moment pour elle
On repart au motel, et tu laisses la nature reprendre ses droits avec moi.
Lois - à Hal
Y a de la terre dehors, non ? Y a des cailloux, de la poussière, y a des lézards ! Je crois même me souvenir avoir vu un vieux pneu sur le parking ! Y a des tas de petits enfants dans le monde qui n’ont même pas un vieux pneu pour jouer ! Alors, je veux rien entendre, d’accord ? Vous allez jouer !
Lois - à ses fils
Je leur avais donné 30 dollars pour m’offrir quelque chose. Ils ont tout dépensé en bonbons pour eux. Ils en ont rien à faire que ce soit mon anniversaire !
Lois - à propos de ses fils
Si t’avais pas loué La Fièvre au Corps, on n’aurait jamais eu Dewey !
Lois - à Hal
Les gens riches, ils ont de jolies voitures, ils mangent des pâtisseries. Est-ce que nous, on fait ce genre de choses ? Non ! Les riches peuvent se permettre de gâcher leurs vacances, quelle importance ! Ils peuvent partir quand ils veulent !
Lois
Tu m’as l’air bien pâle. Et ton transit, il a repris ? Et tes dernières selles, elles remontent à combien ?
Lois - prend des nouvelles de Francis
J’ignore tout de la souffrance, bien sûr. Après avoir mis au monde quatre garçons en 112 heures de travail, dont 60 rien que pour toi tout seul !
Lois - à Francis
Il y a une règle d’or : ils pensent à leur avenir pas plus de trois minutes par jour. L’essentiel de notre boulot, c’est de faire en sorte que pendant ces trois minutes dérisoires leur avenir leur tombent dessus. Sinon, ils ne retiennent jamais rien.
Lois - à propos des garçons
S'il y a des bouts dans ton lait, alors tu le mâches !
Lois - à Dewey
Les boulots sont tous payés pareil : moins que ça vaut, et juste assez pour que tu retournes en quémander en rampant !
Lois
Ce que la plupart des gens font de leur conscience ? Ils la cachent bien au fond du cerveau et ils la ressortent une fois par an au moment de Noël.
Lois
J'ai fait une marque sur toutes les bouteilles d'alcool pour noter le niveau, j'ai mis un code sur les chaînes porno de la télé, j'ai compté les cigares de votre père. J'ai relevé les kilomètres sur la voiture, je sais exactement combien il y a sur les comptes en banque, on vous aime, on vous embrasse.
Lois - à ses enfants avant de leur laisser la maison
Dans votre chambre, et qu'ça saute !
Lois
La vie est une loterie journalière, et le premier prix, c’est de pas vous retrouver dans un fauteuil avec juste vos mains pour avancer !
Père de famille immature, laxiste et très manipulable ; époux comblé de Lois et transi d’amour, à la libido insatiable ; sorte d’adolescent attardé dans un corps d’adulte grandi trop vite ; Hal est un peu le 5ème fils de la famille. C’est toute l’ambivalence de sa relation avec Lois : une épouse qui le mène à la baguette et pour laquelle il éprouve de la crainte ; et en même temps, une amante complice avec laquelle il partage une relation passionnelle, romantique et torride, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la relation muy caliente de Gomez et Mortitia Addams, dans une autre famille de barjots célèbres !
D’abord effacé (et conçu pour le rester) dans les tous premiers épisodes, Hal s’est finalement avéré un des personnages les charismatiques et importants au gré des saisons. Une figure emblématique de la série, et souvent le personnage préféré des spectateurs, à commencer par l’acteur Frankie Muniz lui-même.
Hal, est d’ailleurs le seul (avec Dewey) à cumuler 151 épisodes de présence, soit l’intégralité de la série. Même Malcolm, pourtant héros éponyme de la série, manque à l’appel durant un épisode.
Les mille et une lubies de Hal
David Burke (Wheeler) et Bryan Cranston (Hal) dans « Bouche cousue » (saison 4, épisode 7).
Après des débuts en demi-teinte (le personnage est en retrait par rapport à sa tyrannique épouse, et brille davantage par sa pilosité spectaculaire), Hal se révèle et crève l’écran dans un épisode devenu culte (le préféré de son interprète, y compris de Frankie Muniz) : « Le mot de trop » (1.13). Un épisode où le papa excentrique dévoile un talent caché et un passé insoupçonné de champion de patins à roulettes, se faisant coach despotique pour son fils, Malcolm.
Lubies sportives
Une passion secrète qui n’est que le début d’une longue série de lubies qui vont dès lors émailler les intrigues du personnage, tout au long de la série, et en assurer beaucoup des moments les plus hilarants. Dans la rubrique sport, dans la continuité des rollers, on retrouve Hal en as du bowling enchaînant les strikes (2.20), en entraîneur de foot junior (2.20), en coach de Dewey au jeu des quilles chinoises (2.08), en maniaque de la marche athlétique (4.07), ou encore en e-sport en s’associant avec Craig dans un jeu-vidéo de danse (5.18).
Lubies mécaniques
Parmi ses lubies, Hal témoigne d’un intérêt certain pour les machines, en particuliers celles servant à détruire. On le voit s’amuser comme un petit fou avec une broyeuse d’arbre (1.04), et on le retrouve lancé dans la confection d’un robot-tueur (1.14). Il récidive plus tard dans la destruction de masse en s’offrant un rouleau compresseur avec lequel il écrase tout ce qu’il trouve. On peut y ajouter sa passion pour le réfrigérateur offert par les parents de Lois (2.15) ou encore le jacuzzi qu’il achète à crédit (5.10).
Lubies artistiques
Mais Hal aime aussi taquiner la Muse, et se voit volontiers comme un artiste ! Dans la saison 2, il démissionne soudainement pour se vouer à ce qu’il considère comme sa vocation première : la peinture (2.14). Mais comme dans la nouvelle de Balzac, c’est d’un chef-d’œuvre inconnu qu’accouche le peintre, avec une toile monstrueuse qui s’effondre sous son propre poids ! Hal s’essaie aussi à la musique, cette fois en groupe avec Abe et sa bande d’amis, en formant ensemble un orchestre country nommé les Gentlemen Callers (4.11) ! Puis, dans la saison 4, il revient à ses premières amours, en ressuscitant l’alter ego radiophonique de ses années fac, « Kid Charlemagne », animateur de radio pirate irrévérencieux mais pas trop, qui ne tarde pas à attirer l’attention des autorités (4.15) ! Mais la liberté d’expression de l’homme de la rue est à ce prix ! Finalement, Hal reviendra à une activité plus sage et feutrée, en ouvrant son propre salon de coiffure, devenant le confident des femmes du quartier (6.09) !
Lubies autoritaristes
Mais dans cette âme d’artiste, il y a aussi une âme de chef ! Cherchant sans doute à compenser sa docilité face à son épouse tout comme la médiocrité de son poste d’employé de bureau, invisible et sous-exploité au sein de son entreprise, Hal se rêve volontiers leader charismatique. C’est ce qu’il a l’occasion d’expérimenter, quand une bande de bodybuilders décérébrés voient en lui leur chef naturel et se mettent à son service (6.02). À une autre occasion, un malentendu le met en position d’animateur d’un séminaire de motivation où il se retrouve complètement dépassé par l’efficacité de ses enseignements (6.19). Aimant autant être courtisé qu’admiré, Hal ne rate jamais une occasion de se faire mousser, que ce soit devant les caméras de télévision (6.10), ou encore quand il fait jouer la concurrence entre chasseurs de tête d’universités qui convoitent Malcolm, dans une surenchère de cadeaux et de restaurants (7.17).
Les amitiés de Hal
Edward James Gage (Brian), Bryan Cranston (Hal), Alex Morris (Trey), Dan Martin (Malik), Gary Anthony Williams (Abe Kenarban) et Jonathan Craig Williams (Steve) dans « Tu seras un homme, mon fils » (saison 4, épisode 11).
En fait, Hal veut simplement être aimé. Que ce soit de sa femme, de ses enfants, de ses amis, ou même de parfaits inconnus. C’est ainsi qu’il va jusqu’à essayer de « la jouer jeune » pour se faire apprécier de ses collègues adolescents et complètement imbéciles où il exerce en tant que vendeur en magasin Hi-fi (4.13). Le choix qualitatif n’est pas vraiment le fort de Hal, en amitié. Le meilleur (ou plutôt, le pire) exemple en est Larry, ami de jeunesse complètement loser, rebelle en carton au ventre gonflé par la bière, qui a le don d’embarquer Hal dans les pires plans possibles, et le pousse à démolir une partie de sa maison (4.14). Heureusement, Hal finit par trouver l’ami idéal et une sympathique bande de potes en les personnes d’Abe (père de Stevie, meilleur ami de Malcolm), Steve, Trey, Brian et Malik, avec qui il aime se retrouver pour jouer au poker, bien qu’il se fasse plumer à tous les coups.
L’amitié de Hal avec Abe est une sorte d’évidence : deux hommes profondément gentils et fantasques, tyrannisés par leurs femmes castratrices (Lois & Kitty), réunis par l’amitié de leurs fils respectifs (Malcolm & Stevie). C’est au cours du premier dîner des deux couples, au restaurant, que les deux hommes sympathisent (2.04). Une amitié qui va se renforcer au gré des saisons, et clairement accélérée par le départ brutal de Kitty qui abandonne Abe et son fils. Hal a tendance à materner Abe, qui se laisse volontiers faire (5.03), au point que les deux hommes forment presque un petit couple, et nouent une bromance avant la lettre.
Mais finalement, les meilleurs amis de Hal, c’est peut-être ses enfants, tout simplement. Du moins, c’est bien ce qu’il voudrait, au point d’oublier parfois qu’il est avant tout leur père. A la différence de Lois qui ne sort que très rarement de son rôle de mère tenant la famille d’une poigne de fer et jamais prise en faute (ou presque), Hal a bien du mal à faire valoir son autorité. Il en sombre presque dans la folie, le temps d’un épisode (3.03). Pire encore, il se laisse plus d’une fois embarquer dans les bêtises de ses fils, se faisant ainsi leur complice, comme lorsqu’il les aide à se débarrasser des objets de charité dont ils faisaient le trafic (3.05).
Les frasques de Hal
Michele Spears (Tracy), Bryan Cranston (Hal) et Steve Sheridan (Nick) dans « Question de vie ou de mort » (saison 6, épisode 12).
Mais le plus drôle, c’est que le plus souvent, c’est bel et bien Hal qui est lui-même à l’initiative des pires bêtises, et qui embarque des fils dedans, que ce soit avec une chasse aux chauves-souris dans la maison (2.07), quand il se perd dans un terrain miné d’entraînement militaire avec les garçons après s’être servi de Malcolm pour tricher au casino (2.05), quand il perd le chat de Craig et met le feu à sa maison (2.21), quand il triche pour vaincre ses fils au basket (3.10), quand il se lance dans une improbable vente de sapins de Noël avec eux (5.07) ou encore quand il s’enfuit en moto avec Francis pour les 21 ans de ce dernier (6.16). Mais Hal n’a besoin de personne pour se mettre dans le pétrin, et faire n’importe quoi. Comme lorsqu’il commet plusieurs vols d’affilée pour trouver un cadeau d’anniversaire à sa femme (4.10), ou lorsqu’il participe à des compétitions secrètes de bébés avec d’autres pères de familles (5.06).
C’est probablement une faiblesse de caractère qui peut valoir tant d’ennuis à Hal. Contrairement à sa femme, Lois, il ne sait pas dire « non » ; et parfois, pas davantage « oui ». Cette indécision caractéristique atteint des sommets lorsque Hal se voit confier la terrible décision de débrancher ou de maintenir sous respirateur un voisin en état végétatif (6.12). Le dilemme est tel, que Hal sombre dans une paralysie de tout le haut du corps. C’est cette même faiblesse qui pousse Hal au bord d’acheter une voiture hors de pris sous la pression d’un vendeur sans scrupule (1.15). Très peureux, Hal n’en mène pas large, que ce soit durant la fête d’Halloween où il apprend que sa maison fut autrefois le théâtre d’un massacre (7.04), que face à l’une de ses phobies : les cerfs-volants, dont Dewey va essayer de le guérir (3.14).
Courageux mais pas téméraire, Hal n’en prend pas moins vite la mouche, et a le don de se faire des ennemis tout seul, que ce soit un voisin chauffard qui fait des rodéos en voiture dans le quartier (2.02) ou une abeille rancunière dont il a exterminé la ruche (7.05). Mais le plus redoutable ennemi de Hal, c’est probablement son père, Walter, avec qui il a une relation difficile, ce dernier esquivant toute conversation sérieuse par la diversion de l’humour (4.03).
Le procès de Hal
Bryan Cranston (Hal) dans « La grande pagaille – 2e partie » (saison 5, épisode 22).
La saison 5 de la série est très particulière pour Hal, car il y fait l’objet d’un des rares arcs narratifs linéaires étendus de la série. En effet, tout au long de ses épisodes, cette saison multiplie les allusions et les gags sur la chute de l’entreprise où travaille Hal, sur fond de malversations et autres détournements de fond. Coup de théâtre, lors du double épisode final de la saison (les bien nommés « La grande pagaille ») c’est Hal qui est mis en cause et accusé à la place des vrais responsables. Hal est bien parti pour finir en prison, Reese s’est enrôlé dans l’armée après un chagrin d’amour, et Lois a sombré dans la folie. La famille est au bord du chaos et de l’implosion. Heureusement, Malcolm va trouver une solution pour disculper son père.
Hal fut autrefois un employé modèle, promis à un bel avenir professionnel, mais son ascension a été interrompue suite à la naissance de son premier enfant avec Lois, Francis. Depuis, le père de famille qui s’ennuie profondément au travail, redouble d’idées farfelues et s’entiche de la moindre lubie pour échapper à son quotidien et vivre une vie plus haute en couleur, où il excelle dans un domaine ou brille par son charisme de meneur d’hommes. Dans tous les cas, son roc et le centre de sa vie reste avant tout sa femme, qu’il aime d’un amour inconditionnel (comme il l’affirme après le retour de Kitty (5.03)) et d’un amour qu’il sait ne pas être aussi fort en face (comme il l’admet sans amertume et même avec délectation (3.14)). Ses enfants ne sont pas en reste, puisqu’ils sont non seulement sa famille, mais aussi ses meilleurs camarades de jeu, et parfois même à leurs yeux, le héros qu’il a toujours rêvé d’être.
Anecdotes
Mange-tout
À deux reprises durant la série, Hal consomme un produit périmé : dans l’épisode « Ma mère, ce héros » (saison 1, épisode 9), où il confond des olives avec des pêches moisies, puis bien plus tard dans « Portes ouvertes » (saison 5, épisode 16).
Arrestations multiples
Au cours de la série, Hal se sera fait arrêter quatre fois par la police, mais la première car il est victime d’un coup monté. Sa première arrestation a eu lieu dans l’épisode 3.05 – « Bonnes œuvres », la seconde dans 4.15 – « Le grand déballage », la troisième dans 5.21 – « La grande pagaille – 1re partie », et il se fera à nouveau arrêter dans l’épisode 7.09 – « Il faut sauver l’élève Reese ».
Obscur métier
Quel est le métier de Hal au juste ? Mystère… Si on sait qu’il travaille dans la « gestion de systèmes », comme mentionné dans l’épisode « Pique nique fatal – 1re partie » (saison 3, épisode 11), on ne sait guère plus de ce qui occupe les journées de travail de Hal, à une chose près : dans l’épisode « La grande pagaille- 2e partie » (saison 5, épisode 22), il avoue ne jamais être allé travailler un seul vendredi !
Amateur de rondeurs
Hal a une attirance non dissimulée pour les femmes avec des rondeurs. Il montre ce penchant dans la saison 4, lorsqu’il essaye de faire prendre du poids supplémentaire à Lois alors qu’est enceinte, tout comme dans l’épisode « L’abri de mes rêves » (saison 7, épisode 18).
Grand phobique
Dans l’épisode « Quelle horreur ! » (saison 6, épisode 18), Hal n’ose pas avouer à Reese que les films d’horreur lui sont insupportables. Souvenez-vous lors de la saison 1, Hal s’était déjà fermement opposé à ce que son fils regarde « Chucky » (« Poquito cabeza », saison 1, épisode 6). Mais cela ne s’arrête pas là : Hal est également terrifié des clowns, des serpents ou encore des marionnettes.
Répliques
A priori, toutes les chaines câblées ont décidé de faire la grève des téléfilms pour adultes, donc je vais aller directement au lit !
Hal
Tu peux pas laisser tomber parce que ça devient difficile ! Il faut prendre sur toi et te battre. C’est une lutte quotidienne. Il faut que tu réussisses à nourrir tes enfants, et que tu aies de quoi rembourser ta maison. La réalité de la vie, c’est ça, fiston. Sauf si tu tires la carte demandant de te suicider…
Hal - à Dewey
Je ne vais pas taper sur un gosse de dix ans ! À moins que moi je le tienne pendant que toi, tu le frappes ?
Hal - à Malcolm
Ça m’est égal, chérie, si tu te mets à me crier dessus... C’est pas grave, je serai toujours là pour toi. Même si physiquement je suis peut-être dans le garage et que tu es dans la cuisine, peu importe où je suis, je suis là !
Hal - à Lois
C’est ça, avoir le choix ! Pourquoi crois-tu que certains hommes sortent avec des femmes moches ?
Hal - à Malcolm
Je vais te dire quelque chose d’essentiel sur les femmes : elles sont sûres de mériter tout ce qu’on leur offre, elles croient toutes être… spéciales. Même celles qui ne le sont pas.
Hal - à Dewey
C’est la domination de l’espèce ! Si les abeilles avaient été les plus fortes, elles nous tartineraient sur leurs toasts !
Hal - à Dewey
Faut toujours renforcer son système immunitaire. De temps en temps, tu prends un chewing-gum sous une chaise, et tu le mâches ! Un peu comme un vaccin !
Hal - à Malcolm
J’ai embrassé tendrement ta mère, ce matin, pour lécher son café entre ses dents !
Hal - à Dewey
On doit tous se serrer la ceinture, mais je suis le seul à rincer les sacs poubelles, le seul à replier le papier toilette au lieu d’en reprendre une feuille, et le seul à grignoter des graines pour les oiseaux !
Hal
Te marie pas, fiston ! Si tu veux des enfants, achète des ovules dans un laboratoire !
Hal - à Dewey
Si aimer sa femme, c’est perdre la tête, j’ai perdu la mienne pour toujours ! J’irais décrocher la lune pour toi, et aussi les étoiles !
Hal - à Lois
Je croyais qu’on était tombés d’accord pour ne rien faire pour prolonger sa vie ?
Hal - à propos de sa belle-mère Ida
Vous trouvez sans doute que laisser un poste de télé tuer votre père, c’est vachement drôle ? Je vais vous dire ce qui est drôle : ne plus sortir de votre chambre de toute votre vie !
Hal - à ses enfants
Mon fils… on doit mener des batailles assez grandes pour faire la différence… mais assez petites pour pouvoir les gagner !
Hal - à Francis
Vivre ou mourir, c’est une question de vie ou de mort !
Hal
D’abord tu changes de matelas pour un bien plus grand, et puis il arrive un moment où même un gigantesque matelas ne met plus assez de distance entre ton corps et celui de l’horrible monstre que je suis ! Je finirai tout seul dans un appart, à table avec une ampoule qui se balance, pendant que toi, tu seras sur une plage à Ibiza, en train de te faire enduire de beurre de cacao par ton amant !
Hal - à Lois
Quelle tristesse de voir trois garçons en bonne santé ne rien trouver à faire un beau samedi comme aujourd’hui ! Vous pourriez aller faire un tour, jouer au cerceau, commencer une collection de cailloux ! Voilà, j’ai trouvé trois idées en cinq secondes.
Hal - à ses enfants
On va fêter notre anniversaire de mariage et je m’use les nerfs à trouver un cadeau. Il faut qu’il soit absolument fantastique pour faire oublier les lamentables dix-neuf autres !
Hal
On n’a que 93 dollars pour offrir des cadeaux à nos quatre fils, mais qu’est-ce que tu voulais qu’on fasse de plus ? On a supprimé tous les appareils électriques le mercredi, on tire au sort le dessert, on tire la chasse d’eau une fois par jour !
Hal - à Lois
Je risquerais de glisser très facilement du côté obscur… Lois, tu dois me promettre que si tu me vois un jour rire bêtement avec un chat devant une boule de cristal, tu feras l’impossible pour me sortir de là !
Hal - à Lois
À cet âge-là, ils ne sont qu’hormones mâles en éruption et égocentrisme monstrueux ! Ils ne sont tous que des monstres corrompus !
Hal - à propos des adolescents
Je vais aller faire l’amour avec ta mère une dernière fois.
Hal - à Malcolm
Comment je fais pour reconnaître les factures les plus urgentes ? « Dernier avertissement avant poursuites » a l’air plus sérieux que « Avertissement avant saisie », mais le rose est plus inquiétant que le jaune !
Hal
Tu penses bien que si Dewey allait mourir, on se serait payés du homard !
Hal - à Reese
Tous les soucis et les tracas s’envolent quand on est dans un jacuzzi ! C’est comme replonger dans le bon vieux liquide amniotique !
Hal
Le meilleur lien social, c’est l’ennemi commun. Sans nous, ils se ligueraient sûrement contre quelqu’un d’autre. Un membre d’une minorité.
Hal - parle de ses voisins
Je suis si heureux et… si fier de vous J’aimerais tellement être sûr que vous n’allez pas tout saboter ! Nous allons partager tant de choses ensemble, tant de merveilleux souvenirs, aussi longtemps que vous serez capables de refréner vos mauvais instincts et de ne pas faire de choses stupides.
Hal - à ses enfants
Inutile de chercher à m’associer à tes plans machiavéliques ! Non merci ! Tu as tissé toi-même cette toile infernale et diabolique, alors tu devras t’en sortir toute seule !
Hal - à Lois
L'élection de l’employé du mois, ce n’est que l’opium du peuple des magasins. Vous ne pouvez pas laisser la peur gouverner votre existence !
Hal
Lorsque ta mère et moi, nous disons « il va bien se passer quelque chose ! » ou bien « ça va s’arranger ! », c’est notre code pour « Malcolm saura nous sortir de là ! ». On a besoin de toi !
Hal - à Malcolm
Je sais que tu t’inquiètes beaucoup à propos de l’arrivée de ce bébé. Tu ne dois pas t’en faire, mon chéri. Bon, d’accord, tu ne seras plus le petit dernier, le plus jeune, et il est sûr que le bébé va monopoliser toute notre attention pendant un certain temps et, tu devras participer davantage aux corvées et puis partager la salle de bain…
Hal - à Dewey au sujet de Jamie
On n’est qu’une publicité ambulante pour la stérilisation obligatoire ! Que font ces idiots du gouvernement ? On devrait nous interdire de procréer !
Hal - à Lois
Fiston, tu es de plus en plus grand. Et il y a plein d’avantages à devenir de plus en plus grand, mais les grands garçons ne vont plus au pays du sommeil à cheval sur leur père, parce que ça lui casse les reins.
Hal - à Dewey
En tant que père, je veux et je t’ordonne que tu me dises que tu m’aimes !
Hal - à Dewey
Oui, j’aime mon pays… oui, je vote… enfin, je votais ! Jusqu’à ce que le bureau de vote déménage dans un bâtiment où il y a un gros chien.
Hal
J’ai passé la quarantaine, j’ai un boulot minable, une baraque hideuse dans laquelle on est déjà à l’étroit et on va avoir un autre enfant !
Hal
Pour en revenir à notre concours de pets, Dewey gagne le prix du plus mélodieux. Francis celui du plus sonore. Moi, celui du plus sournois. Et Malcolm celui du plus odorant.
Hal
Réunion de famille ce week-end pour l’anniversaire de mon père ? Je suis désolé, mais malheureusement, j’ai un ongle incarné. On ne pourra pas venir.
Hal
Tout ce que je veux, c’est deux secondes de conversation humaine et honnête avec mon propre père ! Qu’est-ce que j’ai de si épouvantable qui nécessite qu’il dresse une barrière entre nous à coups de grimaces et de plaisanteries ?
Hal
Je ne sais plus comment faire avec nos enfants ! Vous avez l’autorisation d’utiliser n’importe quoi ! Drogue, lavage de cerveau ou électrochocs.
Hal - au psy de ses enfants
Toutes ces heures d’abdos et bornes de jogging le matin, et voilà comment tu me remercies ! Avec une mine de déterré, la peau qui pend, les rides aux coins des yeux !
Hal - à lui-même
Si toi, tu m’aimais autant que moi je t’aime, on ne sortirait jamais de notre chambre, on ne pourrait s’occuper de rien ! On finirait par mourir de faim !
Hal - à Lois
Plus vieux, nous serons seuls, tous les deux ! Vieux et ratatinés, tous seuls, dans cette maison immense et vide… et on n’entendra que le souffle discret de nos respirateurs… et on aura mis tout notre argent à la banque pour que personne n’y touche !
Hal - à Lois
On est à cinq contre une dans cette maison, et on perd à tous les coups !
Hal - à Lois
Je te parle de m’accompagner à la décharge municipale ! Des montagnes de poubelles en feu à perte de vue ! De la fumée noire ! Des nuages de mouches géantes qui… masquent le soleil !
Hal - à Dewey
Ma famille est exposée aux produits chimiques tout le temps ! Je me souviens avoir pulvérisé accidentellement de l’insecticide sur mon propre fils, alors qu’il faisait la sieste.
Hal
Quand Malcolm n’est pas là pour nous humilier, notre esprit de compétition nous emporte. J’ai vraiment honte de nous !
Hal
J’ai fait une découverte intéressante ! Il semblerait que les glaçons ronds rafraichissent plus vite, mais que les pointus durent plus longtemps…
Hal
Il faut bien comprendre que tous les métiers sont horribles, tous autant qu’ils sont ! Et qu’on y peut rien, c’est comme ça et puis voilà ! Travailler, c’est monotone, et c’est ennuyeux à mourir !
Hal
La vie, c’est dingue ! Un jour, on se retrouve au lycée, on a une voiture, et on est les rois du monde ! Et puis, on a besoin d’argent, alors on bosse. On se dit que c’est temporaire, mais ensuite on a une promotion, et une augmentation ! Alors, toutes les portes s’ouvrent devant vous, sauf que ce ne sont pas des portes ! Ce sont des trappes ! Et on est piégé ! Et un jour, tout d’un coup, ping ! On se rend compte que vingt ans sont passés, et on se dit : « C’est tout ce que j’ai fait de ma chienne de vie ! ».
Hal
Cette fois, il a utilisé exactement le même stylo que le prof pour changer sa note. C’est astucieux. Il a soigné tous les détails… Il fait des progrès… Privé de sortie pour… ?
Hal - à propos de Reese
Quand vous dites “interdiction à vie”, je voudrais savoir, à quelle vie vous faites allusion ?
Hal
L’atomiseur de ventre : on prend une grande saucisse, qu’on couvre de fromage, on l’enroule dans du bacon et on la fait frire dans une bonne tranche de lard… C’est indescriptible… Bon appétit !
Hal
C’est moi, le gentil. C’est toi, la méchante. Si y a deux mauvais flics, alors le système ne fonctionne plus !
Hal - à Lois
Chérie, laisse-moi régler ça. Est-ce que tu prends de la drogue ?
Hal - s'étonne que Reese ait pris un bain
Mon garçon, après la mort, ton corps subit tout un tas de changements fascinants. D’abord, il se met à gonfler comme un ballon, et se ratatine comme un raisin sec. Ensuite, des tas de petits microbes qui sont invisibles mais qui sont déjà en toi se mettent à dévorer toute ta chair et c’est comme ça que tous les éléments du corps humain retournent à la terre. Et puis, il y a aussi ceux qui disent que les cheveux continuent à pousser mais tu sais, c’est un mythe. En fait, c’est ta tête qui se réduit.
Hal - explique la mort à son fils
Arrêtez de vous battre ! Après votre mère ne voudra plus… enfin, ne lui gâchez pas sa soirée.
Hal
Tu imagines que là-haut, au milieu de ces étoiles et de ces planètes, il est bien possible qu'il y ait en ce moment un père cosmique, tout juste viré de sa caravane spatiale, et qui pose ses yeux sur nous. À moins qu'il regarde en l'air, ou peut-être droit devant lui.
Hal
Dans notre famille, il y a un dicton : « Après l’heure, c’est plus l’heure ! Et si ça dure, c’est la rupture ! »
Francis est le premier enfant de Hal et Lois, et donc le frère ainé de Malcolm, Reese, Dewey et, plus tard, Jamie. Agé d’environ 16 ans dans la saison 1, on sait en tout cas qu’il fête ses 21 ans au cours de la saison 6 (6.16), et donc qu’il doit avoir environ 22 ou 23 ans à la fin de la série. Francis est d’entrée présenté comme un adolescent à problèmes, rebelle, insolent, incorrigible, une espèce de maitre ès bêtises. La série ne manque pas une occasion de sous-entendre qu’il a fait les quatre-cent coups, mettant la barre très haut pour ses petits frères admiratifs, et donnant beaucoup de fil à retordre à ses parents dépassés. Ces derniers se sont résignés à l’envoyer en école militaire.
Francis est un « un agitateur et un provocateur », comme chantait le poète ; c’est un rebelle et un anti-conformiste, autant poissard que chanceux, qui excelle dans les bêtises et les plans foireux, mais pour autant, ce n’est ni une brute, ni un idiot, ni quelqu’un de méchant. C’est un personnage intelligent, avenant, qui a une bonne tête et qui s’exprime très bien, avec esprit et éloquence. Ce sont ces traits positifs et séduisants qui lui permettent de ne jamais être complètement antipathique et même d’inspirer confiance et sympathie.
L’outsider nomade : Francis à travers les saisons
Emy Coligado (Piama Tananahaakna) et Christopher Masterson (Francis) dans « Héros malgré lui » (saison 3, épisode 22).
Francis occupe une place très particulière dans la série ; celle d’un outsider, toujours en périphérie des intrigues principales, dont la présence est à la fois régulière et en même temps lointaine, intermittente. Alors que (presque) toutes les intrigues de la famille se situent toujours aux mêmes endroits (la maison, le quartier, les écoles, le supermarché Lucky Aide), Francis est un peu le « stranger in a strange land » (« l’étranger en terre étrangère »), l’exilé de service qui nous emmène ailleurs, nous change un peu de décor, et nous fait voyager avec ses multiples pérégrinations et ses propres intrigues, ajoutant une véritable palette de décor, de situations et de personnages à la série, et apportant une grande part de l’humour et des moments cultes de la série.
Dans les saisons 1 et 2, Francis est en Alabama, dans une école militaire, la Marlin Academy, dirigée d’une main… et d’un crochet… de fer, par le commandant Edwin Spangler. C’est là que se situe déjà le jeune homme quand nous faisons sa connaissance dès le premier épisode.
Dans la saison 3, Francis se fait émanciper dans le dos de ses parents et quitte la Marlin Academy. Il s’embarque dans un hasardeux voyage à travers le pays jusqu’en Alaska pour y rejoindre un camarade de l’école militaire, Eric Hansen. Les deux amis sont alors employés dans une obscure auberge de bûcherons en plein territoire inuit, dirigé par la monstrueuse Lavernia, une hommasse aussi roublarde que despotique. Au cours de cette saison, Francis crée la surprise en épousant, presque du jour au lendemain et sans prévenir sa famille, une ravissante inuit très caractérielle, Piama Tananahaakna. Ensemble, ils forment un couple parfois orageux mais très soudé, qui ne va plus se quitter.
Dans les saisons 4 et 5, Francis et Piama sont au Texas, où ils travaillent dans le ranch Grotto. Au début de la saison 4, le couple a quitté l’Alaska. Sur la route, ils ont rapidement fait la rencontre d’un adorable couple d’allemands, Otto et Gretchen Mannkusser, qui leur ont aussitôt proposé de travailler pour eux et de s’installer dans leur ranch. Ce sont les années les plus stables de Francis.
Dans les saisons 6 et 7, le temps de présence de Francis chute de façon soudaine et radicale. Seulement 7 apparitions dans l’avant-dernière saison, et encore moins, 4 apparitions dans la dernière saison. Non seulement le personnage s’efface considérablement, mais en plus, sa situation n’est pas claire, instable, précaire. Lui qu’on avait toujours associé à un décor plus ou moins exotique, il se retrouve soudain sans contexte précis. Un véritable manque à gagner pour la série, qui laisse forcément les fans du personnage orphelins et sur leur faim. Au total, Francis sera apparu dans 115 des 151 épisodes de la série, tandis que les autres membres de la famille en totalisent chacun entre 144 (Lois) et 151 (Hal, Dewey).
Voyage dans le temps : le passé de Francis
En marge de toutes ses aventures dans le présent, Francis est un des personnages qui bénéficie du plus grand nombre de flashbacks tout au long de la série. Une sorte de running gag s’applique à montrer des fragments de son passé d’ado rebelle, avec souvent des looks improbables. Ce sont des séquences aussi brèves et ponctuelles qu’hilarantes et savoureuses, qui contribuent à la légende du personnage. Les plus anciens de ces souvenirs remontent à son enfance déjà très difficile. Le plus marquant en la matière est l’épisode montrant comment Lois est devenue la mère autoritaire aux méthodes radicale que l’on connaît, suite à la bêtise de trop du petit Francis (6.08).
Francis vs. Lois : les raisons de la colère
La guerre sur fond d’amour/haine que se vouent Francis et sa mère remonte donc à loin, et elle est particulièrement acharnée et entretenue du côté du fils. Francis a connu bien des galères, et il en connaîtra encore d’autres tout au long de la série. Et c’est toujours avec la même évidence et dans une surenchère de mauvaise foi qu’il accuse toujours tout le monde, et tout particulièrement Lois, d’être responsable de ses malheurs. Francis se voit comme une victime, d’une éducation et d’une société, mais jamais de ce qu’il est, lui, ou de ses mauvaises décisions.
Francis a construit son identité et sa relation au monde autour d’une sorte de traumatisme originel et de passé mythique dont sa mère serait la figure monstrueuse, abusive et corruptrice. Il lui voue une rancœur profonde, qui n’a pas toujours d’ancrage précis, et tout en ne cessant d’affirmer qu’il n’a plus d’ordres à recevoir d’elle ou de comptes à lui rendre, il revient irrésistiblement vers elle pour se justifier et chercher la confrontation. Il l’aime autant qu’il la hait, il la recherche autant qu’il la fuit. Ses décisions, parfois contre productives ou simplement pas dans son intérêt, ont pour unique motivation le fait de contrarier sa mère ou de croire la punir. Le rêve ultime de Francis, c’est faire culpabiliser Lois et de la mener à reconnaître qu’elle est la plus mauvaise des mères, et que tout est de sa faute, et à s’excuser. Chose qui finit par arriver de façon déconcertante, dans la saison 6, mais sans que le jeune homme en tire le soulagement escompté, à son grand désespoir (6.14). Preuve, s’il en fallait une, que le problème est ailleurs…
Francis n’a manifestement pas réglé son complexe d’Œdipe. Il faut dire qu’il lui est juste impossible de « tuer » (ne serait-ce que symboliquement) un père qui ne représente en rien une menace mais qui surtout est impossible à détester. Dans ces conditions, c’est comme si la haine censée s’adresser au père se retournait très exactement contre celle pour laquelle on déborde initialement d’amour : la mère. Lois catalyse toutes les émotions négatives de Francis. La série donne un exemple particulièrement éloquent et désopilant de ce déséquilibre, lors de l’épisode du bowling (2.20). On y voit Francis appeler ses parents pour leur demander de l’argent, avec deux réalités alternatives où c’est tantôt son père, tantôt sa mère qui répond. Dans la version de son père, Hal refuse sèchement et réprimande son fils ; Francis écoute patiemment, réagit avec compréhension et remercie poliment. Dans la version de sa mère, Lois refuse avec douceur, et se montre bienveillante ; Francis ne la laisse même pas finir, et s’emporte contre elle en l’accusant de vouloir lui pourrir la vie. CQFD.
Un comportement immature dont nul n’est dupe, pas même ses frères qui s’en désolent plus d’une fois, et ne soutiennent pas toujours Francis dans sa croisade contre la figure maternelle. La famille ne manque pourtant pas d’une figure féminine détestable sur laquelle déverser toute sa haine : Ida. De fait, Francis et sa grand-mère se vouent une haie cordiale et ne cessent pas de s’affronter entre joutes verbales, surenchères de vacheries, et provocations en séries. Les ennemis communs font les amis, et c’est finalement une haine commune pour Lois qui pourra, seule, réconcilier la grand-mère et son petit-fils (6.14).
Premières aventures à l’école militaire
Christopher Masterson (Francis) dans « Infraction » (saison 2, épisode 16).
Allo ? Y’a quelqu’un au bout du fil ?
Francis vivant loin de son foyer familial, plusieurs de ses intrigues reposent sur des conversations téléphoniques avec ses parents ou ses frères. Un ressort dramatique savamment exploité pour donner lieu à bien des situations comiques ou des quiproquos, surtout quand c’est l’intégralité de l’épisode que Francis passe pendu à son téléphone, à se plaindre, à demander de l’argent, à attendre que quelqu’un veuille bien lui répondre ou, au contraire, à subir les plaintes d’un des membres de la famille. Ces intrigues téléphoniques sont aussi l’occasion de constater comme Francis, bien loin de chez lui, est marginalisé par sa famille, parfois un peu oublié, découvrant même sur le tard et indirectement de très importantes nouvelles.
La première vraie intrigue de Francis dans la série se passe justement au bout du fil, quand ses trois petits frères l’appellent à l’aide pour faire face à une Lois furieuse qui chercher le coupable de la dégradation de sa robe rouge (1.02). En vétéran aguerri et expérimenté des méthodes de sa mère, Francis coach les garçons et leur donnent de précieux conseils pour résister aux tortures psychologiques de leur mère. D’autres fois, c’est à l’inverse Francis qui appelle ses frères à l’aide pour cacher une lettre compromettante (1.15) ou son père pour lui fournir un alibi (2.12). Une autre fois encore, c’est carrément Hal, Lois, Abe et Kitty qui font tous appel à lui pour retrouver les garçons qui ont disparu, Francis connaissant par cœur toutes les combines et les bonnes adresses des enfants en quête d’amusement (2.23). Mais les scènes téléphoniques les plus mémorables et emblématiques sont probablement les nombreuses disputes entre Francis et sa mère, que ce soit pour des questions d’argent, des bêtises, ou une pluie de reproches comme ils aiment tant s’en échanger.
Cadets et soucis à l’académie
Quand il n’est pas au téléphone avec sa famille, Francis a largement de quoi faire à l’école militaire, et ses journées y sont bien remplies, entre cours (dont éducation sexuelle, comme dans l’épisode 1.04 !), exercices physiques et bien sûr punitions souvent collectives. Hors de ces moments, le jeune homme, fidèle à lui-même, ne manque pas de s’embarquer dans des situations improbables avec ou contre les autres cadets, parmi lesquels ses principaux camarades que sont Stanley, Eric, Finley, Drew et Joe. Des recrues avec lesquels il multiplie les encarts dans le dos du commandant Spangler, comme lorsqu’ils découvrent le squelette oublié d’un ancien concierge et lui offrent des funérailles vikings… explosives (1.05), qu’ils organisent une fête avec une bande de filles complètement délurées dont ils perdent le contrôle (2.04) ou qu’ils font une escapade festive à la Nouvelle-Orléans avec un Francis malade à en crever (2.15). Véritable boute en train, Francis est toujours le premier à lancer d’improbables défis, comme celui d’ingurgiter 100 canards en sucre d’affilée (2.01), ou carrément d’affronter le commandant Spangler au billard (1.16).
Si l’entente est plutôt cordiale voire fraternelle entre les cadets, Francis est sous bonne garde des plus consciencieux. Ainsi, quand Stanley découvre que Francis a simulé un déplacement de vertèbre pour échapper à une épreuve de survie en forêt, c’est lui-même qui punit son camarade (1.13). De même, au temps des examens, c’est Eric qui veille à ce que son ami ne cède pas à ses maudites manies procrastinatrices et le force à travailler (2.18). Lorsque Francis est chargé de la lessive de l’académie, et qu’il finit par abuser de sa fonction, ses camarades ne manquent pas de lui faire payer eux-mêmes (2.08).
Permissions & visites à domicile
Régulièrement, Francis est en permission, et peut ainsi rendre visite à sa famille à diverses occasions, comme les fêtes et les anniversaires. C’est ainsi qu’il va fêter Halloween avec ses frères pour construire une fronde géante ensemble (2.02), qu’il se rend à l’anniversaire de sa mère, non sans ramasser au passage une conquête africaine du nom d’Amaani (2.03), ou qu’il est présent lors du pique-nique des têtes d’ampoule, vivant une véritable histoire d’amour en accéléré le temps d’une journée (1.08).
Des séjours qui sont des fausses vacances, car Francis est toujours mis à l’épreuve et doit regagner la confiance de ses parents, prouver ses progrès par le fait qu’il a changé, comme il le découvre lors d’un week-end de routine où ses parents lui confient la surveillance de ses frères en leur absence (1.03). Plusieurs fois, Francis ne passe pas ce test, outrepasse les limites et attise le courroux de sa mère, allant jusqu’à se faire virer de la maison, SDF contraint de se réfugier chez une de ses pires fréquentations, Richie, un garçon complètement paumé et décérébré (2.19). Une autre fois, ce sont Malcolm et Reese qui font venir Francis d’urgence depuis le Texas, pour qu’il les sorte d’une situation très délicate dans laquelle ils se trouvent (4.18). En expert des fêtes qui dégénèrent, le grand frère débarque, tel un Wolf dans Pulp Fiction (1994).
L’aventure continue, en Alaska
Brenda Wehle (Lavernia), Eric Nenninger (Eric Hansen) et Christopher Masterson (Francis) dans « L’entraîneur » (saison 3, épisode 16).
Après son départ de la Marlin Academy et son émancipation anticipée qui déclenchent un véritable drama dans la famille (3.02), Francis, tout juste âgé de 18 ans, s’embarque pour de nouvelles aventures. Dans la plus pure tradition picaresque, on le suit dans son voyage mouvementé et très hasardeux vers l’Alaska, arnaqué par escroc qui a prétendu lui changer ses dollars américains contre des dollars alaskiens, pris en stop par un routier sadique (3.03) ou encore jeté en prison dans un comté aux secrets dignes d’un soap opera, pour avoir volé des cuisses de poulet dans une poubelle (3.04).
Quand Francis rejoint enfin l’Alaska, ce n’est pas le paradis qu’il s’était tant imaginé et que lui avait tant vanté son ami Eric, qu’il retrouve d’ailleurs en larmes, traumatisé et effondré dans ses bras à son arrivée (3.05). Le boulot de rêve tant espéré et soi-disant lucratif s’avère être homme à tout faire – pour ne pas dire esclave – dans l’auberge miteuse d’une femme infecte et monstrueuse, Lavernia, régnant telle une mygale sur un obscur camp rempli de bûcherons hirsutes et alcooliques. A faire regretter l’école militaire ! Et à faire passer le commandant Spangler pour un papa poule ! Et justement, quand on parle du loup… c’est à l’état d’homme dépressif, déchu, suicidaire que réapparaît, tel un fantôme du passé, Edwin Spangler, obsédé par le passage de Francis dans sa vie (3.17). Pas rancuniers du tout, les deux anciens cadets vont prendre soin de leur ancien commandant et l’aider à trouver un nouveau travail.
Et du travail, les deux jeunes hommes en ont par-dessus la tête, pris au piège du carnet de dettes scrupuleusement tenu par Lavernia. Eric et Francis deviennent amis avec quelques bûcherons, dont Pete, et surtout Artie, un vieillard complètement déphasé. Durant son année passée là-bas, Francis aura, entre autres, eu le temps de partir à la chasse aux rats (3.10), de faire de la pêche sous la glace (3.20), et de participer à une épique compétition de hockey sur glace (3.11 & 3.12), mais surtout, de trouver l’amour en la personne de Piama, une jeune inuit native de la région qu’il présente à sa famille comme son épouse, sans les avoir informés d’un quelconque mariage, ce qui provoque un véritable clash (3.15).
Francis, le justicier
Rebelle dans l’âme, ennemi de l’oppression, rétif à la discipline, allergique au pouvoir et à toute autorité, surtout quand elle abuse d’elle-même, Francis est de la trempe de ces jeunes fougueux qui dressaient des barricades dans un moment de révolte et lançaient des insurrections entre deux cours, tels Enjolras et les étudiants insurgés de l’ABC dans Les Misérables de Victor Hugo.
Tout au long de la série, Francis n’aura de cesse d’affronter ses supérieurs hiérarchiques ou de contester les ordres qu’il juge arbitraires et injustes, pour revendiquer des droits, ou simplement par idéal, au nom de la liberté qui lui est si chère. C’est ainsi que plusieurs de ses intrigues à la Marlin Academy consistent en divers actes de résistance (la fleur de la contestation (2.09)), de boycott, ou carrément de grèves de la faim (2.17).
Les révoltes et les résistances de Francis ne se retournent pas forcément contre ses ainés ou des représentants officiels de l’autorité. Il lui suffit pour cela de constater un abus de pouvoir ou une attitude humiliante qu’il ne peut supporter. C’est le cas lorsqu’il s’oppose aux « frères de l’apocalypse », une confrérie sadique de cadets qui sèment la terreur à la Marlin Academy avec leur « poquito cabeza » (1.06). C’est avec le même courage et le même culot qu’il sera le seul assez fou pour s’opposer à la terrible Lavernia en Alaska, au point de l’affronter en combat singulier à la boxe (3.06).
Francis au Far West
Christopher Masterson (Francis) et Mike Randleman (Ray, l’ouvrier du ranch) dans « Tu seras un homme, mon fils » (saison 4, épisode 11).
La saison 4 marque un tournant pour le personnage de Francis, qui entre dans une phase de maturité : emploi stable, mariage, responsabilités. Tout en restant le même jeune homme sympathique, têtu, spirituel et parfois impertinent, plein de bonne volonté mais souvent gaffeur et maladroit, et bien sûr, toujours en rogne contre sa mère, il est toutefois loin du délinquant qu’il fut autrefois.
Il faut dire qu’au ranch Grotto, Francis est particulièrement bien traité, dans un contexte agréable, paisible et chaleureux, mais surtout, que le propriétaire des lieux, Otto, est encore plus immature, incapable et insouciant que son employé. Francis s’en rend tout de suite compte mais, touché par la gentillesse de son patron, plutôt que d’en profiter, décide d’être à la hauteur (4.02).
Aventures au ranch Grotto
C’est le début de deux saisons d’aventures variées dans le Far West, entre soin des animaux et accueil des touristes. Régisseur du ranch, Francis cumule tous les métiers et les situations les plus improbables. Il doit tour à tour monter une clôture (4.06), abattre une jument souffrante nommée Peinturlure (5.03), recueillir la précieuse semence d’un taureau en rut nommé Bruno (5.08), recueillir un porcelet orphelin pour le sauver de l’abattoir (5.19), accueillir les enfants des touristes dans la garderie du ranch (5.16), jouer les guides et les moniteurs pour les groupes scolaires (5.13), mener l’enquête sur une soi-disante « vache possédée » nommée « la vaca del Diablo » qui sème la terreur dans la région (4.05), veiller sur Olga, la vache favorite d’Otto, qu’il fait exploser par accident et qui finit malheureusement en steak (4.11), se faire modèle de nu pour un cours d’art plastique (4.19), accueillir une troupe d’acteurs médiocres pour une « murder party » (5.01) ou encore l’équipe de tournage d’un film pornographique (4.13), quand il ne doit pas carrément défendre le ranch contre des arnaqueurs venus vendre de la crème solaire pour vache (4.04), contre un infâme critique d’hôtellerie (5.05) ou contre la concurrence déloyale du festival de Roswell (4.22).
En plus de ses multiples fonctions au ranch, Francis ne risque pas de s’ennuyer son couple de patrons et leur famille germanique haute en couleurs ! Entre Willy, l’insupportable neveu tête-à-claque qui pousse Francis à la crise de nerfs avec ses gimmicks au piano (4.12), Rutger, le fils unique d’Otto et Gretchen, que Francis va s’efforcer de réconcilier avec son père grâce à « Schloupi », une chaussette parlante (4.15), ou encore Manfred Schmitt, l’ancien fiancé éconduit de Gretchen (5.10). Sans compter que Francis devra apprendre la valse à Otto (5.09) ou encore devoir lui tenir compagnie au lit en l’absence de sa femme, au risque de subir ses terribles terreurs nocturnes (4.14).
Un Komodo 3000, pour retrouver l’ancien Francis
Ainsi donc, au milieu d’une vie si remplie et demandant un tel investissement de sa part, Francis déçoit ses frères lorsqu’ils lui rendent visite au ranch avec Hal. Malcolm, Reese et Dewey craignent que leur héros, le Francis casse-cou et insouciant qu’ils ont connu et tant admiré, n’existe plus. C’est pour tenter de raviver sa flamme rebelle et de renouer une complicité avec lui qu’ils investissent dans l’artillerie lourde ; un arsenal de feux d’artifices tous plus spectaculaires et dangereux les uns que les autres, à commencer par le redoutable Komodo 3000, qui transforme la nuit en jour lors d’une scène culte, entrée dans la légende de la série et parmi les préférées des fans ! (4.08). Les garçons comme les spectateurs peuvent se rassurer, Francis restera toujours Francis, marié ou pas, avec des responsabilités ou pas.
Et des responsabilités, Francis va devoir en prendre, durant le chaotique final de la saison 5 qui voit son père jeté en prison suite à de lourdes (et fausses) accusations, et sa mère, Lois, sombrer dans la folie, tandis que Reese est porté disparu. Francis se présente alors comme le candidat tout désigné à l’adoption de ses frères, en se proposant de devenir leur tuteur légal au cas où la situation persisterait (5.21 & 5.22). Heureusement, une telle extrêmité est évitée, et tout rentre dans l’ordre !
Mais que devient Francis ?
Christopher Masterson (Francis) dans « Tous coupables ! » (saison 7, épisode 15).
Comme évoqué précédemment, à partir de la saison 6, Francis disparaît beaucoup des radars. Il ne cumule que 11 apparitions sur les 44 derniers épisodes. Des apparitions irrégulières, intermittentes, inégales dans leur drôlerie, décousues dans leur continuité. Son départ du ranch Grotto est balayé avec une explication peu cohérente, et sa situation reste floue. Ce que l’on sait, c’est qu’il est toujours en couple avec Piama, qu’il n’a pas d’emploi stable mais alterne entre périodes de chômage et jobs précaires (comme animateur pour enfants perturbés), et que, plus déroutant, il serait devenu alcoolique (du moins est-ce ce qu’il prétend !) (7.15). Une fin de parcours tristounette qui contraste d’autant plus avec le dénouement du personnage, que l’on retrouve à l’épisode final, apparemment toujours au chômage, mais qui avoue à son père (et tient à cacher à sa mère) qu’il est devenu un sage et honnête employé de bureau, comme son père, et qu’à sa grande surprise (comme à la nôtre) cela le rend très heureux ! (7.22)
Et si, finalement, être rebelle, ce n’était pas simplement ne pas essayer de l’être ? Telle est la leçon finale de ce personnage qui en aura donné tant d’autres tout au long de la série, et aura grandement inspiré ses frères autant qu’il nous aura amusés !
Anecdotes
Pirouette scénaristique
Pourquoi Francis-a-t-il quitté le ranch ? La réponse nous est donnée dans l’épisode 6.06 – « L’étrange Noël de Monsieur Hal ». Alors que Hal réclame à Francis de l’argent pour offrir un Noël à la famille, ce dernier explique :
« Bon, autant vous le dire tout de suite : je me suis fait virer, je suis complètement fauché ! Il se trouve que le coffre où je déposais tout l’argent du ranch n’appartenait pas à la banque… Comment je pouvais le savoir ? Otto me traîne en justice, je sais plus quoi faire… (…) Piama n’est au courant de rien, elle croit que je suis en congés ! Ça fait des jours que je fais semblant de nager dans le bonheur pour qu’elle se doute de rien… »
Les scénaristes ont s’en sont donc sortis par une pirouette pour changer l’environnement de Francis et Piama, mais on ne peut s’empêcher de penser que la gentillesse absolue d’Otto ne l’aurait probablement jamais conduit à traîner Francis en justice…
Francis, icône gay ?
Difficile de savoir avec certitude si le personnage de Francis était destiné à être utilisé dans des storylines mettant en scène sa possible homosexualité. Toujours est-il que certains éléments de la saison 1 abordent le sujet de loin. Dès le pilote, Francis fait remarquer (non sans sarcasme) que l’atmosphère générale de l’école militaire est largement chargée d’homosexualité. Dans l’épisode 1.09, des participantes au concours Tennage Miss Alabama sont persuadées que Francis est gay, citant notamment l’obsession qu’il semble avoir pour sa mère comme argument. Le jeune homme joue alors de ce quiproquo pour se rapprocher des filles. Puis, au cours de l’épisode 1.12, au cours d’une conversation avec Hal, Lois laisse entendre que la vie sentimentale de Francis n’est pas un long fleuve tranquille, rejetant la faute sur son mari qui aurait trop attendu avant de parler à son fils aîné des fameuses « choses de la vie ». Francis n’arriverait-il pas à établir une relation stable avec une fille ? Enfin, dans l’épisode 1.14, lorsque Lois rend visite à son fils à l’école militaire, une partie de la storyline tourne autour d’un rodéo « Gay-ant » se tenant en Alabama, auquel la mère et le fils finissent par assister. La scène finale montre Francis plutôt à l’aise dans un public à majorité gay. Dans les séries télévisées, il est courant que les scénaristes préparent le terrain par quelques allusions avant de donner un nouveau cap à un personnage mais cette orientation est parfois abandonnée en cours de route. Les scénaristes de Malcolm ont-ils envisagé un Francis homosexuel ? En tout cas, les saisons suivantes n’y font plus allusion, et l’ainé de la fratrie se marie rapidement avec Piama, annihilant le mystère qui planait sur ses préférences au cours de la saison 1.
Le pianiste
On apprend dans l’épisode « Ma mère, ce héros » (saison 1, épisode 9) que Francis sait jouer du piano… un don que découvrira son frère Dewey quelques années plus tard.
Bêtise originelle
On apprend dans l’épisode « Seuls à la maison » (saison 1, épisode 3) quelle bêtise a décidé Lois a envoyer Francis en école militaire : il s’était fait percer le nez !
Francis aux oubliettes
Dans les cinq premières saisons, l’idée de suivre les aventures de Francis séparément du reste de la famille (d’abord à l’école militaire, puis en Alaska, et enfin au ranch Grotto) n’est pas motivée créativement mais purement au niveau pratique. En effet, des mineurs n’ont le droit de jouer qu’un nombre d’heures restreint chaque jour dans une production, et il était donc impossible que Justin Berfield, Erik Per Sullivan et Frankie Muniz figurent à l’écran dans toutes les scènes. Pour permettre donc de leur épargner une présence dans un tiers de chaque épisode, le choix a été fait de donner au personnage de Francis un rôle où il n’aurait pas à interagir avec eux. Les deux dernières saisons, Francis n’a plus de point d’attache et apparaît dans un nombre limité d’épisodes. Pas si surprenant : Frankie Muniz et Justin Berfield ayant désormais 18 ans, la combine a été abandonnée par la production, d’autant plus que de l’aveu même des scénaristes, écrire une nouvelle intrigue pour Francis à chaque épisode a donné lieu à quelques arrachements de cheveux !
Faux alcoolique
L’épisode « Chose promise, chose due » (saison 6, épisode 16) introduit un problème d’alcool pour Francis… mais il ne s’agissait que d’un nouveau subterfuge de l’enfant terrible ! On apprend en effet dans l’épisode « Tous coupables ! » (saison 7, épisode 15) que Francis n’a en fait jamais eu de dépendance à l’alcool !
Papiers, s’il vous plaît
Francis fête ses 21 ans lors de « Chose promise, chose due » (saison 6, épisode 16). Il s’agit là d’une des rares fois où l’âge d’un des personnages principaux est clairement énoncé. Divers indices (parfois contradictoires !) sont cependant éparpillés tout au long de la série.
Émancipation
En passant par un avocat (plutôt douteux), Francis devient légalement adulte au début de la saison 3. Un tournant pour le jeune rebelle, qui fait ses adieux à l’école militaire.
Répliques
Je travaille dans un petit cube, entouré par des centaines d’autres petits cubes, à entrer plein de nombres dans mon ordinateur… et j’adore ça ! J’adore absolument tout. J’adore la stabilité. J’adore recevoir mon chèque. J’adore ma place de parking. J’adore les blagues stupides que je reçois par mail.
Francis - a enfin un travail stable
Pourquoi c’est toujours pareil ? Tu te mets toujours en travers de ma route ! Tu as refusé que j’aie une bicyclette, que je fasse du sumo ; laisse-moi être un alcoolique à la fin !
Francis - à Lois
Je sais que c’est dur de percer à Hollywood. Je suis pas assez stupide pour compter que là-dessus, c’est pour ça que je suis en train de dresser un opossum !
Francis
Je me serais jamais occupé de la lessive si j’avais su qu’il y avait les culottes de ma mère dedans !
Francis
Allô, je suis bien au domicile des plus odieux et indignes parents de l’univers ?
Francis - appelle ses parents
On oublie le passé et ses fiascos. On oublie même le futur et son espérance. Le monde s’en est allé. Plus rien ne compte, plus rien n’existe.
Francis
Ne pas être en famille pour les fêtes de Noël, c’est super ! Comme si tout le côté moche et angoissant indissociable de Noël avait disparu !
Francis
Cette nuit sera à marquer d’une pierre blanche : le premier de mes traumatismes psychologiques que je ne devrai pas à ma mère !
Francis - dort avec Otto
Qu’est-ce que tu attends pour nous faire le plaisir à tous de crever ! Tout ce que tu sais faire, c’est nous traiter comme des chiens ! On aurait dû t’interdire de voir tes petits enfants !
Francis - à Ida
Apparemment, y a un serial killer en Idaho qui a la même tête que moi !
Francis
Et tu veux peut-être que je te remercie aussi ? Merci, maman, d’avoir fait de ma vie un enfer !
Francis - à Lois
Vous filtrez les appels de vos propres enfants ! C’est pas joli-joli…
Francis - à ses parents
Écoute-moi, maman ! Non ! Je suis trop vieux pour que tu me donnes des ordres ! Toute notre vie, tu nous as obligés à faire ce que toi, tu voulais ! Tu es le maître du monde ! Eh bien, moi, je dis que ça a assez duré ! C’est la fin de la dictature !
Francis - à Lois
Ne laisse surtout pas maman se mêler de ta vie amoureuse, elle bousillera toute ton histoire ! Quoi que maman te dise, surtout, ne l’écoute pas ! Et ne fais pas le contraire non plus !
Francis - à Malcolm
Ça fait du bien, regarder des bonnes femmes, plus très jeunes, dans des postures sordides, dans un bar qui pue à la fois l’urine et la cigarette !
Francis - à Finley
Halloween est au fond de nos cœurs. Chaque fois qu’un petit enfant terrorisé hurle et pleure, c’est ça Halloween ! Aussi longtemps qu’un esprit de destruction et de vandalisme soufflera en nous, Halloween, ce sera tous les jours !
Francis
Depuis que je suis tout petit, ma mère n’arrête pas de me torturer avec ma culpabilité. J’ai jamais réussi à me défendre, mais ça c’est parfait ! Son cher fils aîné, entre la vie et la mort, à plus de mille kilomètres de la maison. C’est à cause d’elle que je suis ici ! Elle pourra plus rien me dire. Elle sera à court d’arguments. Quoi qu’elle fasse, elle pourra pas dire que c’est ma faute, c’est merveilleux.
Francis
Personne n’a jamais réalisé que c’est grâce à moi que cette famille reste unie. Si je ne suis plus là pour porter le chapeau, ils savent plus quoi faire de leur peau !
Francis
Y a comme une sensation de paix qui envahit complètement ton corps au moment où ta dignité vole en éclats.
Francis
Je vais vous montrer le truc le plus cool de la Terre. Trouvez-moi de l'essence à briquet, un appareil à gaufres, et apportez-moi la plus grosse peluche de Dewey.
Reese est le deuxième fils d’Hal et Lois ; petit frère de Francis, et grand frère de tous les autres membres de la fratrie que sont, dans l’ordre de naissance, Malcolm, Dewey et, plus tard, Jamie. Tel que présenté au début de la série, Reese se résume à deux caractéristiques principales : la brutalité (c’est un garçon violent, impulsif, et même volontiers sadique) et la bêtise (c’est un véritable idiot, à la limite de la débilité mentale).
Si ces deux constantes vont plus ou moins continuer de définir le personnage tout au long de la série et peser largement sur son destin et ses nombreuses intrigues, heureusement et pour notre plus grand plaisir, les auteurs vont très vite (dès la première saison, et plus encore dans les suivantes) affiner les contours du personnage, le sophistiquer, et même beaucoup l’adoucir, au point d’en faire l’un des membres les plus sympathiques et attachants de la famille. Qui l’eût cru ?
Reese a un point fort créatif : la cuisine, sa vocation. Et un point faible affectif : les filles, sa malédiction. L’un et l’autre de ces aspects, qui révèlent un Reese sensible et délicat, tendre et passionné, mais souvent très maladroit, vont être au centre de plusieurs de ses aventures. L’imbécilité du personnage, de violente, va prendre une tournure plus douce et inoffensive (à la façon d’un Forrest Gump), ou se faire plus roublarde. La coexistence de toutes ces facettes font que Reese est, en même temps ou tour à tour, un Bon, une Brute, et un Truand !
La brute
Justin Berfield (Reese) dans « Dîner en ville » (saison 2, épisode 4).
Un prédateur au sommet de la chaine scolaire
Dès les tous premiers épisodes de la série, Reese nous apparaît avant tout (et pour un moment) comme une brute épaisse, à l’image du terme qui le désigne et lui colle à la peau en VO : « bully », souvent traduit par « balaise ».
Reese (et, à travers lui, les auteurs de la série, bien sûr) voit l’école comme une jungle ayant sa propre chaine alimentaire ; le roi de cette jungle, le prédateur absolu, c’est le plus « balaise », celui qui frappe le plus fort, sa majesté des brutes. Au plus bas de la chaine alimentaire, il y a les intellos et les surdoués, surnommés « les têtes d’ampoule ». Une métaphore explicitement filée par la série elle-même, comme l’illustre une scène particulièrement bien réalisée, pastichant les codes du documentaire animalier, où Reese, tapi dans des buissons, observe ses petites proies en train de réviser, le nez dans leurs bouquins, salivant d’avance des coups qu’il va pouvoir porter, et prêt à bondir sur eux (1.08).
La terreur de la famille
Situation cocasse qui ne constitue pas un obstacle moral pour Reese : parmi ses proies, il y a son petit frère, Malcolm, nouvellement intégré à la classe spéciale des surdoués. La brute prend un malin plaisir à ridiculiser son frère, le ramener de façon humiliante à son statut de « paria » de l’école, et menacer ses camarades. Et là encore, Reese ne s’encombre pas de scrupules, n’hésitant pas à abuser de son avantage physique sur le garçon handicapé et asthmatique qu’est Stevie, le meilleur ami de Malcolm, lors d’une mémorable partie du « jeu de l’œil » (2.04).
La victime privilégiée et le punching ball attitré de Reese, c’est son petit frère, Dewey. Tout au long de la série, les coups pleuvent, souvent gratuits, pour le seul plaisir de se défouler. Incapable de rivaliser et de riposter sur le plan physique, le petit Dewey peut heureusement compter sur sa ruse et son esprit un brin mesquin pour rendre la monnaie de sa pièce à son grand frère. Après la naissance de Jamie, Reese cherche un successeur à Dewey qui commence à être un peu grand pour encaisser les coups sans broncher. C’est tout naturellement qu’il jette son dévolue sur le petit dernier, moins pour le plaisir d’avoir quelqu’un à frapper, que pour s’assurer les services d’un esclave qu’il dominera par la peur (7.13). Pas de chance pour Reese, Jamie semble bien parti pour être, lui aussi, un génie précoce, si ce n’est pas tout simplement la proximité de son grand frère qui le rend inévitablement intelligent à côté de lui. C’est plus tard, à la toute fin de la série, que Jamie commencera à faire vraiment tourner son grand frère en bourrique. Avant cela, il n’est qu’un bébé inoffensif… quoi qu’en pense Reese dans un mouvement de paranoïa (6.13). Spectacle aussi hilarant que pathétique de voir ce grand dadais de 18 ans se persuader qu’un bébé de 24 mois, occupé à sucer ses orteils, ourdit de sombres plans contre lui !
Côté hobbies, bien avant sa révélation pour la cuisine, Reese pratique (sans surprise) la lutte (2.10), affiche une prédilection pour les jeux-vidéo de combat (plusieurs allusions à Mortal Kombat¸ l’un des plus violents du genre), et bien sûr, aime par-dessus tout regarder des films d’horreur. Et pas n’importe lesquels ; les plus gores et insoutenables qui soient : les torture porn et autres snuff movies (films contenant des actes de violence non simulées). Des goûts cinématographiques peu engageants qui feront l’objet d’un épisode et traumatiseront Hal (6.18).
Le chouchou d’Ida
La brutalité et le mental très limité de Reese lui valent l’admiration absolue et exclusives de ses ignobles grands-parents maternels, Victor et surtout Ida, originaires d’un improbable pays de l’Est, et n’affichant que mépris pour tout ce qui ne revient pas à détruire, dénigrer, chasser, frapper (2.15). Les parents de Lois prônent des valeurs archaïques, spartiates et sauvages, célébrant les constitutions solides, les mâles dominants, l’instinct de survie et la loi du plus fort. Reese est ainsi le seul membre de la famille qu’ils traitent correctement, et en lequel ils fondent tous leurs espoirs de perpétuation de la lignée, tandis que le cérébral et chétif Malcolm leur semble une anomalie biologique bonne à être balayée par la sélection naturelle. C’est ainsi que, plus tard, Ida va faire s’affronter les deux frères dans une série d’épreuves rituelles particulièrement douloureuses et retorses, dans l’espoir que Reese l’emporte et devienne ainsi un « barochi », un homme véritable, méritant la main d’une demoiselle (7.11). Reese échouera finalement, vaincu par Malcolm dans une épreuve qui demandait moins de brutalité que de jugeote.
Les ennemis de Reese
Justin Berfield (Reese) dans « Le grand méchant Reese » (saison 2, épisode 10).
Le fait est que Reese essuie presqu’autant de revers que de victoires, et qu’à force de semer la terreur et la violence autour de lui, il se fait autant d’ennemis que de proies dociles, quand ce ne sont pas ces dernières qui se rebiffent dans d’incroyables contre-attaques, comme Stevie lors du diner au restaurant (2.04). On observera une riposte similaire, et encore plus spectaculaire, quand ayant été provoqué en duel à la loyale par Reese, Stevie débarque avec une armure robotisée qui lui permet de marcher et décuple ses forces. Clairement l’une des plus violentes raclées de Reese ! (7.03)
Il n’est même pas rare que Reese tombe juste sur plus fort que lui. Et c’est encore plus drôle, et plus humiliant pour lui quand il s’agit d’une fille (par le met KO à la lutte (2.10)) ou carrément d’une petite fille (comme Emily, la terrible petite voisine de 6 ans aux dents acérées qui le poursuit dans tout le quartier ! (2.23). Lors du pique-nique de la compagnie de Hal, Reese vit une véritable idylle de balaises avec son coéquipier dans un jeu de pistes ; mais son acolyte le surpasse autant en centimètres qu’en kilogrammes, et au moment de ramasser leur récompense, Reese finit par terre tandis que son compagnon file avec le butin (3.11 & 3.12). Mais le plus hilarant des ennemis jurés de Reese à travers la série, c’est… une chèvre ! Dont il s’attire les foudres rancunières après l’avoir maltraitée, et qui le poursuit à travers tout le zoo (4.01).
Avec tout ça, Reese en viendrait presqu’à douter de lui-même. Constatant que tous ses frères sont des surdoués ou ont un talent particulier, le jeune homme part à son tour à la recherche de son talent (5.18). Une enquête qui va le mener tout droit à la conclusion que son plus grand talent reste encore et toujours, de cogner. Une tendance violente qui peut devenir une vertu si elle est bien dirigée, comme cela semble devenir le cas quand Reese s’improvise sentinelle et se fait le garant de l’ordre dans le quartier (3.22).
L’esprit Jackass : le prince des bêtises
En réalité, Reese et bel et bien un génie, à sa façon bien particulière. Un génie des bêtises, et en cela il est le plus digne successeur de sa plus grande idole : son grand frère, Francis. Reese s’investit à fond dans l’élaboration de ses plus ambitieuses bêtises, il se surpasse, trouve même l’énergie et la motivation d’y fournir un travail dont il est incapable ailleurs. Il y met aussi énormément d’enjeux, aussi bien pour sa réputation, que sur un plan presque créatif. Pour Reese, les bêtises et le danger, c’est un art, et c’est souvent comme de véritables œuvres lui promettant une postérité dans le quartier, qu’il aborde ses défis les plus absurdes. En cela, Reese est un parfait héritier de l’esprit « Jackass », cette émission culte qui cartonnait au début des années 2000 (époque de diffusion de la série), où une bande de trentenaires casse-cou se lançaient dans une surenchère de défis régressifs, masochistes et dangereux, provoquant l’hilarité et l’admiration de leur audience.
Cet esprit « Jackass » de Reese s’illustre tout particulièrement dans deux de ses projets de bêtise les plus ambitieux et en même temps ses plus cuisants échecs : celle de sa cascade en vélo avec un tuyau d’arrosage, où il finit par enlacer un arbre en pleurant, le caleçon baissé, et le contenu du tuyau de déversant dans son entrejambe (4.12), et celle du plongeoir, où il finit enseveli sous un tas de gravas et de feux d’artifice (6.08). Un moment que Malcolm et Dewey immortalisent justement pour le site jackass.com !
Justin Berfield (Reese) dans « Le fou du volant » (saison 3, épisode 13).
Toutes les bêtises de Reese ne sont pas aussi méditées et préparées, et certaines le prennent complètement par surprise, le jeune étant encore plus incapable de réfléchir sous pression qu’il ne l’est habituellement, comme lorsqu’il détourne sa voiture d’auto-école et qu’il embarque une camarade dans sa folle cavale sur les routes (3.13). Reese est arrêté, mais il livre une remarquable performance de conduite ! C’est encore par une réaction impulsive que le jeune homme décide de se faire expédier en Chine dans une caisse pour y réclamer vengeance à son correspondant (un chinois qui a refusé de s’excuser pour Pearl Harbor ! Comprenez bien !) (7.05).
Malheureusement pour notre curiosité, mais au grand plaisir de nos zygomatiques, la plus grosse bêtise jamais commise par Reese nous restera à jamais inconnue. En effet, elle est un tel choc pour ses parents, elle est si monstrueuse, si inconcevable et révoltante, que Hal bug complètement quand il s’agit d’en parler, et cela vaut à Reese sont ticket de sortie immédiat de la maison (5.15). Le jeune homme n’a pas d’autre choix que de se prendre un appartement. Il surprend tout le monde en se révélant incroyablement autonome, discipliné et apte à mener une vie saine, studieuse et équilibrée. Du moins avant que ses parents découvrent que tout cela ne reposait que sur une accumulation de crédits et de dettes faramineuses ! Incorrigible Reese !
Une imbécillité qui confine au génie
A l’image de certains candidats de télé-réalité, Reese est tellement idiot et tellement attardé que cela en devient presque du génie d’être aussi bête. C’est ainsi que l’on doit au personnage quelques une des répliques les plus drôles, cultes et géniales de la série. Lorsqu’il apporte son aide à Malcolm et Stevie dans leurs expériences sur les enzymes de restriction, on lui doit entre autres la découverte prodigieuse d’une mystérieuse couleur obtenue par le mélange du bleu et du jaune, et qu’il choisit de baptiser sobrement : « bleulaune ». Autre grande découverte de Reese : « il y a une autre peau, sous la peau », révélation géniale qu’il a lorsqu’il se met à peler après une trop longue exposition au soleil (6.05). Quand il s’agit de réviser pour les examens, c’est encore autre chose ! Reese a d’ailleurs bien du mal à comprendre l’intérêt de surligner l’intégralité de ses manuels ou encore de devoir faire la liste de tous les chiffres du monde (6.21).
L’intelligence et trop réfléchir n’est toutefois pas toujours un meilleur atout, et Malcolm ne cesse d’en faire les frais et de le déplorer de son côté. Reese a ainsi plusieurs occasions de constater que sa bêtise peut devenir une véritable qualité dans le bon contexte, et le jeune homme cherche à se rapprocher de ces contextes où, soudain, il est comme à sa place, parfaitement intégré, reconnu voire admiré. C’est ce qu’il va vivre durant les quelques jours du festival du désert de Burning Man où se rend la famille (7.01) ; un lieu de tous les possibles, où personne ne se juge, où plus rien n’est stupide ou ridicule. C’est aussi ce qu’il avait vécu en devenant le mâle alpha d’une meute de chiens, avec lesquels il semblait avoir beaucoup plus en communs qu’avec ses congénères humains (6.19).
Mais là où Reese a toujours excellé et le « super-pouvoir » qu’il maîtrise le mieux, c’est le fait de débrancher son cerveau. Un art auquel il initie plusieurs fois son frère Malcolm, pour simplifier la vie sentimentale de ce dernier (avec Sara (3.04)), puis avec Alison (4.04). Cette aptitude à débrancher son cerveau, à éteindre la lumière et à ne plus devenir qu’un robot en pilotage automatique, c’est très exactement ce qui va faire la valeur et le succès de Reese l’armée, suscitant l’admiration de son sergent instructeur qui n’aura jamais vu un garçon aussi dépourvu de pensée et donc aussi obéissant (5.21 & 5.22). Voilà qui rappelle encore un certain Forrest Gump…
Le Truand
Justin Berfield (Reese) dans « Le bébé – 1re partie » (saison 4, épisode 20).
Tout idiot qu’il soit, Reese sait bien se montrer intelligent quand cela l’arrange, d’une façon toute pratique se prêtant certes moins aux élucubrations qu’aux escroqueries. Le jeune homme est le roi de l’arnaque, et sait toujours tirer profit des situations, au mépris de toute moralité.
C’est le cas lorsque toute la population de la ville est confinée dans le gymnase suite à la propagation de produits toxiques. On y voit Reese mettre en place un sordide marché noir de bien vitaux, allant jusqu’à organiser des combats de diabétique pour leur dose d’insuline (2.24) ! C’est avec un même sens des affaires douteux que Reese marchande ses services de cavalier à des vieilles dames dans un cours de danse, frôlant la prostitution et le rôle de gigolo (3.08), ou encore qu’il fait payer les enfants du quartier pour prendre leur revanche sur lui et lui casser la gueule… se gardant bien de préciser que la victime des coups ne serait même pas lui (5.08) ! Le voisin de la famille, Ed, leur donne un ordinateur où des mails compromettants ont été mal effacés ? Reese exploite la situation pour faire du chantage au mari volage (3.16) !
Reese n’épargne pas sa propre famille, puisqu’il coache Dewey pour amadouer leur grand-père paternel (Walter), richissime, et ainsi décrocher le jackpot à l’héritage (4.03). Idem lorsque son propre père, Hal, victime de somnambulisme, devient une sorte de « robot-esclave » qui se plie au moindre de ses désirs et caprices (6.07) !
Les quelques personnes qui font confiance à Reese et sollicitent ses services peuvent vite le regretter, comme le prestataire de service qui lui confie un smoking et des cartes de visite pour faire sa publicité au salon du mariage (4.20). Reese balance les cartes, et utilise son nouveau costume pour s’attirer la sympathie des visiteurs. Le jeune homme s’avère incroyablement à la hauteur de la situation quand Joan, une lycéenne, l’engage comme cavalier du bal de promo, moyennant finance (7.21). Mais attention, à minuit pile, le prince charmant redevient un odieux personnage, et cela quand bien même la demoiselle était prête à aller plus loin, et gratuitement… Quand, en revanche, Reese cumule les contrats avec différents laboratoires pour tester d’innombrables médicaments et qu’il finit dans un état second, cette fois, c’est lui qui fait les frais de sa propre désinvolture (6.20).
Dans l’ultime saison, Lois mène une guerre acharnée contre Reese pour qu’il se résigne à trouver un travail (7.06), quitte pour cela à le priver de tout, même de toit et de nourriture. Le jeune paresseux trouve d’abord un travail de vendeur de climatiseur par téléphone dans lequel il excelle et fait exploser les ventes, sauvant même un client dépressif du suicide… avant de faire pression sur lui pour qu’il achète des climatiseurs (7.19) ! Dans l’épisode final de la série, on retrouve Reese prêt à tout pour garder ce qu’il considère comme le travail idéal : concierge du lycée (7.22), prêt pour cela à créer lui-même un dégât des eaux. Entretemps, Reese aura travaillé dans un contexte qui semblait idéal pour lui, au contact du sang, de la torture et de l’horreur, en plus d’être vaguement en rapport avec la cuisine : employé dans un abattoir.
Le Bon
Malgré tous ces travers, Reese révèle de bons côtés aussi touchants qu’insoupçonnés. Ces aspects sensibles sont loin d’être des qualités réchauffées venues s’ajouter tardivement au personnage. C’est dès la saison 1 que l’on découvre un autre Reese, sentimental et vulnérable, et c’est à travers ce qui restera son principal point faible : les filles.
Un grand sentimental
Sous ses airs de brutes, Reese est terriblement fleur bleue, et à la recherche d’une jeune femme à aimer, protéger, gâter et servir. Un véritable gentleman ne demande qu’à s’exprimer sous ce tas de muscles et de mauvaises manières. Mais c’est sans compter sur la maladresse du jeune homme, incapable d’exprimer normalement des sentiments trop intimes, et préférant passer par des plaisanteries potaches qui inspirent davantage la haine que l’amour. On en a un tout premier exemple dans la série, avec l’épisode fondateur où Reese est amoureux d’une jeune pom-pom girl (1.12). Halluciné de voir son frère soudain prendre soin de lui (douches à répétition) et surtout, de le surprendre en train de pleurer comme un bébé, Malcolm se laisse attendrir et lui vient en aide, lui conseillant de se rapprocher de celle qu’il aime en partageant ses centres d’intérêt. Une recommandation mal interprétée par l’intéressé qui ne va rien trouver de mieux à faire que… devenir pom-pom boy, au risque de se ridiculiser.
Prétendre partager les mêmes passions ou les mêmes idées que celles qu’il aime, quitte à mentir complètement, c’est la stratégie que ne va plus cesser d’adopter Reese avec ses futures conquêtes. Et cela peut prendre une tournure très tordue. Comme avec Christie, une infiltrée des stups avec laquelle il va se faire passer pour un drogué (5.16) ou encore Carrie, une végétarienne auprès de laquelle notre carnivore employé dans un abattoir va se prétendre végétarien (7.20). Même stratégie sournoise avec Cynthia, l’amie tête d’ampoule de Malcolm métamorphosée par la magie de la puberté, et dont Reese rêve de voir la poitrine très généreuse (3.14).
Pourtant, Reese est tout à fait capable d’avoir une relation très saine et galante avec une femme, du moment qu’il n’a pas à la conquérir et la séduire ! Par exemple s’il est déjà marié avec elle ! Oui, comme ce sera le cas dans son très éphémère mariage avec la perfide Raduca(7.12), ou alors s’il n’éprouve pour elle que des sentiments d’amitié, comme avec sa copine de régiment, Abby, une fille lesbienne qui vient passer quelques jours à la maison, et que Reese va croire amoureuse de lui, alors qu’elle en pince pour… Lois (7.08).
Lois, justement… Son plus vif et son plus profond coup de foudre, Reese va le vivre avec une mystérieuse demoiselle de son lycée, dont il retrouve le journal intime par accident dans son sac. Une lecture intense qui va passionner le garçon (qui ne lit jamais) et lui faire chavirer le cœur devant de beauté, d’intelligence et de perfection… jusqu’à ce qu’il découvre qu’il s’agit de l’ancien journal intime de sa mère (5.03) ! Un traumatisme.
C’est pourtant bien Lois qui va sortir Reese d’un autre traumatisme autrement plus grave, après qu’il ait été victime d’un cruel canular sentimental de la part de trois pestes du lycée (7.16). Folle de rage devant l’humiliation de son fils, Lois va se lancer dans une quête vengeresse et recourir aux pires coups bas pour faire payer les coupables. Reese, de son côté, aura sombré dans un catatonique, désopilant, mais témoignant aussi de la sensibilité exacerbée du jeune homme.
Un grand sensible
Justin Berfield (Reese) dans « Larves et chenilles » (saison 6, épisode 17).
Tout comme il avait découvert la nature sentimentale de son frère en l’aidant à conquérir une pom-pom girl, Malcolm découvre sa nature sensible et même poétique à l’occasion d’un devoir dont l’a chargé le professeur Herkabe : filmer Reese à son insu, et étudier son comportement (5.05). Une démarche qui révèle un Reese inédit et surprenant, doux et rêveur jusqu’à la niaiserie, qui murmure des secrets dans un arbre à vœux, qui aime les nuages et les appelle « les petits chatons du ciel ».
Des arbres, des nuages, des chatons… et des papillons. Dans un épisode, Reese n’arrive pas à se débarrasser d’une colonie de chenilles, qu’il va se mettre à choyer comme des animaux domestiques et de véritables amis (6.17). Mais quand les chenilles deviennent papillon, l’émerveillement laisse vite place à la panique !
Loin de l’univers de la lutte, des films d’horreur, et des abattoirs, Reese vit une révélation et se connecte à sa part féminine à l’occasion du concours Miss Tri-County auquel participe sa mère (6.22). Il y découvre avec stupeur qu’il est d’une beauté parfaite, et qu’il a le visage conforme aux canons absolus… d’une femme ! La déconvenue qui s’ensuit donne lieu à une des crises de larmes les plus longues et intenses de la série !
De la révélation esthétique à la véritable épiphanie spirituelle : Reese vit un choc en découvrant une peinture religieuse kitch à souhait et entreprend de rejoindre les cieux, soulevé par un amas de ballons, tel un Karl Fredricksen de Là-Haut (2009) avant l’heure ! (4.22)
Un grand altruiste
Sans que cette crise mystique ait besoin de se reproduire, Reese, tout idiot qu’il soit, tout truand qu’il sache être, peut se montrer profondément bon sans raison particulière et agir avec un véritable altruisme. Comme le dit lui-même un caustique chauffeur de limousine en voyant le jeune homme renoncer aux baisers de filles ravissantes pour ramener d’urgence le doudou de petit frère, Jamie : « Je dois dire que, pour un imbécile, vous avez du cœur. » (5.02)
Et ce cœur, Reese le met au service des affaires de celui des autres, comme Stevie avec qui il s’improvise entremetteur en lui arrangeant le coup avec une jolie fille de passage à la maison, ravi d’offrir au jeune handicapé asthmatique un flirt inespéré (3.18). Reese jouera encore les Cupidon, mais cette fois chez le troisième âge, dans une maison de retraite où il travaille et sympathise avec quelques pensionnaires (7.10).
Un grand chef
Bryan Cranston (Hal), Jane Kaczmarek (Lois), Erik Per Sullivan (Dewey) et Justin Berfield (Reese) dans « Reese aux fourneaux » (saison 2, épisode 18).
Dès la saison 3, Reese va trouver le domaine et le talent qui vont lui permettre de concilier les meilleurs aspects de sa personnalité : la cuisine, qu’il découvre à la faveur d’un atelier auquel il participe avec son père, Hal (2.18). Ce qui devait être une punition tourne à la révélation d’un don. Un don qui sera toutefois sous-exploité par rapport à ce qu’il méritait et par rapport à la musique chez Dewey. On aura malgré tout l’occasion de voir Reese se surpasser aux fourneaux dans une surenchère de plats aussi ambitieux qu’improbables à l’occasion de Thanksgiving (5.04). Un repas digne d’un palace où, une fois n’est pas coutume, c’est Malcolm qui gâchera tout en rentrant ivre et en vomissant directement dans la dinde !
Anecdotes
Poète dans l’âme
Si Reese n’a pas le Q.I. de son frère Malcolm, cela ne l’empêche pas de quelques fulgurances : on apprend dans l’épisode « Messieurs les jurés » (saison 3, épisode 20) qu’il écrit de la poésie à ses heures perdues.
Croissance difficile
La subite poussée des jeunes acteurs durant les deux premières années de tournage a contraint les scénaristes à adapter leurs histoires, les personnages de Reese et Malcolm affichant désormais des traits de véritables adolescents. Ainsi, entre le tournage des deux premières saisons, Frankie Muniz alors âgé de 14 ans, avait pris 20 centimètres et avait également mué et perdu au moins une octave dans sa voix. Ainsi, les producteurs ont tourné le premier épisode de la saison 2 en urgence pendant l’été car il se déroulait directement après le dernier de la saison précédente. C’est à ce moment-là que les scénaristes ont dû changer les histoires qu’ils avaient prévues pour leur héros, comme l’a dit Linwood Boomer :
« On a réalisé que beaucoup des histoires de fin de primaire, d’enfant de 10 ou 11 ans, qu’on avait prévu de faire n’étaient plus faisables. On a dû écrire en fonction de son âge. »
Quand je vois tes yeux
Le dernier épisode de la saison 2 nous permet de découvrir le contexte dans lequel les quatre frères sont venus au monde. Pour l’occasion de très jeunes comédiens ont été recrutés pour jouer les terreurs en culottes courtes… quitte à tricher un peu, le petit Reese étant campé par un acteur aux yeux bleus !
Répliques
Assistant concierge ! « Que la serpillère, pas les formulaires » !
Reese
Mon boulot va consister à harceler des vieux et des malades. Je vais être payé à faire ce que j’aime !
Reese
Si elle embrasse avec autant d’ardeur que sa photo est jolie, ça va être l’extase !
Reese
C’est mortel. C’est vrai ! Tout me fatigue. Même le fait de sécher les cours devient mortel.
Reese - s'ennuie
Pourquoi il est pas mort avant d’avoir dépensé son fric !?
Reese - enterre son grand-père
On dit que l’argent peut pas acheter l’amour, mais c’est faux !
Reese
Le truc, c’est pas d’avoir un esclave à mon service ; c’est de pouvoir regarder mon esclave souffrir quand il est à mon service !
Reese
J’ai compris ton petit jeu : tu dis le contraire pour me piéger, mais ça marche pas une seconde !
Reese - à Lois
Je savais que les vieux pouvaient être gentils. Je croyais que vous étiez tous que des vieilles peaux blablatant sur le prix des choses !
Reese
Plus j’y réfléchis, et plus j’en arrive à la conclusion que le travail, c’est pas pour moi. J’abandonne le travail ! Toi et papa, vous avez choisi de gaspiller votre vie à recommencer les mêmes tâches idiotes pour un patron qui vous méprise.
Reese - à Lois
Tu crois que ça m’amuse de chlinguer ? Je suis obligé de me sentir tout le temps, moi !
Reese
Ce chinois est un gros nul... Quand je fais des gribouillis, moi, ça veut rien dire, mais quand c’est lui, c’est un langage !
Reese - a un correspondant chinois
On dit aux jeunes qu’ils peuvent mourir juste pour empêcher qu’ils se défoncent !
Reese
Les gens trop moches se sentent menacés par la beauté… C’est probablement pour ça que j’ai si peu d’amis !
Reese
Je fais mes maths. Je suis un peu paumé, alors je me fais une liste de tous les nombres.
Reese
Excuse-nous si nous on passe pas notre temps autour d’une table comme tes copains à faire des multiplications !
Reese - à Malcolm
Je me suis endormi en tabassant un gosse !
Reese
Vous vous souvenez du chien écrasé sur la route ? On a trouvé des tas de truc à faire avec ! Du plus horrible au plus magnifique !
Reese - à ses frères
C’est peut-être parce que je vais avoir dix-huit ans, mais je commence à entendre une voix intérieure qui dit : « Ça, c’est dangereux ! », « Ça, c’est stupide ! », « Attention, tu vas te faire mal ! ». Avant, cette voix disait : « Ça, c’est marrant ! Tu t’en fiches, fais-le ! ».
Reese
Dites, vous le saviez que sous la peau, il y a encore de la peau ? C’est dingue ! Et moi qui faisais super gaffe tout le temps !
Reese
C’est le gras qui donne du goût aux choses ! Et c’est pour ça que dans sa grande et infinie sagesse, Dieu a créé le gras !
Reese
Je suis une super machine à combattre ! Je suis une super machine à combattre !
Reese - intègre l'armée
J’ai fait une supère découverte : quand on mélange du bleu et du jaune, on obtient une nouvelle couleur ! Et je vais l’appeler « bleulaune » !
Reese
C’est quoi, cette odeur ? Ah, oui, je sais ! C’est le doux parfum de l’échec !
Reese
Malcolm est un génie et Dewey aussi est un génie. Donc, d’ici peu de temps, on découvrira que moi aussi j’en suis un !
Reese
Y a des tas de raisons de sortir avec moi : vous fâcher avec vos parents ! Rendre jaloux votre petit-copain ! Ou même par curiosité malsaine ! Ou par haine de soi ! J’en sais rien, moi, c’est pas à moi de faire tout le boulot !
Reese - à un groupe de filles
Moi, je vis dans le monde du « on s’en tape » !
Reese
J’ai gardé un truc à négocier en cas d’urgence. Papa nous a fait une imitation de toi quand tu es aux toilettes. C’est moi qui ai la vidéo et je suis prêt à discuter !
Reese - à Lois
Ça y est ! Rester assis des heures à faire semblant de s’intéresser, ça paye !
Reese - après avoir reçu un cadeau de sa tante
Tu ignores tout de la puissance de mon génie. Il ressemble à un torrent qui coule dans le noir. Mais de temps en temps, pendant un petit moment, un méga éclair tombe directement dans le torrent. Et ce sera à ce moment-là que je concevrai un plan génial.
Reese
Si je n’existe pas, comment je peux le savoir, que je n’existe pas ?
Reese
Je vais me faire salement éclater la tronche pour du fric ! On vit dans la plus chouette nation du monde entier !
Reese
J’adore les nuages, ce sont les p’tits chatons du ciel !
Reese
Salut, vilain copieur ! Ça va, ton anorexie ? Toujours dépressif pour cause de mère lesbienne ?
Reese - à un camarade
Avec ma première paye, j’achète la baraque et je fous les parents dehors !
Reese
Ce diner n’en sera pas un ! Ce soir, on va déguster Mona Lisa !
Reese - prépare le repas de Thanksgiving
Il y a plein de lait qui sort des seins ? Alors... les femmes sont les vaches des êtres humains ?
Reese
Dans tous les films, la fête, ils la font toujours le samedi soir ! Moi, non, le vendredi ! Parce que ça me laisse un jour de plus pour tout remettre en ordre, remplacer les trucs en cristal, trafiquer les compteurs et enterrer les morts au fond du jardin !
Reese
Quand tu nous as demandé d’aller au lit, tu nous as pas dit « immédiatement ». Tu nous laisses de la marge, alors viens pas dire que c’est de notre faute !
Reese - à Hal
Tu vois, maman, je te trouve vachement jolie aujourd’hui. Mais bien sûr, faut savoir te regarder sous le bon angle.
Reese - à Lois
Bon, qu’est-ce que tu préfères ? Enlever tes dents ou les perdre ?
Reese - à une vieille dame
Ne sortez jamais avec une fille plus intelligente que vous !
Reese
Papa, je t’assure que si tu m’amènes pas au concert, moi je quitte la maison pour toujours ! Ou je reste pour toujours ! Attends-toi au pire !
Reese - à Hal
Sur cette planète, tout le monde a un jumeau diabolique !
Reese
Chaque fois que je commence à me prendre la tête, je chante la pub pour les mini-menthes : « C’est cool, c’est frais, ils vont vous plaire, les mini-menthes sont parfaits ! »
Reese
Les cours, c’est l’arnaque ! C’est juste un plan inventé par les parents pour avoir la paix à la maison toute la journée !
Reese
Tu veux que je t’offre un coup ? Je vais te frapper de toute façon, mais c’est plus drôle si tu dis oui d’abord !
Reese - menace un camarade
Grand-père, c’est le plus riche de tous ! Et il adore les enfants ! Alors, tu fais tout ce que je te dis, et au retour, on sera plein aux as !
Reese - à Malcolm
Je préfère mourir que rester seul avec maman !
Reese
Y a deux semaines, j’ai bourré le mixeur de papier journal et j’y ai mis le feu ! C’était rien d’autre qu’un appel au secours !
Reese
Je dirais que je suis le méchant, le vilain. Celui qui fout tout par terre. Toutes les familles en ont un. Celui qui vous pourrit la vie à tel point qu’on n’a plus envie de rentrer parce qu’on sait qu’il vous attend. C’est du boulot, mais... ça apporte des satisfactions !
Reese
Je vais être super gentil, elle va tomber amoureuse, et un jour, elle enlèvera le haut !
Reese - à propos de Cynthia
J’ai horreur de me faire humilier ! J’ai les cours de maths pour ça !
Reese
Si tous les autres ont une assurance auto, pourquoi il m’en faut une aussi ? Tous les dégâts seront couverts !
Reese
Toucher une vieille, c’est comme toucher un mort !
Reese
Un raccourci, c’est quand on prend un autre chemin !
Reese
Vous, comme parents, vous êtes nuls ! Vous bousillez toute note vie ! Je voudrais que vous soyez morts ! [...] D’habitude, elle répond « je vous enterrerai tous » !
Reese - à Lois
Ça se voit que ça marche pas entre vous ! Maman, il te faut un mec qui ait de la poigne ! Et à papa, quelqu’un de plus jeune !
Reese - à ses parents
On se paie une scelle, d’accord ? Une fois qu’on aura la scelle, maman dira oui pour le cheval !
Reese - à Malcolm
C’est peut-être moi le plus gentil en fin de compte ! Tiens, maman. Pour ta gorge. J’ai mis du miel dedans.
Reese - à Lois
Je crois que ça m’inspire, le malheur et la souffrance ! Je me surpasse, c’est fou !
Reese
On peut pas tricher ! Maman nous tuera, et c’est très mal ! Et en plus de ça, Malcolm, maman va nous tuer !
Reese
C’est nul, l’empathie !
Reese
Je vais demander au coiffeur qu’il me rase ce côté de la tête et qu’il ne touche pas l’autre. J’aurai un style pour chaque profil. Les deux faces de mon moi intérieur !
Reese
Si le futur est comme grand-père et moi on l’imagine, les seuls survivants seront des mutants, des insectes, et moi !
Reese
Regarde, Francis ! J’arrive à faire ressortir le lait par le nez !
Reese
Je veux qu’ils se souviennent de moi plus tard, quand ils habiteront leur maison de rêve, avec leur femme super canon ! Ce jour-là, ils sauront que le gars qui nettoie le fond de leur piscine, il leur a cassé la tête !
Reese - à propos des têtes d'ampoule
Pourquoi tous mes trucs sont nazes, à moi ? Pourquoi j’ai jamais rien de joli, hein ? Ma vie est dégueulasse !
Reese
Je fais la liste des femmes potables pour papa, puisque maman s’est tirée.
Reese - à propos d'une dispute entre ses parents
Maman a su qu’on mentait grâce aux phéromones. On suait la peur, et elle l’a senti. Si on ment encore, la première chose à faire, c’est prendre une douche !
Reese
Un tout petit groupe de "têtes d’ampoule" s’est écarté du reste du troupeau sans s’en rendre compte. Se retrouvant sans défense, ils deviennent des proies faciles pour les prédateurs. Ils sentent le danger, mais il est trop tard. Leur hésitation sera fatale.
Reese
« Voyou » ?! J’ai jamais réussi à avoir cette appréciation ! Ça équivaut à un Oscar !
Attention : Objet Vivant Non-Identifié ! Ceci n’est pas une défaillance de votre téléviseur, n’essayez pas de régler l’image ! Vous entrez dans un monde où les nains de jardin sont des ennemis (2.13), où les jouets parlent et vous menacent de mort (1.12), où on se lie d’amitié avec une mouche (2.19), où on devient le dictateur d’un peuple de Playmobil dans une ville Lego (2.09), où on fait de la luge sur des montagnes d’ordures (6.03), où tous ceux qu’on croise nous donnent de l’argent sans raison (4.06), où on fabrique de la barbapapa jusqu’à en retapisser les murs de sa maison (5.13), et où le menu du jour est un buffet de céréales (7.07), accompagné de pizza à la glace (4.13).
Ce monde, c’est celui de Dewey ; le petit dernier de la famille (du moins jusqu’à la naissance de Jamie, en fin de saison 4). Cette fantaisie, parcourue d’aventures improbables, qui caractérise le petit garçon, en font le plus proche cousin spirituel du personnage de Hal (son père aux lubies aussi innombrables que farfelues), dont il serait une sorte de version plus poétique et enfantine, lunaire et absurde.
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Le congrès » (saison 2, épisode 6).
Agé d’environ 6 ans au début de la série, minuscule et pourvu d’une petite bouille de capucin aux yeux ronds comme des billes et aux grandes oreilles légèrement décollées, longtemps inséparable de ses petits pyjama à motifs, ayant attendri et marqué des générations de spectateurs et spectatrices avec son célèbre « Poupipoupipou » (2.07), Dewey apparaît comme le bambin mignon et adorable auquel personne ne saurait résister, surtout pas une baby-sitter trop sentimentale, ni même une grand-mère pourtant acariâtre (1.16). Personne ne semble pouvoir être insensible à la mignonnerie ravageuse de cet enfant, craintif et vulnérable, plein de fantaisie et d’imagination.
Docteur Jekyll et Mister Hyde junior
Pourtant, cet aspect « kawaï », presque jusqu’au « too much », peut vite rendre le petit garçon tête à claques, et paradoxalement inquiétant. Et pour cause ; les plus naïfs et facilement attendris en font souvent les frais, pris au piège de cet enfant très malin, qui sait user de ses charmes, et diablement manipulateur quand il cherche à obtenir quelque chose, à se venger de quelqu’un, ou simplement à semer la pagaille pour sa pure distraction. De Dewey, le petit ange du « Poupipou », à Damian, l’enfant antéchrist de La Malédiction, il n’y a parfois qu’un pas !
Entre la saison 1 inaugurale et la saison 7 finale, Dewey passe de 6 ans à 14 ans, et donc d’enfant à jeune homme. Une transformation physique importante, qui n’est évidemment pas sans conséquences sur sa personnalité et l’enjeu de ses intrigues. C’est presque « deux » Dewey auxquels nous avons affaire entre son enfance (saison 1 à 4) et sa pré-adolescence (saison 5 à 7).
Dans l’esprit de beaucoup de spectateurs, Dewey reste cet enfant adorable et fantasque des premières saisons. Moins connu et souvent oublié (en partie à cause des diffusions qui ont la fâcheuse manie de ne pas aller jusqu’au bout de la série et de radoter sur les premières saisons), le Dewey adolescent est pourtant un personnage très intéressant, qui continue de nous amuser et de nous attendrir, tout en apportant beaucoup de profondeur et d’intelligence.
Enfance de Dewey (saisons 1 à 4)
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « La petite évasion » (saison 1, épisode 7).
On ne laisse pas Dewey dans un coin
Sur le papier, l’enfance de Dewey, pourrait davantage tenir du drame naturaliste que de la comédie de sitcom : petit dernier d’une fratrie de quatre enfants (puis cinq) dont il est le souffre-douleur et le punching-ball de service, né dans une famille pauvre des Etats-Unis où l’avortement est tabou sans pour autant que le budget s’allonge quand une grossesse accidentelle se manifeste, le petit garçon est voué à être la cinquième roue de la charrette et à ramasser les miettes, au propre comme au figuré.
Négligé voire oublié (dans un coin, par exemple, dans l’intro d’un épisode ! (2.05)), malmené voire maltraité, Dewey résume particulièrement bien sa situation, à l’occasion d’un de ses plus vengeurs et mémorables coups-fourrés ; lorsqu’ayant appris que la naissance de son futur petit frère est prévu le jour de son anniversaire, il prend le micro en public pour dénoncer son père (4.20) :
« Je suis le plus jeune d’une famille de quatre enfants, et j’ai toujours ce qui reste quand les autres sont servis. Il n’y a plus d’eau chaude quand je prends ma douce, j’ai même pas un lit à moi, et trois personnes ont porté mes slips avant moi. Et pourtant, je ne me plains jamais. […] Même quand mes parents ont décidé d’avoir un cinquième enfant, j’étais content et prêt à partager le peu que j’avais avec lui. Et aujourd’hui, j’ai appris qu’ils allaient déclencher l’accouchement. Et mes parents ont choisi un jour très particulier pour cet événement. […] C’est mon anniversaire. »
Cette négligence n’est ni la première, ni la dernière d’une longue série, dont les plus anciennes remontent à la petite enfance de Dewey. Les plus criants exemples reviennent sous forme de flashbacks traumatiques au petit garçon quand il revoit ses grands-parents, avec lesquels il a carrément frôlé la mort plusieurs fois (2.15). Mais même avec ses parents qui l’aiment et ne lui veulent aucun mal, Dewey est négligé. A un degré aussi cruel que comique, quand il revient par exemple avec la coupe et le premier prix d’un concours de musique à l’autre bout du pays, sans que personne dans la famille ne le remarque, ni même se soit rendu compte de son absence pendant plusieurs jours (5.21).
Sa famille le traite mal, et sa mère en particulier ne le « satisfait » pas en tant que fils ? Qu’à cela ne tienne ! Dewey n’hésite pas à lui être infidèle et à aller voir ailleurs, auprès d’une autre maman plus affectueuse et bienveillante. Une situation improbable d’adultère filial qui atteint des sommets de drôlerie quand une Lois, jalouse et furieuse, découvre la liaison secrète de son fils, trahi par une odeur de lessive (6.19).
Le bon karma de Dewey
Tout semblait donc faire de Dewey une petite Cosette des temps modernes, au potentiel humoristique peu évident. Mais c’était sans compter sur son tempérament flegmatique, sa mentalité positive, son esprit inventif, son imagination débordante, et aussi un excellent karma qui n’oublie jamais de rétablir l’équilibre pour lui.
Car Dewey, dans son malheur, est aussi un incroyable chanceux. C’est un chat échaudé qui ne manque jamais de retomber sur ses pattes à la faveur d’un coup de chance. Derrière l’épais nuage d’infortunes qu’il rencontre dans sa famille, une étoile bienveillante et lumineuse semble lui sourire, et lui envoyer régulièrement quelques clins d’œil d’encouragement, laissant croire qu’il s’en sortira toujours, quitte à ce que ce soit aux dépens des autres, et encore mieux : aux dépens de ceux qui ont voulu lui faire du tort.
L’un des exemples les plus fameux et savoureux de ce bon karma, c’est le « jour d’argent » de Dewey ; ce jour mystérieux et improbable de la semaine, où tous les habitants du quartier donnent de l’argent au petit garçon, sans qu’il n’ait rien à demander ou à faire (4.06). A l’image de cette intrigue, de nombreux épisodes se terminant dans le chaos ou la galère pour les autres personnages, offrent une fin heureuse, sereine et victorieuse à Dewey.
Sorte de parabole ultime et inoubliable du bon karma de Dewey : son improbable aventure à travers tout le pays, à la poursuite de son ballon perdu. On connaît des enfants dans la pop culture qui ont fini dévorés par un clown monstrueux pour moins que cela ! Dewey rencontre son propre lot de danger, en se retrouvant dans la voiture de deux braqueurs, dans la camionnette d’une bande d’immigrés clandestins à la frontière mexicaine, dans le Chinatown d’on ne sait quelle grande ville du pays, au beau milieu d’un champ de maïs désert. Une odyssée incroyable qui rend fin quand il est ramené chez lui en moto par une bande de bikers ; sain et sauf, même pas traumatisé, et persuadé d’avoir été déposé par le Père-Noël (2.01).
La chance insolente et le karma à toute épreuve de Dewey peuvent finir par exaspérer ceux qui les constatent et les observent avec ahurissement. C’était déjà le cas quand Hal voyait son tout jeune fils enchaîner avec nonchalance les « perfect » au jeu des mini-quilles chinoises (2.08). C’est encore plus le cas quand, quelques saisons plus tard, Hal affronte son fils dans un jeu de société, et qu’il voit son jeune adversaire gagner systématiquement la partie sans effort (7.20). Agacé par une chance qu’il pense source de graves illusions pour son fils, et bien décidé à lui donner une leçon sur les difficultés de la vraie vie, Hal confectionnera sur mesure un jeu rempli de calamités, de malus et de rebondissements terribles. Evidemment, quand c’est finalement Hal qui gagne à son propre jeu, le discours sur la chance et la gagne change subitement de nature, révélant les vraies motivations du mauvais perdant.
Le petit sournois
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « L’entraîneur » (saison 3, épisode 16).
Souvent victime, Dewey n’en est pas moins bourreau, et sait rendre coup (bas) pour coup (de poing). N’ayant pas les moyens d’être brutal, à la façon de David contre Goliath, le petit garçon riposte par la ruse et, il faut le dire, un sens de la mesquinerie élevé au rang d’art.
L’arme fatale de Dewey, c’est de passer pour le petit garçon sans défense quand il est en réalité l’esprit manipulateur qui tire les ficelles. Parmi ses hauts (ou plutôt, bas…) faits en la matière, on se souvient entre autres de la façon dont il se fait passer pour un orphelin et grappille ainsi cadeaux, affection et friandises dans le gymnase où toute la population a été confinée, sous la menace de déchets toxiques (2.24). C’est avec un même art du mensonge apitoyant que Dewey parvient à écouler son stock de chocolat à vendre pour une tombola scolaire (5.19).
Si Dewey est le punching-ball favori de son grand frère, Reese, on peut dire que ce dernier est lui aussi la victime favorite de son petit frère, dans un tout autre registre moins violent mais non moins cruel : la manipulation. Bien conscient d’être beaucoup plus intelligent que son ainé, Dewey prend un malin plaisir à en jouer. Comme lorsqu’il profite de l’absence de leur mère, Lois, pour prétendre qu’elle lui transmet des consignes par téléphone (4.14). Consignes qui reviennent étrangement à ce que Reese satisfasse tous les caprices de son petit frère.
Lorsque Reese décide de se faire expédier en Chine pour affronter un correspondant par qui il s’estime insulté (le chinois a refusé de s’excuser pour Pearl Harbor ! Comprenez bien !), Dewey fait mine d’expédier la caisse, et préfère s’amuser à simuler son voyage – très houleux – dans le garage (7.05).
Quand Reese lui inflige l’humiliation de trop, Dewey trouve une solution des plus radicales et efficaces pour lui donner une leçon : faire – très littéralement – comme s’il n’existait plus (5.11). Une performance qui va finir par rendre Reese complètement chèvre et réussir à le faire douter de sa propre existence au point de le mener aux portes de la philosophie !
C’est par un procédé vaguement similaire que Dewey « punit » son père, quand Hal lui annonce ne plus pouvoir le porter sur son dos. Soit : Dewey démarre immédiatement une grève du « je t’aime » (4.16). Un chantage qui va toucher en plein cœur un Hal crédule, et le pousser au désespoir le plus comique. Les manipulations psychologiques les plus grossières de Dewey trouvent un pigeon de choix en la personne de son père, comme l’illustre tout particulièrement la soirée bowling de la famille, dans la version où Hal doit garder son fils puni et privé de sortie (2.20). Une situation qu’arrive complètement à inverser Dewey. La démonstration est d’autant plus éloquente, que la même soirée où c’est sa mère qui reste pour le garder, l’enfant ne peut même pas sortir un bout de pied de sa chambre sans représailles.
L’aspect sournois de Dewey prend une tournure moins excusable ou justifiée, quand le petit diable exerce ses redoutables talents dans la plus crasse des gratuités, pour son seul plaisir et sa distraction. Comme lorsqu’il sème la discorde, avec quelques remarques bien choisies, dans le groupe de musique de Hal et ses amis (4.11). Plus tard, il n’hésitera pas à prétendre que le bébé (encore dans le ventre de sa mère) lui donne des ordres, pour justifier une surenchère de bêtises (4.19). Mais le summum est sans doute atteint quand Dewey va jusqu’à voler l’anniversaire d’un petit camarade (3.04).
Le refuge de l’imagination
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Réactions en chaîne » (saison 3, épisode 21).
Dans une optique plus pacifiste et inoffensive, Dewey peut avant tout compter sur une imagination sans limites, et même une certaine capacité de déni qui le protège et agit comme une bulle de protection salutaire entre lui et la réalité. Cette aptitude explose au grand jour dans une réplique aussi mignonne qu’hilarante :
« Moi, je suis le préféré, le chouchou, celui que tout le monde aime, celui qui est mignon, celui à qui on fait attention, à qui on offre des cadeaux, et même des fois, ça fait que plein d’oiseaux chantent pour moi et que les nuages écrivent mon nom ! »
Une capacité de sublimation par la fantasmagorie, dont il n’hésitera pas à faire bénéficier généreusement son petit frère, Jamie, en lui racontant des histoires extraordinaires où la maison délabrée de la famille abrite un sous-sol secret et richement décoré par Hal et Lois, dissimulant leur véritable richesse à leurs enfants et s’offrant les services d’un robot-esclave nommé Francis (5.02).
Ne voyant pas sa situation s’arranger avec l’âge, et plus encore avec la naissance d’un petit frère, Dewey croit trouver la solution à ses problèmes en décidant tout bonnement de redevenir un bébé (5.03). Grenouillères, couches, biberons… le petit garçon retombe en enfance pour y trouver la sécurité et l’insouciance qu’il n’a jamais vraiment eues… jusqu’à la grosse commission de trop !
Dans sa famille pauvre qui ne part jamais, ou bien rarement en vacances, Dewey rêve de dépaysement et de neige. A la faveur d’un monstrueux tas d’ordures largué par un éboueur rancunier devant la maison, Dewey a trouvé sa montagne sur laquelle faire des glissades en luge et des bonhommes de neiges (6.03) ! Déjà, enfant, par le seul pouvoir de son imagination, le petit dernier pouvait passer de souffre-douleur à dictateur à la tête d’une armée de Playmobil exécutant froidement tous les opposants à son utopie de surdoués cannibales… y compris son propre père (2.09) ! Nous avons déjà pu évoquer, plus haut, quelques une des fantaisies les plus marquantes du petit garçon, dans une énumération loin d’être exhaustive !
Plus tard, au tournant de l’adolescence, Dewey va réussir à maîtriser et exploiter sa créativité, en la mettant au service d’un seul et même art, la musique. Elle lui procurera les mêmes bienfaits et la même capacité d’évasion.
Dewey et les animaux
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Le poisson rouge » (saison 3, épisode 9).
L’imagination de Dewey part si loin, que le petit garçon a tendance à s’inventer jusqu’à des amis qu’il n’a pas ! (Quand ils ne sont pas simplement sortis de nulle part, comme un certain « tête d’œuf » dont on ne saura jamais rien d’autre ! (1.11)).
Il faut dire que contrairement à Malcolm qui a un meilleur ami et une bande de copains, Dewey reste longtemps (jusqu’à la saison 5) un garçon esseulé. Mais là encore, il trouve la parade idéale, et rêve plus que tout au monde d’un animal de compagnie. Un désir profond qu’il ne va cesser d’exprimer, de sous-entendus appuyés en supplications, à des parents inflexibles. Cela n’empêchera pas Dewey de vivre quelques belles aventures, et des amitiés touchantes, avec des animaux de toutes sortes.
Au tournant des saisons 4 et 5, le personnage de Dewey sort doucement de l’enfance, et entre petit à petit dans l’adolescence. Il a grandi, sa voix a mué, sa bouille de bébé a laissé place à des traits plus fins, forcément moins « mignons ». Mais surtout, son comportement et sa personnalité évoluent, s’éloignent du petit garçon charmeur, très fantasque et capricieux, pour laisser place à un jeune homme plus pragmatique, un peu inquiet, mais toujours boudeur et extrêmement créatif. Négligé et malmené, Dewey l’est aussi toujours, mais les stratégies qu’il élabore pour échapper à son sort, s’évader ou riposter, se font moins sournoises et mesquines. Le jeune homme a gagné en confiance, il s’affirme et se montre davantage en mesure d’exprimer franchement et frontalement ses mécontentements et ses colères.
Cette version plus mature et assagie de Dewey est moins connue (la faute à son apparition plus tardive dans la série et à une plus rare diffusion des dernières saisons, nous l’avons dit), mais aussi souvent moins retenue et moins appréciée (cette évolution pouvant apparaître comme austère et dissuasive aux amateurs de « mignonnerie »). Pourtant, le Dewey adolescent est un personnage extrêmement intéressant, beaucoup plus sympathique que son homologue d’enfance (car moins sournois et ambigüe), mais aussi très drôle (plein d’esprit, volontiers sarcastique) et très attachant. Justice doit lui être rendue, et il est une des excellentes raisons (nombreuses) de revoir la série dans son entièreté.
Et la musique fut
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Kitty : le retour » (saison 6, épisode 5).
Dans la saison 4, au détour d’une de ses nombreuses intrigues, Dewey profite de son précieux quart d’heure de solitude quotidien et d’avoir la maison à lui tout seul pour… apprendre le piano (4.02). Une idée qui amuse beaucoup, mais qui ne retient pas plus que cela l’attention sur le coup, tant on est habitués aux fantaisies du personnages, et aussi à leur absence de suite.
Seulement, cette fois, nous venons bel et bien de voir la naissance d’un don et d’une véritable vocation, qui sera l’un des traits fondamentaux du personnage jusqu’à la fin de la série. Dewey aussi, est un génie. Un génie non pas des mathématiques et des sciences, comme Malcolm, mais un génie de l’art, de la musique. Une différence radicale (l’excellence peut prendre bien des formes ! Reese en sera la confirmation définitive, en devenant quant à lui génie de la cuisine !) qui sera particulièrement bien illustrée dans un épisode où Malcolm, outré d’avoir eu une mauvaise note en musique, demandera l’aide de son petit frère pour son devoir (6.18). La leçon sera difficile pour notre héros : la science n’est pas l’art, et être un génie dans l’un n’est pas être un génie dans l’autre. Son excellence a bel et bien des limites, et il doit accepter qu’il n’est pas le meilleur dans tous les domaines.
Le don musical de Dewey sera au centre de plusieurs de ses intrigues futures, et prendra souvent la place de ses fantasmagories d’autrefois. Comme si tout le flux créatif du jeune homme avait convergé vers un seul point. C’est au service de la musique que se mettra désormais l’imagination de Dewey, et c’est elle qui lui offrir sa précieuse porte de sortie de la réalité, cette capacité de sublimation.
Pas facile de pratiquer la musique dans une famille fauchée, et qui en plus ne fait pas attention à vos besoins. Pour pouvoir jouer d’instruments, Dewey va devoir redoubler d’inventivité, et devant le refus de son père de lui payer un piano, le jeune homme se servira directement dans le mobilier et autres ustensiles de cuisine pour se confectionner un prodigieux orgue fait-maison (5.16).
Dewey participera à plusieurs concours de musiques. Un premier, qu’il gagnera dans l’indifférence générale (5.21) ; et un deuxième que, non seulement il perdra (2ème place, « seulement »), mais qui aura surtout été précédé d’innombrables galères dues à une Lois peu coopérative à l’aéroport (7.11).
Du Maestro Dewey, il nous est parvenu un seul opus, mais quel opus ! Un opéra en trois actes : Glacienda et Don Argento, ou le lit de la discorde ! L’argument du livret, notre compositeur prodige n’a pas eu à le chercher bien loin. Il n’a eu qu’à observer la petite tragédie qui s’est jouée entre ses parents et leur série de disputes terribles à propos d’un nouveau lit acheté par Lois et jugé d’une largeur suspecte par un Hal paranoïaque et jaloux (6.11).
Un surdoué chez les sous-doués
Cameron Monaghan (Chad), Danny McCarthy (Hanson), Amy Bruckner (Zoe), Erik Per Sullivan (Dewey), Derek Cox-Berg (écolier) dans « Les idoles » (saison 6, épisode 2).
Dewey n’est pas qu’un génie de la musique. C’est un véritable surdoué, possédant un QI peut-être comparable à celui de son grand frère, Malcolm. Mais ce dernier, catastrophé à l’idée que son petit frère subisse les mêmes brimades que lui (ou, plus probable, tout simplement jaloux et désireux de rester le seul surdoué de la famille), fausse le test de Dewey (5.18). Il y parvient si bien, que son petit frère finit bien en classe spéciale… mais celle des perturbés (les « buseys », en VO).
Transféré malgré lui dans la classe des perturbés, Dewey y rencontre Hanson, Zoe et Chad, des élèves pas si idiots et des cas pas si désespérés, victimes surtout d’un enseignement inadapté qui ne les comprend pas. Mieux encore, Dewey va trouver là l’occasion, inattendue, de se faire ses premiers vrais amis. Touché par l’attachement que lui témoignent ses camarades, et pour la première fois face à des personnes qui ont besoin de lui, Dewey simule une crise de démence pour rester inscrit en classe spéciale.
Déjà plus soucieux et inquiet que dans sa petite enfance, Dewey entre dans une nouvelle phase, gagne énormément en maturité et développe un sens des responsabilités envers ses camarades. Tout au long des dernières saisons, il ne va cesser de veiller sur eux, de les aider, parfois les couvrir dans leurs bêtises (comme lorsqu’ils fuguent et s’installent dans un arbre ! (6.02)), et devenir pour eux une espèce de guide ou de tuteur qui a réponse à tout.
La sagesse de Dewey
« Réponse à tout », on peut dire que cela correspond assez bien à Dewey ! Du petit garçon qui avait tout le temps des questions sur tout et n’importe quoi, il est devenu un jeune homme qui répond à celles des autres, ou invente lui-même les siennes.
Dewey se montre ainsi porteur d’une grande sagesse – surpassant largement par-là son grand frère pourtant surdoué ! –, et se montre volontiers philosophe à ses heures. Contrairement à Malcolm, chez Dewey, l’intelligence se mêle à l’empathie, à la sensibilité, à l’introspection t à la créativité, pour un mélange des plus féconds et des plus sains. Passé maître dans l’art subtil de l’aphorisme, on lui doit assurément quelques unes des tirades les plus profondes et percutante, drôles et intelligentes, de la série sur de grandes notions ou autres vérités générales. Comme lorsqu’il s’emporte contre l’échec de la démocratie (6.07) :
« Je déteste la politique ! Les électeurs ne lisent rien ! Ils ne pensent jamais par eux-mêmes. Ils se laissent influencer par le dernier truc qu’ils ont entendu. Que ce soit vrai ou faux. La démocratie est un échec parce que, soyons lucides, la plupart des gens sont idiots. »
Erik Per Sullivan (Dewey) dans « Les arnaqueurs » (saison 4, épisode 22).
Ou encore plus fort, lorsqu’il donne sa propre interprétation de la nature arbitraire de desseins de Dieu (4.22) :
« Le Pasteur Roy, il dit que Dieu est tellement plus grand et intelligent que nous, qu’essayer de le comprendre, c’est comme si une fourmi essayait de me comprendre, moi. […] Comme moi avec la grosse fourmilière du jardin. J’ai passé des jours entiers à regarder les fourmis et essayer de faire la différence entre les bonnes et les mauvaises. Mais tout ce que je voyais, c’était des insectes. Alors j’ai commencé à les punir. […] Je les ai punies avec le tuyau d’arrosage, avec l’essence à briquet, avec la tondeuse à gazon, et pour être tout à fait honnête, j’ai perdu les pédales avec la grosse pelle. Et si ça se trouve, les fourmis priaient pour moi tout le temps. Et j’entendais rien. Quoi qu’elles fassent, elles étaient impuissantes. […] Je crois que c’est pareil pour nous. On ne peut rien changer à ce qui nous attend. Alors pourquoi se prendre la tête ? […] Je crois que tout ce qu’on peut faire, c’est vivre en étant le plus gentil possible et en essayant de ne pas attirer l’attention de Dieu et de sa grosse pelle. »
On est bien loin du « poupipou » du petit Dewey ! Et si c’est moins mignon, c’est autrement plus profond, et encore plus drôle !
Cet écart entre les deux répliques symbolise assez bien l’évolution générale de Dewey. Un personnage qui est resté fondamentalement décalé, fantasque, attachant, mais dont le caractère s’est affirmé, qui a gagné en maturité, qui a développé son langage et sa pensée, lui permettant de délaisser peu à peu sa sournoiserie d’enfance, devenant ainsi un des personnages les plus sains, équilibrés et positifs d’une série où personne n’est complètement normal. A l’image de ses aventures passées, de ses coups de chance légendaires et de son karma à toute épreuve, l’avenir de Dewey, aussi indéterminé et incertain soit-il, ne cause aucune inquiétude, tant le jeune homme semble voué à toujours s’en sortir quoiqu’il arrive et à planer au-dessus des événements, porté avec douceur vers une fin heureuse par un vent favorable.
Anecdotes
Un prénom peu commun
Si Dewey est un vrai prénom, il est cependant assez rare même aux États-Unis. Il s’agit d’un dérivé celtique de David. Le Dewey le plus célèbre de la culture populaire américaine est sans doute l’un des neveux de Donald, présent dans les bandes dessinées de Carl Barks puis dans leurs adaptations à la télévision (Huey, Dewey et Louie sont communément appelés Riri, Fifi et Loulou dans la version française).
Cinématographique conception
Dans l’épisode « Embouteillage » (saison 2, épisode 1), Lois révèle que Dewey a été conçu lorsqu’ils regardaient une location du film La Fièvre au corps. Ce film de 1981, avec William Hurt et Kathlee Turner, était à l’époque considéré comme très osé à cause de scènes sexuelles très explicites.
Déni de talent
On découvre le don de Dewey pour le piano dès le début de la saison 4 dans l’épisode « Humilithon » (saison 4, épisode 2). Cela deviendra un trait important de ce personnage développé par la suite. Il faudra toutefois deux ans à sa famille pour le découvrir, dans l’épisode « Le somnambule » (saison 6, épisode 7).
Dewey et son double
La voisine de classe de Dewey dans « Otage ô désespoir » (saison 6, épisode 21) vous rappelle peut-être quelqu’un… L’actrice Jennette McCurdy jouait en effet Daisy, l’alter ego féminin de Dewey dans « Si les garçons étaient des filles » (saison 4, épisode 10). Elle poursuivra sa carrière dans plusieurs sitcoms Nickelodeon ainsi que dans la chanson.
Dewey-napping
L’aventure de Dewey à travers le pays dans « Embouteillage » (saison 2, épisode 1) ne faisait pas partie du scénario original, qui voyait la saison 1 se terminer sur un suspense intense : la baby-sitter prenant le garçon en otage et l’emmenant en direction du Mexique après lui avoir teint les cheveux en noir et l’avoir rebaptisé Pepe !
Erik Per Sullivan (Dewey) et Bea Arthur (Mme White) dans « Le liquidateur » (saison 1, épisode 16).
À la lecture de cette première version du script, les responsables de la FOX avaient bondi de leur chaise et demandé aux scénaristes de rédiger une intrigue plus adaptée au public familial américain.
Répliques
T’étais heureux, Malcolm. Donc, c’était un rêve, forcément.
Dewey - à Malcolm
On n’obtient pas toujours ce qu’on veut. Et faire partie de cette famille m’y a bien préparé !
Dewey
T’avais raison, les bonbecs qu’on pique aux autres enfants sont bien meilleurs !
Dewey - à Reese
La musique, c’est tout ce que j’ai ! Tu veux que je te dise ? C’est mieux que tout ce que tu peux élaborer avec ta science ! C’est de la pure beauté et des émotions, de l’amour ! Rien à voir avec un sale petit génie qui veut être plus fort que tout le monde !
Dewey - à Malcolm
J’me demande ce que je vais faire comme cauchemar : la forêt des jambes coupées ou la noyade dans le sang de grand-mère ?
Dewey
La vie n’est qu’un perpétuel combat du jour de ta naissance à celui de ta mort.
Dewey
Cet opéra est arrivé jusqu’à moi. Des gens qui hurlent, qui se détestent, exactement comme notre famille, mais avec de la musique ! Toutes les voix combinées entre elles, en un contrepoint qui souligne toute la futilité de leur existence ridicule !
Dewey - compose un opéra
Je déteste la politique, les électeurs ne lisent rien ! Ils ne pensent jamais par eux-mêmes. Ils se laissent influencer par le dernier truc qu’ils ont entendu. Que ce soit vrai ou faux. La démocratie est un échec parce que, soyons lucides, la plupart des gens sont idiots.
Dewey
Je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu.
Dewey
Ça fait trois jours que moi, je n’ai fait aucune bêtise ! Vous savez, si maman nous crie dessus, ce n’est pas parce qu’elle ne sait pas nous parler autrement. Si elle crie, c’est parce qu’on se conduit très mal. Et si on fait rien, eh bien elle se fâche pas contre nous. Vous comprenez ? Ça vient pas d’elle. Ça vient de nous.
Dewey - à ses frères
J’ai toujours cru que maman finirait en taule et papa chez les fous. C’est la vie !
Dewey
Papa, tu ne me connais pas très bien, mais tu ne peux ignorer que ma petite enfance fut un calvaire. Je t’offre une chance de pouvoir adoucir ce calvaire.
Dewey - à Hal
Un jour, il faudra qu’on paye pour tout ça, et ça va faire mal.
Dewey
Chaque instant de ma vie n’a été que la morne attente de ce moment.
Dewey - prépare une barbe à papa
Tu vois, on peut éprouver du plaisir à contrôler en secret une personne plus bête que soi !
Dewey - à Reese
En fait, c’est trop injuste de grandir. Quand on est juste né, tout est parfait. Mais sans qu’on s’en rende compte, ça part en vrille. Les autres font de moins en moins attention à vous, on doit travailler de plus en plus et on vous aime de moins en moins.
Dewey - à Lois
Une fois encore, croyez bien que nous sommes désolés pour la gêne occasionnée. Même si ça ne changera rien pour les tables qui ont été brisées, ni pour l’ambulance, ni pour l’incendie, ni pour le monsieur qui s’est vraiment étouffé sans que personne le voie.
Dewey
Je crois que tout ce qu’on peut faire, c’est vivre en étant le plus gentil possible et en essayant de ne pas attirer l’attention de Dieu et de sa grosse pelle.
Dewey
On n’est qu’une bande de trolls, diaboliques, sans aucun respect ni aucune considération pour rien ni personne, sauf nous. On saccage, on abîme, on détruit tout ce qu’on touche. Un jour on finira en taule ou bien on se fera descendre.
Dewey - à Reese
Je suis le plus jeune d’une famille de quatre enfants, et j’ai toujours ce qui reste quand les autres sont servis. Il n’y a plus d’eau chaude quand je prends ma douche, j’ai même pas un lit à moi, et trois personnes ont porté mes slips avant moi. Et pourtant, je ne me plains jamais.
Dewey
Je veux une glace et aussi une pizza. Et encore une pizza et une pizza à la glace.
Dewey
La dame, pourquoi elle a le droit de grimper toute nue sur la table de sa cuisine et pas moi ?
Dewey - devant un film porno
Une fois j’ai mis une grosse limace dans le sandwich de Reese, et il l’a mangée !
Dewey
J'ai un jour d’argent. Je sais pas pourquoi, mais ça m’arrive tout le temps, et c’est extra. J’ai aussi eu le jour des gâteaux ou le jour des calçons sur la tête. C’est ceux que j’aime le moins. Mais très vite, c’est encore mon jour d’argent.
Dewey
J’ai lu plein de trucs sur Lincoln, et en fin de compte, il était très loin d’être gentil. Tu savais que l’abolition de l’esclavage n’avait rien à voir avec les Droits de l’Homme et que c’était juste une manœuvre politique ?
Dewey
Je suis prêt depuis que je suis né.
Dewey
Moi, je pense qu’on devrait manger le pot-au-feu lundi au lieu de mardi, comme ça on aurait des sandwichs à la viande un jour de plus... Et aussi que la table devrait être devant la télé et le canapé devant le réfrigérateur... Et aussi que ça devrait être au tour des grands de mettre mes habits, et que les enfants devraient pouvoir conduire, et que l’école devrait s’arrêter à midi, et que la récréation serait sur le toit...
Dewey - à soi-même
Maman, on peut la voir à poil quand on veut ! C’est simple : le matin, elle est à poil ; le soir, elle est aussi à poil.
Dewey
Même quand vous êtes gentils avec moi, il faut que ça finisse toujours mal ! Et voilà, aujourd’hui, je vais mourir au fond d’un égout ! La fin idéale pour une vie lamentable !
Dewey
Moi, je suis le préféré, le chouchou, celui que tout le monde aime, celui qui est mignon, celui à qui on fait attention, à qui on offre des cadeaux, et même des fois, ça fait que plein d’oiseaux chantent pour moi et que les nuages écrivent mon nom !
Dewey
Salut, toi ! Moi, c’est Dewey ! Tu sens vachement mauvais, mais je t’aime bien !
Dewey - à un chien
Depuis le jour de ma naissance, vous n’avez pas arrêté de me torturer ! Je me souviens quand vous avez essayé de m’échanger contre un autre enfant ! Je me souviens du jour où vous m’avez dit que mes dents ne repousseraient jamais ! Je me souviens de tous les sandwiches aux crottes de nez préparés par vos soins et tous les traquenards ! Et aujourd’hui, vous allez me le payer !
Dewey - à Malcolm et Reese
Je partirai pas ! Vous nous virez n’importe quand, quand bon vous semble, sans rien nous demander ! Je commence à en avoir ras-le-bol ! Regarder la télé, c’est le seul truc marrant qu’on ait ! Le seul, dans cette baraque !
Dewey - à ses parents
Un jour, quand tu reviendras ici, et que tu seras au chômage, et que tu sauras pas où dormir le soir, tu auras qu’à venir dans mon château, d’accord ?
Dewey - à Francis
Toi, tu vis ! Toi, tu vis ! Toi, tu vis ! Toi, tu crèves !
Dewey - parle à ses soldats Playmobil
Poupi poupi, poupi pou ! Poupi poupi, poupi pou !
Dewey - chante pour attendrir la babysitter
Ses chats l’ont bouffée.
Dewey - explique la cause du décès de sa tante
Ne cafte que si on te demande de cafter.
Dewey
Moi, j’aime pas mes frères, j’aime que moi.
Dewey
Tu es très moche !
Dewey - à Craig
Et alors le monstre a grogné après moi et je lui ai jeté de grosses pierres et je l’ai tué. Et là il s’est envolé grâce à des fusées et je me suis accroché à lui. Et maintenant le monstre est mon copain et je partage les esquimaux avec lui.
Personnage central de la série, (« in the middle », comme le désigne le titre original), Malcolm est a priori un garçon ordinaire et même un peu « sale gosse », issu d’une famille excentrique et d’une fratrie turbulente de la « middle (!) class » américaine, donc loin d’un contexte privilégié attribué aux « héritiers » et à « la culture d’élite ». Il découvre pourtant, à l’issu d’un test, qu’il est un petit génie avec un quotient intellectuel de 165, et entre, contre son gré à son grand dépit, dans une classe de surdoués, dont tous les élèves sont affublés d’un même surnom péjoratif : les « têtes d’ampoule ».
Ce postulat est celui de la série et de l’épisode pilote (1.01). Il sera l’arc narratif essentiel général et un des principaux ressorts comiques des premières saisons : le bouleversement et les conséquences de ce QI exceptionnel dans la vie d’un pré-adolescent de la classe moyenne (basse) américaine, qui aurait voulu, plus que tout au monde, être juste… normal !
Dès le tout premier épisode, et jusque très tard dans la série, Malcolm ne vit pas son intelligence comme un don, mais comme une véritable malédiction.
Surdoué malgré lui
Ce rejet de son intelligence comme un obstacle au bonheur, Malcolm l’exprime très souvent, au détour de simples répliques désabusées qui font toute la drôlerie et le charme du personnage. La bêtise exaspère Malcolm autant qu’elle le fascine, elle le repousse autant qu’elle l’attire. Ainsi, au-delà des simples mots, le jeune homme va plusieurs fois jusqu’à essayer de devenir bête à son tour, prêt à renoncer à toute intelligence, si cela peut au moins lui permettre d’être heureux et plus spontané. C’est le cas par exemple quand il demande à Reese de lui apprendre à débrancher son cerveau (4.04). Ou encore quand il s’efforce de refoulées toutes ses remarques négatives, une lourde censure qui le mènera jusqu’à l’ulcère (4.07) !
Alors que tant de personnes – et de personnages de fiction – déplorent leur « normalité », craignent d’être ordinaires, et luttent pour se démarquer (talent, pouvoir, actions, esprit, parole…), on a ici affaire à un personnage qui assume complètement une volonté de conformisme scolaire. Malcolm veut être intégré, accepté, aimé, voire même, convoite l’inaccessible « poste » de mec cool et populaire de l’école/collège/lycée. Un rôle qui lui est instantanément interdit dès lors qu’il entre dans ce cercle très fermé et pestiféré des intellos et des surdoués.
La série se lance ici d’entrée sur un de ses créneaux les plus forts, ce qui va faire non seulement l’un de ses plus puissants axes humoristiques mais aussi l’originalité et l’intelligence de son propos : la « sociologie scolaire ». Loin, bien loin du traitement secondaire, idéalisé et superficiel de l’école dans de nombreuses autres séries mettant en scène des adolescents.
L’école, les copains & la famille
Will Jennings (Kyle), Evan Matthew Cohen (Lloyd) et Kyle Sullivan (Dabney Hooper) dans « Pom pom boy » (saison 1, épisode 12).
Les 3 premières saisons de la série suivent les années collège de Malcolm en classe « spéciale ».
Brillant, mais mal à l’aise à l’école où il n’assume pas son nouveau statut, Malcolm va redoubler d’inventivité et de stratagèmes pour fuir la classe des surdoués, que ce soit en séchant tout bonnement, ou alors en se jetant sur la première occasion, comme c’est le cas lorsqu’il simule une déprime pour gratter des séances chez la psy scolaire (2.08), ou encore quand il s’enrôle dans la troupe de théâtre des lycéens, pas peu fier de faire son entrée dans le monde des grands (2.09).
Pourtant, Malcolm peut compter sur une bande de têtes d’ampoule sympathiques et attachants, qui lui vouent une sincère amitié, de l’admiration même, pour certains. Il noue surtout une amitié durable, solide et franche, bien que semée de querelles et d’amour vache, avec Stevie Kenarban, un garçon afro-américain, handicapé, bigleux et asthmatique, profondément gentil et loyal, Deux tempéraments opposés pour un duo inséparable et d’autant plus drôle que, des deux, c’est Stevie qui aurait bien plus matière à se plaindre, mais qui essuie avec beaucoup de patience les plaintes, les sarcasmes et les états d’âme de son ami.
Excellent par la puissance de son QI, Malcolm l’est beaucoup moins par l’ingratitude et la loyauté très discutable avec laquelle il traite sa bande de copains, estimant qu’il mérite mieux mais soupirant après d’inconsistants élèves plus populaires. Le temps va toutefois parvenir à pérenniser et renforcer les liens de Malcolm avec Kevin, Dabney (que plusieurs indices sous-entendent amoureux de Malcolm…) et Lloyd.
C’est un peu la même relation ambivalente que Malcolm entretient avec sa famille. Affichant un recul déconcertant par rapport à ce qu’il considère comme une bande de boulets, qu’il rêve plusieurs fois de fuir (se prenant même à rêver d’une autre famille (1.05), il finit toujours par réaliser en quoi sa famille, bien qu’imparfaite et pas sortable, est aussi soudée, chaleureuse et surtout solidaire. Ses prises de bec et ses conflits avec sa mère sont mémorables, Malcolm étant clairement le seul à avoir le caractère et l’intellect pour croiser le fer avec elle. Les disputes et les pugilats avec ses frères sont continuels, mais s’équilibrent avec leurs moments de complicité et leur génie mutuel pour les bêtises.
Souvent embarrassé par Caroline Miller, sa professeure principale qui lui renouvelle sans arrêt son soutien appuyé dans les saisons 1 et 2, Malcolm change d’ambiance quand débarque, en début de saison 3, le terrible professeur Lionel Herkabe, une ancienne tête d’ampoule vaincu au jeu de la vraie vie, et qui se venge sadiquement sur ses élèves en les poussant à bout dans une surenchère d’évaluations, sous couvert de les endurcir (3.02). Une situation que Malcolm va gérer et retourner d’une main de maître, l’un de ses plus grands moments.
Entrée au lycée & évolution du personnage
Frankie Muniz (Malcolm) dans « Frapper et recevoir » (saison 5, épisode 12).
À partir de la saison 4, et cela jusqu’à la fin de la série, Malcolm, est au lycée. Un environnement un peu plus clément pour les surdoués, où ils peuvent d’ailleurs se mêler aux autres élèves, mais où d’autres défis liés à l’adolescence les attendent.
Au lycée, Malcolm retrouve sa petite bande de têtes d’ampoule au complet (excepté Kyle, le rouquin), sans grand enthousiasme toutefois, obsédé qu’il est toujours par sa réputation et la volonté de se refaire une image.
Pour notre plus grand plaisir, et au grand dépit de Malcolm, le lycée voit aussi le retour du cinglant professeur Lionel Herkabe, devenu CPE, dans une évidente volonté des auteurs – ô combien appréciée ! – d’exploiter au maximum le potentiel de ce personnage aussi désopilant qu’horripilant. Ses guerres psychologiques avec Malcolm sont des épisodes savoureux et de haute volée. Malcolm n’est jamais si grandi et brillant que lorsqu’il fait face à des adversaires à sa taille (comme son rival dans le concours des surdoués (4.07), le forçant à concilier son génie et son sens moral, bien souvent en conflit.
Si la saison 4 exploite bien le contexte du lycée et propose plusieurs péripéties scolaires très amusantes, les saisons suivantes s’en détachent peu à peu, les auteurs estimant sans doute que le tour du sujet commence à être fait. Il faut réinventer Malcolm, le confronter à des situations inédites, et c’est ainsi que l’on retrouve davantage le personnage dans des intrigues domestiques, dans le cadre de la maison familiale ou du quartier, ou alors, le plus souvent, dans ses activités extra-scolaires et particulièrement, ses jobs. Parmi eux, le plus notable est évidemment celui d’employé au Lucky Aide, le supermarché où travaillent Lois et Craig. L’occasion de nouvelles intrigues avec sa mère et d’aventures improbables avec le personnel, mais surtout de mettre le surdoué à l’épreuve d’un autre monde que celui de l’école : celui des adultes et du travail, non moins rempli de règles arbitraires et absurdes. Sous couvert d’humour toujours aussi jubilatoire, la série poursuit son discours sociologique au vitriol, en le déplaçant dans la vie active.
Ce sont aussi des saisons où le personnage de Malcolm s’efface un peu derrière des personnages secondaires de plus en plus forts, charismatiques et inspirants, drôles et attachants, à commencer par son père, l’impayable Hal, bien sûr, mais aussi ses frères qui décrivent une évolution très intéressante. Plus que jamais, Malcolm est « in the middle », et par ailleurs, sa propre évolution psychologique n’est pas toujours à son avantage. En grandissant, le personnage perd son côté « mignon » du début, et s’affirme de plus en plus comme une boule de nerfs et d’aigreur. Il se montre volontiers impatient, négligeant, voire déloyal et injuste. Très autocentré et toujours superficiel (il utilise une bourse d’étude pour… s’offrir une séance de shooting photo (7.10), il peut perdre du terrain dans la sympathie du spectateur par rapport aux autres membres de sa famille. Heureusement, un épisode vient toujours pour nous rappeler à quel point Malcolm peut être génial et campé sur de nobles principes avec la ténacité d’une Lois ! Mais surtout, il reste de façon constante notre interlocuteur privilégié, face caméra, toujours avec la même éloquence, le même esprit et le même humour ravageur, nous offrant ainsi plusieurs des répliques les plus cultes et savoureuses de la série en guise d’introduction, de conclusion ou de commentaire !
Dans la saison 7 (dernière de la série, équivalent de l’année de Terminale pour Malcolm), le grand examen final du secondaire (équivalent du Bac) est au bout du chemin et, avec lui, la préparation des études universitaires. Un rituel qui prend une toute autre dimension qu’en France, aux USA, où les universités sont très puissantes, et où elles s’arrachent les meilleurs élèves pour ajouter à leur prestige. Ainsi, la question : « à quelle université Malcolm va-t-il confier son génie ? », plane sur la saison, et c’est d’ailleurs le sujet d’un épisode aussi improbable que drôlissime où Hal, toujours heureux de se faire mousser, fait jouer la concurrence et enchaine les rendez-vous… galants… avec les chasseurs de tête de Harvard, du MIT, de Princeton, etc. (7.12). Lois ne fait guère mieux que son époux, en collant (comme souvent) la honte de sa vie à son fils, lors d’une porte-ouverte de campus, où elle entre en conflit frontal avec un RRU (Responsable de Résidence Universitaire) aussi despotique et avide de pouvoir qu’elle (5.16).
En réalité, peu importe le prestige de l’établissement, la qualité du campus ou les cadeaux, la définition d’une bonne faculté est très simple pour Malcolm, et il nous la résume ainsi : qu’elle soit à plusieurs milliers de kilomètres de sa mère ! (7.22)
Le dénouement de Malcolm
Frankie Muniz (Malcolm) dans « Malcolm président » (saison 7, épisode 22).
Dans le dernier épisode de la série (7.22) qui relate sa remise de diplôme, Malcolm se voit proposer une opportunité avec son meilleur ami, Stevie : un grand chef d’entreprise (sorte d’Ellon Musk avant l’heure) leur propose un très juteux contrat pour travailler dans sa compagnie cotée en bourse. Une proposition alléchante, qui vend du rêve à Malcolm (argent, recherche appliquée, vie active, autonomie), prêt à renoncer à toute étude supérieure pour s’y précipiter. C’est sans compter sur Lois, qui use une fois de plus de son droit d’ingérence maternel pour poser son veto. C’est l’ultime grande confrontation entre Malcolm et sa mère, la dernière d’une longue série, et qui a pour enjeu rien de moins que son avenir. Avenir tout tracé par Lois (et approuvé comme une évidence par toute la famille) qui déroule à son fils, médusé, le plan de carrière qu’elle a conçu pour lui : devenir le Président des Etats Unis d’Amérique. Rien que ça !
Dans un dernier baroud d’honneur qui n’oublie pas l’humour et la folie qui ont fait son succès, la série ne manque pas de raccorder ainsi avec le discours social qui lui est si cher. Lois tient absolument à ce que Malcolm ne jouisse pas des privilège que lui confère son génie ; elle met un point d’honneur à ce qu’il en bave, à ce qu’il emprunte le chemin le plus long et le plus difficile pour rester au plus près de ses origines modeste et ainsi n’oublie jamais d’où il vienne. Mais aussi, qu’il apprenne l’humilité et la bienveillance, des qualités qui – on l’a vu – peuvent lui faire défaut. Alors, il pourra être le premier Président à savoir ce qu’est vraiment la galère, et en même temps faire profiter tout un pays de ses trésors d’intelligence, au service des bonnes causes.
La série ne dit pas si le plan de Lois arrive à terme, mais en tout cas, on retrouve bel et bien Malcolm, homme de ménage, entre deux cours de faculté.
Anecdotes
Q.I. gagnant
Après des années à endurer la classe des « têtes d’ampoule », le fardeau de Malcolm finit par payer dans la dernière saison : il choisit Harvard comme université dans l’épisode « La force de l’engagement » (saison 7, épisode 12) avant d’intégrer cette prestigieuse université dans l’épisode final. On notera que les scénaristes ont de la suite dans les idées : dès les premières saisons, Lois indique souhaiter que Malcolm aille à Harvard !
150 sur 151
L’épisode « Le testament impossible » (saison 4, épisode 17) est le seul de la série où Malcolm n’apparaît pas, bien qu’il soit présent à travers les flashbacks.
Premières fois
Malcolm aura son premier baiser dans l’épisode « Pile et face » (saison 2, épisode 20), et sa première fois aura lieu quelques années plus tard dans l’épisode « Allumer le feu ! » (saison 7, épisode 1).
Malcolm a un incroyable talent
Qui l’eut cru ? Malcolm s’avère très doué pour la danse (« L’abri de mes rêves ») alors que Lois lui avait prédit un désastre s’il s’essayait au flamenco ! (« Le somnambule », épisode 6.07)
Croissance difficile
La subite poussée des jeunes acteurs durant les deux premières années de tournage a contraint les scénaristes à adapter leurs histoires, les personnages de Reese et Malcolm affichant désormais des traits de véritables adolescents. Ainsi, entre le tournage des deux premières saisons, Frankie Muniz alors âgé de 14 ans, avait pris 20 centimètres et avait également mué et perdu au moins une octave dans sa voix. Ainsi, les producteurs ont tourné le premier épisode de la saison 2 en urgence pendant l’été car il se déroulait directement après le dernier de la saison précédente. C’est à ce moment-là que les scénaristes ont dû changer les histoires qu’ils avaient prévues pour leur héros, comme l’a dit Linwood Boomer :
« On a réalisé que beaucoup des histoires de fin de primaire, d’enfant de 10 ou 11 ans, qu’on avait prévu de faire n’étaient plus faisables. On a dû écrire en fonction de son âge. »
Un prénom attendu au tournant
On apprend dans l’épisode « À fond la caisse » (saison 1, épisode 10) à qui Malcolm doit son prénom : rien à voir avec Malcolm X, il s’agit d’un hommage au pilote (fictif) Rusty Malcolm, que Hal semble vénérer. C’est d’ailleurs Hal qui a convaincu Lois de le nommer ainsi, après qu’elle a refusé pour les deux premiers enfants.
Répliques
J’ai été accepté à Harvard. On sait pas comment on va payer, mais on doit trouver un moyen ! C’est la fac de mes rêves : C’est à trois mille kilomètres de ma mère !
Malcolm
Mais même en partant à des milliers de kilomètres, nos familles nous accompagnent. Elles seront avec nous pour toujours, dans nos habitudes, nos actions, et dans les choix que nous faisons.
Malcolm
Si les flics nous arrêtent, ils accuseront nos parents de nous avoir abandonnés ! C’est le crime parfait !
Malcolm
Elle continue à me parler, mais après « t’es craquant ! », j’ai plus rien écouté !
Malcolm - drague une fille
Il faut toujours que je la ramène. Ça me suffit pas d’en savoir plus que tout le monde, ce qui est important, c’est qu’ils sachent que j’en sais plus qu’eux !
Malcolm
Grand-mère est de retour chez nous. Elle aurait pu se contenter de nous pourrir la vie au téléphone... Elle a dû percevoir la vibration légère du bonheur sur sa toile de mygale, et s’est ruée chez nous pour la réduire à néant !
Malcolm
Je refuse… de vivre… dans un monde… où c’est Reese qui a raison.
Malcolm
Chez nous, parler de ses émotions, c’est pire que de parler de sexe !
Malcolm
On est en plein dans la phase « Roule-moi des pelles toute la journée » ! On est à un point où on sait plus s’ils s’embrassent ou s’ils se nettoient !
Malcolm - à propos de Reese et sa copine
Penser ou croire à ces absurdités, c’est complètement débile, c’est malsain et mauvais pour la société ! Le monde n’est pas régi par la magie ou la superstition ! Le monde est rationnel !
Malcolm
Je reste dormir à la cité U : je pourrai aller où je veux et prétendre que j’ai été abandonné à la naissance !
Malcolm
C’est le meilleur moment de la journée : le quart d’heure qui sépare la fin de l’horreur des cours du début de l’horreur en famille.
Malcolm
Un jeudi sur deux, on va tous Chez Luigi manger une pizza. C’est les deux seuls soirs du mois où, quand je me couche, je suis pas désespéré. Tous les quinze jours, comme par magie, on se transforme en famille à peu près normale !
Malcolm
C’est drôle, tous ces trucs que les parents doivent faire tout le temps, tous les repas, tous les bains, changer les couches, faire attention à tous ces produits et tout le reste ! Ça me fait prendre conscience que… maman n'a rien fait de tout ça !
Malcolm
Soyons lucides : tous les habitants de cette planète sont des abrutis satisfaits qui s’admirent le nombril !
Malcolm
Le petit-déj, c’est le moment le moins pire de la journée !
Malcolm
C’est seulement quand je dors que ma vie vaut vraiment la peine d’être vécue ! Au moins, je peux rêver que je suis heureux.
Malcolm
Cacher du fric dans un bouquin, c’est le seul endroit où personne de ma famille ira regarder !
Malcolm
J’aurais mieux fait de la boucler y a trente secondes.
Malcolm - drague Alison
Je me lèverai quand ce monde ne sera plus une vaste et cruelle plaisanterie, c'est-à-dire jamais !
Malcolm - à Lois
Pourquoi l’univers croit qu’il faut presque me tuer pour que je change ? Ma vie est un désastre, je vais me coucher.
Malcolm
J’ai pas fermé l’œil depuis une semaine. Les premières quarante-huit heures ont été dures, mais je crois que j’ai réussi à trouver un second souffle. C’est quoi le sommeil, en fait, si ce n’est une perte de temps ?
Malcolm
Ce collège, vous le détestez tous, qui que vous soyez, et moi aussi ! On déteste les profs, on déteste l’administration, on déteste les bâtiments ! On doit se concentrer sur ce qui nous rassemble, parce que si on se met à se haïr, alors qui haïra le collège ?
Malcolm - aux têtes d'ampoule
C’est vrai que je suis intelligent ! Et alors ? C’est un crime ? Je suis désolé de pas être idiot !
Malcolm
Dieu est tout puissant, il sait tout et il voit tout… comme maman, en invisible ! Donc, il vaut mieux être son ami que son ennemi.
Malcolm
Ce serait génial qu’elle soit ma copine, et c’est pour ça que ça m’arrivera jamais ! C’est mon destin à moi d’être le plus malheureux de toute la Terre !
Malcolm
Est-ce qu’une fois je pourrai apprendre quelque chose de la vie sans tout faire sauter ?
Malcolm
On est en pleine colère de force 4. Si on veut être épargné, ne pas faire de mouvements brusques et éviter tout contact visuel.
Malcolm - à propos de Lois
Rien de tel que la maison pour vous faire regretter l’hôpital !
Malcolm
Grand-mère, je vais pas te frapper ! Un enfant ne devrait pas avoir à dire ça !
Malcolm - à Ida
Toute ma vie, j’ai vu mon père se lever le matin et aller au bureau à reculons, faire un boulot débile. Et moi, j’ai rien remarqué ! Je suis vraiment égocentrique… Oh, non ! Je pense à une chose : si jamais ça m’arrivait ?
Malcolm
Je rêve d’au moins un souvenir d’enfance que je n’aurai pas besoin de refouler à l’âge adulte !
Malcolm
La seule raison pour laquelle tout le monde me tolère, c’est uniquement par peur de mon frère ?
Malcolm - à propos de Reese
Pour autant que je sache, mon école n’existe que dans un seul but : me pourrir la vie le plus possible.
Malcolm
C’est le meilleur moment de la journée, après qu’on soit rentrés de l’école et avant que nos parents soient de retour. C’est l’heure magique où les enfants sont les rois du monde !
Malcolm
Dans notre famille, « buffet à volonté », c’est un défi personnel à relever !
Malcolm
Quand je viens passer l’après-midi chez Stevie Kenarban, on joue à la console à tous mes jeux vidéo préférés… quand j’avais quatre ans et demi.
Malcolm
Intéressant ce dîner ! Stevie a mis Reese KO au premier round, son père a trop bu, et sa pauvre mère est bonne à mettre chez les fous ! Oh, mon Dieu ! On est contagieux !
Malcolm
Être privé de télé pendant deux mois, rien de tel pour prendre de la distance !
Malcolm
Je comprends pas pourquoi ma mère me réveille à 8 heures, le matin. L’école commence pas avant 8 heures et quart.
Malcolm
Je suis une "tête d’ampoule" avec un frangin pom-pom girl. Je pourrais me faire dessus en public que ça serait quand même moins grave.
Malcolm
Quand une tête d’ampoule fait des blagues sur toi, c’est que t’es vraiment dans la mouise !
Malcolm
C’est le truc classique : avouer volontairement une petite bêtise pour dissimuler une grosse.
Malcolm
Je connais un gosse, sa mère elle l’embrasse le matin pour le réveiller !
Malcolm - quand sa mère le réveille sans ménagement
Le seul truc pire que pas avoir de télévision, c’est du golf à la télévision !
Malcolm
Vous savez ce qu’il y a de mieux finalement dans l’enfance ? C’est qu’à un moment donné ça se termine.